4 juin 2009
Marielle de Sarnez a signé une tribune dans le journal "La Tribune" dans son édition du jeudi 4 juin sous le titre "Voter pour ne pas se résigner".
Il faut voter, sinon ce sont les autres qui votent à votre place. Cinq ans,
c'est la durée de vie du Parlement européen. Dans ces cinq années, le vote des députés à
Strasbourg sera exigé pour la plupart des grandes décisions qui organisent notre avenir. La seule
question est de savoir si ces élus seront ceux que vous aurez choisis, portant vos attentes, vos
questions, vos espoirs, ou s'ils seront désignés par d'autres. Si ce sont vos élus, les
décisions de l'Europe ressembleront à ce que vous souhaitez. Sinon, elles iront dans un autre
sens. Le spectacle est souvent triste en France : des listes composées de parlementaires qui vont à
Strasbourg comme en punition, ou qui représentent des régions dans lesquelles ils ne voulaient pas
se présenter, ou qui annoncent à voix basse qu'en fait ils ambitionnent d'autres
fonctions. L'Europe est maintenant affaire de citoyens. Pour les représenter, il faut choisir
de vrais députés européens, engagés à 100 pour cent, heureux de leur future mission et déterminés à
renforcer le poids des citoyens dans les grands choix qui vont engager leur avenir.
Il faut voter pour que l’Europe existe, qu’elle ait une volonté et
qu’elle la défende. L’Europe doit être notre relais chaque fois que les
problèmes sont planétaires. Relèvent de problèmes planétaires la crise économique, la guerre des
monnaies, la défense d’un modèle de société juste et solidaire, la défense de notre
patrimoine naturel et environnemental, la biodiversité, le développement de l’Afrique
abandonnée, le commerce international, l’équilibre du monde. Si l’Europe a une volonté
et qu’elle l’exprime, et qu’elle se bat, l’avenir changera. Sinon, les
décisions seront prises sans nous, entre géants, la Chine et les Etats-Unis en premier, et elles
n’iront pas dans le sens que nous souhaitons.
Il faut voter pour que l’Europe agisse vraiment. Jusqu’à maintenant,
face à la crise, on a choisi le chacun pour soi. Et même, le chacun pour soi pour peu de chose.
Seuls ou isolés, nos pays ne sont pas en capacité de faire face à la récession qui frappe durement
le monde et le continent européen. Les destructions d’emploi se multiplient, les prévisions
en Europe se chiffrent à plusieurs millions de chômeurs supplémentaires, et la pauvreté augmente.
Plus que jamais nos concitoyens ont besoin de sentir que l’Europe est à leur côté, attentive,
sécurisante et protectrice. Voter, c’est l’occasion d’exiger que les moyens
changent, par exemple avec un emprunt européen, et un plan d’action commun en direction des
équipements publics, des PME, de la croissance qui respecte nos obligations environnementales, et
de ceux qui sont le plus touchés par la crise. Des mesures simples, visibles, pour démontrer que
lorsque l’Europe s’unit, elle peut changer le cours des choses.
Il faut voter pour défendre l’idée d’un modèle européen original.
L’Europe a une responsabilité particulière : faire émerger un nouveau modèle fondé sur la
lutte contre les inégalités, un niveau élevé de protection sociale pour tous, un maillage des
services publics, une plus grande intégration économique et sociale de l’Union européenne,
une régulation exemplaire, un commerce international plus équitable, et la recherche d’un
monde plus équilibré. Un modèle durable à tous les sens du terme, privilégiant le long terme sur le
court terme dans le champ économique et financier, et assurant la solidarité entre générations, en
particulier pour la gestion des biens communs de la planète. Il ne peut y avoir de progrès
économique sans progrès social, sans progrès durable. Définir et promouvoir ce nouveau modèle
européen est vital.
Il faut voter pour réconcilier les Français avec l’idée européenne. Un
certain nombre de bons apôtres prétendent qu’il faudrait séparer le vote européen et la
politique française. Comme si l’Europe était une affaire de politique étrangère, une affaire
de « Bruxelles », une affaire d’initiés et non pas une affaire de peuple. Or c’est la
même question, celle de notre avenir, celle de nos valeurs de société, qui est en jeu. Et les
acteurs sont les mêmes puisque les gouvernants nationaux, les gouvernants français, sont en même
temps des décideurs européens. La France, c’est en Europe. La France, c’est
l’Europe. Nous sommes, en même temps, citoyens français et citoyens européens. Le destin de
la France et de l’Europe sont les deux faces d’une même médaille. Il n’y a rien
de plus urgent que de le comprendre et de le revendiquer.
Il faut voter pour le retour d’un certain idéalisme en politique. La
politique européenne, et la politique française, sont constamment marquées de résignation et
d’absence d’idéal. Or l’Europe ne s’est faite que parce que des générations
courageuses ont vaincu, au nom d’un idéal, des obstacles qui paraissaient infranchissables :
les rancoeurs, la haine, la ruine au sein de notre continent. Personne n’y croyait : ils
l’ont fait. Pour imposer une paix durable entre les pays européens, ils ont formé entre les
peuples un lien indéfectible, une communauté de destin, soudée, forte et solidaire. Ils l’ont
fait au nom des valeurs morales et spirituelles qui sont le patrimoine commun des Européens, et
autour d’une valeur fondamentale : la reconnaissance de la dignité humaine. Il est temps de
reprendre cet élan, cette inspiration, cet idéal pour la France et pour l’Europe, en
acceptant de vouloir grand, de rêver s’il le faut, de chercher non pas le médiocre, mais le
meilleur, le plus digne, le plus haut.
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nous sommes forts mais..
Posté par : regisr | 5 juin 2009 18:06Nous sommes forts mùais ils ne le savent pas disait CDG, rapporté mercredi soir par François à la mutalité.. nous sommes forts.. uils le savent mais ne le veulent pas .. mais l'humansime sera plus fort
Democratisons la democratie, humanisons là.. et je na'rrive pas à croire qu'un Dany Le Rouge emportera des millions de suffrages
Nous pouvons Nous devons Nous ferons
régis78
voter
Posté par : kinoune | 5 juin 2009 13:52complètement d'accord avec vous marielle !
cordialement