Université 133 : Le sens du travail

Mercredi 30 novembre, Université 133 a lancé un cycle de réflexion sur le sens du travail. Le contenu et le sens du travail sont des exigences de justice sociale. Belle audience pour ce premier rendez-vous.

Patrick Mignola (vice-président et porte-parole du mouvement), Raphaël Liogier (sociologue et philosophe, professeur à Sciences po Aix), Bertrand Le Guern (chef d’entreprise) et Marina Ferrari (secrétaire générale adjointe du mouvement et députée de la Savoie) ont débattu sur les mutations du monde du travail. Cette soirée, centrée sur les entreprises, était animée par Olivia Leboyer (Université 133).

Patrick Mignola a souligné d’emblée que le moment est propice à une réflexion de fond sur le travail, qui débouche sur des propositions politiques concrètes et fortes. Le monde du travail connaît des évolutions rapides, qui rendent le code du travail, les régimes de retraite, les systèmes d’imposition souvent mal adaptés, déphasés. Comment réinstiller du sens dans le monde du travail, qui est notre espace commun ?

Pour le Mouvement démocrate, le partage de la valeur est impératif. Mieux associer les salariés à certaines décisions essentielles de l’entreprise, mieux partager avec eux les fruits des bénéfices, sont des propositions que le mouvement défend depuis longtemps. Par la participation et l’intéressement peut se développer un lien avec l’entreprise, qui rend le salarié solidaire de l’activité collective.

Raphaël Liogier, auteur de l’ouvrage Sans emploi, condition de l’homme postindustriel (éditions Les liens qui libèrent, 2016) a retracé la généalogie des révolutions industrielles, où les techniques modifient notre rapport à l’activité. Parler d’objectif de plein-emploi ou de bassin d’emplois, comme s’il s’agissait d’une ressource première, tangible, n’a pour lui aucun sens. C’est bien d’activité et de production qu’il s’agit.

Comment passer d’un labeur subi à un travail qui permette l’autonomie ? Très conscient du caractère irréalisable, pour le moment, de certaines de ses propositions, le chercheur soutient qu’il est néanmoins nécessaire d’avoir en tête, comme une asymptote, un idéal à viser. Selon lui, c’est le capital qu’il faudrait taxer, et non le revenu, car là se trouve la source des inégalités. Il soutient qu’un revenu universel d’activité, convenablement évalué, ne conduirait pas à une paresse généralisée mais pourrait générer de l’oisiveté, au sens noble, qui libère l’homme pour œuvrer véritablement.

Bertrand Le Guern, chef d’entreprise chevronné, qui a notamment participé au déploiement d'Orange en Pologne, nous expose les manières de rendre l’entreprise plus éthique, et donc plus équitable. En instaurant des règles éthiques, de la transparence au sein de l’entreprise, on crée les conditions d’un dialogue fécond avec les salariés, qu’il s’agit d’associer aux grandes décisions qui les concernent tous. La justice sociale fonctionne selon des principes d’équité. Dans ces transformations, l’Etat doit adopter une fonction de régulateur.

La secrétaire générale adjointe Marina Ferrari, qui a travaillé vingt ans comme cadre en ressources humaines dans le secteur du numérique, revient sur les changements de perspective, dans notre rapport au temps, dans nos temps de carrière, avec leurs bifurcations. Dans nombre de secteurs, dont le tourisme, les transformations sont importantes.

Le président du groupe MoDem à l’Assemblée, Jean-Paul Mattéï, nous a fait le plaisir d’assister à tout le débat, qu’il a éclairé par ses analyses fines sur les réformes fiscales à mener. Si son amendement sur les superdividendes n’a pas été retenu par le gouvernement pour l’instant, Jean-Paul Mattéï montre à quel point cette taxation provoquerait un signal utile, qui fait signe vers une réforme fiscale de plus grande ampleur. Car c’est en effet dans le capital que dorment des sommes qui pourraient servir l’intérêt général : "Senrichir sans talent mérite bien une petite taxation complémentaire !" lance-t-il avec malice.

Le secrétaire général adjoint et député du Loiret Richard Ramos a posé une question sur la distinction entre la personne et la fonction ou le statut, soulignant que l’on s’identifie moins aujourd’hui à son travail que par le passé. Les très nombreuses questions de la salle ont mis l’accent sur des points précis : le statut des bénévoles, les inutiles complexités administratives qui ne tiennent pas compte des spécificités de chaque branche, les aspirations des citoyens, la place des syndicats dans le dialogue social, les lenteurs du travail législatif.

De nombreuses interventions ont exhorté le politique à remédier aux incohérences observées, dans la fiscalité comme dans le système des retraites. Précisément, rappelle Raphaël Liogier, le politique se distingue de la seule économie par le fait de fixer un cap, de projeter quelque chose en commun. Ce soir, nos politiques, par la voix de Jean-Paul Mattéï et de Patrick Mignola notamment, ont prouvé qu’ils avaient l’étoffe pour relever le défi. 
 

Je reçois la lettre d'information du Mouvement Démocrate

Engagez-vous, soyez volontaires

A nos côtés, vous serez un acteur de nos combats pour les Français, pour la France et pour l'Europe.

Chaque engagement compte !

Votre adhésion / votre don

Valeur :

Coût réel :

20 €

6,80 €

50 €

17 €

100 €

34 €

Autres montants

Qu'est ce que la déclaration fiscale sur les dons ?
Filtrer par