Retour sur la fête de la démocratie à Versailles
Un signe ? Alors que la canicule a conduit à l’annulation de plusieurs grands événements, des orages ont éclaté dans la nuit de samedi. Menacée, la fête de la démocratie imaginée par notre vice-président Jean-Noël Barrot a donc bien eu lieu au jour et aux horaires prévus, le 28 juin. Se retrouver, après ces journées accablantes de chaleur, pour fêter la démocratie était réellement réconfortant et salutaire !
Dans un jardin extraordinaire, le domaine de Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI, à Versailles, Jean-Noël Barrot a accueilli près de 2000 participants tout au long de la journée. Après un café accompagné par la fanfare, place à la réflexion, pour des échanges passionnés sur la nature de notre démocratie.
Littéralement conspuée par les populismes et extrémismes contemporains, la démocratie n’est pas seulement un mot. C’est notre état social, comme l’écrivait déjà Alexis de Tocqueville : une promesse d’égalisation des conditions, une espérance. Durant la matinée, animée par les jeunes élus locaux Jean-Baptiste Hamonic et Vincent Chauvet, le prix Nobel d’économie Philippe Aghion, très en verve, a livré un diagnostic sur l’état du pays et sur les dangers que les promesses électoralistes des deux extrêmes lui feraient courir. Laurence Parisot, l’ancienne président du Medef a insisté sur la nécessité d’entretenir de bonnes relations avec les syndicats, dans une société en pleine transformation. Une arrivée au pouvoir de l’extrême-droite serait absolument délétère pour notre économie. La cheffe d’orchestre Zahia Ziouani, d’origine algérienne, a expliqué tout ce qu’elle devait à la France, elle qui est partie de rien et qui n’avait pas même accès à des cours de musique. La France est un pays d’accueil, où l’intégration se doit d’être à la hauteur. Le philosophe Gaspard Koenig a fait part de ses inquiétudes devant le développement inconsidéré de l’IA et a rappelé la nécessité de l’inventivité humaine.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’est dite en accord avec Jean-Noël Barrot sur la nécessité du compromis. Dans un contexte de « bordélisation » de l’Assemblée par les extrêmes, elle a rappelé que la modération et la civilité étaient essentielles. Et la fête de la démocratie, fixée au 28 juin, correspond également au jour de son élection à la présidence de l’Assemblée ! Le discours de Jean-Noël Barrot, incontestablement, venait des tripes. La démocratie, c’est ce que nous avons de plus précieux, notre espérance de liberté et d’égalité. Le slogan « La France en grand » met l’accent sur ce que peut la France (y compris en football), face au rétrécissement et au repli sur soi qu’entraîneraient immanquablement les populismes, d’extrême-droite et d’extrême-gauche. La France souffre de nombreux blocages : en ces temps de canicule, nous mesurons combien la transition écologique, l’adaptation de notre économie, la simplification de l’Etat et l’accessibilité de nos services publics sont nécessaires. Il reviendra au prochain président, et à son prochain Premier ministre de s’y atteler. Une bascule vers l’un ou l’autre des deux extrêmes serait gravissime. Yaël Braun-Pivet comme Jean-Noël Barrot ont insisté, comme le fait depuis longtemps François Bayrou, sur le caractère indispensable du scrutin proportionnel.
C’est d’ailleurs le thème du nouveau numéro de la revue France Forum, « Faut-il craindre les extrêmes ? » qui tenait un stand sur la pelouse, aux côtés de l’association Esprit Civique, des stands du PDE et des Démocrates pour la Planète. Un espace de jeux pour les enfants avait été aménagé, avec des robots pédagogiques et des jeux d’eau.
Après la pause, place à la séance de dédicaces de François Bayrou, pour son livre Alerte sur la France qui vient. Le président du Mouvement Démocrate a exposé, devant un auditoire très concentré, les causes de la dette et les moyens de s’en sortir, par un exercice de lucidité collective. A aucun moment François Bayrou ne nous a noyés sous les chiffres : toujours – comme dans le livre – les chiffres cités étaient explicités, éclairés par un exemple concret.
L’après-midi, Rebecca Breitmann, vice-présidente de la métropole de Strasbourg, a animé les échanges, avec le politologue David Djaïz (auteur de Slow Démocratie), le constitutionnaliste très pédagogue et fin Benjamin Morel, notre eurodéputé passionné Sandro Gozi, le politologue Hugo Micheron, spécialiste du djihadisme, et Jacques Marceaux, cofondateur des Assises de la cohésion numérique et territoriale.
Une fête pleinement réussie, en musique et en chansons (de France Gall aux BB Brunes), comme les fêtes de village d’antan, dans un esprit familial et résolument tourné vers l’avenir.