Hubert Ott : « L'agriculture de montagne française est pleinement au rendez-vous de la transition écologique »
Lors des questions au gouvernement de ce mercredi 14 octobre, notre député du Haut-Rhin, Hubert Ott, a interrogé la ministre de l’Agriculture sur l'agriculture de montagne.
Merci Madame la Présidente. Madame la ministre.
Nous demandons à nos agriculteurs l'adaptation au changement climatique, le renouvellement des générations et le maintien de notre souveraineté alimentaire. Mais sommes-nous capables nous-mêmes d'adapter les règles qui les empêchent parfois d'avancer ? Dans le village du Bonhomme en Alsace, plusieurs jeunes souhaitent s'installer comme éleveurs de montagne. Pour rendre ces installations possibles, la commune doit rouvrir quelques hectares d'anciennes prairies, progressivement reboisées avec la déprise agricole. Mais elle se heurte à une absurdité réglementaire.
Elle possède déjà plusieurs hectares de terrains boisés, qu'elle souhaite mobiliser en les intégrant à son domaine forestier, pour compenser chaque hectare défriché. Pourtant, pour être pris en compte, ces terrains devraient avoir été acquis depuis moins de deux ans. Autrement dit, une commune qui possède déjà des terrains boisés, non seulement ne peut pas les utiliser, mais devrait encore acheter d'autres forêts pour pouvoir installer de jeunes agriculteurs. Cette situation révèle de profondes contradictions alors que derrière ce dossier se joue l'avenir même de nos montagnes.
L'agriculture de montagne française est un modèle particulièrement en phase avec les attentes de notre société. Elle s'imbrique dans les écosystèmes, contribue à la biodiversité, offre un puits de carbone remarquable et renforce notre protection face aux incendies en créant de milieux ouverts. Cette agriculture est pleinement au rendez-vous de la transition écologique. Elle doit donc être une priorité nationale.
Nous sortons d'un été marqué par une sécheresse exceptionnelle qui a durement frappé nos agriculteurs. Or nous leur demandons de relever de grands défis et particulièrement de produire tout en protégeant. Notre responsabilité est de leur donner les moyens d'y parvenir, de simplifier plutôt que de leur ajouter des obstacles aux difficultés qu'ils rencontrent déjà.
Madame la ministre, le gouvernement est-il prêt à changer la règle pour permettre aux communes de mobiliser les terrains qu'elles possèdent déjà et faciliter ainsi l'installation de ces jeunes éleveurs dont notre montagne a grand besoin ?