Discours de politique générale : Marc Fesneau s'exprime devant l'Assemblée nationale.

À la suite du discours de politique générale du Premier ministre Edouard Philippe, Marc Fesneau a pu réaffirmer le soutien du groupe MoDem à la majorité présidentielle par le biais du vote de confiance. Une confiance que le président du groupe qualifie de"forte, loyale et exigeante (...) tant les défis sont nombreux"

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les députés, Chers collègues,

Avec l’élection du Président de la République et de l’assemblée que nous constituons, les français ont fait le choix d’une alternance véritable et d’un bouleversement du paysage politique que nous connaissions depuis des décennies.

Ce bouleversement n’est pas le fruit du hasard. Il est la conséquence directe d’années d’échecs, de promesses non tenues, d’incapacité à conduire des réformes profondes que le pays attendait et, finalement, ce choix nous oblige tous.

Monsieur le Premier ministre, le gouvernement que vous conduisez  s’inscrit pleinement dans cette volonté de recomposition de notre vie politique à laquelle vous avez pris toute votre part en dépassant les clivages stériles, artificiels et finalement inefficaces.

Et nous sommes donc ici avec la modestie de ceux qui savent et qui ont vu les échecs du passé et avec l’ambition ferme, Monsieur le Premier Ministre, de ceux qui entendent pouvoir rompre avec le mal français d’alternances inutiles, de rendez vous manqués et d’espoirs déçus.

Vous me permettrez à ce stade de dire un mot de la recomposition politique à l’œuvre. J’entendais hier au congrès avec un peu d’étonnement certains de nos collègues de l’Assemblée ou du Sénat, douter de l’efficacité ou de la lisibilité de cette recomposition.

Dépasser les clivages anciens ce ne sont pas des mots creux. Ce n’est pas renoncer aux différences et affadir les débats.

C’est rassembler ceux qui, sur les grands enjeux essentiels, pensent depuis bien longtemps la même chose et que la bipolarisation artificielle avait séparés et empêchés de travailler ensemble. C’est au contraire amener de la clarté et constituer la majorité et les oppositions sur ce que sont ou seront les véritables lignes de fractures entre nous.

Alors Monsieur Faure, je ne sais pas si la politique qui va être menée sera de droite et de gauche, vous l’appellerez bien comme vous voudrez en fonction des schémas anciens que finalement vous évoquez et dans lesquels les français ne se reconnaissent plus. Cette politique est en tous les cas au service de la France et de son redressement et c’est bien cela et uniquement cela qui compte. Sur un cap clair, sur un constat et des ambitions partagées entre la majorité et le gouvernement, sur un contrat avec la nation et, de ce point de vue quand on regarde l’histoire politique récente, c’est une nouveauté.

Monsieur le Premier ministre, la première tâche qui attend votre gouvernement, qui attend cette nouvelle assemblée, est celle de retrouver la confiance de nos concitoyens.

Cette confiance  sera rétablie si nous remplissons deux conditions :

Celle en tout premier lieu de modifier nos pratiques et notre rapport à la démocratie. C’est tout le sens de l’engagement qui est le nôtre pour soutenir le texte « pour la confiance dans notre vie démocratique » qui sera débattu prochainement et auquel nous sommes très attachés.

Et cela va de pair avec la réforme institutionnelle évoquée hier par le Président de la République et qui sera une partie fondamentale de ce nouveau lien.

Meilleure représentativité des grands courants de la vie politique, réduction du nombre de parlementaires et en corolaire renforcement de leurs moyens parce qu’il ne faudra pas céder à la démagogie et à l’ambiance inquisitoriale du moment, amélioration de nos procédures, toute cela va dans le bon sens.

La deuxième c’est la méthode et l’état d’esprit de notre action parlementaire et celle de votre gouvernement. Une nouvelle alliance de la loi et du contrat, du dialogue et du respect, du refus de l’anathème aussi.

Et pour résumer c’est une stratégie du dépassement des antagonismes que nous connaissions.

Mais rétablir la confiance ne concerne pas le seul niveau institutionnel et la méthode.

Rétablir la confiance, c’est aussi croire en notre économie, en nos entreprises et en leur faculté à assurer la prospérité de notre pays. C’est réconcilier la France avec ses entrepreneurs. C’est porter sur eux autre chose qu’un regard convenu et disons le tellement caricatural. C’est conjuguer compétitivité et justice sociale et marquer l’indivisibilité des enjeux économiques et sociaux.

Il faut libérer l’activité en permettant à ceux qui veulent entreprendre de pouvoir le faire. Donner de l’autonomie, de la liberté et même la possibilité d’échouer, c’est à ce prix-là que l’on donne aussi la possibilité de réussir. C’est pourquoi nous vous soutiendrons lors de l’examen de la loi sur le renforcement du dialogue social prochainement et l’ensemble des réformes qui viendront consolider ce texte dans les mois qui viennent pour lutter résolument contre le chômage.

Au-delà des postures d’appareil, essayons de voir ce qui fonctionne, ce qui ne marche pas ou plus sans dogmatisme et sans idéologie.

Rétablir la confiance c’est aussi rétablir l’équilibre de nos comptes publics. C’est une question vis à vis de nos financeurs bien sûr, pour nos partenaires européens évidemment, mais c’est peut-être en premier lieu et sur le fond une question de confiance pour les générations futures.  Comment voulez vous que nous trouvions le moindre crédit politique auprès des jeunes générations auxquelles l’on offre comme seule perspective le remboursement de dettes dont ils ne sont pourtant pas comptables.

Cette dette là, comme la dette écologique, elle est à mon sens terrible parce qu’elle mine, si elle n’est pas résolue, toute capacité à agir -pour ceux qui nous succèderont- et donc tout simplement à espérer. Et pour la dette écologique la capacité à vivre.

Régler la question de la dette ce n’est donc pas une question comptable c’est d’abord et avant tout une question morale vis à vis des français et en particulier des plus jeunes d’entre nous.

Et nous soutiendrons dans la droite ligne de nos engagements anciens toutes les initiatives que vous avez annoncées pour remettre de l’ordre et de la cohérence dans nos finances publiques. Nous devrons le faire tout en gardant le cap des engagements pris devant les Français, par exemple sur la question du pouvoir d’achat des salariés ou des investissements publics. Par exemple dans le domaine de la transition énergétique. Et je vous remercie Monsieur le Premier ministre d’avoir ré-indiqué le cap.

Rétablir la confiance, c’est aussi s’adresser aux français de tous les territoires. Je suis l’élu d’un territoire urbain et rural comme nombre d’entre nous. J’assume cette complémentarité et j’en suis fier. Je ne les oppose pas et je mets en garde contre la tentation de le faire.

Mais nous devons veiller à ce que ne se construisent pas deux France qui deviendraient irréconciliables dans leur fonctionnement : celle pleinement partie prenante de la mondialisation et celle rurale mais également urbaine qui se verrait cantonner dans le seul rôle de spectatrice du monde. Pour ces territoires la puissance publique-dans des formes renouvelées – devra s’exercer pleinement.

L’on n’imagine jamais assez le sentiment terrible de déclassement d’un village ou d’un quartier qui voit son dernier médecin partir, son école fermer ou son dernier commerce disparaître.

Et nous avons parallèlement besoin de redonner à chaque territoire sa fierté en lui donnant un rôle, j’allais dire une vocation, dans la production de richesses nationales. L’identité d’un territoire c’est aussi son identité économique, les savoirs faire des ses ouvriers et de tous ses salariés et entreprises. Les potentialités offertes par les technologies du futur, les défis énergétiques et alimentaires, l’émergence d’une nouvelle économie sont autant de potentiels que nous pourrions exploiter pour peu que nous ayons une véritable stratégie économique territoriale et une politique d’aménagement cohérentes.

Rétablir la confiance, c’est enfin retrouver redonner du sens à notre destin européen comme vous l’avez rappelé Monsieur le Premier Ministre. Parler d’Europe c’est parler du destin de la France. Nous ne sous-estimons pas les imperfections du système européen, en particulier la question de sa légitimité démocratique qui doit être renforcée. Si elle veut retrouver son crédit auprès des peuples elle doit se saisir principalement des sujets qui justifient d’une stratégie et d’une politique européenne.

Grandes politiques industrielle, sécurité commune, climat et défense européenne, convergence économique et sociale tels sont les enjeux à mettre d’urgence à l’agenda européen.

Monsieur le Premier ministre, j’aurais voulu vous parler d’éducation et de culture parce la société que nous avons à construire procède en premier lieu de cela. De santé et de solidarité aussi parce que c’est le défi et un devoir de envers les plus fragiles.

Nous aurons l’occasion au cours des travaux parlementaires de nous retrouver sur ces sujets, mais sachez que notre groupe sera pleinement actif et investi sur ces thématiques essentielles.

Monsieur le Premier ministre, la confiance que le groupe MoDem s’apprête à voter est forte. Elle est loyale. Elle est exigeante pour nous tous tant les défis sont nombreux. Elle est porteuse de tous les espoirs que portent les français pour que notre pays retrouve fierté et optimisme. Et c’est aussi d’une certaine façon en leur nom que nous allons le faire.

 

Je vous remercie.

 

 

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