Blandine Brocard : « La France est devenue une cible systémique et notre dépendance technologique fragilise directement notre souveraineté »
Aux questions au gouvernement, notre députée du Rhône, Blandine Brocard, a interrogé les membres du gouvernement sur les fuites de données.
Merci Madame la Présidente. Mesdames les Ministres, Messieurs les Ministres, mes chers collègues.
Depuis des mois, les révélations de piratage massif de données personnelles s'accumulent dans notre pays. Après les attaques ayant touché des millions de Français via des opérateurs télécoms, des plateformes publiques ou encore des acteurs de santé, c'est désormais l'intimité même de nos concitoyens, leurs données médicales, bancaires, administratives, qui se retrouvent exposées et parfois à très grande échelle. Et ces données sont même utilisées par les acteurs du narcotrafic et du grand banditisme, ce qui provoque une menace directe pour la sécurité quotidienne de nos concitoyens.
Et ces faits ne sont plus anecdotiques, ils traduisent une réalité préoccupante. La France est devenue une cible systémique et notre dépendance technologique fragilise directement notre souveraineté.
Face à ces attaques, à ces tentatives d'ingérence et de déstabilisation de l'étranger de plus en plus nombreuses et dangereuses, quelle réponse efficace, urgente et radicale apportons-nous ? À l'échelle européenne tout d'abord, comment pouvons-nous construire une architecture commune de sécurité plus efficace qui nous protège et des fuites de données et des attaques. Ensuite, à l'échelle nationale, quand le projet de loi Résilience, à même de renforcer notre protection, va-t-il être définitivement adopté ?
Et enfin, en matière de technologie, nous avons en France des entreprises performantes, des champions de la cybersécurité, capables de concevoir des solutions robustes, souveraines et adaptées à nos besoins. Je pense particulièrement à Cless Business Computer chez moi. Et pourtant, ces acteurs sont trop souvent écartés au profit de solutions étrangères dans les marchés publics et parfois même au sein de nos propres administrations. Ce paradoxe n'est plus tenable. Comment pouvons-nous prétendre protéger les données des Français si nous ne faisons pas confiance en nos propres capacités et en nos acteurs pleinement engagés ? Dès lors, les questions sont simples : quelle stratégie le gouvernement entend-il mettre en œuvre pour faire de la cybersécurité un pilier effectif de notre souveraineté nationale en s'appuyant concrètement sur les acteurs français et européens, en mettant fin à leur marginalisation dans les choix publics ?
Je vous remercie.