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Sarah El Haïry : « Partout où il y a des enfants, il y a des prédateurs »

Invitée de la matinale de France 2 ce mardi 7 avril, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, a défendu notamment sa volonté de mettre en place des contrôles d’antécédents judiciaires uniques, généralisés et harmonisés pour les activités liées aux enfants.

Périscolaire : « Là où il y a des enfants, il y a des prédateurs »

Invitée des 4V de France 2, Sarah El Haïry a alerté sans détour sur les risques dans les environnements fréquentés par les enfants. « Là où il y a des enfants, il y a des prédateurs », a-t-elle insisté, rappelant que le périscolaire n’échappe pas à cette réalité, notamment après les dernières révélations dans la capitale.

Aujourd'hui, dans le périscolaire, comme dans d'autres secteurs, la culture, le sport, plus largement le baby-sitting, les prédateurs vont là où il y a les enfants. 

 

En trois mois seulement, « plus de 31 personnes ont été éloignées » dans ce secteur à Paris, preuve que les contrôles doivent être renforcés. Pour la Haute-commissaire, il s’agit d’un impératif : « il faut aller chercher les responsabilités, parce qu’il faut croire les enfants » mais aussi « accompagner les parents »

Toutes les trois minutes, il y a un enfant qui est victime de violences sexuelles à l'intérieur de sa maison ou à l'extérieur. 

 

Alors que plusieurs affaires ont récemment ébranlé la confiance, elle rappelle la gravité des conséquences : « c’est des enfants qui sont victimes, qui vont vivre avec ces cicatrices ». Face à cela, elle appelle à briser les tabous et le silence, en insistant sur une responsabilité collective : « aller chercher la responsabilité de ceux qui ont été témoins, de ceux qui ont vu, de ceux qui ont su ».

C'est une confiance qui a été brisée dans la sacralité de l'école et d'extra-scolaire. 

 

Au-delà du constat, Sarah El Haïry plaide pour une transformation en profondeur des pratiques. Elle appelle les élus locaux à « prendre à bras le corps la protection des enfants » et à faire preuve d’une transparence totale en cas de signalement : informer les parents, aller « jusqu’au bout » et assumer les conséquences.

Il y a plus de 36 000 maires qui ont été élus récemment (...), je leur dis : prenez à bras le corps la protection des enfants. Aujourd'hui, vous avez la responsabilité et la charge de les protéger. 

 

L’enjeu est aussi structurel. Aujourd’hui, les contrôles restent inégaux selon les secteurs. Elle souligne ainsi une incohérence frappante : « la cantinière ou la dame qui fait le ménage est plus contrôlée […] que le chef de chorale dans une école de musique ». Pour y remédier, elle défend une généralisation et une harmonisation des contrôles, afin qu’« il n’y ait plus […] de trous dans la raquette ».

Ce que je souhaite, c'est que les contrôles soient réguliers dans tous les secteurs, qu'il n'y ait plus en réalité de trous dans la raquette. Ce déplacement de pédocriminels, aujourd'hui, il faut les traquer et les exclure. 

 

Cette ambition se traduira prochainement dans la loi, avec un texte porté par Gérald Darmanin et Stéphanie Rist. Une avancée que la Haute-commissaire présente comme essentielle pour restaurer une confiance fragilisée : 

Quand aujourd’hui vous êtes parent […] vous faites confiance. Cette confiance, elle ne peut pas être souillée.

 

Réseaux sociaux : « Ce n’est pas nos enfants qui sont accros, ce sont les plateformes »

Autre sujet majeur abordé : l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Là encore, Sarah El Haïry assume une position volontariste, tout en rejetant toute logique de surveillance individuelle : 

L’idée, ce n’est pas de mettre un policier derrière chaque adolescent, loin de là.

 

La responsabilité doit, selon elle, peser sur les plateformes. « Ce n’est pas eux [les jeunes] qu’on punit, c’est le poids des contrôles, on le met sur les plateformes », explique-t-elle. Dans le viseur : des mécanismes d’addiction et des dérives graves. Elle alerte notamment sur « de l’exploitation sexuelle avec la prostitution » et une « captation de l’attention » orchestrée par les algorithmes.

Ce n'est pas nos enfants qui sont accros au téléphone, c'est les téléphones et les réseaux sociaux par leurs algorithmes qui les rendent malades, qui les rendent addicts. 

 

La Haute-commissaire insiste aussi sur le fait que le phénomène dépasse les seuls réseaux sociaux, en pointant notamment certains jeux vidéo. Elle évoque ainsi des plateformes où « nos enfants sont des proies », dans un contexte d’« explosion d’images pédocriminelles en ligne ».

Comme pour la régulation de la pornographie, Sarah El Haïry estime que cette interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans « n’est pas simple, mais c’est possible ».

Aujourd'hui, ces prédateurs n'ont plus de frontières. À nous de protéger les enfants. 

 

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