"L'idée que tous les Français doivent être responsabilisés et associés aux grandes décisions d'avenir est chère à François Bayrou qui l'a inscrite dans l'ADN du MoDem et je crois qu’elle est largement partagée aujourd'hui"

JN-Barrot

Jean-Noël Barrot, Secrétaire général du Mouvement Démocrate, propose - dans une interview du Journal du Dimanche - une "concertation décentralisée" dans les régions, associant élus, associations, syndicats et citoyens tirés au sort pour faire des propositions pour le monde d'après. Extraits. 

Accéder à l'intégralité de l'article de Sarah Paillou sur le site du Journal du Dimanche. 

Que proposez-vous pour préparer "le monde d'après"?

Alors que nous rendons hommage cette année au général de Gaulle, rappelons-nous comment il a su mobiliser et associer les Français à l'effort de reconstruction du pays, après la guerre. L'instrument puissant de cette mobilisation populaire, inspiré par Jean Monnet, c'est le Plan et ses 18 commissions de modernisation, rassemblant des milliers d'ouvriers, chefs d'entreprises, syndicats, fonctionnaires, agriculteurs... Les conclusions de cet exercice ouvert et décentralisé ont ensuite servi de référence aux politiques publiques après-guerre. Nous avons aujourd'hui "l'ardente obligation" de retrouver l'objectif de l'époque : partager un diagnostic et définir des priorités d'action pour refonder notre vie collective. La crise sanitaire que nous connaissons nous enseigne qu'il faut réarmer notre capacité d'anticipation face aux défis qui arrivent, et de préservation de nos biens communs.

Comment se déroulerait, concrètement, cette concertation?

Pour faire circuler la sève des racines de la société jusqu'au sommet de l'Etat, il faut s'appuyer sur les liens nouveaux tissés pendant le confinement. Convions toutes les forces vives de la nation à participer à la gestion de crise! On pourrait imaginer une douzaine de comités thématiques, décentralisés en région, au plus près du terrain, réunissant élus, partenaires sociaux, associations. Ils seraient chargés de produire un diagnostic et des propositions qui auront vocation à éclairer les décisions du gouvernement. La participation citoyenne serait aussi sollicitée, c'est une condition de la vitalité de notre démocratie.

Comment permettre cette participation citoyenne?

Il y a des enseignements à tirer de la convention citoyenne pour le climat : un collège de citoyen pourrait ainsi être associé à chaque comité, éventuellement tiré au sort.

Quel avenir auraient les propositions issues de ce travail?

Il faut que l'ensemble de la nation et de ses corps intermédiaires, à travers ces comités, soit responsabilisé dans la formulation du diagnostic et des propositions. Cela signifie, comme pour la convention climat, que les idées nées de ce travail soient transmises à l'exécutif qui les soumettrait au législateur par voie parlementaire ou référendaire. Cela permettrait aussi de faire adhérer les Français aux décisions de rupture que nous allons devoir prendre.

Votre idée ressemble au Grand débat national, qui a fait naître des déceptions...

Le Grand débat a porté ses fruits et des mesures concrètes ont été mises en place : la convention climat, des baisses massives d'impôts, la mise en place progressive de maisons France Services dans chaque canton...

Sur quels sujets travailleraient les participants?

Je pense à la transition industrielle, à la rémunération du travail, aux conditions d'une prospérité plus partagée, à l'organisation de l'Etat, de ses compétences et de leur empreinte territoriale. La question des évolutions institutionnelles nécessaires, comme l'instauration d'une dose de proportionnelle défendue de longue date par le MoDem, pourrait être à l'ordre du jour.

Quel calendrier imaginez-vous?

Ce travail doit être engagé le plus tôt possible pour laisser le temps nécessaire à la réflexion. Un horizon de six mois permettrait d'aller au fond des sujets : deux mois pour le diagnostic, quatre pour les propositions.

Le "monde d'après" ne commencerait donc pas avant 2021?

Les fondations du monde d'après seront solides si on prend le temps de construire un diagnostic de qualité, et cela ne peut se faire que si tous les Français y sont associés.

Sur le fond, avez-vous déjà des propositions?

On ne peut pas faire l'économie d'une concertation avec les acteurs de terrain, qui connaissent les difficultés, les dilemmes que pose par exemple l'articulation de la transition écologique avec l'exigence de relance économique. Il ne faut pas retomber dans les travers de propositions venues du sommet de l'Etat.

A qui avez-vous transmis votre projet?

L'idée que tous les Français doivent être responsabilisés et associés aux grandes décisions d'avenir est chère à François Bayrou qui l'a inscrite dans l'ADN du MoDem et je crois qu’elle est largement partagée aujourd'hui. Elle rejoint la démarche de concertation initiée par le Président de la République pour la préparation de "l'après".

Faut-il remanier le gouvernement pour ce monde d'après?

C'est du cap que fixera le Président que découlera l'organisation politique de la majorité, au Parlement et au gouvernement.

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