"L'essentiel est dans le changement qu'il faut penser"

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INTERVIEW - Chef de file du MoDem, avec Yann Wehrling, pour les régionales en Île-de-France, la vice-présidente du parti centriste expose son projet et prône un rassemblement large avec l'UMP et l'UDI.

LE FIGARO.- Quel est le calendrier du MoDem pour les élections régionales?

Marielle de SARNEZ. - Nous sommes un mouvement qui croit en la décentralisation et en la régionalisation. Nous voulons donc porter une vision de l'avenir des régions, alors que beaucoup sont chahutées par des découpages hasardeux et que leurs compétences ne sont pas clarifiées. Ces incertitudes sont nocives. Notre calendrier en revanche est clair: d'abord un temps de précampagne, où nous proposons nos équipes et nos projets. Nous venons ainsi de désigner nos chefs de file dans la plupart des régions. Puis viendra le temps du choix des stratégies. Enfin, à l'automne, la formation des équipes. Mais l'essentiel est dans le changement qu'il faut penser. On le voit bien en Île-de-France: personne, sauf une poignée d'initiés, ne peut comprendre qui fait quoi, comment fonctionne la région, comment tout cela s'articule avec d'innombrables autres structures et collectivités. Avec Yann Wehrling, fort de son parcours dans le monde de l'environnement et de l'économie sociale, nous mettrons en avant les projets précis et les ruptures nécessaires pour rendre enfin lisible cette organisation.

Sur le fond, que proposez-vous?

D'abord, clarifier la décision. S'il y a la métropole autour de Paris, il faut qu'elle regroupe l'ensemble de la région. Aujourd'hui, le projet de métropole laisse de côté six millions d'habitants de la grande couronne! Ensuite, simplifier les compétences: en matière de transports, il faut enfin une autorité unique, qui nous permette d'échapper au labyrinthe actuel (Stif, Grand Paris). Enfin, des compétences élargies, globales. Comment écrire un plan logement ou penser une politique économique, d'aménagement de l'espace, si l'on n'a pas d'autorité sur les transports? Dans toutes les grandes métropoles mondiales, le Grand Londres ou Tokyo, on sait qui décide, qui est le patron. Mettre en place une vraie autorité sera pour l'Île-de-France un pas en avant décisif.

Que proposez-vous pour les transports, la préoccupation première des douze millions de Franciliens?

Il faut, d'urgence, améliorer les transports existants. Plus de huit millions de Franciliens sont transportés chaque jour dans des conditions difficiles. Il faut exiger un meilleur confort, une plus grande sécurité, la régularité des RER et la remise en état des infrastructures ferroviaires. La deuxième priorité est le désenclavement de la grande couronne parisienne, et des 154 zones urbaines sensibles souvent mal reliées aux zones d'emploi, avec des moyens de transports légers, tram-train ou bus en site propre. Les transports sont la clé d'une Île-de-France devenue vivable et durable.

Et dans le domaine économique?

L'Île-de-France doit se fixer un but: devenir la région de France la plus favorable aux entreprises de taille moyenne, celles qui, en fait, assument l'essentiel de la création d'emplois. Ensuite, devenir la meilleure région pour l'apprentissage. Il n'y a aucune raison pour que nous ayons trois fois moins d'apprentis qu'une région de population équivalente en Allemagne, par exemple la Bavière! Il faut lever les blocages et c'est une responsabilité de la région. Quand une région représente 20 % de la population et 30 % du PIB de la France, elle a plus que d'autres les moyens de soutenir l'innovation et l'activité.

Quelle est votre stratégie vis-à-vis de l'UMP et de l'UDI?

Ma préférence va à des rassemblements larges. Évidemment, le centre, avec ses idées, ses propositions, son projet, sa vision, plus libre que certains, devra être pris en compte et entendu. Si ces conditions sont remplies, je préfère que ces rassemblements interviennent assez tôt que trop tard. Je pense aussi que de tels rassemblements devront s'ouvrir à la société civile.

Avez-vous des contacts avec Valérie Pécresse?

Je connais bien Valérie Pécresse et je connais son engagement pour la région. Bien sûr, nous parlerons précisément dans les mois qui viennent de nos priorités. Chacune apportera ses idées et son style. Mais je pense, comme elle vient de l'exprimer, qu'il serait souhaitable que nous nous rassemblions pour obtenir le changement que la région mérite. Et que nos approches sont compatibles.

Et vos rapports avec l'UDI?

L'alternative que nous avions construite avec François Bayrou et Jean-Louis Borloo était une bonne réponse, qui a montré son efficacité aux européennes. Cette option est toujours nécessaire: le centre doit être uni pour être entendu.

Que pensez-vous des Républicains, le futur nom de l'UMP?

En France, la République est un bien commun, pas un nom de parti.

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