19 mars 2010

"Electeurs démocrates, ne perdez pas espoir !" par Robert Rochefort

Robert Rochefort

Commençons par dire à tous ceux qui ont voté pour les candidats du Mouvement démocrate, dimanche dernier, que le faible score des listes qu'il présentait ne signifie pas qu'ils sont dans l'erreur. La vie politique est coutumière de ces passages brutaux de la cime aux abymes et... réciproquement. Se souvient-on que la candidate écologiste lors de la présidentielle de 2007 n'avait recueilli que 1,5 % des suffrages alors que ses camarades d'aujourd'hui sont à 12,2 %, ce qui est d'ailleurs inférieur aux 16,2 % des européennes de l'an passé ?

Mais venons-en à l'essentiel, c'est-à-dire au message et à la stratégie politique. Pour beaucoup, l'absence de positionnement clair du MoDem dans le jeu des alliances de droite ou de gauche est responsable de la forte baisse du potentiel électoral qu'avait recueilli François Bayrou en 2007. "Où êtes-vous finalement ?" ne cesse-t-on de nous dire. Eh bien nous sommes au centre, et nous y restons. Face aux défis majeurs auxquels notre pays est confronté, il n'y a pas un camp qui, à lui tout seul, détienne la vérité, possède le catalogue des réformes à accomplir, et plus encore la méthode pour les faire accepter. Réfléchir ainsi revient à privilégier des approches idéologiques qui sont des impasses, et, pire encore, des mensonges. Nicolas Sarkozy a commencé son quinquennat avec des habits très libéraux et le voici apparemment devenu étatiste depuis que la gravité de la crise s'est fait sentir... Les socialistes, avec leurs seuls alliés d'Europe Ecologie et du Front de gauche mettront-ils en avant leurs idées du passé, faites d'accroissement de la fiscalité, de centralisme étatiste, auxquels beaucoup d'entre eux ne croient plus réellement ? Tout cela constitue autant d'incapacité à agir et d'énergie gaspillée.


Etre au centre, c'est sentir le besoin de dépasser les clivages archaïques à un moment où notre pays n'a pas d'autre choix. Cela ne signifie nullement détenir une "troisième vérité, ni de droite ni de gauche". Soyons lucides, notre peuple est fatigué et collectivement déprimé, même si, heureusement, la vitalité individuelle reste grande dans la vie quotidienne de chacun. Quant à l'Etat, il dispose de très peu de marge de manœuvre – notamment budgétaire – pour se transformer. Au Mouvement démocrate, nous pensons qu'il n'y a pas d'autre solution que de privilégier l'écoute des personnes souffrant de la crise et concernées par les réformes et que d'être obsédé par l'exigence de justice sociale. C'est le contraire de ce que fait le gouvernement aujourd'hui. Nous appelons cela le projet humaniste.

Nous pensons que les Français ne sont pas très loin de ce point de vue, même si cela ne les a pas conduits à nous apporter suffisamment leur suffrage. La très préoccupante abstention de dimanche dernier est un rejet de la classe politique, qui nous inclut bien évidemment. Quant au vote de la minorité qui s'est exprimée, elle pourrait laisser croire à un retour de la bipolarisation "droite-gauche" traditionnelle. Il faut être plus fin dans l'analyse. Il est devenu banal de voter pour un camp lors d'une élection, et pour le camp adverse à l'élection suivante. Ce zapping électoral, que certains assimilent à du consumérisme politique, démontre, s'il le fallait, qu'il n'y a plus de vote d'appartenance, et constitue aussi, d'une certaine façon, une forme d'appel au dépassement des clivages idéologiques.

L'autre cause supposée de notre échec serait l'obsession présidentielle de François Bayrou. Ne refusons pas d'en débattre, et allons ici aussi au fond des choses. Le Mouvement démocrate est né de la percée que son leader a accomplie en 2007, rompant avec ce qui se faisait depuis plusieurs décennies. Il a libéré le centre de son asservissement à une droite dont on pouvait déjà pressentir que, avec Nicolas Sarkozy, elle irait à rebours des avancées démocratiques et sociales indispensables pour redonner à notre peuple cohésion et confiance en lui-même. Reste que le jeu institutionnel en France est aujourd'hui verrouillé. Il est fait pour cet affrontement destructeur de la gauche contre la droite.

L'essai qui a été marqué par François Bayrou lors de la dernière élection présidentielle ne pourra être transformé que par une autre élection présidentielle. Pour cela, il faudra cette fois-ci construire de nouvelles alliances, qui devront à la fois s'atteler au fond des réformes à entreprendre, mais aussi à la forme de notre vie politique et de sa représentation démocratique. Chacun sera mis face à ses responsabilités. Est-ce en s'appuyant sur les amis de M. Mélenchon que les socialistes pourront reconquérir le pouvoir ? Est-ce en restant sous le carcan étouffant d'une UMP totalement sous contrôle présidentiel que les humanistes de centre droit pourront faire entendre leur voix ? Ces questions, nous les poserons le moment venu à tous les Français, dans la transparence, et alors que les effets dévastateurs de la crise économique et sociale continueront à faire de très lourds dégâts, élargissant le rassemblement – espérons-nous – de ceux qui seront prêts à penser et à agir autrement.

Ce n'est pas un pari. Même si ce choix est exigeant, pour tous les démocrates, c'est la seule voie à suivre.

Robert Rochefort, député européen, membre du bureau exécutif du Mouvement Démocrate.


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le MODEM aujourd'hui

Posté par : caillou | 28 avril 2010 15:57

lorsque je vois comment la presse et les politiques parlent de notre mouvement actuellement, je suis en colère et lorsque je vois des militants actifs et construits quitter le MODEM, je suis désesperé! il faut d'urgence revoir notre organisation interne et repartir à zéro. le congrès fondateur aura 3 ans en fin 2010 et nous devrons élire à nouveau son Président. il est tant d'organiser tout ça pour conforter F.BAYROU dans son rôle de chef de parti et conforter sa place de candidat pour les élections de 2012. j'ai attendu un âge avancé pour m'inscrire à un parti et militer... pour l'avenir de nos enfants, il est temps que le MODEM se réorganise et définisse clairement son choix !


elections régionales

Posté par : LyAnn | 26 mars 2010 21:53

Abstentions...
Un fait : pas le "rejet" de la Politique, mais le découragement du "politicien". Depuis deux ans, nous ne cessons de vivre des dénis de politique, de démocratie... une président qui réagit à l'émotion, promet ce qui existe déjà -comme "un référent judiciaire ou policier à chaque établissement scolaire"- mais pas appliqué- ou qui promet puis se dédit une fois l'affaire sortie de la une des édias -gandrange et autres...une assemblée fantôme (loi appliquée sans être votée -pub télé-, lois votées non appliquées -intégration handicap- loi pas votée...et votée quand même parceque ça doit être comme ça -hadopi-...
Alors, pourquoi voter ? Quel impact ? Finalement, qu'est-ce que ça change ???? Beaucoup d"électeurs potentiels autour de nous sont allés voir ailleurs ces dimanches pour cela. Pour la première fois depuis prés de trente ans, j'ai franchement eu la même envie ! Difficile de défendre l'utilité du vote dans ces conditions, surtout quand les éléments de "campagne publique" - émissions et interviews télé ou radio- sont si navrants : principalement querelles de personnes, bien en dessous de la ceinture, sans projet réel, sans envergure, sans vision générale...


@ Plinelesouple : un peu de souplesse d’esprit SVP !

Posté par : citizenet | 24 mars 2010 12:48

Si j’ai bien compris, l’UDF qui comptait au mieux 25000 adhérents mais surtout un nombre significatif d’élus moutonniers « réputés » pour aller régulièrement à la soupe, ce parti godillot aurait motivé le vote de plus de 7000000 d’électeurs de tous bords, pour un candidat « suiveur » qui n’aurait fait qu’aplatir un ballon porté par une équipe immobile qui ne visait qu’à renforcer son nombre de titulaires ?

En somme, vu la défection sans délai de cette équipe centriste qui voyait d’un coup disparaître ses avantages acquis, François Bayrou n’aurait-il pas plutôt été perçu par ces arrivistes comme étant celui qui a marqué un but contre son camp, ce qui peut arriver au foot mais que je n’ai jamais vu se produire au rugby ?

Foot ou rugby, la comparaison me paraît tendancieuse, mais pour transformer l’essai de 2007 et faire enfin bouger le système PMU de la politique actuelle, il faudra que les électeurs venus de tous les côtés de la pelouse, dépassent enfin leur rôle de supporters passifs qui subissent éternellement les matchs truqués qu’on leur impose, il faudra qu’ils descendent en masse sur le terrain politique pour participer activement à ce qui ne devrait pas être un jeu pour sportifs « en chambre », mais une DEMOCRATIE DIRECTE qui réinvente de nouvelles règles en jouant cette fois vraiment collectif, au lieu de simplement vouloir remettre la balle au centre afin de recommencer comme avant sans rien changer !


Anarchie en ovalie !

Posté par : Plinelesouple | 24 mars 2010 10:26

"L'essai qui a été marqué par François Bayrou lors de la dernière élection présidentielle ne pourra être transformé que par une autre élection présidentielle."Cette phrase me semble complètement inepte pour deux raisons :1) François Bayrou a marqué un essai en 2007 parce qu'il avait une véritable équipe unie qui aujourd'hui s'est délitée et a qui a donné naissance à 3 équipes distinctes : MoDem, Nouveau Centre et Alliance centriste (et le groupuscule de Cavada dont j'ai oublié le nom). ;2) Au rugby, que ce soit à VII, à XIII ou à XV, celui qui marque l'essai n'a pu le faire que parce que tout l'équipe l'a construit en amont ; le joueur qui marque l'essai n'est que l'ultime catalyseur d'une action collective. Aussi, même s'il m'en coûte. Avec des militants, certes, mais avec quasiment plus d'élus, je m'interroge sur ses chances d'en marquer un autre... d'essai.Notre démocratie ne se résumerait-elle qu'à la seule élection présidentielle ? 1789 n'aurait servi qu'à cela ? Ah bon. Et bien ma foi, ressortons un Bourbon de la lignée d'Henri IV, de la naphtaline, et on gagnera du temps...


Le nouveau paysage politique

Posté par : ericj | 23 mars 2010 20:28

Après ce succès électoral, le PS, les verts et le PC ont refondé l'union de la gauche. Entre les deux tours, j'ai cru revenir 30 ans en arrière! Toujours les mêmes discours! A droite, c'est aussi le même disque rayé avec le discours traditionnel sur l'insécurité et l'immigration. Toujours les mêmes thèmes pour mobiliser l'electorat, sauf que cela ne marche plus et que la moitié des électeurs n'ont pas voté. Le MODEM, qui est la cible privilégiée de tous les partis de droite et de gauche et qui est systématiquement décrit négativement par le microcosme médiatique, n'a pas pu, faute d'une vraie campagne électorale faire connaître sa difference et son projet. Nous aurons, je l'espère l'occasion de promouvoir nos valeurs pendant les deux prochaines années. Pendant que les socialistes vont se déchirer pour désigner leur candidat, que les écologistes vont se chamailler pour fédérer Europe Ecologie, que l'UMP va régler ses comptes avec le Président, le MODEM va travailler sur son projet , avec ses leader et tous ses militants. Il y a plein de compétences au MODEM , même s'il n'y a pas de vedettes médiatiques. Tenons le cap au Centre, avec François BAYROU . Le renouvellement politique , c'est le Mouvement Démocrate, les français vont finir par le comprendre.



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