Nicolas Turquois : « La France n'a pas simplement participé à l'histoire de la thérapie génique, elle l'a écrite »
Lors des questions au gouvernement, notre député de la Vienne Nicolas Turquois a interrogé la ministre de la Santé sur les maladies rares.
Merci Madame la Présidente, mes chers collègues. Ma question s'adresse à Madame la ministre de la Santé.
Au groupe Les Démocrates, nous sommes convaincus que concilier politique de santé ambitieuse et trajectoire budgétaire responsable passe par un investissement massif dans la prévention, mais aussi dans la recherche. En 2002, des enfants condamnés à vivre dans une bulle stérile ont été guéris à l'hôpital Necker grâce au professeur Fischer et aux équipes de Généthon. La France n'a pas simplement participé à l'histoire de la thérapie génique, elle l'a écrite.
Et c'est précisément parce que nous avons été pionniers que le constat d'aujourd'hui est si difficile à accepter. Car cette excellence scientifique n'a pas été convertie en leadership industriel. Les chiffres sont sévères : 1,8% des essais cliniques mondiaux conduits en France, contre 53% aux Etats-Unis. 4 thérapies géniques remboursées sur notre territoire, contre 47 autorisées par la FDA. Nous sommes passés de la première à la quatrième place européenne en biomédicaments.
Ce décrochage n'est pas une fatalité, mais il exige une réponse à la hauteur de l'enjeu. Le plan France 2030 a engagé 800 millions d'euros en faveur des biothérapies et de la bioproduction. Le cluster génotaire a été lancé. Ces signaux sont positifs, mais ils ne suffiront pas si notre environnement réglementaire et fiscal continue de pousser les industriels vers des marchés plus accueillants. Quand une entreprise part, ce sont des chercheurs, des essais et des traitements qui partent avec elle.
La thérapie génique, madame la ministre, n'est pas un sujet de demain. Pour des patients atteints de maladies rares et mortelles, c'est un sujet d'aujourd'hui. Sans ces solutions, la perte pour ces patients est immense. Mais elle l'est aussi pour notre système de santé. En effet, ces thérapies sont souvent la seule option curative pour certaines infections de longue durée dont le poids sur les finances de la sécurité sociale est écrasant. Alors ma question est simple : quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre pour accélérer l'accès effectif des patients à ces thérapies et pour que la France redevienne un acteur de premier rang dans cette course mondiale ?
Je vous remercie.