Blandine Brocard : « Gouverner, ce n'est pas seulement consulter et distribuer, gouverner c'est choisir, trancher et assumer devant les Français »
Aux questions au gouvernement de ce mercredi 14 janvier, Blandine Brocard, députée du Rhône, a interrogé le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État de France sur l’efficacité de l’action publique et la multiplicité d’organismes et de comités consultatifs.
Monsieur le ministre, mes chers collègues,
Depuis plusieurs années un sentiment s'installe chez nos concitoyens, celui d'un État qui consulte énormément, mais un État qui décide de moins en moins clairement.
À chaque crise, à chaque grande cause, nous créons un nouveau comité, un nouvel observatoire, une nouvelle agence. Dernier en date, un haut-commissariat à la diversité. Sur le fond, un non-sens total, qui plus est.
Bref, 1200 ! Il en existerait plus de 1200 simplement au niveau national. Alors, certains sont utiles, peut-être, mais leur prolifération pose des questions fondamentales. Au bout du compte, qui décide ? Qui est responsable et devant qui ?
Nous avons installé une République de la consultation permanente, où la multiplication des avis remplace l'action claire et lisible. La décision publique se dilue, les responsabilités sont diffuses, la légitimité démocratique s'affaiblit. Car ces instances ne sont ni élues, ni responsables devant le peuple, ni même comptables devant le Parlement.
Et dans le même temps, pour répondre aux difficultés bien réelles des Français, nous empilons les dispositifs. Chèque énergie, chèque inflation, chèque carburant, chèque bois et même maintenant un chèque made in France, tenez-vous bien, pondu lui-même par un haut-commissariat. La belle affaire !
Des réponses coûteuses, illisibles, qui colmatent sans jamais traiter les causes profondes. Les Français ne demandent ni une République des chèques, ni une République des comités. Ils demandent une République qui assume ses choix, qui fixe un cap, décide et agit clairement et rend des comptes.
Alors ma question est très simple Monsieur le ministre : quelle est votre méthode pour reprendre la main politique, pour clarifier les responsabilités, pour mettre fin à l'empilement des comités Théodule et pour garantir un droit de regard du Parlement sur ces instances, leurs missions, leurs coûts, leur pouvoir et leur utilité réelle ? Car gouverner, ce n'est pas seulement consulter et distribuer, gouverner c'est choisir, trancher et assumer devant les Français. C'est une question de clarté et de confiance républicaine.
Je vous remercie.