François Bayrou, invité de Ruth Elkrief 

François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, était l'invité de Ruth Elkrief sur LCI ce mardi 7 décembre à 20h30, dans l'émission “Ruth Elkrief 2022”.

Bonjour François Bayrou.

Bonjour.

François Bayrou, êtes-vous inquiet face à la candidature Pécresse - on va parler tout à l'heure de votre rapport comme Haut-commissaire au Plan sur l'industrialisation ? Notre sondage IFOP hier et celui d’aujourd'hui donnent Valérie Pécresse qualifiée au second tour et même qui battrait Emmanuel Macron au second tour.

Il y avait des gens qui croyaient que l’élection présidentielle serait facile et je n'en ai jamais été ni de près ni de loin, d'abord parce que pas mal d'expériences permettent de se souvenir qu'une élection présidentielle, ce n’est jamais facile, c'est toujours avec des coups de théâtre, mais il y a une deuxième considération. Au bout du compte, ce que les Français choisiront, c'est quelqu'un qui est le plus dense, le plus volontaire, le mieux armé pour cette fonction.

Et je crois qu'Emmanuel Macron, dans le tableau que nous avons aujourd'hui, est le plus dense, le mieux armé, le plus volontaire pour cette fonction.

Elle a quand même gagné, vous la connaissez Pécresse, vous avez même des conseillers régionaux MoDem en Île-de-France qu'elle dirige.

Cette élection a même suscité une division entre des gens de chez vous qui sont allés avec elle et d'autres qui sont allés avec la liste d’Emmanuel Macron.

Ils étaient avec elle dans la majorité.

Et il y en a qui sont allés avec Emmanuel Macron.

Il y a une forme de proximité, de fait, entre vous et Valérie Pécresse au sens où vous venez de l'UDF, elle était à l'UMP. C'est une forme de famille assez proche.

Vous pouvez considérer qu'elle a des atouts.

Je vais vous dire quelque chose. D'abord, je déteste l'espèce d'affrontement systématique à laquelle la politique mène.

Je ne vois pas en Valérie Pécresse un ennemi du genre humain. Je ne suis pas d'accord avec un certain nombre de ses orientations ou plus exactement les choix qu'elle a faits. Il y a une phrase d'elle que je trouve surprenante.

Elle a dit : « Jusqu'à maintenant, j'ai parlé à la droite et, maintenant, je vais parler à la France. » « J'ai parlé au peuple de droite, je vais parler au peuple de France. »

Comme s'il y avait deux langages, comme si on était avec un langage spécialisé.

C'était la primaire et après c'est l'élection présidentielle.

Cela veut dire que c'est un double… je ne vais pas le dire aussi durement, mais avoir deux langages, ce n'est pas avoir l'authenticité, la volonté, la sincérité que la vie politique comme je la conçois demande.

Je n'ai jamais vu Emmanuel Macron avoir un langage pour les uns et un langage pour les autres.

Vous êtes peut-être le seul, alors ! Parce que c'est la définition du « en même temps. »

La définition du « en même temps » c'est de dire à certains…

Eh bien vous voyez à quel point on peut faire une erreur d'analyse.

Le « en même temps », c'est être capable de dire : je peux réconcilier des aspirations différentes.

Et je pense que l'on peut être, je vais prendre un exemple simple, Français, patriote, amoureux du pays, amoureux de sa langue et profondément européen.

Cela, c'est le « en même temps ».

Valérie Pécresse aussi pourrait dire la même chose, contrairement à Marine Le Pen, Éric Zemmour ou d'autres gens.

Elle pourrait dire la même chose.

Encore une fois, il y a des gens qui, à certains moments, ont pu se dire pro européens et à d'autres anti-européens. Je ne fais pas de polémique avec qui que ce soit, mais vous voyez bien ce je veux dire, ce n'est pas la même chose.

Ce qui caractérise le Président de la République, c'est qu'il est capable de voir ce qui unit les gens au lieu de ce qui les divise et qui les affronte, qui les place les uns contre les autres.

Cela, ce n'est pas deux langages. C'est absolument le même, c'est le langage du Président qui réunit les Français et je trouve cela non seulement beau, mais indispensable pour cette fonction.

Quand vous voyez cette famille LR qui a l’air de s'être réconciliée, qui semble en tout cas, on verra.

Vous avez écouté les informations ce week-end ?

Oui, j'ai dit « qui semble. »

Cela veut dire aussi peut-être que les partis se reconstituent ?

J'espère bien.

Il n'y a pas de vie démocratique sans partis politiques et même, c'est la Constitution, comme vous savez.

Bien sûr, l'article 4.

La Constitution dit que les partis politiques ont pour mission de concourir à l'expression du suffrage, c'est-à-dire d'organiser le débat pour que l'on puisse avoir des propositions différentes et des concurrents sur ce point.

Donc, ce n'est pas moi qui peux dire le contraire, j'ai toujours été militant d'un courant politique, et je le reste.

La Maison Commune, cela ne fait pas un peu IVe République ?

Non, pas du tout. La Maison Commune, c'est le rassemblement de toutes les forces qui, au centre, soutiennent le Président de la République, le soutiennent depuis 2017 pour son élection, qui ont permis son élection et qui aujourd'hui disent : « Il ne faut plus se perdre en des querelles de chapelles, il faut être capable de s'entendre. »

Est-ce fait ? Je vois votre question. C'est commencé. On a pris la décision de le faire.

Cela reste à bâtir et, pour moi, cela devrait aller beaucoup plus loin, naturellement. Vous voyez bien que, dans une vie politique aussi ballottée de dérives en dérives, de mots insupportables en mots insupportables, on a besoin d'un pilier central qui rassure tout le monde et qui tienne la maison.

Un dernier mot sur Valérie Pécresse. Êtes-vous inquiet de cette candidature ? Est-ce qu’elle vous inquiète ? Est-ce que vous dites : c'est tout de même la plus difficile pour Emmanuel Macron.

Non, je sais bien que les journalistes écrivent cela, mais je ne fais pas de la politique avec des inquiétudes. Je n'ai jamais pensé que l'élection serait facile, je n'ai jamais pensé que l'on aurait des adversaires ou des concurrents qui serviraient sur un plateau la victoire à cette élection.

Je sais qu'elle sera très difficile, et c'est normal qu'elle le soit, car c'est un peuple qui choisit son destin en choisissant celle ou celui qui le conduira. Et c'est lourd de conséquence.

J'ai souvent dit, vous savez, celui que l'on va élire, c'est comme si on choisissait le chauffeur du bus des enfants. Je disais cela quand j'étais moi-même candidat à cette élection, c'est-à-dire quelqu'un à qui l’on confie ce que l'on a de plus secret, de plus intime. On est prêt à lui céder la responsabilité la plus importante au nom de vos enfants, pas seulement en votre nom, mais au nom de vos enfants. Et cela, pour moi, c'est évidemment très important.

Écoutez ce que disait Éric Zemmour à son meeting de Villepinte sur Emmanuel Macron.

« Macron a vidé de leurs substances notre économie, notre identité, notre culture, notre liberté, notre énergie, nos espoirs, nos existences. Il est temps de sortir notre pays et notre peuple de ce puits sans fond.

Nous laisserons dans sa vitrine ce mannequin de plastique, cet automate qui erre dans un labyrinthe de miroirs, ce masque sans visage qui défigure le nôtre. Nous laisserons cet adolescent se chercher éternellement. »

C'est violent.

C'est nul. Qu'est-ce vous voulez ? Qui peut, écoutant cela, mettre ces mots en rapport, par exemple, avec la responsabilité ou la place que le Président de la République occupe aujourd'hui dans les affaires d'Europe et du monde ?

Qui peut reconnaître cela ?

S'il y a quelqu'un qui, par ces mots, n'est pas à la hauteur, c'est ce qu’Éric Zemmour vient de faire devant votre caméra.

La France ne mérite pas que l'on fasse descendre le débat aussi bas.

Alors, il y a des gens qui détestent tel ou tel candidat, tel ou tel Président et Dieu sait que, depuis des années, on en a vu, mais la responsabilité de quelqu'un qui veut faire naître le débat, concourir à l'expression du suffrage, donner à l'élection présidentielle sa véritable dimension, c'est précisément de ne pas descendre dans ces bas-fonds.

Pour vous, il descend dans les bas-fonds.

Vous venez de l'entendre, c'est exactement ce que l'on a vu là.

Bon…

Ceci n'est pas, pour moi, la démocratie que la France mérite.

Pourquoi personne ne riposte dans la majorité ? Pourquoi est-ce qu’il n'y a pas une bataille politique plus claire là-dessus ?

Il y a une bataille politique à condition de regarder les vrais objets de cette bataille politique. Il veut appeler son mouvement : Reconquête et il dit : Reconquête parce que reconquista.

La reconquista, au XVe siècle, cela a duré plusieurs siècles, c'est la guerre contre les Musulmans.

Et contre les Juifs par l'acquisition d’Isabelle la catholique.

Non, c'est plus compliqué que cela, enfin, c'est la guerre à mort contre les Musulmans et qui a fini en même temps par l'expulsion des Juifs, car tout cela c'est pareil si l’on considère que l'autre, celui qui n'a pas la même foi que vous, ou la même culture que vous, il faut le chasser, il faut l'expulser, il faut en faire la cible universelle.

Alors, il y a plusieurs autres, il y a plusieurs différents et c'est ce qu'a montré l'histoire qui est toujours extrêmement éloquente, elle vous apprend des choses, c'est ce qu'a montré la reconquista.

Eh bien, dans un pays comme la France qui a tellement besoin que l'on se respecte et que l'on se comprenne, vouloir prendre ce principe de guerre pour chasser ceux qui ne sont pas comme vous, alors cela a quelque chose de glaçant. Et en tout cas cela ne peut que finir mal.

Mais François Bayrou, si vous faites, dans les sondages d'aujourd'hui, l'addition de tous les candidats de la droite, de Marine Le Pen, à Valérie Pécresse en passant par Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, etc. vous arrivez à 50 %.

Est-ce qu’un pays qui, à 50 %, dit qu'il est de droite, parfois d’extrême-droite, de droite où l’on voit toutes les nuances de la droite, peut choisir un Président centriste, un président que vous dites humaniste et progressiste, mais dont certains diront qu'il a plusieurs visages ?

Je n’emploie jamais le mot de progressiste, ce n'est pas un mot à moi.

Précisément, votre addition est fausse parce que, pour additionner, on ne peut additionner que des semblables

On additionne les électeurs.

Non, on ne peut pas additionner ce qui est en contradiction et, moi, je ne crois pas que la droite se résume à ce que vous indiquez.

Moi, je ne crois pas que la droite, je n’ai jamais été de leur parti, mais souvent il m'est arrivé de travailler avec eux, de discuter avec eux, de dialoguer avec eux comme il m'est arrivé de discuter et de dialoguer avec des gens de gauche, on va dire responsables.

Vous voulez dire que ce sont des droites irréconciliables, qui ne peuvent pas travailler ensemble et qui ne sont pas d'accord ?

Je dis que je ne fais pas d'amalgame.

Je prends en compte les différences et la véritable nature des gens. Je suis radicalement opposé et je l'ai toujours été à ceux qui n'ont qu'un rêve ou qu’une ligne, c'est opposer les gens entre eux.

Cela, pour moi, ce sont des ennemis de la patrie.

Quiconque aime la France…

Vous ne mettez pas Valérie Pécresse là-dedans, c'est cela ?

Voilà. Quiconque aime la France, alors celui-là, forcément il veut qu'elle soit rassemblée.

C’est ce que l’on appelait en joaillerie une pierre de touche. Une pierre de touche, c'était pour savoir si c'était de l’or ou pas.

La pierre de touche de quelqu'un qui est patriote et Français, c'est qu'il veut le rassemblement du pays et qu'il ne supporte pas que l'on organise la guerre civile à l'intérieur.

Et donc je ne fais pas l'addition entre les électeurs que vous, vous voulez mettre dans la même colonne.

Moi, je regarde les sondages et je vois qu'il y a, à travers chaque sondage, des porosités d'électeurs, des va-et-vient, etc.

Donc il se passe des choses dans cette famille au sens large et qui font que, à moins qu'Emmanuel Macron se lance dans une campagne qui soit directement adressée à ces électeurs, ceux-là, ceux de Valérie Pécresse, ces électeurs de droite, par exemple avec un Édouard Philippe avec sa personnalité...

Si Emmanuel Macron se présente à cette sélection ou quand il se présentera, s'il décide de se présenter, il ne fera pas une campagne comme cela, il fera une campagne pour parler à la France et ces gens-là que vous désignez, que vous étiquetez, ils sont des Français comme les autres, et ceux qui sont catholiques, ils sont Français comme les autres, et ceux qui sont agnostiques, ou athées et ceux qui sont Musulmans, je ne fais pas de différence entre les Français.

Je fais des différences entre ceux qui portent atteinte à l'unité nationale, mais je ne fais pas de différences avec les autres.

J'ai une toute dernière question extrêmement rapide avant de parler de votre note.

Éric Zemmour a appelé aujourd'hui les maires à le parrainer. Est-ce que vous trouvez que ce ne serait pas démocratique s'il n'avait pas ses parrainages ?

La Constitution a fixé 500 parrainages. J'ai été candidat à l’élection présidentielle trois fois et je sais très bien que ce n'est pas facile à atteindre. Mais je ne vais pas jouer au billard à trois bandes, c’est-à-dire je ne vais pas demander à des maires de ma sensibilité de soutenir des gens comme Marine Le Pen, Éric Zemmour, Valérie Pécresse ou Mélenchon.

Je pense que, quand on est maire, on est responsable et aucun maire ne se laissera tenir la plume.

La note que vous avez publiée aujourd'hui, c'est le dernier rapport du Haut-commissariat sur la réindustrialisation de la France.

C'est quand même un bilan assez sombre que vous dressez et c'est un bilan de ces 30 dernières années, mais c'est aussi de ces 5 dernières années avec un commerce extérieur très en déficit : peut-être 90 milliards d'euros pour 2021 et avec des phrases très fortes : La France championne dans l’export de pommes de terre et de bois ronds, mais dépendante de ses voisins pour la confection des chips et la fabrication des meubles. Nous savons fabriquer des satellites, des fusées, des avions, mais nous sommes incapables de nous fournir en machines à laver. Nous avons abandonné ce territoire-là.

Ces territoires-là d'industrie.

Précisons ce que vous avez dit. Ces dernières années, les 3 dernières années, sont marquées par le fait qu'il y a un petit redressement, par le fait que les investissements se sont améliorés, l'emploi industriel a augmenté, et c'est la première fois depuis 20 ans. Donc il faut voir ce signe positif, mais quand on regarde le bilan du commerce extérieur, ce que nous vendons et ce que nous achetons, ce que nous savons produire et ce que nous ne savons pas produire, alors en effet il y a de quoi s'inquiéter.

Comme vous savez, ce n'est pas la première fois que je dis cela dans ma vie, j'ai fait une campagne présidentielle sous deux verbes : produire et instruire.

On a besoin de produire et ceux qui ont abandonné la production sont coupables, et on a besoin d'instruire, c'est une autre question, elle est majeure.

Tous les candidats déclarés aujourd'hui à la présidentielle, puisque maintenant on est quasiment à la fin du casting veulent la réindustrialisation de la France.

Mais aucun ne propose une méthode et j’en propose une.

Justement, c'est ce que j'allais vous demander, qu'est-ce qui fait que vous avez la bonne recette ?

D’abord, je parle avec prudence car ce sont des sujets terriblement compliqués, mais encore une fois ce sont des sujets sur lesquels j'ai investi une partie de ma vie politique, ce n'est pas neuf dans mon parcours à ce jour.

Ce que je préconise, c'est qu’au lieu de faire des grandes déclarations et des déclarations de principes, on parte de la réalité.

Nous avons analysé dans cette note un peu plus de 900 produits, et ces produits ce sont tous ceux qui font plus de 50 M€ de déficit. Au bout du chemin, cela fait 160 M€ de déficit qui expliquent pourquoi notre bilan et notre balance commerciale sont si dégradés.

Et je demande que l'on regarde les produits que nous sommes en mesure ou en compétence de produire.

Comme vous l'avez rappelé, nous savons faire des satellites, les meilleurs du monde ou parmi les meilleurs du monde, nous savons faire des fusées parmi les meilleures du monde, nous savons faire des avions parmi les meilleurs du monde, nous savons faire des sous-marins, nous savons faire des navires, nous savons faire des voitures qui ne sont pas si mal et nous sommes incapables de faire des produits électroménagers.

Alors, comment est-ce qu’on fait ?

Cela s'explique, car, hier, le coût de la main-d’œuvre - vous savez que l'on nous a tympanisés avec cette question pendant très longtemps en disant : « Mais Monsieur Bayrou, vous ne pouvez pas dire qu’il faut produire en France, vous savez bien qu’en Extrême-Orient vous allez trouver l’heure de travail à dix fois moins cher que chez vous. »

C'est cela que l'on nous disait…

Aujourd'hui c'est différent.

… Sur tous les plateaux. Aujourd'hui, c'est très différent avec l'automatisation, la robotisation, les algorithmes, tout cela que nous sommes tout à fait capables de produire. Il suffit de regarder les usines automobiles que nous avons, c'est extrêmement robotisé. Nous sommes en situation, à cause du numérique, grâce à la robotisation et grâce à notre électricité…

Avec le nucléaire, notamment.

Il ne faut jamais oublier que l'on va devoir décarboner les productions et nous sommes presque les seuls à avoir une électricité, une source d'énergie décarbonée.

Si nous sommes capables de mettre tout cela ensemble et de réunir autour de la table l'État, la puissance publique, les collectivités locales et les entreprises, ce que l'on ne fait jamais ou que l'on n'a pas fait depuis très longtemps, que l'on n'a pas fait depuis Jean Monnet au Plan…

Que faisait Emmanuel Macron alors au ministère de l'Économie et à l’Élysée ?

Vous savez qu'il a fait ce choix exactement, quand vous voyez le Plan de relance et le plan France 2030, c'est exactement ce qu'il a fait.

Depuis combien de temps on n’a pas fait cela ?

Vous avez une autre piste de réflexion qui est, c'est peut-être intéressant car c'est assez original, la prise de participations publiques dans des entreprises étrangères.

Vous voyez bien, si vous êtes sur un secteur où vous avez la compétence, mais où il n'y a pas d'entreprises chez vous, eh bien je pense qu'il est intéressant de faire ce que les Chinois ont fait.

Qu'est-ce qu’a fait la Chine ? Elle a pris tous les secteurs de production et elle a obligé les entreprises qui voulaient vendre chez elle à faire ce que l'on appelle des joint-ventures en anglais, c'est-à-dire des entreprises jumelées.

Bon….

Il faut faire pareil. Faisons comme les Chinois.

Nous avons des capacités qui ne sont pas exploitées. La priorité des priorités, c'est réenraciner la production sur notre sol, mais c'est vrai aussi pour la production agricole.

C'est vrai aussi pour la production de médicaments ou de vaccins sur lesquels nous n'avons pas été très bons.

J'ai une dernière question sur la crise sanitaire.

Vous avez été celui qui a dit : « Je suis pour la vaccination obligatoire ». Vous l'avez dit et répété. Cela n'a pas a été le choix du Président, du gouvernement, mais en tout cas on est dans une forme, la vaccination va très vite et augmente.

On parle maintenant de la vaccination des enfants qui va être ouverte à partir du 20 décembre en France. Elle a commencé dans de nombreux autres pays. Est-ce que vous êtes absolument pour, de la même façon ?

C'est l'affaire de médecins.

Ce que j'ai dit - vous avez eu la gentillesse de rappeler ce que j'ai dit depuis le mois de janvier - c'est : le jour où l’on a un vaccin, où l’on est sûr de son innocuité, du fait que cela ne crée pas des effets secondaires, on a aujourd'hui des dizaines de millions de Français…

Des milliards d'êtres humains.

55 millions, des amis Portugais, des diplomates me racontaient que le Portugal est à presque 85 % de vaccination. Israël est à des taux de vaccination de 80 % et, nous, nous approchons ces taux-là.

Je vous rappelle que l'on disait que l'on était en retard sur la vaccination. Vous vous souvenez de toutes les polémiques.

Le jour où l’on a ces millions d'exemples sous les yeux, alors je suis favorable à ce que l'on examine la question de la vaccination obligatoire. Peut-être que des gens refuseront, mais qu'ils le déclarent.

Ce que nous avons aujourd'hui de terriblement frappant, c'est que je connais des gens personnellement et que j'aime bien, qui disent : « moi, je me vaccinerai quand ce sera obligatoire. »

C'est étrange, mais c'est comme cela.

Le devoir des responsables publics, c'est de choisir une solution crédible pour lutter contre une épidémie qui menace encore de nous paralyser.

Aujourd'hui, on en est comme vous savez, vous l'avez entendu dans le reportage, au point de s'interroger pour savoir si l’on va retourner à des fermetures, de boîtes de nuit aujourd'hui, de restaurants demain, d’écoles après-demain.

Vous vous rendez compte ce que l'on fait à un pays alors que les précautions existent et que l'on sait que la contamination est moindre et en tout cas la gravité de la maladie est moindre.

Merci beaucoup, François Bayrou.

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