20 février 2009
Aujourd’hui, les États qui comptent sont à la dimension de continents : Russie,
États-Unis, Chine, bientôt Inde et peut-être Brésil. Aucun État européen ne peut peser seul face à
eux. C’est grâce à une Europe forte, disposant d’une diplomatie et d’une défense
communes, que notre souveraineté sera respectée et notre voix écoutée.
Nous avons des valeurs à défendre qui ne vont pas de soi dans ce nouveau contexte. Et malgré
les espoirs que suscite l’élection récente de Barack Obama, les Européens savent désormais
qu’ils doivent au moins partager avec les États-Unis l’effort pour porter ces valeurs
dans le monde.
Il faut donc se donner les moyens d’une Europe forte. On peut constater la puissance de
la diplomatie européenne quand elle parle d'une même voix : c'est ainsi grâce à l'action de la
diplomatie européenne que le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre a pu
entrer en vigueur.
La priorité des priorités est la construction d'une défense européenne, la mise en synergie
de capacités militaires nationales pour manœuvrer ensemble, interagir ensemble. Cela va avec
la mise en commun des programmes de recherche, de l‘armement et des moyens diplomatiques, de
manière aussi à optimiser l’utilisation des fonds publics.
Alors que le sentiment d’insécurité globale est croissant, c’est un enjeu de
protéger nos entreprises et la vie de nos concitoyens. Et représentons-nous la capacité qui serait
celle de l'Union européenne si l'on additionnait la connaissance française, la connaissance
britannique de certaines régions du monde.
Plus généralement, l’Europe, qui ne se veut pas agressive, mais porteuse de paix, de
démocratie et de développement partout dans le monde, doit envisager de développer des stratégies
d’influence et d’appui aux projets qui vont dans le sens de ces valeurs, de préférence
à l’emploi de la force armée, qui pour autant peut être indispensable.