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29 septembre 2011

"Il faut renforcer et augmenter les seuils de la loi sur les logements sociaux"

Rodolphe Thomas

Rodolphe Thomas, maire d'Hérouville-Saint-Clair et responsable du Logement au sein du Shadow cabinet, était invité de LCI mercredi 28 septembre. Il a dénoncé "un laxisme de la part des élus" par rapport à l'application de la loi sur les logements sociaux et a proposé d'en "augmenter les seuils".

"Tout le monde se renvoie la responsabilité, à la fois au niveau du gouvernement et aussi des acteurs locaux", a analysé Rodolphe Thomas. "Je crois qu'il y va aussi de la responsabilité de celles et ceux qui doivent assumer ce qu'est la politique de l'habitat dans leur territoire, dans leur commune, dans leur quartier", a-t-il déclaré.

"Aujourd'hui on est confronté à un certain laxisme de certains élus qui ne prennent pas la mesure d'accueillir les immigrés en situation illégale et qui arrivent à un point où on les met dans des situations intenables", a-t-il ajouté.

"Je suis très inquiet sur la décision qui a été prise au sein du gouvernement sur la baisse des crédits", a-t-il dit. "Effectivement, les bailleurs sociaux aujourd'hui se posent de grosses interrogations sur leur avenir, sur leurs possibilités de construire, de réhabiliter leur patrimoine", a-t-il regretté.

"Pour autant, il faut anticiper sur la problématique de l'habitat. Ce qui est le plus grave au niveau des loyers, ce n'est pas le loyer purement et simplement, ce sont les charges locatives" car cela représente "près de 20 à 30 pour cent de charges supplémentaires", a-t-il souligné.

"La priorité sur la politique de l'habitat sera bien sûr un facteur essentiel pour notre famille politique", a-t-il affirmé.

"Il y a un laxisme de la part de beaucoup de maires de collectivités qui n'appliquent pas la loi SRU". Par conséquent, "il faut renforcer, et il faut peut-être même en augmenter les seuils", a-t-il proposé.

"Il faut que les baisses de crédits pour accompagner les acteurs de logements sociaux soient revus à la hausse" a-t-il estimé. Enfin, il est nécessaire de "revoir le zonage qui n'est pas la hauteur", afin de "soutenir une politique de l'habitat privé mais aussi une politique de l'habitat social qui est quand même un des fondements même de notre République."


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Déjà mieux répartir....

Posté par : cac50 | 8 décembre 2011 17:35

La pauvreté en France est devenue le seul secteur d'activité encore rentable, si la moitié des sommes dépensées étaient destinées aux entreprises qui embauchent localement, nous aurions de biens meilleurs résultats. Je suis dans une ville où il ne reste que du social et c'est dramatique, les pauvres sont invités par le conseil général en famille, on organise des baptêmes de plongées pour les collèges en ZUS et les classes moyennes qui bossent n'ont le droit que de payer des impôts, la cantine pour un couple dont les 2 parents travaillent c'est 11 euros, inadmissible!


Excellent

Posté par : rouldug | 6 octobre 2011 00:44

L'intervention de Rodolphe Thomas est excellente de même que les commentaires ci-dessus. Mais il faut également mettre sur la sellette l'efficience des bailleurs sociaux : il y en a de très mauvais, qui thésaurisent à outrance et n'entretiennent pas leur parc immobilier, lequel très rapidement devient vétuste. On arguera le défaut de moyens mais on pourrait tout autant arguer d'une mauvaise gestion, voire d'une gestion scandaleuse lorsque des réparations indispensables sur les parties communes (les escaliers, balcons et ascenseurs notamment) ne sont pas effectuées. Il y a là généralement des négligences coupables qui s'accomplissent en toute impunité. Ceci aussi n'est pas normal.


Mélanger les populations

Posté par : coolfifi | 4 octobre 2011 17:43

Je ne sais si la hausse du taux de construction de logements sociaux exigée par la loi SRU résoudrait le problème du manque de logement sociaux mais il est clair que pour éviter de regrouper dans les mêmes territoires tous les problèmes (sociaux, scolaires, économiques, sécuritaires), il faut absolument répartir les logements sociaux sur le territoire; s'assurer de ne pas reproduire les getthos des quartiers périurbains des métropoles et au contraire les casser si possible. Ces zones tribales font certes le bonheur des bandes et des trafics mais ce n'est pas à l'Etat ni aux collectivités de leur faciliter la vie.

Il est indispensable que les acteurs locaux fassent le nécessaire pour assurer une demande qui par essence, n'intéresse pas les acteurs privés car le logement social est bien moins rentable que le logement de luxe ou celui des classes moyennes supérieures. Mais il faut aussi inciter ces acteurs locaux à les répartir sur tout leur territoire et non de les parquer dans un ou deux quartiers. Accepter de tenter dans le même immeuble du social et du privé par exemple. Réserver certains locaux aux étudiants ou aux retraités pauvres. Mixer à tout prix les populations.

Il ne s'agit pas de favoriser uniquement le logement social partout et tout le temps, il faut évidemment un éventail, fluidifier le passage du social au privé mais la misère en France est telle, qu'il faut avoir un réservoir de logements sociaux beaucoup plus vaste qu'il ne l'est aujourd'hui et renforcer les dispositifs susceptibles de rassurer les petits propriétaires pour qu'ils louent sans exiger des cautions, des références impossibles à apporter pour des petits salaires.

C'est une vraie politique qu'il faut mener raisonner à court moyen et long terme, avoir une vision de la société que l'on veut construire ensemble. Penser à combiner les incitations au privé non spéculatif et imposer aux communes riches d'accepter sur leur territoire des populations modestes ne serait-ce que pour tenter de ralentir l'exil trés loin de son lieu de travail aux classes modestes voire moyenne, ce qui coûte une fortune en terme de transports et de pollution à l'ensemble de la communauté, sans compter la perte de temps et donc de productivité qui s'ensuit.


@ bigedidier

Posté par : paulo | 4 octobre 2011 11:25

Je vous rejoins en partie ; le logement social n'est pas une fin en soi ! J'en vois les méfaits lorsque des communes qui perdent des habitants, se jettent à corps perdu dans la construction en masse de logements sociaux, afin d'attirer les subventions. De plus, cette gestion incohérente des logements donne des arguments au FN local ! Attention donc à ne pas foncer "tête baissée" dans des raccourcis trop faciles... il faut tout faire certes pour que les habitants de notre pays puissent se loger dignement, mais pas à n'importe quel prix et surtout pas n'importe comment.


Inéligibles à vie

Posté par : AnneLou | 1 octobre 2011 19:40

Pourquoi ne pas rendre inéligibles à vie les élus qui n'assurent pas le quota de logements sociaux prévu par la loi ?...
Amitiés plus que jamais ORANGES !



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