[Portrait] Maud Gatel : "Le pragmatisme prévaut au niveau local, on ne peut pas mentir !"

Image n°2151

Maud Gatel est conseillère de Paris et est engagée dans la vie locale parisienne depuis plus de 10 ans. La présidente du MoDem Paris, revient sur son engagement politique et nous livre sa vision du monde.

Quand et pourquoi avez-vous rejoint le MoDem ? Selon vous, qu’apporte le MoDem au paysage politique ? Selon vous, quelle place et quel rôle le centre doit-il jouer ?

Membre de l’UDF, j’ai tout naturellement participé à la création du MoDem en 2007. Par adhésion au projet humaniste, solidaire et européen bien sûr, mais également en raison du positionnement défendu par François Bayrou depuis qu’il est à la tête du mouvement centriste. L’hémiplégie de notre classe politique est pour moi totalement archaïque et malheureuse au regard de la situation de notre pays.

Face aux grands défis, sociaux, économiques, écologiques, il ne peut y avoir uniquement des réponses de gauche ou des réponses de droite. Ce qui importe, ce sont les réponses qui fonctionnent, et qui peuvent recueillir l’adhésion d’une majorité du pays. Le système institutionnel actuel encourage la division. Un mouvement délétère sur lequel « surfe » une partie de la classe politique et qui clive chaque jour davantage le pays.

Le MoDem est parvenu à faire entendre la nécessité de changer les pratiques politiques. Nous avons dès lors un rôle central à jouer dans cette recomposition pour que cela devienne réalité.

Vous êtes conseillère de Paris et présidente du MoDem Paris. Vous êtes également conseillère déléguée auprès du maire du 15ème arrondissement de Paris (aux services publics de proximité, à l‘économie circulaire et collaborative et à la coopération décentralisée). Pour quelles raisons avez-vous souhaité vous engager au service de votre ville/département ?

Le pragmatisme, c’est justement ce qui prévaut au niveau local. Répondre aux attentes des citoyens, leur dire la vérité – car sur le terrain, on ne peut pas mentir. Je le vois quotidiennement : c’est certes plus difficile et exigeant mais c’est la seule voie possible. Impliquer les citoyens, les écouter, leur faire part des difficultés, pour ensemble élaborer les solutions du quotidien. C’est cette démarche que je souhaiterais voir généralisée au niveau national et parisien.

Vous êtes une européenne convaincue. Dans le contexte actuel vous regrettez souvent le « chacun pour soi » des Etats européens, quelle est votre vision de l’Union européenne ? 

Les défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés – urgence écologique, crise économique, migrations, terrorisme – ne peuvent être traités qu’à l’échelle européenne.

Je suis d’une génération où il est naturel d’être européen. J’ai eu la chance de bénéficier du programme Erasmus et ainsi poursuivre mes études à l’étranger, et je vois tous les jours les manifestations de notre spécificité européenne. Dès lors, le rejet de l’Europe d’une part croissante des jeunes générations est pour moi une souffrance. Mais pas une surprise. Car nos dirigeants ont fait de l’Europe le bouc émissaire de tous nos maux en cherchant à masquer ainsi leur manque de courage.

Mais la construction européenne n’est pas exempte de reproches. Issu d’une tradition européenne forte, nous ne devons pas avoir peur de dire l’Union européenne d’aujourd’hui, trop technocratique et pas suffisamment démocratique, n’est pas l’Europe à laquelle nous aspirons. Et qu’ainsi elle ne répond pas au besoin de protection de ses citoyens. C’est seulement par un discours de vérité que nous re-créerons l’adhésion à ce grand projet.

A côté de vos mandats électoraux, vous continuez à travailler dans le secteur privé en tant que directrice conseil du pôle influence d’une agence de conseil en communication. Votre expérience dans le secteur privé vous aide-t-elle au quotidien lorsque vous portez la casquette d’élue locale ? 

On accuse souvent les élus d’être déconnectés de la réalité. Parfois à raison. Poursuivre une carrière professionnelle en parallèle d’un mandat d’élu local est exigeant, souvent « sportif », mais pour moi indispensable. D’autant plus qu’un mandat est par nature – et heureusement ! – à durée déterminée.

Plus généralement, au niveau national, européen ou international, quel est le grand sujet qui vous donne envie de vous mobiliser ?  

L’idée de Nation. Les difficultés que nous connaissons tendent à rendre plus difficile chaque jour le vivre-ensemble. Il nous faut retrouver le ciment de notre Nation. Trop de territoires – ruraux et péri urbains - ont été abandonnés par les politiques publiques depuis trente ans, donnant le sentiment à ses habitants d’être des laissés pour compte. La crise économique a creusé encore davantage les fractures sociale, numérique, culturelle, laissant penser à certains qu’ils n’appartiennent plus à notre Nation. Renouer ce lien constitue une priorité.

Engagez-vous, soyez volontaires

A nos côtés, vous serez un acteur de nos combats pour les Français, pour la France et pour l'Europe.

Chaque engagement compte !

Votre adhésion / votre don

Valeur :

Coût réel :

20 €

6,80 €

50 €

17 €

100 €

34 €

Autres montants

Qu'est ce que la déclaration fiscale sur les dons ?
Filtrer par