Marina Ferrari : « À la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Milano-Cortina, la France a souhaité manifester son désaccord »
Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, justifie sur France Inter le boycott de la France à la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques de Milan-Cortina, qui se tient ce vendredi soir.
Jeux paralympiques Milan-Cortina : « Il faut bien faire le distinguo entre le politique et le sportif »
Le jour de l’ouverture des Jeux paralympiques d’hiver de Milan‑Cortina, la France a décidé de marquer son désaccord avec la décision du Comité international paralympique de réintroduire les athlètes russes et biélorusses sous drapeau et hymne.
Nous avons souhaité marquer notre désaccord, donc c'est pour ça qu'il n'y aura pas de représentation gouvernementale à la cérémonie d'ouverture.
Comme l’a rappelé Marina Ferrari, cette position tranche avec celle adoptée lors des Jeux de Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, où les athlètes russes et biélorusses ont conrouru sous bannière neutre. Une solution que la ministre décrit comme « une position d’équilibre qui nous convenait parfaitement ». Face à la nouvelle décision de l’instance paralympique, la France a voté contre et choisi un geste politique mesuré : l’absence de représentation gouvernementale lors de la cérémonie d’ouverture.
Pour autant, il n’est pas question de pénaliser les sportifs. Notre ministre des Sports insiste ainsi sur la nécessité de « bien faire le distinguo entre le politique et le sportif », rappelant que la délégation française sera pleinement engagée dans la compétition et qu’elle rejoindra elle-même les athlètes dès le lendemain de la cérémonie. Cette ligne de responsabilité, partagée avec le Comité paralympique et sportif français, vise à soutenir les sportifs tout en affirmant une position ferme face à la situation internationale.
Je crois que ça doit rester aussi un moment sportif pour nos athlètes, [...] un moment qui est particulier, qui doit être un moment de communion.
La France n’est d’ailleurs pas isolée. La ministre rappelle avoir signé une tribune avec « 33 autres États », dont le Japon ou le Canada, pour dénoncer cette décision, tandis qu’une résolution a également été adoptée au Conseil de l’Europe des ministres des Sports.
Au-delà de la dimension diplomatique, l’enjeu reste aussi sportif. La France aligne une délégation de 17 para-athlètes, « tous médaillables potentiellement ». La ministre rappelle que ces performances peuvent avoir un effet d’entraînement :
Au travers des performances que nos para-athlètes vont pouvoir accomplir, ils vont entraîner demain de nouvelles personnes en situation de handicap pour s’engager dans la voie du sport.
L’objectif est clair : viser 18 médailles, soit « 50 % de médailles en plus » que lors des Jeux de Jeux paralympiques d’hiver de Pékin 2022. « Si on arrive à rester dans le top 5, ça serait une formidable performance », estime la ministre, tout en soulignant la prudence nécessaire face à la concurrence internationale.
Jeux d’hiver 2030 : « Il faut absolument aujourd’hui que nous remettions la gouvernance sur de bons rails »
L’autre grand chantier évoqué concerne l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030 en France. Pour Marina Ferrari, la priorité est désormais de stabiliser la gouvernance du projet.
« Je ne suis pas là pour soutenir qui que ce soit. Je suis là pour qu’on ait une organisation qui tourne, qui soit efficace, avec une gouvernance qui soit pérenne dans le temps », explique-t-elle, reconnaissant « un mois, un mois et demi de retard » dans la mise en place de certains dispositifs.
Un retard jugé rattrapable grâce aux atouts du projet français : des infrastructures déjà existantes et un savoir-faire territorial solide.
Je n'ai pas d'inquiétude sur le fait que nous soyons en capacité de livrer ces jeux.
L’ambition est toutefois claire : organiser des Jeux sobres, tant sur le plan économique qu’environnemental. Pour y parvenir, une mission est en cours afin de remettre la gouvernance « sur de bons rails », mission confiée à l’ancien directeur général de Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, dont la réussite constitue une référence.
L'idée, c'est de remettre en place le mécano pour avoir, justement, une gouvernance pérenne qui nous permette de dérouler très vite derrière.
La ministre fixe également plusieurs priorités opérationnelles pour le comité d’organisation : « réinstaller une gouvernance pérenne », « rassurer nos équipes », finaliser les partenariats et arrêter définitivement la carte des sites. Autant d’étapes indispensables pour accélérer le projet dans les mois à venir.
Dans la continuité du succès de Paris 2024, l’enjeu est désormais de démontrer que la France peut inscrire durablement son savoir-faire dans l’organisation d’événements sportifs majeurs, avec une exigence de responsabilité et de sobriété pleinement assumée.
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