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Université de rentrée

UR 2026 : Revivez le discours de clôture de Jules Pasquier

Absent(e) lors de notre Université de rentrée ? Retrouvez l'ensemble des discours de clôture de cette édition 2026 ! Ici, celui de Jules Pasquier, président des Jeunes Démocrates, conseiller de Paris.

Seul le prononcé fait foi.

 

Chers amis,

Cette université de rentrée est toujours une parenthèse agréable dans l’année politique. Dans une rentrée incertaine, où l’inquiétude domine à plusieurs égards, c’est toujours un moment précieux pour se retrouver et prendre le temps de réfléchir collectivement. Et je crois que nous en avions particulièrement besoin cette année.

Je voudrais commencer par quelques motifs de satisfaction. Parce que c’est important, parfois, de regarder où nous en sommes.

Oui, nous existons. Et nous pesons politiquement dans ce pays.

Grâce à des ministres engagés Jean-Noël Barrot, Marina Ferrari, Marie-Pierre Vedrenne, Catherine Chabaud nous sommes à la barre dans un moment décisif pour notre pays. Grâce à un groupe parlementaire combatif, nous continuons à porter à l’Assemblée nationale des combats concrets et utiles, avec Marc Fesneau et l’ensemble de nos députés. Je pense aussi à nos députés européens, chère Laurence Farreng, qui portent notre voix partout où se joue l’avenir de l’Europe, et à nos sénateurs, qui sont eux aussi présents sur l’ensemble des grands sujets qui concernent notre pays et nos territoires.

Et puis surtout, vous pouvez compter sur un mouvement de jeunesse qui continue de se renouveler. J’ai été immensément fier de présider les Jeunes Démocrates pendant deux ans, et je le suis encore davantage de voir ce qu’il est devenu.

Ces jeunes continuent de faire le choix de la réflexion et de la modération, plutôt que celui de la facilité que nous propose bien souvent le débat public. Et les résultats sont là : en 2026, nous avons plus que doublé le nombre d’élus municipaux JDem.

C’est une satisfaction, évidemment, parce que ces nouveaux élus sont autant de relais dans nos territoires pour porter notre parole démocrate. Mais c’est surtout une satisfaction parce qu’ils démontrent, très concrètement, que notre méthode peut être utile et que nos valeurs d’ouverture, de dialogue et de responsabilité peuvent produire des résultats dans les conseils municipaux.

Mais cette université de rentrée se teint aussi, il faut le dire, dans un climat d’inquiétude pour nous militants démocrates, au vu de la situation politique dans notre pays. Parce qu’à l’heure où nous nous parlons, une nette majorité des jeunes Français envisagerait de voter, en mai 2027, soit pour Marine Le Pen, soit pour Jean-Luc Mélenchon.

Et cela doit nous interpeller.

Nous avons fait partie d’une majorité pendant dix ans. Je crois qu’il ne faut ni le nier, ni réécrire cette histoire. Il faut au contraire être capables de revendiquer certaines de nos victoires, de regarder ce que nous avons changé. Mais il faut aussi être humbles face aux difficultés que nous n’avons pas su résoudre pour cette génération.

Nous n’avons sans doute pas suffisamment entendu les difficultés profondes des jeunes confrontée à la précarité, à des difficultés économiques et à une forme de panne de l’ascenseur social.

Et comment ne pas s’interroger lorsque cette colère conduit une partie de cette jeunesse à se tourner vers une candidate d’extrême droite qui n’offre, pour répondre aux difficultés du pays, que la stigmatisation et les réponses simplistes ?

Nous n’avons peut-être pas non plus été suffisamment ambitieux sur l’écologie et sur la justice sociale.

Parce qu’il faut entendre ce que nous disent les jeunes qui se tournent vers l’extrême gauche. Ils ne le font pas uniquement par idéologie. Ils expriment aussi une inquiétude face à leur avenir, face au climat, face aux inégalités. Comment ne pas s’interroger là-aussi quand cette inquiétude les conduit à se tourner vers un candidat pour qui la solution miracle pour faire face au problème de la dette de ce pays est simplement de la bruler.

Un mot sur la dette, justement. Je crois que nous sommes tous fiers ici d’appartenir à un mouvement politique dont le Président, cher François Bayrou, a fait le choix d’en faire son combat politique.

Alerter le pays sur le mal qui vient, dire une vérité qui n’est pas populaire, refuser de repousser encore et toujours les difficultés à demain : voilà un choix courageux.

Et au nom du besoin impérieux de vérité dans le débat public, mais aussi au nom des jeunes générations pour lesquelles vous vous êtes battu en donnant cette alerte, Monsieur le Premier ministre, cher François Bayrou, soyez-en remercié.

Le sujet de la dette est désormais dans le débat public. Nous le devons à cette bataille que vous avez menée.

Elle a parfois été caricaturée. Elle a parfois été mal comprise. Mais il y a déjà un progrès essentiel : désormais, nous en parlons.

Et nous savons une chose : sans rétablissement de notre situation financière, il est inutile d’espérer des lendemains meilleurs pour notre génération et celles à venir.

C’est une triste réalité. Mais cela reste une vérité.

Alors, chers amis, vous qui êtes ici engagés, vous qui êtes des démocrates sincères, il nous reste un peu plus de six mois avant l’élection présidentielle et c’est autant de temps pour déjouer les pronostics. C’est du temps pour proposer à la jeunesse de ce pays un autre avenir que celui que lui promettent les extrêmes : le repli, la fermeture, la fin de la construction européenne d’un côté ; la fuite en avant financière, la rupture et les promesses impossibles de l’autre.

Pour cela, il faut que les modérés de ce pays soient capables de s’entendre. Et je sais bien que dans un monde politique dominé par les réseaux sociaux et son lot d’outrance le mot « modérés » n’est pas forcément le plus vendeur.

Mais derrière ce mot, il y a quelque chose de beaucoup plus important : une alliance de femmes et d’hommes qui refusent les mensonges faciles, qui acceptent de regarder la réalité en face et qui veulent construire des solutions plutôt que désigner des coupables.

Face aux populistes d’extrême droite et d’extrême gauche, qui prospèrent sur le simplisme et les illusions, nous devons défendre une autre conception de la politique : celle qui accepte la complexité du réel, qui dit la vérité et qui cherche des compromis pour agir.

Mais vous le savez, vouloir battre l’extrême droite ne suffit pas. Ce n’est pas un programme politique. Et surtout, croire que nous pourrons simplement construire un barrage électoral au moment du scrutin, alors que nous aurions laissé l’extrême droite imposer ses thèmes, ses mots et sa vision du pays pendant des années, serait une erreur.

Nous devons proposer un projet de société. Nous devons être capables de dire pourquoi nous sommes une offre politique utile au pays dans ces temps difficiles, et surtout ce que nous voulons faire de la France.

Et dans ce projet, nous devons impérativement faire de la jeunesse la priorité. Parce que faire le choix de la jeunesse, c’est aussi faire le choix du temps long.

C’est parier sur l’avenir. C’est accepter de penser la France pour dans dix, vingt ou trente ans, plutôt que de nous contenter de petites adaptations et de petits renoncements qui, mis bout à bout, finissent par nous condamner à ne rien changer.

Faire de la jeunesse la priorité, c’est aussi nécessairement faire le choix de la planète. Parce que penser l’avenir, c’est penser les conditions dans lesquelles cet avenir sera possible.

Et faire de la jeunesse notre priorité politique, c’est enfin accorder une place centrale à l’enfance. Chère Sarah El Haïry, tu te bats chaque jour pour que ce sujet capital retrouve la place qui devrait être la sienne dans le débat public. Parce que l’avenir d’une société se joue aussi dans la manière dont elle accompagne ses enfants, protège les plus fragiles et donne à chacun les moyens de construire sa vie. Et faire de la jeunesse la priorité c’est aussi réfléchir à notre société et aux sujets de santé mentale et d’isolement qui assombrissent aujourd’hui encore un peu plus l’avenir des jeunes générations

Alors oui, nous devons avoir un projet politique porteur d’espoir. Un espoir fondé sur la réalité, sur la responsabilité et sur notre capacité à penser plus loin que la prochaine échéance électorale. Nous devons reprendre le temps long, regarder ce que sera la France dans dix, vingt ou trente ans, préparer le pays à cet avenir plutôt que de simplement nous adapter, année après année, à ce que nous impose le présent. Alors j’espère que cette belle université de rentrée, organisée par les équipes du siège autour d’Anne-Caroline Berthet et de Maud Gatel, que je tiens à remercier, vous aura donné du courage et surtout de l’envie. Parce que le chantier qui nous attend est immense.

Vous pourrez compter sur l’enthousiasme des Jeunes Démocrates pour y prendre toute notre part et porter cette ambition auprès de notre génération.

J’espère pouvoir revenir l’année prochaine, à L’Isle-sur-la-Sorgue ou à Guidel, peu importe, et que nous pourrons nous dire, collectivement, militants démocrates que grâce à notre mobilisation, grâce à notre engagement, nous avons contribué à éviter le pire pour notre pays et à ovrir un autre chemin.

Je crois sincèrement que nous avons l’énergie, les convictions et les ressources pour y arriver.

Je vous remercie.

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