Question de terrain : Les rythmes scolaires

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Le ministre de l'éducation Vincent Peillon souhaite revoir l'organisation du temps scolaire. Entre les intérêts des enfants, des parents et des collectivités locales, l'équation n'est pas simple à résoudre. Marc Fesneau, président de la communauté de commune de Beauce et Forêt et Daphné Ract-Madoux, présidente d'une association de parents d'élèves nous donnent quelques éléments de réflexion.

Daphné Ract-Madoux, pouvez-vous nous dire quelles avaient été les conséquences, en 2008, de la fin de la semaine de 4,5 jours et la suppression du samedi ? 


DRM : De mon point de vue de parent d'élève, je regrette la suppression de l'école le samedi matin qui a été très préjudiciable au maintien du lien social entre l'école, les parents et les enfants. En effet, beaucoup de parents travaillent tard le soir et ne peuvent rencontrer les professeurs et les autres parents à la sortie des classes. Les samedis d'école permettaient ces échanges très importants. 

Pour les enfants, ce passage à la semaine de 4 jours a bousculé leurs rythmes hebdomadaires et ces 4 jours concentrent trop d'heures et d'efforts journaliers. 



Le bilan de la réforme est plutôt mauvais, que pensez-vous donc de ce retour à une semaine de 4,5 jours et des propositions de Vincent Peillon ? 

DRM : Revenir à 4,5 jours est bénéfique pour le rythme scolaire hebdomadaire des enfants qui s'épanouissent dans des rythmes régulés et allégés. Mais le choix du mercredi ou du samedi matin pourrait se discuter. Le rythme scolaire doit également être repensé annuellement en réduisant par exemple les vacances d'été, ce qui ce fait déjà dans certains secteurs en France. Il est important de s'appuyer sur les nombreuses expérimentations et pratiques qui marchent et ont été mises en place. Un autre point positif est le maintien du soutien par les professeurs, hors temps scolaire, aux élèves en difficultés qui s'est révélé être un outil d'anticipation et de réduction des inégalités au sein de la classe. 





Marc Fesneau, le ministre de l'éducation nationale a auditionné les associations d'élus sur ce sujet. Vous avez participé à cette audition :
Qu'avez vous dit au ministre et quelles sont les questions qui vous préoccupent en tant qu'élu local ? 


MF : Premièrement que ce projet de réforme recueille plutôt un avis favorable des élus, des équipes enseignantes et des parents dans nos territoires. En second lieu que les collectivités sont ouvertes et prêtes à jouer le jeu. Parce qu'il en va de l'avenir de nos enfants. 

Cette réforme conduit inéluctablement à renforcer le rôle des collectivités, à mieux intégrer les autres acteurs de l'éducation au sens large puisque pour près de la moitié de la journée, les élèves seront sous la responsabilité d'équipes non enseignantes. C'est donc l'occasion inespérée de décloisonner des acteurs qui se parlaient sans doute insuffisamment. Cette convergence, cette nécessité de coopération, est la condition de la réussite, y compris en termes de mode de fonctionnement : nous ne pouvons plus avoir des règles différentes d'encadrement des enfants. 

Ceci étant, la question financière reste centrale pour rendre "faisable" cette réforme. 

Enfin j'ai indiqué au ministre notre souhait que cette réforme ne s'applique pas dans un cadre rigide et qu'il convenait d'adapter ces rythmes tant aux besoins des enfants qu'aux réalités d'organisation locales.

Daphné, Marc, quelles seraient vos propositions pour résoudre la difficile équation du temps scolaire et concilier l'intérêt des enfants avec les autres contraintes ? 



MF : Sans doute (pour faire lapidaire) cette réforme peut permettre de réfléchir à la globalité du temps de l'enfant. C'est à cela qu'il faut s'attacher. Le temps scolaire doit être réduit c'est inexorable c'est une réalité européenne, mais en même temps ce n'est pas le seul temps de la construction des enfants. Simplement il faut que cette nouvelle répartition des temps ne se fasse pas au détriment de l'enfant. Le véritable risque est que les enfants n'étant plus seulement pris en charge par l'éducation nationale des disparités territoriales ou sociales se renforcent. C'est à cela qu'il faut veiller. 



DRM : On voit bien que cette équation est difficile à résoudre. En effet, le bien-être de l'enfant doit guider nos choix. Leur avenir est trop dépendant de ces premières années à la maternelle et au primaire.
Nos efforts doivent se concentrer sur cette période de fondation des apprentissages. L'idée même qu'une réforme pourrait se mesurer et évoluer sur 2/ 3 ans me paraitrait sain et constructif.
Plus de régularité, moins d'heures journalières, une plus grande concertation entre tous les acteurs de l'éducation, professeurs comme collectivités locales ou associations, une annualisation des rythmes sont autant de pistes à suivre, pour nos enfants. 



Merci Daphné et Marc pour cet éclairage. Partagez cet article et débattez, échangez sur ces sujets sur les réseaux sociaux !

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