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Retour sur les violences du 17 octobre 2026

17 octobre 2026

Les violences commises lors de la journée de mobilisation du samedi 17 octobre sont inadmissibles et condamnables. Elles occultent en partie les revendications que les lycéens et étudiants tentent de faire entendre.

Résurgence de la violence

La violence lors de contestations n’est pas nouvelle : on se souvient du 6 février 1934, où à la suite d’un scandale politico-financier, les ligues d’extrême droite ont entraîné la mort de plusieurs manifestants, des violences lors des affrontements des grandes grèves ouvrières en 1947 et 1948 ; des assassinats commis par Action directe dans les années 1970 et 1980 ; plus récemment, la période de crise des Gilets jaunes a cédé la place, dans un second temps, à la violence de blacks blocs. 

Ces groupes, mobiles et sans hiérarchie fixe, sont difficiles à appréhender. C’est tout le travail des renseignements, dont l’articulation avec les forces de l’ordre doit permettre de prévenir ces débordements. Groupes d’ultragauche, d’extrême droite, groupes séparatistes ou en rupture de société sans affiliation politique, ces individus obéissent à une loi de la jungle qu’ils estiment supérieure à celle de la société.

 

L’évolution des mouvements sociaux

Le 15 novembre 2023, le rapport d’information sur l’activisme violent (n°1864), rédigé par les parlementaires Eric Pouilliat et Jérémie Iordanoff, identifiait les évolutions des mouvements sociaux. Le rapport met en lumière des cultures et des pratiques différentes, entre l’ultragauche qui attaque davantage les biens, et l’extrême droite qui cible davantage les personnes, des finalités différentes. Chez tous ces groupes, un même mépris de l’état de droit, et une même certitude selon laquelle la fin justifie les moyens.

Si la violence prend plus de place, elle devient surtout plus visible. La viralité des images tend à instiller un climat de peur, proche de l’état de nature chez Hobbes. Et, en effet, voir l’Hôtel de ville de Limoges en flammes, voir le visage de commerçants de quartier en sang, molestés, voir les pilleurs arracher les pavés des monuments pour fracasser les vitrines et voler en toute liberté, est profondément choquant.

 

La contestation n’implique pas la violence

Pour la philosophe Hannah Arendt, la violence marque la sortie du politique, qui se fonde sur l’échange, le dialogue. Par la violence, c’est le refus de la parole, de l’explication, des revendications. Les pilleurs et black blocs confisquent un mouvement initié par la jeunesse, pour engager un dialogue. Il ne faut pas confondre la révolte et la violence. Dans L’Homme révolté, Albert Camus soulignait que la contestation, même radicale, supposait, pour se faire entendre, un assentiment préalable à la société, comme ensemble dans lequel on se reconnaît. C’était tout l’objet des grandes lois sociales de Waldeck-Rousseau, sur le droit de grève et de syndicalisation de 1884, qui permettaient l’expression de revendications dans le respect de l’ordre républicain.

 

Aucune tolérance, aucune excuse face à la violence.

 

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