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Hommage au général Philippe Morillon

Philippe Morillon

Le général Philippe Morillon nous a quittés le 29 janvier 2026. Immédiatement, nous revient à l’esprit sa phrase : « Je ne vous quitterai jamais », promesse à ses troupes à Srebenica, en Bosnie-Herzegovine en mars 1993. L’armée française était alors en nette infériorité numérique face aux Serbes. Cet homme d’honneur a tenu sa parole, incarnant à un point rarement égalé le courage et le dévouement. Des valeurs qui le définissaient totalement, incorporées naturellement à son comportement au quotidien.

Car, pour ceux qui l’ont connu, ce qui frappait particulièrement chez le général Morillon, c’est la simplicité, l’accessibilité et la gentillesse. Les qualités humaines, de cœur, accompagnaient la rigueur et l’inflexibilité du haut-gradé militaire, les teintant d’une douceur précieuse.

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et vice-président du MoDem, Jean-Noël Barrot, lui a rendu hommage : 

Avec humanité et honneur, il a incarné l’engagement le plus total au service de la France, au sein de nos armées tout au long de sa carrière militaire, à la tête des forces de l’ONU en Bosnie-Herzegovine pendant le conflit en ex-Yougoslavie et jusque dans l’hémicycle du Parlement européen. Philippe Morillon fut tant défenseur de la paix que protecteur des populations civiles. Notre pays lui doit beaucoup.

 

Notre secrétaire générale Maud Gatel a également partagé sa « tristesse infinie »

Le Général Morillon était l'engagement : pour son pays et pour l'Europe. Je pense à sa famille, à ses anciens collaborateurs et à tous ceux qui l'ont connu et admiré.

 

Engagé au service de son pays, le général Philippe Morillon a accompli une carrière militaire au plus haut niveau, mais également une carrière politique. Entre 1984 et 1986, il a ainsi été conseiller militaire de l’Assemblée nationale. De septembre 1992 à juillet 1993, il a été nommé commandant des forces armées de l’ONU (FORPRONU) en Bosnie-Herzégovine. Son action, son exemplarité lors du massacre de Srebrenica resteront à jamais dans nos mémoires. En 1993, le général Morillon publie l’ouvrage Croire et oser : chronique de Sarajevo, où les idées d’espérance et de fraternité sont exprimées avec force.

De 1994 à 1996, il devient le commandant de la Force d'action rapide. Philippe Morillon quitte l'armée en 1997 avec le grade de général d'armée (5 étoiles).

Il est élu sur la liste UDF au Parlement européen pour la législature 1999-2004. Le 13 juin 2004, il conduit la liste UDF dans la circonscription Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes) et, à ce titre, a été réélu député au Parlement européen. Centriste, démocrate-chrétien, le général Philippe Morillon a toujours été proche de François Bayrou.

L’espérance, la confiance, cet imaginaire commun de l’armée, forment un ciment de notre société. Dans une époque où les grands hommes se font rares, l’exemple du général Morillon nous oblige. Souvenons-nous du mot d’Alain dans Les Passions et la sagesse (1921) : « Il y a un esprit de corps, une imitation des anciens, une crainte de ne pas faire ce qu’il faut, qui sont plus forts que la peur dans les moments critiques. » 

C’est dans le lien de respect, d’obéissance entre les hommes que l’honneur trouve ses racines. Ces valeurs en apparence désincarnées, aux yeux de l’opinion publique tout du moins, possèdent encore pour les militaires une réalité très incarnée, et même charnelle. L’esprit de corps est quelque chose de sensible, un sentiment très fort, le socle vivant d’une communauté solidaire, irréductible à sa seule dimension professionnelle.

 

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