Marc Fesneau : « Il vaudrait mieux beaucoup plus de pompiers et beaucoup moins de pyromanes »
Face aux jeux d’appareil et aux calculs partisans, notre président du groupe Les Démocrates à l’Assemblée nationale et premier vice-président, Marc Fesneau, a rappelé sur le plateau de France info ce jeudi 9 octobre la boussole du Mouvement Démocrate : le sens des responsabilités et la recherche du compromis au service de la France.
Gouvernement : « Il faut que ça marche, pas qu'on essaie »
Revenant sur les consultations menées par Sébastien Lecornu, Marc Fesneau a salué le travail de consultation et de recherche de compromis. Selon lui, « il y a peut-être un chemin » pour bâtir une « plateforme de stabilité », à condition « qu'il y ait un peu de bonne volonté et pas de faux-semblants ».
Face à la fragmentation de l’Assemblée, Marc Fesneau plaide pour un dépassement des postures partisanes :
On ne demande à personne de renier ses convictions, mais est-ce que, sur une question centrale qui est la question budgétaire, on est capables de faire des pas les uns vers les autres ?
Rejetant toute logique de calcul politique, il a martelé : « On n'est pas dans une cabine d'essayage. Il faut que ça marche. » Pour lui, l'objectif n'est pas « d'essayer pour démontrer que ça ne marche pas », mais bien de « trouver un chemin de compromis ». Notre vice-président en appelle ainsi à une attitude constructive :
Ce qu'il faut essayer, c'est d'être responsable. Parce que le reste, c'est faire semblant.
Marc Fesneau a également prévenu contre les querelles personnelles : « Arrêtons de jeter des noms pour dire “ça je veux, ça je veux pas”. Ce qu'il faut, c'est un accord sur les questions de fond. » Fidèle à la méthode de François Bayrou et à l'appel à la responsabilité, il a résumé : « Il vaudrait mieux beaucoup plus de pompiers et beaucoup moins de pyromanes. »
Nous cherchons au MoDem avec François Bayrou des solutions à des problèmes qui sont concrets parce qu'aujourd'hui vous avez des salariés, des chefs d'entreprise, des services publics, des gens qui se posent des questions et qui regardent ça comme un spectacle lamentable, et d'ailleurs, ils ont grandement raison.
Retraites : « La démographie est fatale au système, il faut être responsable »
Interrogé sur la possibilité d'une « pause » de la réforme des retraites, Marc Fesneau a appelé à ne pas céder à la facilité politique. « On a une manie dans le moment qui vient, c'est de trouver un seul sujet et de penser qu'avec un seul sujet, on a résolu notre problème. »
Il rappelle le sens de cette réforme, souvent décriée mais nécessaire :
Pourquoi on a fait cette réforme ? Parce qu'on va au chaos sur les retraites. La moitié de la dette accumulée depuis 2017, c'est les retraites.
Si elle a pu être « impopulaire » ou « mal comprise », elle reste, selon lui, « la seule réforme structurelle qui montre une trajectoire de réduction des dépenses ».
« Je veux bien qu'on ouvre la boîte de ce qu'on fait comme modification sur les retraites, suspension, pause, trouvez tous les mots que vous voulez, mais je veux qu'on me dise où sont les trajectoires responsables en termes budgétaires », a-t-il averti.
Le président du groupe Les Démocrates s'inscrit dans une ligne de cohérence et de sérieux : « Ce n'est pas juste d'un trait de plume, parce que nous ne l'avons pas fait pour faire plaisir. Tous les pays d'Europe ont réussi à le faire, de gauche comme de droite. »
S'il se dit ouvert au dialogue, il fixe une exigence de responsabilité :
Je veux bien toutes les formules, mais pas quelque chose qui ne dise pas en responsabilité quelles sont les trajectoires qui permettent de ne pas mettre le pays au chaos.
Badinter : « Rendre universelle l'abolition de la peine de mort, voilà ce qui marquerait l'histoire »
Le jour de l'entrée au Panthéon de Robert Badinter, Marc Fesneau a tenu à rendre hommage à « un combat universel ». Interrogé sur la décision qui marquerait l'histoire aujourd'hui, comme cela a pu l'être lors de l'abolition de la peine de mort, il répond :
La décision qui marquerait l'histoire, c'est qu'on rende universelle l'abolition de la peine de mort.
Pour lui, le combat de l’ancien garde des Sceaux « n'est pas seulement français, c'est un combat universel. C'est une certaine vision de la justice et de ce qu'est l'humanité dans son histoire : “Tu ne tueras point.” »
Un message profondément en phase avec la tradition humaniste du Mouvement Démocrate, pour qui la dignité humaine et les valeurs universelles doivent guider l'action publique. « Robert Badinter, jusqu'à la fin de sa vie, disait : “J'aimerais que l'abolition de la peine de mort soit sur l'ensemble de notre planète.” »