« Continuer à servir, autrement », par Aude Luquet
L’engagement politique ne se limite pas à une fonction. Dans ce billet d’humeur, Aude Luquet explique pourquoi elle a choisi de poursuivre son action au service de l’égalité femmes-hommes en outre-mer et défend une conviction : l’utilité et l’efficacité de l’action publique se mesurent d’abord sur le terrain.
L’engagement ne s’arrête pas à la fin d’un mandat. Il se transforme. En acceptant une mission pour l’égalité femmes-hommes en outre-mer, j’ai fait le choix de continuer à servir, autrement, mais avec la même conviction : être utile et agir concrètement.
On m’a souvent demandé ce que l’on ressent lorsque l’on quitte l’Assemblée nationale. Après sept années comme députée, de 2017 à 2024, la question n’était pas tant de savoir ce que je laissais derrière moi, mais comment je pouvais continuer à être utile.
Poursuivre l’engagement sous une nouvelle forme
Servir autrement, c’est croire que l’engagement peut prendre des formes moins visibles, mais tout aussi essentielles. Et c’est rester fidèle à une conviction simple :
La politique, quelle que soit la fonction exercée, doit d’abord améliorer concrètement la vie des autres.
Lorsque l’on m’a proposé de devenir coordonnatrice interministérielle pour l’égalité entre les femmes et les hommes en outre-mer, j’ai immédiatement perçu le sens de cette mission. Elle répondait à un désir profond : poursuivre mon engagement pour les autres, autrement certes, mais avec la même boussole. Être utile. Être efficace. Et chercher, concrètement, des solutions pour améliorer la vie des femmes.
La réalité quotidienne de l’égalité femmes-hommes en outre-mer
Car dans les Outre-mer, l’égalité femmes-hommes n’est pas une notion abstraite. Elle se vit au quotidien, souvent de manière plus brutale, plus visible. Les violences intrafamiliales, la précarité des familles monoparentales, les difficultés d’accès aux soins, à l’emploi ou aux droits sont des réalités que l’on ne peut ni minimiser ni ignorer. Elles appellent des réponses spécifiques, construites à partir du terrain.
La force des femmes et des dynamiques locales
Mais les Outre-mer ne peuvent être regardés uniquement à travers le prisme de ses difficultés. J’y ai aussi rencontré une force remarquable : des services de l’État déterminés, des femmes engagées, des associations inventives, des élues locales audacieuses.
Des femmes qui ne demandent pas des discours, mais des actes. Pas des politiques uniformes, mais des réponses adaptées à leurs réalités.
L’importance de la coordination interministérielle
C’est précisément là que la coordination interministérielle prend tout son sens. L’égalité ne se décrète pas depuis Paris. Elle se construit dans le dialogue entre ministères, avec les collectivités, aux côtés des actrices et acteurs de terrain. Elle suppose de décloisonner les politiques publiques, de faire travailler ensemble la justice, la santé, le logement, l’éducation, l’emploi. Elle exige de l’écoute, de l’humilité et de la constance.
Passer de l’intention à l’action : vers des résultats concrets
Mon expérience parlementaire m’a appris une chose essentielle : les grandes causes ne peuvent aboutir que si elles se concrétisent sur le terrain.
Dans les Outre-mer, plus qu’ailleurs, l’égalité femmes-hommes oblige à transformer les principes en réalisations palpables. À évaluer ce qui fonctionne réellement. À corriger ce qui ne fonctionne pas. À accepter le temps long, sans jamais renoncer à l’exigence de résultats.
L’égalité, au cœur de la République
Ce combat n’est ni périphérique ni secondaire. Il dit quelque chose de notre conception de la République. Faire de l’égalité femmes-hommes une réalité dans les Outre-mer, c’est refuser toute forme de relégation. C’est affirmer que l’action publique doit être à la hauteur des attentes des femmes.
Aude Luquet, coordonnatrice interministérielle pour l'égalité entre les femmes et les hommes en outre-mer, ancienne députée de Seine-et-Marne