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Première journée de commémoration d’Alfred Dreyfus

Dreyfus

Ce dimanche 12 juillet 2026 a lieu la première journée de commémoration d’Alfred Dreyfus, avec l’inauguration de sa statue en face du Palais de Justice sur l’île de la Cité. Sculptée par Tim entre 1985 et 1988, elle avait connu plusieurs emplacements. Le Palais de Justice est le lieu idéal pour ne jamais oublier. L’Affaire, avec une majuscule, résonne jusqu’à aujourd’hui. Le calvaire subi par le capitaine Dreyfus et son long combat pour la réhabilitation de la vérité sont devenus un symbole d’injustice. La place Maurice Barrès sera également renommée place Lucie Dreyfus.

L’affaire Dreyfus est une crise politique, judiciaire et sociale majeure, qui s’est étendue – en ce qui concerne les faits – de 1894 à 1906. Mais ses effets à plus long terme sont considérables. Capitaine de l’armée française, d’origine alsacienne et de confession juive, Alfred Dreyfus est accusé, en 1894, d’avoir transmis des documents militaires secrets à l’Allemagne. Déclaré coupable de haute trahison, le capitaine Dreyfus est dégradé publiquement et envoyé au bagne sur l’île du Diable. Quelques années plus tard, le colonel Picquard découvre que les preuves ont été falsifiées et que le véritable auteur des documents secrets est Esterhazy. Or, une partie de l’état-major choisit sciemment de dissimuler l’erreur judiciaire afin de préserver le prestige de l’armée. Rejugé, Dreyfus est de nouveau reconnu coupable. Il est ensuite gracié mais c’est seulement en 1906 qu’il est officiellement innocenté et réintégré dans l’armée. Le mois dernier, l’Assemblée nationale a voté l’élévation posthume du capitaine Dreyfus au rang de général de brigade. On se souvient aussi que Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates, avait appelé à la plus grande vigilance sur les brevets d’honorabilité que d’aucuns peuvent se donner à bon compte en instrumentalisant le devoir de mémoire.

L’Affaire a profondément divisé la France, instaurant un climat délétère dans toutes les catégories de la société – responsables politiques, militaires, journalistes, intellectuels, religieux, citoyens. On se souvient de ce dessin de presse humoristique de Caran d’Ache de l’époque montrant une famille dînant tranquillement puis, la case suivante, cette même famille s’étripant avec les couverts de table, la légende indiquant « Ils en ont parlé ». Le rôle de l’intellectuel dans la vie politique a acquis son statut avec la lettre ouverte au président de la République, le vibrant « J’accuse » d’Emile Zola.

L’Affaire a eu des conséquences sur les avancées de l’Etat de droit. Ce combat de longue haleine pour la vérité, pour les droits de l’individu, pour l’indépendance de la justice est véritablement emblématique. L’Affaire a également empoisonné la France en distillant un antisémitisme puissant. Inscrire la date du 12 juillet dans le calendrier des journées de commémoration nationale est naturel et nécessaire.

 

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