Marina Ferrari : « C’est absolument dangereux de pratiquer du sport avec ces températures »
Invitée de France Info ce vendredi 26 juin, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, a détaillé la mobilisation de l’État face à la canicule et rappelé les priorités du gouvernement en matière de protection des populations et d’adaptation du sport. Elle est également revenue sur les enjeux de gouvernance du football français.
Canicule : « La situation est critique »
Face à un épisode de chaleur inédit, la ministre a d’emblée insisté sur la gravité de la situation. « La situation est critique », a-t-elle rappelé, soulignant une mobilisation du gouvernement qui est « extrêmement vigilant et très mobilisé sur ce sujet depuis maintenant plusieurs jours », avec des cellules interministérielles activées quotidiennement.
Nous surveillons bien évidemment l'évolution de la situation.
Dans ce contexte, le dispositif hospitalier est renforcé avec le déclenchement du plan Orsan de niveau 3. Pour Marina Ferrari, il s’agit aussi d’un enjeu de responsabilité collective, notamment dans le champ sportif :
Afin de ne pas saturer davantage nos hôpitaux, il faut aussi qu’il y ait une responsabilité collective [pouvant aller jusqu’à] limiter certains événements sportifs.
La ministre a également alerté sur les conséquences dramatiques des fortes chaleurs, avec « plus d’une cinquantaine de noyades que nous déplorons aujourd’hui », dont « 65% (…) sur des points (…) non surveillés ou non autorisés ». Un constat qui l’a conduite à rappeler un impératif simple : « un message de vigilance absolu » et le respect strict des règles de baignade.
Cette sensibilisation passe notamment par les campagnes de prévention, comme celle portée par Voies Navigables de France avec « Ne coule pas ton été », destinée à alerter sur les dangers des canaux. En parallèle, la ministre a mis en avant les politiques d’apprentissage de la natation, rappelant que « 83-85% d’élèves (…) savent nager » à la sortie du collège, tout en insistant sur la nécessité de développer « l’apprentissage en eau libre », là où les risques sont les plus élevés.
Les collectivités locales sont en première ligne, notamment sur les équipements. Marina Ferrari a salué celles qui ont anticipé la crise en ouvrant des bassins de baignade surveillés, tout en rappelant les investissements engagés via l’Agence nationale du sport : priorité à la rénovation des piscines et au déploiement de piscines mobiles.
Je remercie les collectivités, parce qu'elles sont aussi en première ligne.
Sur ce point, elle a insisté sur une stratégie de long terme : « il faut absolument que nous travaillions sur ces plans de rénovation de piscines », alors même que certaines collectivités sont contraintes de fermer des équipements vieillissants.
La ministre a aussi évoqué les contraintes budgétaires, assumant des arbitrages :
Quand on a des difficultés budgétaires, on fait des choix.
Elle a défendu les orientations engagées, rappelant notamment que « le fonds vert, en 2022, il n’existait pas. C’est nous qui l’avons mis en œuvre ».
Dans un contexte de finances publiques dégradées, elle a appelé à la responsabilité : sans redressement, « comment allons-nous financer ces investissements ? », a-t-elle interrogé, évoquant la hausse des taux et la nécessité de préserver la capacité d’investissement de la France.
Enfin, sur les pratiques sportives en période de chaleur, son message est sans ambiguïté :
C’est absolument dangereux de pratiquer du sport avec ces températures-là.
Plusieurs compétitions ont déjà été annulées par arrêté préfectoral, une soixantaine au niveau national, tandis que certaines fédérations, comme le rugby, adaptent leurs calendriers.
Réforme de la gouvernance du football : « Il faut voter ce texte »
Interrogée sur la réforme de la gouvernance du football, Marina Ferrari a appelé clairement les parlementaires à l’adopter : « il faut voter ce texte ».
Ce texte, d’initiative parlementaire, vise d’abord à lutter contre un phénomène massif : le piratage des droits sportifs. Selon les estimations de l’ARCOM, les pertes atteignent « plus de 1,5 milliard d’euros », dont « 300 à 400 millions d’euros ».
La réforme poursuit également un objectif de structuration du sport professionnel féminin, avec la création de modèles économiques dédiés, ainsi qu’une modernisation de la gouvernance du football français. Elle prévoit notamment une transformation de la Ligue en société commerciale, sur un modèle inspiré de certains championnats européens.
Pour la ministre, l’enjeu est clair : donner au sport français une organisation plus lisible, plus robuste et mieux adaptée aux réalités économiques, tout en renforçant la place des acteurs institutionnels dans la régulation du secteur.