14 avril 2010
Robert Rochefort, député européen du Mouvement Démocrate, a été interrogé mercredi 14 avril par l'Associated Press (AP) concernant la réforme des retraites en France.
Pour Robert Rochefort, l'allongement de la durée de vie professionnelle semble inéluctable pour assurer le financement futur des retraites, mais il ne peut être réalisé dans les conditions actuelles du marché de l'emploi, estiment des spécialistes pour qui il faut surtout repenser la place du travail dans la société, et revaloriser celui des aînés.
"La vraie question n'est pas celle des retraites mais celle du travail", a-t-il affirmé, ajoutant que le vieillissement démographique et les départs massifs à la retraite des baby-boomers impliquent que l'"on va devoir travailler plus longtemps pour payer les retraites".
"Il faudra donc réinventer le travail après 60 ans car en France, où la productivité horaire
est vive en raison notamment des 35 heures, les gens sont épuisés dès 55 ans", a encore ajouté
Robert Rochefort.
Si des mesures favorisant les naissances ou l'immigration permettraient d'atténuer cette
évolution démographique, selon lui, elles ne la supprimeraient pas. "L'espérance de vie augmente:
non seulement la mort recule, mais aussi la vieillesse", affirme encore Robert Rochefort.
Il soutient également le besoin d'une réflexion globale, qui tienne compte de la place et de
la forme du travail dans la société, de l'articulation des temps de vie et des aspirations des
travailleurs.
"Si on fait fi de ces paramètres, on aura une réforme inapplicable et on ira droit dans le
mur", avertit Robert Rochefort. "Il n'y a rien de pire que d'aborder la question des retraites d'un
point de vue purement comptable", en ne faisant que "déplacer le curseur" pour augmenter l'âge de
départ à la retraite, fixé aujourd'hui à 60 ans, ou la durée de cotisation.
Selon lui, la clé de la réussite réside dans un système plus souple autorisant notamment le
travail à temps partiel, le cumul emploi-retraite ou le bénévolat sans perte de points de retraite.
Les entreprises seraient mises à contribution et devraient investir dans la formation des salariés
"dès 45 ans pour les préparer à l'emploi qu'ils auront à partir de 55 ans".
L'essentiel, conclue Robert Rochefort, est de s'assurer que le temps supplémentaire travaillé
ne soit pas supérieur au gain d'espérance de vie.
Robert Rochefort a également contesté ce mercredi une présentation "dramatisée" du rapport du
Conseil d'orientation des retraites (COR) et plaidé pour un "système de retraite par points".
"Les prévisions du COR doivent être prises pour ce qu'elles sont: le rappel bien connu des
conséquences de la démographie sans modifications des règles de calcul des retraites",
explique-t-il en relevant "une aggravation logique" due à la crise et au chômage.
"On peut néanmoins contester la forme dramatisée de présentation des résultats par la presse,
alors que le document par lui-même n'était pas encore disponible. Il est facile de faire peur en
prolongeant des tendances jusqu'en 2050 !", affirme Robert Rochefort.
Il distingue cependant des difficultés pérennes, liés à la démographie, à l'allongement de la
durée de la vie, et des problèmes temporaires liés au passage à la retraite de la génération du
baby-boom. "Faire l'amalgame des deux n'est pas une démarche honnête", dit-il, ajoutant que le
calendrier des négociations annoncé par le gouvernement "ne permettra pas" un "échange approfondi".
Robert Rochefort estime nécessaire de mettre en place "une assurance dépendance comme
cinquième risque de la Sécurité sociale". L'angoisse des retraités "ne tient pas d'abord au niveau
des pension du moment, mais aux dépenses "en cas de survenance d'une perte d'autonomie".
Pour Robert Rochefort, aucune réforme incluant des durées de cotisation ne sera acceptable
"sans une modification des rythmes, des conditions de travail et des méthodes de management", pour
que l'activité professionnelle devienne épanouissante.
"Bref, si l'on ne ré-enchante pas le travail, si on n'y introduit pas davantage de respect,
d'autonomie, de créativité, on ne rendra pas acceptable l'allongement de la vie professionnelle",
a-t-il encore ajouté.
"Ces éléments incitent à évoluer vers un système de retraite par points" pour une "lisibilité
permanente" des droits que chacun acquiert tout au long de sa vie professionnelle, selon Robert
Rochefort, ajoutant qu'il conviendrait dans ce cadre que "l'action bénévole" permette l'acquisition
de points retraites.
Enfin, concernant le financement, Robert Rochefort estime nécessaire, au-delà d'un éventuel
allongement des durées de cotisations, "d'élargir l'assiette des cotisations liées au travail à
tous les éléments qui y échappent (intéressement, indemnités de départ négociés ,
stock-options...).
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réactions..
Posté par : jc44 | 16 mai 2010 21:56quelques points relevés: la modification des rythmes de travail ,des conditions et des méthodes de management ne se décrète pas, nous avons déjà le Code du travail le plus épais d'Europe
- travail à temps partiel= cotisations réduites.. d'ailleurs, le temps partiel a déjà lourdement augmenté le taux de pauvreté....
- cumul emploi-retraite : à réformer et à réglementer fortement (y compris dans la Police et la gendarmerie..)
- bénévolat : tres bien mais où trouve-t'on les cotisations correspondantes??
- naissances et immigration : fuite en avant,cela ne regle rien, d'ailleurs la France a un taux élevé de natalité et d'immigration , c'est pourtant l'un des derniers pays ayant de problèmes structurels de retraite
- oui, le rapport du COR est dramatique, il est pourtant l'uvre d'un collectif de syndicats et de politiques, la situation de la Grèce aussi était dramatique... certains n'ont pas cru devoir le reconnaitre..!!
Sur le titre des articles du 14 avr.
Posté par : cocobeloeil | 11 mai 2010 16:05Les titres des 3 articles publiés sur le site du Mouvement Démocrate ce 14 avril, ne laissent pas présumer de leur contenu réel.
Les voici, en enfilade : Je (RR) conteste une présentation dramatisée du rapport du Conseil d'Orientation des Retraites ; La vraie question n'est pas celle des retraites mais celle du travail ; Robert Rochefort réagit à la publication du rapport du Conseil d'Orientation des Retraites.
Or, en réalité, le contenu de ces messages nest ni contestataire ni revendicatif mais expose des idées claires et simples, même si elles ne paraissent pas exhaustives.
Nous sommes d'accord avec vous, Robert, sur le contenu de vos articles et quelque peu désarçonnés par ce que laissait supposer leurs titres. Ouf!
Très bonne analyse du problème mais...
Posté par : ZBREMOND | 21 avril 2010 19:57Je suis entièrement d'accord avec Robert ROCHEFORT sur son analyse du problème. Comme à son habitude, ses explications sont claires et réalistes. Il est certains que les solutions proposés actuellement pas le gouvernement sont de la pure temporisation et n'auront qu'un effet mineur dans l'avenir.En ce qui concerne les solutions proposés maintenant, je suis tout à fait d'accord avec l'idée de la retraite par point, cela responsabilisera réellement les travailleurs. En revanche, je pense que les solutions même si elles sont bien plus réaliste que celles du gouvernement manquent un peu d'audace.A mon sens, il faut arrêter de vouloir guérir le système par répartition à tout prix mais bien au contraire allez vers une refonte totale du système de retraite en se basant sur le système dit "multi-piliers" qui regroupe des parts de retraite en répartition et d'autres en cotisation.Je pense qu'il ne faut pas avoir peur d'aller vers la réforme à condition de la réaliser réellement et de la suivre dans l'avenir.
inégalité
Posté par : ratz21 | 21 avril 2010 16:21Alors qu'il y a 15 ans on nous expliquait que les retraites chapeau n'était pas viables les modes des retraites complémentaires ont été modifié par les partenaires sociaux pour la plupart des salariés du tertiaire alors que dans un même temps les Dirigeants d'entreprises continuait pour eux à favoriser ce système qui sera à la charge de la collectivité à l'avenir. Il est important de limiter les écarts de salaires dans les entreprise du tertiaires qui génèrent en plus des résultats bénéficiaires qui profitent surtout aux actionnaires et nettement moins aux salariés.
complexité
Posté par : coolfifi | 19 avril 2010 19:58Tout étant lié, c'est là qu'on voit à quel point il est regrettable que tout ce brouhaha autour des réformes du quinquennat sarkozy a laissé un champ de ruines au lieu de préparer précisément une réforme tout à fait indispensable. Mais sans mise à plat et en justice de l'imposition, mise à plat des mesures pour l'emploi et du droit du travail dans une recherche systématique à la fois de plus de liberté individuelle d'entreprendre et plus de liberté de choix pour le travailleur, toute réforme des retraites dans la jungle complexe que celles-ci constituent aujourd'hui paraîtra injuste, non équitable et risque de démotiver les uns, décourager les autres voire bloquer totalement le pays. Au moins pourrait-on se mettre d'accord sur un plafonnement des retraites des plus gros salaires (les vraiment énormes, ceux de nos managers tellement exceptionnels qu'on essaie de nous convaincre que sans leurs salaires exceptionnels, l'étranger pourrait vouloir nous les piquer) qui ont bien d'autres moyens grâce aux stock-options et assurances titres divers pour parfaitement compléter leurs retraites. Pour le reste, les propos de Mr Rochefort me semblent de bon sens. Avant d'exiger plus d'annuités de cotisation, au moins faudrait-il s'assurer que l'on puisse rentrer sur le marché du travail pas trop tard et y rester au-delà de 50ans. Faut-il envisager de cotiser au moins partiellement pendant les études supérieures pour palier en partie au premier problème? Bref, c'est bien par le travail que tout doit démarrer.