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Delphine Lingemann : « Comment continuer à financer notre modèle social sans faire peser l'essentiel de son coût sur le travail ? »

Lors des questions au gouvernement de ce mercredi 3 juin, notre députée du Puy-de-Dôme, Delphine Lingemann, a interrogé le ministre de l’Industrie sur le coût du travail dans l’industrie et l’attractivité de la France.

Merci Madame la Présidente. 

Monsieur le ministre chargé de l'Industrie, quand un fleuron industriel comme Michelin annonce la suppression de 10% de ses effectifs en France, nous devons entendre le signal. Derrière cette annonce, il y a d'abord 1500 salariés et leurs familles auxquels j'apporte tout mon soutien. 

Mais il y a aussi une question de fond, celle de la compétitivité de nos entreprises. Coût du travail, fiscalité, concurrence internationale, poids des normes, nos entreprises nous alertent et les chiffres sont éloquents. Lorsqu'un employeur dépense 100 euros, le salarié n'en perçoit que 58,80. La France est le troisième pays de l'OCDE où les revenus du travail sont les plus taxés. Nos cotisations patronales demeurent supérieures à celles de nos concurrents. 

Certes, des réformes ont été engagées, elles ont permis de stopper la désindustrialisation et de renforcer l'attractivité de notre pays, mais nous devons aller plus loin. 

La question est simple, comment continuer à financer notre modèle social sans faire peser l'essentiel de son coût sur le travail ? Une voie existe pourtant, celle d'un transfert d'une partie des charges qui pèsent sur le travail vers la consommation grâce à une TVA ciblée et qui protégerait les plus modestes. Une mesure compensée par une baisse massive des cotisations patronales pour donner plus de pouvoir d'achat aux salariés. 

Alors monsieur le ministre, ma question est simple : êtes-vous prêt à ouvrir ce chantier ? Plus largement, quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour renforcer la compétitivité de nos entreprises, accélérer la réindustrialisation de notre pays et préserver l'emploi en France ? Au-delà, pouvez-vous également nous préciser la position française au sein de la Commission européenne sur l'Industrial Accelerator Act ? 

Je vous remercie.

 

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