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18 septembre 2009

Marielle de Sarnez invitée des 4 vérités sur France 2, vendredi 18 septembre

Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du Mouvement Démocrate, était l'invitée, vendredi 18 septembre, de l'émission "Les 4 vérités", présentée par Michael Darmon sur France 2. (lire la suite)

Michael Darmon : Bonjour. Au centre, elle a inventé la conduite à gauche et depuis, les électeurs du Mouvement Démocrate ne savent plus quelle route emprunter. Marielle de Sarnez, bonjour. Alors on va parler stratégie politique parce que c’est vraiment la mode en cette rentrée, mais tout d’abord, il y a une crise très importante avec les producteurs de lait ; aujourd’hui encore ils vont tenir des actions spectaculaires, ils sont étranglés par la chute des prix… Comment enrayer cette crise ?

-Marielle de Sarnez : Il y a un sentiment d’abandon absolument terrible chez les producteurs de lait, et ils ont le sentiment juste d’être absolument abandonnés par les pouvoirs publics qui ont pris des décisions que vous connaissez. Il y a un an, on a dérégulé le marché, on a augmenté la production et évidemment, quand on augmente la production, les prix baissent.

Il y a une sorte de primes à la casse pour inciter les producteurs ?

-Oui, alors cette prime à la casse, c’est pour inciter les producteurs à se restructurer, ce n’est pas la question de la restructuration, c’est la question du : « comment ils peuvent vivre ? Comment on peut préserver le modèle agricole français ? ». Parce qu’on peut aller au-delà de la question des exploitants agricoles qui est une question humaine, parce qu’ils sont dans la désespérance absolue… Aujourd’hui, c’est la question : « Quel modèle agricole nous voulons en France ? ». Est-ce qu’on veut un pays qui préserve ses exploitations agricoles à taille humaine, qui sont si importantes, non pas seulement pour la production agricole mais aussi pour notre ruralité, pour l’aménagement du territoire pour le pays dans lequel on vit ?

Ou bien est-ce qu’on veut aller vers un modèle plus britannique où là-bas, il y a de grandes usines à lait, où il n’y a plus de petites ou moyennes exploitations ? Je veux préserver le modèle agricole français. Il y a une responsabilité terrible de la part des pouvoirs publics français qui ont laissé faire.

Ils reçoivent les producteurs de lait ce matin…

-…Ils ont laissé faire par une décision de la Commission, il y a de cela un an ; écoutez, il faut qu’ils y mettent fin ! Les producteurs de lait ont besoin d’être aidés, ils ont besoin que les pouvoirs publics soient enfin au rendez-vous.

Mais est ce que ça n’est pas là, la conséquence de cette Europe que vous défendez toujours hardiment ?

-Je défends l’Europe, mais j’ai envie d’une Europe humaine, non d’une Europe qui soit toujours du côté des plus gros ! Je n’ai pas envie d’une Europe qui soit toujours du côté des marchés… Il y a autre chose que le marché, il y a des valeurs qui comptent davantage, et notre modèle agricole en fait partie.

Hier à Bruxelles, les dirigeants se sont entendus à la veille du sommet du G20 à Pittsburg ; ils appellent à l’encadrement des bonus… C’est le bon combat que de se focaliser sur les bonus ? A-t-on réglé la crise quand on a encadré les bonus ?

-On a l’impression que cela fait diversion… Très bien, réglons la question des bonus ! D’ailleurs, on ne règlera pas la question des bonus sans légiférer, et sans mettre de sanction. Donc pour le moment, il y a beaucoup de « mots », mais la question est : « À quoi doivent servir les banques ? », et comment on régule le système financier… Pour la régulation, j’attends qu’on défende l’idée d’un régulateur européen. Au moins, cela changerait les choses. Pour la deuxième question, à quoi servent les banques ? Est-ce qu’elle sont là pour jouer au casino, pour payer ses traders avec des primes de plus en plus folles ? Ou est-ce qu’elles ne doivent pas plutôt être là pour soutenir l’investissement, pour soutenir les ménages pour soutenir les familles, pour soutenir les entreprises ?

Évidemment, c’est cette réflexion que j’aimerais qu’on mène. Les Américains, après la crise de 1929, avait décidé de faire une séparation entre les banques de dépôt d’un côté, et les banques d’investissement de l’autre. J’aimerais bien qu’on réfléchisse à cela en Europe…

C’est un peu d’ailleurs le cas au niveau des Français qui, on le voit, ont mieux résisté parce qu’il y a cette séparation…

-Oui on dit qu’il a mieux résisté. On a quand même injecté des milliards et des milliards dans des banques françaises qui n’ont pas toujours été là où on les attendait, c’est-à-dire dans les PME qui en ont bien besoin.

Nicolas Sarkozy défend l’idée d’une taxation sur les transactions financières ; il est devenu altermondialiste ?

-Cela me fait sourire, mais en même temps, il faut essayer en politique de sortir de la posture des discours. Il n’y a plus de crédibilité quand on dit tout et sont contraire. Alors, Nicolas Sarkozy fait semblant de défendre une taxation, que moi j’appelle la taxe Tobin sur les transactions financières, et que je défends depuis longtemps.

Il a rejoint vos idées, cela devrait vous plaire ?

-Oui, mais je crains que cela ne reste qu’au niveau des discours. Vous ne pouvez pas faire le bouclier fiscal en France, être ainsi à fond dans l’injustice fiscale, puisque toutes les charges pèsent sur les classes moyennes et de moins en moins sur les plus aisées, et en même temps parler de taxation comme celle-là ! Il y a un moment où il faut rester un peu civique…

Mais après le signal également donné sur les tests ADN, vous pensez que Nicolas Sarkozy est dans une posture à gauche ?

-Je pense qu’il est dans une posture un peu brouillonne et qu’au fond, on ne voit pas bien la vision ; on ne voit pas non plus bien où il nous emmène… Ce que je vois, par contre, ce sont les actes. Ce que je vois, c’est que les inégalités s’accroissent et augmentent, et que par exemple, sur le plan fiscal, ceux qui sont le plus aidés ne sont pas ceux qui en ont le plus besoin.

Alors tout le monde se retrouve sur le terrain de la gauche, en ce moment ; d’ailleurs vous-même ! Parlons un peu de cette tractation…

-Je suis sur mon terrain du centre et vous voyez, j’en suis très heureuse. Je reste à mes convictions qui sont les miennes, depuis longtemps, et j’en suis très heureuse.

Mais lors de votre rencontre à Marseille, vous êtes allée rencontrer les socialistes et vous continuez à les rencontrer…

C’est normal, je parle avec beaucoup de monde, vous savez !

Vous avez parlé à Strasbourg avec Vincent Peillon et Daniel Cohn-Bendit, mercredi matin… Est-ce vrai ?

-Oui absolument. Mais je vais vous dire quelque chose : au Parlement européen, on se parle. Alors je parle avec Vincent Peillon et Daniel Cohn-Bendit, mais je parle avec tous les parlementaires, parce que contrairement au Parlement français, nous travaillons ensemble, et on essaye de créer des majorités. Peu importe les sensibilités politiques.

C’est vous qui avez transmis à Daniel Cohn-Bendit la lettre de François Bayrou ?

-Vous savez, il y a quelque chose qui s’appelle Internet et qui marche très bien.

Mais sur le fond, ce sont des propositions de François Bayrou sur un parlement d’alternance ; Daniel Cohn-Bendit les a reçues assez favorablement, hier… Vous trouvez que les choses se mettent en place ?

-Oui, et ce n’est pas le seul. Je pense que les choses commencent à bouger depuis Marseille, et c’est vrai qu’on s’est retrouvé là-bas pour quelque chose de différent de ce qui se fait d’habitude. Généralement, chacun reste bien chez soi, bien cloisonné, avec une pensée rigide du genre, « surtout, ne parlons pas avec les autres »… Les temps changent, j’en suis extrêmement heureuse, et c’est formidable d’essayer de faire bouger les lignes dans ce pays où on en a bien besoin.

Et vos électeurs du MoDem, eux, en sont-ils heureux ? Parce qu’ils ont l’air totalement désorienté… Ce ne sont pas tous des « bobos » de gauche comme vous…

-Je ne le crois pas. Je pense que ce qui est très important, c’est au fond de conserver les identités de ce que nous sommes. Au centre, nous sommes des démocrates ; et si nous n’existions pas, et bien tout ceci ne se ferait pas. Ensuite, il y a des gens qui sont socialistes, il y a des gens qui sont écologistes il y a des électeurs qui ne sont pas socialistes, mais qui sont démocrates… Et bien, il faut simplement qu’on se respecte, qu’on se parle, et qu’on confronte les idées, c’est-à-dire qu’enfin, dans ce pays, on nourrisse un débat intellectuel qui est assez pauvre.

Dernière question sur une pratique qui est assez peu courante en politique : Laure Manaudou arrête la natation et prend sa retraite à 22 ans ; qu’est ce que vous en pensez ?

-C’est terrible, parce que vous imaginez que toute sa vie, c’est de 17 à 23 ans ! Et maintenant, elle a sa vie réelle à construire. C’est terrible quand j’entendais le commentateur dire, « sa vie est derrière elle, ça  y est  elle abandonne »,… Elle a 23 ans, elle a sa vie à construire cette jeune femme… Alors je lui souhaite beaucoup de chance et plein de bonheur.

Merci Marielle de Sarnez.


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Très bonne prestation TV

Posté par : alcyon | 22 septembre 2009 12:37

Pour un projet économique alternatif de nouvelle société il m'apparaît essentiel de sortir des sentiers battus en s'inspirant des ouvrages de J-L Gréau dont le dernier est "La trahison des économistes" d'Emmanel Todd " Aprés la Démocratie" d' Hervé Kempf journaliste au monde auteur de "Pour sauvez la planète, sortez du capitalisme" il voit dans l'alternative de Scop "société coopérative de production" un modèle garantissant contre l'individualisme, l'hyper profit, et la destruction des emplois. Encore une fois félicitations pour votre très bonne prestation TV.


Bravo Marielle, c'est clair et limpide parce que vrai!

Posté par : regisr | 19 septembre 2009 09:59

C'est avec beaucoup de palisir qu'on te lit et qu'on t'écoute, ça coule tout seul car il n'y a pas de langue de bois, ..d'ailleurs on sent avec un certain plaisir que l'ineterlocuteur en est pour ses frais, il se dit "comment pourrais-je bien la coincer?? " alors il s'en va sans détourner la tête Merci de rappeller ceci "..Les Américains, après la crise de 1929, avait décidé de faire une séparation entre les banques de dépôt d’un côté, et les banques d’investissement de l’autre. J’aimerais bien qu’on réfléchisse à cela en Europe…" on a beau faire toutes les limitations de traders.. si on ne combat pas le mal à sa base rien n'y fera..(les baques recommencent à dégager des profits de 15 à 20%) tous les experts(pas les politiques malheureusement) pensent que la seule solution est de revenir au métier de base la banque initial(banque de dépôt et de crédit) et laissez le metier de financier aux banques d'investissement.. Tu as tout à fait rasion de le rappeler haut et fort Obama choisit avec son admnistration d'appuyer en priorité sur la limitation des hauts revenus à 500 000 dollars l'an. et d'imposer une des fonds sécuritaires qui limiteront directement la distribution des profits tout en améliorant le cédit aux consommateurs. sarkozy et le Medef n'en veulent pas..et nous font croire que les américains ne veulent pas faire d'effort au G20, faire croire que c'est Sarko et sa bande qui détiennent la bonne solution .., les sauveurs..veulent -il nous faire croire Merci Marielle, tu crèves l'écran, Bobo de gauche dit-il ? si ça lui fait plaisir..., mais je préferre encore bobo de gauche que gauche caviar ou laquais du palais.. régis 78


Félicitations Mme De Sarnez !

Posté par : cracra | 19 septembre 2009 07:29

Depuis votre discours brillant et plein de sens prononcé à Marseille, vous avez renforcé mes convictions, moi la militante isolée dans son département. Je viens de vous écouter à nouveau avec grand plaisir : talent, simplicité, expression claire et concise. Félicitations !


CHAPEAU Marielle

Posté par : eljo | 18 septembre 2009 23:01

CHAPEAU Marielle ou BRAVO Madame, "Madame".. dit le dernier journaliste à la fin de l'entretien donc de la video: "Madame au revoir..." dit-il sans vous regarder, en tournant la tête, après avoir essayé de "redorer" le blason de l'interviewer (avec une référence à son voyage à l'ONU, etc..). Moi je dis "CHAPEAU MARIELLE". CHAPEAU sur le fond et sur la forme. Vous n'avez pas prété le flanc du tout aux attaques ou sous-entendus plus ou moins larvées de l'interviewer contre vous, ET donc contre nous ("les MoDems ne seraient pas comme vous des "bobos de gauche (vers la 6ème minute)" etc etc...". CHAPEAU MARIELLE, vous avez gardé le cap, gardé et proclamé nos valeurs, expliqué ce qui est important pour nous, face à un interviewer pas vraiment neutre. Cà c'est pour le fond.. Et vous avez pris et gardé la main tout au long de l'interview avec dynamisme et avec le sourire...çà c'est pour la forme... Et ces messieurs en ont été tellement dépités qu'ils ont du conclure sur l'importance pour l'interviewer de se rendre à l'ONU (on n'a pas bien compris le lien avec l'interview, sauf qu'il fallait visiblement redonner le premier plan à l'interviewer...) et un 'Madame au revoir..." en détournant la tête complètement nul de la part du journaliste qui conclut la video....dommage pour eux. BRAVO MADAME, BRAVO MARIELLE. Et MERCI.


le MoDem, le parti "postmoderne"

Posté par : regisr | 18 septembre 2009 07:48

On lit dan la presse: mareille De Sarnez, si elle voulait serait déjà ministre !! merci marielle, quelle force vous nous donnez..avce François Roberts, Corine Sylvie et tous les autres par votre inégrité et notre humilité le MoDem c'est la force "Postmoderne", j'aime énormément cette definition reprise par Pelier dans son "Atlas du Japon : Une société face à la post-modernité (Broché) : La postmodernité est une ère ou une étape historique de la fin du XXe qui succède ou remplace la modernité et clôt les temps modernes. Elle émerge, après l'effondrement des idéologies de s'inscrire dans le prolongement du structuralisme et du déconstructivisme, tout en critiquant l'héritage du freudisme et du marxisme. La philosophies postmodernes se situent dans la perspective de surmonter le désenchantement du monde, après la désagrégation des repères culturels ou religieux, et l'échec patent des utopies révolutionnaires. SURMONTER LE DESENCHATEMENT DU MONDE" voilà le nouvel élan que le MoDem va insuffler Bravo marielle Régis78



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