Philanthropie : organiser la générosité, pour réduire les inégalités sociales

Sarah El Hairy

Retrouvez la tribune de Sarah El Haïry, députée de la Loire-Atlantique, porte-parole du Mouvement Démocrate, missionnée par le Premier Ministre pour réinventer une philanthropie à la française.

En France, réfléchir à la place de l’argent n’est pas toujours évident.

Autant les pays de culture anglo-saxonne entretiennent un rapport assez naturel à l’argent, autant la culture hexagonale hésite souvent à placer le sujet au cœur des débats. Culture protestante d’un côté, culture catholique de l’autre. Or, l’argent n’est pas seulement le nerf de la guerre, il peut aussi être le cœur névralgique d’actions positives, tournées vers les autres.

C’est toute l’idée de la philanthropie, qui vise à organiser la générosité, pour réduire les inégalités sociales. Étymologiquement, le terme vient du grec philanthrôpos, de philo qui signifie "ami", et anthrôpos qui signifie "homme". Ainsi, fondamentalement, la philanthropie signifie l’amour de l’humain, de l’humanité.

Avant même d’être élue parlementaire, la question de la philanthropie m’intéressait et m’intriguait. Comme une énigme à élucider : comment tant d’idées fausses pouvaient-elles contrarier une entreprise aussi nécessaire ?

Je suis particulièrement heureuse et honorée d’avoir été missionnée,  avec ma collègue Naima Moutchou, par le Premier ministre, pour réinventer une philanthropie à la française, qui doit allier transparence, hybridation des ressources et réponses au besoin de financement de ces structures d’intérêt général.

On fait souvent grief aux donateurs de suivre aussi, dans leur action, leur intérêt. Ces reproches sont apparus nettement après l’incendie de la Cathédrale de Notre-Dame. Mais il n’y pas forcément de contradiction. On trouve, chez le philosophe Alain, cette phrase : "Il faut se rappeler ce que dit Comte de la vanité, à savoir qu’elle est un commencement de charité. C’est sentir par sympathie, c’est se dresser à éprouver ce qu’on doit aux autres d’éprouver."

La philanthropie n’est pas exactement synonyme de charité, car il n’y a pas nécessairement de dimension religieuse. C’est d’humanisme qu’il est question. Dans la philanthropie, il entre de la sympathie, mais aussi une réflexion économique, structurée, sur les effets visés. C’est le cadre de l’action qui doit être repensé. Il s’agit d’évaluer les structures juridiques qui permettent aux associations, et surtout aux fondations, d’œuvrer et de rayonner. Le cas des fondations abritées sera notamment examiné.

C’est toute l’architecture de notre modèle social qu’il faut considérer, avec attention. Dans les pays où l’Etat-providence a été fort, comme chez nous, la philanthropie entre moins dans la culture du pays que dans des pays à l’économie plus ouvertement libérale. Or, la générosité des Français est une réalité : 22 millions de bénévoles participent à des actions associatives et plus de 5,2 millions de Français font un don chaque année.

Le problème n’est pas dans l’intention, ou dans la pureté de l’acte de donner. Il tient à la structure du modèle social, où certains freins entravent les bonnes volontés. Interroger les structures statutaires est essentiel.

C’est ainsi que l’on pourra renforcer la confiance dans ces organismes d’intérêt général. Les règles de droit des libéralités et des successions feront également l’objet de notre réflexion. Là encore, les bons leviers doivent être actionnés pour que l’argent irrigue la société dans la direction la plus juste.

 

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