Conférence à Strasbourg : comprendre la dette française pour mieux agir
Mercredi 1er juillet 2026, une conférence consacrée à la « dette française : constat et solutions possibles » s’est tenue à Strasbourg, à l’initiative du Village Démocrate « Entreprise, commerce et industrie ».
Modérée par Frédéric Agaud, animateur du Village, cette rencontre avait pour intervenant M. Luc de Boever, docteur en sciences économiques à la Sorbonne. Son parcours particulièrement riche — d’agriculteur dans sa jeunesse à président de la Fédération nationale ovine, puis expert du commerce international et essayiste — donne un relief singulier à son engagement. À 86 ans, avec une énergie intacte, il souhaite parcourir la France pour partager ses convictions sur la dette française : la gravité de la situation, mais aussi les possibilités réelles de redressement de notre pays.
Ce thème est depuis longtemps au cœur des préoccupations de notre mouvement et de notre président François Bayrou. Il demeure plus que jamais d’actualité, comme le rappelle son dernier ouvrage, Alerte sur la France qui vient.
Avec la rigueur d’un universitaire reconnu et un grand sens de la pédagogie, Luc de Boever a présenté les principaux chiffres permettant de mesurer l’ampleur du problème : une dette publique de plus de 3 500 milliards d’euros, en progression continue depuis 1974 ; un déficit supérieur à 150 milliards d’euros cette année ; et une charge d’intérêts qui devrait dépasser 60 milliards d’euros, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale, puis atteindre plus de 100 milliards d’euros en 2030, davantage que le produit de l’impôt sur le revenu.
Son message est clair : sans mesures exceptionnelles et sans réformes urgentes, profondes et globales, couvrant l’ensemble des champs politiques, économiques et sociaux, le « bateau France » risque de perdre le cap. Ses moteurs ne produisent plus l’énergie suffisante, il dérive et laisse apparaître de nombreuses voies d’eau.
Pourtant, ce travail difficile a déjà été engagé, voire mené à bien, chez certains de nos partenaires européens. Dès lors, une question s’impose : pourquoi cela serait-il possible ailleurs et pas chez nous ?
Pour avoir une chance de réussir, plusieurs conditions apparaissent essentielles :
- associer les Français aux efforts nécessaires, en leur expliquant clairement les raisons de ces efforts ;
- faire vivre une solidarité nationale réelle ;
- garantir une équité absolue dans la répartition des efforts ;
- présenter un plan global, annoncé à l’avance et compréhensible par tous.
Notre pays a déjà montré sa capacité à se mobiliser autour d’un objectif commun. Lorsque Notre-Dame a brûlé, la France a su rassembler les volontés pour permettre sa reconstruction, plus belle encore, en cinq ans, grâce à un consensus et à une mobilisation générale.
Nous sommes donc capables, nous aussi, de redresser notre maison France. Mais cela suppose de regarder le monde tel qu’il est, et non tel que nous voudrions qu’il soit. Un pays ne peut pas vivre durablement au-dessus de ses moyens sans mettre en danger son avenir.
La clé du redressement passera par un travail de fond : former des citoyens conscients des enjeux, convaincus que des solutions réalistes existent et prêts à s’engager dans un effort collectif fondé sur l’équité et la responsabilité.
Après cet exposé dense et stimulant, de nombreuses questions et remarques ont été formulées par le public strasbourgeois, composé de participants de tous âges et de tous horizons. Toutes ont été accueillies avec bienveillance et ont donné lieu à des réponses constructives.
Cette réunion constitue une étape dans le travail important qui nous attend : convaincre les Français de la nécessité d’agir, expliquer les efforts à consentir et montrer qu’un avenir positif et enthousiasmant, notamment pour les jeunes générations, demeure possible.
Dans les prochains mois, le MoDem aura un rôle majeur à jouer pour porter ce message et contribuer au redressement du pays, comme le fait inlassablement notre président François Bayrou.