Logement et jeunes précaires : une situation alarmante 

David Corceiro

Le député du Val d'Oise, David Corceiro, a émis un rapport sur le logement et les jeunes précaires. Il dresse un constat inquiétant : 4 millions de personnes souffrent du mal-logement en France et 1/3 des jeunes occupent un logement trop exigu. Retour avec lui sur les enjeux autour du mal-logement et de la précarité de la jeunesse. 

Comment la crise du logement impacte-t-elle les jeunes aujourd’hui ? 

La crise du logement n’est pas nouvelle, elle était là avant la crise du Covid-19, elle impacte 4 millions de personnes chaque année en France. Un constat s’impose à nous :  les jeunes subissent plus que n’importe quelle tranche de la population cette crise, liée aux faibles ressources financières des 18-25 ans par rapport à la population générale. Le manque d’employabilité, l’insertion difficile sur le marché du travail, et une démographie forte aggravent la crise du logement subie.

Il y a une précarité financière des jeunes : Le logement représente 60% du budget des étudiants, c’est leur 1er poste de dépenses.

En parallèle, depuis 2000 les prix de l’immobilier ont augmenté 4 fois plus vite que les revenus des ménages : cette situation est de moins en moins soutenable. Ainsi, le pouvoir d'achat des jeunes est directement affecté. 

Le cumul emploi-études pour pallier au niveau de rémunération des apprentis et stagiaires représente un taux d'échec plus important pour les étudiants. Ainsi, le revenu annuel salarial moyen des moins de 25 ans est à 7 490 euros, contre 19 220 euros pour les 25-39 ans. 

Quand on est contraint de cumuler emploi et études, c’est se tirer une balle dans le pied pour sa réussite scolaire et professionnelle. 

La précarité étudiante est-elle comparable à la précarité des apprentis et des jeunes actifs ? 

Au terme des travaux conduis pour la mission d’information, nous nous sommes rendus compte que la précarité ne s’arrêtait pas aux étudiants. Les apprentis et les jeunes actifs à la fin de leur cursus avec d’avantage de ressources financières que les étudiants souffrent aussi de cette situation. Notons que la crise du Covid 19 a augmenté cette précarité en raison de son impact sur de nombreux secteurs économiques. Elle en a exacerbé les effets, les conséquences, plongeant une partie de notre jeunesse dans des situations très précaires.

En effet, les étudiants ont vu leur précarité amplifiée en raison de revenus plus instables que des jeunes actifs et apprentis, en moyenne 919 €.  Les jeunes actifs ont connu une baisse de salaire de 3% brut compris entre 800 et 1300 euros). Les apprentis ont un salaire inférieur au salaire minimum compris entre 410 à 1522 € brut par mois. De cette manière, les jeunes actifs n'ayant plus le statut étudiant sont éligibles à moins d'aides. 

Étudiants, jeunes actifs, apprentis la réalité est celle-ci : le niveau de vie des jeunes n’augmente que de 67 € par an depuis 14 ans contre 2900 € pour les seniors. 

Les jeunes aujourd’hui sont de plus en plus nombreux à se retrouver dans des situations précaires, quelques soient leurs formations. Le problème est devenu très critique !

Observe-t-on de fortes disparités d’accès aux logements chez ces mêmes jeunes ? Comment les expliquer ? 

Il y a de fortes disparités entre le niveau de vie des jeunes et leur environnement familial (aisé ou non) qui aide à financer un loyer. Il y a également une disparité régionale : les villes ne pratiquent pas les mêmes loyers. Les propriétaires sont de plus en plus méfiants, dans la capacité à un étudiant même en CDD à régler son loyer. Le revenu conditionne davantage l’accès à la propriété il y a 30 ans : Inégalités de ressources face à un jeune actif et un étudiant. Beaucoup d’étudiants n’ont pas les moyens de payer un loyer au prix du marché.Les bailleurs privés sont méfiants face aux manques de ressources de ces derniers.

Les étudiants ne connaissent pas les allocations et revenus sociaux qui peuvent améliorer leurs ressources : tout le monde n’est donc pas logé à la même enseigne ! 

Le lieu de résidence et la localisation du bien loué est source d’inégalités. Il y a une grande disparité entre les territoires. Le prix du loyer est plus élevé dans les grandes métropoles que dans les moyennes : 850 € en moyenne pour un studio à Paris/ 350 € à Limoges.

La difficulté d’accession au parc social est due à :

  • Une faible renouvellement des locataires du parc social.
  • Une concurrence rude entre des publics prioritaires.
  • Un délai d’attribution d’un logement trop long : 2 ans en moyenne.

Sans surprise on se rend compte que les étudiants les plus précaires passent à la caisse. 

Comment la Covid a-t-elle creusé les inégalités d’accès aux logements ? 

La crise a dû contraindre 36 % des étudiants à interrompre leur activité avec les fermetures des restaurants, bars etc. avec une perte financière moyenne de 214 euros par mois. Le travail qu’ils ont perdu est aussi une part de leur budget qu’ils ont perdu. 

Les jeunes ont été les plus concernés par les pertes d’emploi liées à la situation sanitaire. Les travaux d’appoints (garde d’enfant par exemple, non indemnisé par le chômage partiel) ont engendré un accroissement de la pression budgétaire sur les dépenses liées au logement. 

Cette crise ne frappe pas seulement le moral de notre jeunesse, mais son portefeuille. 

Quels sont les dispositifs imaginés pour pallier ce phénomène et les leviers à activer pour l’enrayer ?

Le constat que nous avons pu faire avec Richard Lioger pour cette mission d’information a été alarmant : la situation est critique, la covid ayant aggravé la précarité des jeunes qui se dégradait déjà depuis plusieurs décennies. Des solutions ont été proposées pour renverser cette tendance très problématique pour l’avenir de notre jeunesse.

Les objectifs sont clairs :

  • Favoriser l’accessibilité à la propriété aux jeunes.
  • Aider l’accession au logement social pour les étudiants les plus précaires.
  • Aider financièrement les jeunes à travers le prêt à taux zéro.
  • Informer les jeunes des aides de l’État pour améliorer leurs chances de trouver un logement.
  • Trouver du foncier disponible pour construire des logements pour notre jeunesse.
  • Inciter les bailleurs à louer leurs biens aux jeunes (étudiants, actifs).
  • Renforcer l’offre de logement très sociale pour jeunes, en faveur notamment des étudiants en difficulté financière, particulièrement en Île-de-France.
  • Supprimer le mois de carence en début de droit à l’aide personnalisée au logement (APL).
  • Faire durer les droits des étudiants pendant trois mois au-delà des études pour faciliter la transition étudiant/jeune actif.
  • Inciter les collectivités publiques à libérer gratuitement leur terrain en vue de projet de logement à destination des jeunes.
  • Porter connaissances aux jeunes leurs droits, aides, revenus sociaux afin de pallier au manque de revenus de ces derniers à travers des séances d’informations avant de quitter le « nid » familial.
  • Inciter les jeunes habiter en collocation au sein des logements sociaux (HLM, CROUS).
  • Permettre un meilleur financement des espaces communs et des travailleurs sociaux pour les associations de gestion des résidences étudiantes sur le modèle des foyers de jeunes travailleurs.
  • Favoriser les opérations de transformation qui impliquent la réhabilitation d’immobiliers d’activités, et notamment de bureaux, hôtels ou hôpitaux, vers des logements étudiants.
  • Proposer des prêts à taux zéro aidés par l’État sous certaines conditions de revenu : selon le nombre d’occupants du logement. Le remboursement du prêt s’échelonne d’une durée allant de 5 à 25 ans et est valable pour un logement neuf, un logement social.
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