12 décembre 2008
Doit-on laisser filer les déficits pour soutenir l'économie ? Faut-il aider les entreprises, doper le pouvoir d'achat ou laisser les excès d'hier se corriger d'eux-mêmes ? Quelles leçons tirer des expériences passées ? Au moment où Nicolas Sarkozy présente un plan de relance de 26 milliards d'euros, Jean Peyrelevade, vice-président du MoDem, mais aussi banquier et économiste, et le professeur Jacques Marseille, pourfendeur des gaspillages de l'État, débattent de l'opportunité des dépenses publiques pour stimuler l'activité économique et combattre la récession.
Jean Peyrelevade juge légitime l'intervention de l'État en ces temps d'exception. mais déplore les maigres possibilités de relance laissées par des années de gestion laxiste des finances publiques. Il s'inquiète également des faibles marges de nos entreprises. Jacques Marseille ne se fait guère d'illusion sur l'efficacité de l'intervention de l'État dans l'économie. Les députés redoutent la situation dans laquelle se trouvera la France en 2011, au moment où s'engagera la campagne électorale, quand il faudra réduire un déficit porté à 4 % du PIB. A priori, nos intervenants sont d'accord sur un point : une relance par la consommation, que Jean Peyrelevade qualifie d'erreur historique dans son dernier livre, serait inappropriée à la situation française. Prioritairement tourné vers l'entreprise, l'investissement et le logement, le plan de Nicolas Sarkozy ne les choque pas, même s'ils en contestent l'ampleur et en critiquent les détails.
Jean Peyrelevade Face à une crise aussi profonde, il faut accepter l’idée
que nous sommes dans un régime d’exception. L’article 16 appliqué à l’économie,
en quelque sorte ! Un certain nombre de mesures inacceptables en régime de croisière deviennent
souhaitables en temps de crise et l’idée de la relance me semble parfaitement légitime. Ce
qui ne nous exonère pas de nos erreurs passées ! Comme nous sommes entrés dans cette crise avec des
finances publiques bien plus dégradées que la plupart de nos grands concurrents européens, notre
marge de manœuvre est plus serrée. N’oublions pas que si nous pratiquons un effort de
relance en proportion du PIB aussi intense que le leur, nous sortirons de cette crise avec, à
nouveau, une situation comparée qui nous sera très défavorable. Je suis par avance inquiet de
l’état dans lequel nous serons à la sortie de la crise, en comparaison, par exemple, avec
l’Allemagne.
Ensuite, la relance doit être nécessairement différente dans sa forme et dans son contenu en
fonction des caractéristiques et des conjonctures propres à chaque pays. Je trouverais normal, par
exemple, que l’Allemagne fasse un peu de relance par la consommation, elle en a la capacité,
mais je pense absolument indispensable que la relance française soit uniquement tournée vers
l’investissement. Enfin, cela ne nous interdit pas de nous interroger sur les dépenses
publiques inutiles. Accepter plus de déficit pour relancer la machine n’empêche pas de
récupérer les sommes dépensées inutilement. Un exemple : l’argent public utilisé par
l’État pour favoriser le développement des heures supplémentaires, dans la conjoncture
actuelle, me paraît relever du surréalisme le plus extrême. J’aimerais voir Nicolas Sarkozy
revenir sur cette erreur fondamentale qui coûte tout de même quelques milliards d’euros par
an et qui, sur fond de montée du chômage, va nécessairement aggraver le problème de l’emploi.
Les employeurs ont maintenant un intérêt majeur à déclarer le maximum de durée de travail sous
forme d’heures supplémentaires, quitte à réduire de fait les horaires normaux, par exemple en
supprimant l’intérim.
Jacques Marseille À chaque fois que l’on prononce le mot relance,
c’est toujours par référence au passé et à la crise de 1929. On a le sentiment que toute
crise est liée à une chute de la consommation avec des entreprises en difficulté parce que la
demande s’effondre. La réaction classique consiste donc à dire : il faut relancer la demande
des ménages, dont la consommation va permettre de sortir de la crise. Mais est-on dans la même
situation aujourd’hui que lors des crises précédentes ? Absolument pas.
Le pouvoir d’achat des Français a tout de même augmenté, ces vingt dernières années,
même si ce n’est pas dans des proportions importantes. Nous ne sommes pas, comme en 1929,
dans une situation de chute du pouvoir d’achat au sein d’une société beaucoup plus
pauvre. Le PIB par habitant était alors en France, en monnaie constante, de 4 500 dollars, il est
de plus de 24 000 dollars en 2007. Aujourd’hui, on peut se demander à quoi servirait la
relance ? Que veut-on que les ménages consomment de plus et qui permettrait de sauver
l’économie ? Relancer la demande ne me paraît pas du tout à l’ordre du jour. Parlons de
relance de l’offre. Regardons le fonds d’investissement stratégique proposé par
Sarkozy, 20 milliards d’euros, que nous n’avons pas. Je propose d’ailleurs que
dorénavant la Caisse des dépôts s’appelle plutôt la Caisse des “sorties”, ce
serait plus approprié. Souvenons-nous que l’année prochaine, l’État français va devoir
emprunter 165 milliards d’euros sur les marchés financiers pour financer les intérêts de la
dette, le capital venant à échéance et le déficit budgétaire, qui dépassera les 50 milliards.
Mettre 20 milliards sur le tapis pour relancer l’investissement tout en empruntant 165
milliards pour financer les dépenses courantes, avant même tout investissement, relève de la fuite
en avant. Ce n’est pas sérieux. Je préfère m’inspirer de ce qui a été fait lors de la
dernière récession, en 1993, où des pays comme la Suède (72 % du PIB dépensés par l’État) ont
accepté l’idée qu’ils n’avaient d’autre solution que de réduire la dépense
publique. J’ai bien conscience en tenant ces propos de ne pas être à la mode. Je prends deux
exemples de dépenses publiques fortement inutiles, en France, et qui coûtent 100 milliards
d’euros. La formation professionnelle : 28 milliards d’euros, qui ne servent pas à
grand-chose. Ceux qui en profitent n’en ont pas besoin et ceux qui en auraient besoin
n’en profitent pas. Les 65 autres milliards sont dépensés avec les quelque 6 000 dispositifs
d’aides publiques aux entreprises, la moitié étant consacrée à l’abaissement des
charges sur les bas salaires. Ce qui conduit ainsi la France à avoir le taux de smicards le plus
élevé d’Europe, grâce à l’argent public qui a allégé les charges ! Quand on compare les
entreprises aidées et celles qui ne le sont pas, on s’aperçoit que celles qui sont aidées
meurent plus vite, embauchent moins, ont de moins bons résultats. Parce que les aides vont vers les
entreprises qui vont mourir. Il me semblerait intéressant de mesurer l’efficacité et la
pertinence de ces 100 milliards de dépenses. L’urgence, dans cette période de crise,
n’est pas de faire un plan de relance à la Keynes. Il vaudrait mieux repenser
l’ensemble de la dépense publique.
Jean Peyrelevade Je suis ravi d’apparaître soudainement comme modéré dans ma
critique de la politique économique de Nicolas Sarkozy. Mais je crains que Jacques Marseille ne
m’ait pas écouté. Je ne crois pas avoir parlé une seule fois de la crise de 1929 ni de
relance par la consommation. J’ai dit très exactement le contraire. Je crois absolument
nécessaire effectivement de faire une relance par l’offre, c’est-à-dire par
l’investissement. Pourquoi ? L’économie française a deux faiblesses majeures. La
première, c’est l’état de ses finances publiques, que Nicolas Sarkozy a continué à
aggraver, et la deuxième, qu’il a perpétuée également, c’est que les entreprises
françaises sont, de tous les pays industrialisés, celles qui ont les marges les plus faibles. Nous
avons un manque de compétitivité criant par rapport à nos grands concurrents. Les prévisions
officielles de l’Insee – réalisées avant la crise – laissent penser que de 2008 à
2010 les marges des entreprises vont continuer à diminuer. Les entreprises françaises, plus
fragiles, vont particulièrement souffrir et nous allons enregistrer un taux de défaillances élevé.
C’est pourquoi il est essentiel d’apporter de l’oxygène dans les secteurs où
l’on est sûr d’obtenir des résultats. Dans la construction par exemple. Ouvrons le
grand chantier de la remise aux normes environnementales de l’ensemble des bâtiments. Il me
semblerait astucieux d’injecter des moyens dans le Grenelle de l’environnement –
qui pour l’instant n’en a aucun – et que l’État lance, éventuellement sur
fonds d’emprunt, un grand programme de remise aux normes des bâtiments publics de ce pays.
C’est ce que j’appelle la relance par l’investissement, indispensable compte tenu
de la faiblesse de l’appareil productif français.
J’ai par ailleurs un désaccord radical avec Jacques Marseille, qui est aussi un
désaccord politique. Sous une apparente critique, il apporte un confort formidable à ce qui pour
moi relève du mythe le plus absolu de la politique économique de la droite depuis des années. Le
mythe, c’est : “Braves gens, ne vous inquiétez pas, on va rétablir les finances
publiques en diminuant nos dépenses.” Des économies vont suffire à rétablir la situation.
C’est le discours tenu par Nicolas Sarkozy pendant l’élection présidentielle…
Soyons réalistes. Nous allons avoir, la crise s’additionnant à notre lourd passé, un déficit
public annuel de l’ordre de 60 à 70 milliards d’euros. Le programme d’économies
le plus vertueux, la RGPP [révision générale des politiques publiques], tend à réduire les
dépenses de 7 milliards par an. Admettons ce chiffre, même s’il est loin d’être
garanti. Où sont les 63 milliards manquants ? Nous sommes dans l’illusion. Jamais les
économies de dépenses ne permettront de rétablir les finances publiques. Supprimer les exonérations
des entreprises, c’est diminuer encore un peu plus leurs marges. Tant que l’on ne
réalisera pas que c’est le problème majeur de notre économie et que, dans cette crise, nous
risquons plus que d’autres d’assister à la disparition d’une partie de notre
appareil productif, on restera à côté de la plaque. Et je ne crois pas une seconde aux 100
milliards d’économies de Jacques Marseille.
Jacques Marseille Si le problème des entreprises, c’est
l’affaiblissement de leurs marges parce que leurs charges sont trop élevées, la relance par
l’offre, c’est quoi ?
Jean Peyrelevade C’est très simple. Il s’agit, après des années de
cadeaux fiscaux aux ménages et d’exonérations de charges sociales uniquement destinées à
compenser des surcoûts imposés par ailleurs, de donner aux entreprises de vrais allégements de
charges, notamment à l’investissement afin d’améliorer leurs marges.
Jacques Marseille Je veux bien voir l’argent public dépensé, à condition de
savoir ce qu’est son utilité réelle. Que va faire l’État pour relancer l’offre ?
Il va ouvrir des marchés, donner des subventions ? Les Français veulent des logements. Il leur
suffit d’attendre un peu, les prix vont baisser de 40 % dans les trois prochaines années !
Jean Peyrelevade Mais je n’ai jamais parlé de relance par
l’immobilier, je parle de travaux publics. Une politique de relance par
l’investissement consiste effectivement à ouvrir des marchés, comme la remise aux normes
environnementales des bâtiments publics.
Jacques Marseille La vraie bombe, en termes de mutation, c’est le
financement des retraites et de la santé, soit quelque 380 milliards de dépenses aujourd’hui,
le double en 2020. En fait, le système de retraite par répartition est mort ; sur une longue
période, c’est la Bourse qui a constitué le meilleur des placements, 3,3 % de 1913 à 2000,
dividendes réinvestis.
Pour répondre à Hervé Mariton, le New Deal est largement un mythe. Roosevelt n’a fait
que “bricoler”. En réalité, la seule vraie politique de relance qui ait réussi,
c’est celle de Hitler. Une relance par l’investissement dans les infrastructures et
l’armement, sans inflation ! Un “modèle” dont il serait imprudent de
s’inspirer…
Pourquoi le déficit est-il à la mode, repris un peu partout ? Voici mon hypothèse : pour des
hommes politiques très déconsidérés, reprendre la main en faisant croire qu’ils ont du
pouvoir, c’est pain bénit, tout simplement.
Jean Peyrelevade : Ce n’est pas mon avis. L’interventionnisme, dès
lors qu’il est avisé, est vertueux. Mais l’inconvénient des mesures anticycliques qui
répondent à cette crise, c’est qu’on en sortira de fait avec une situation très
détériorée. À la fin 2010, l’endettement public représentera 75 % du PIB. Notre appareil
productif sera également très affaibli. Il y aura donc une tâche de redressement d’autant
plus difficile à mener qu’elle coïncidera avec un calendrier politique délicat, à la veille
de la présidentielle de 2012.
Hervé Mariton se demande qui va payer. Eh bien, les ménages français évidemment, selon des
clés de répartition qu’il appartiendra aux politiques de définir. Sachant que l’État
est toujours plus efficace quand il s’agit de répondre à la demande que pour faire payer.
Prenons l’exemple de la Sécurité sociale. Nous sommes dans un système de répartition qui
traîne année après année un déficit récurrent : 10 milliards aujourd’hui, 15 demain. Or, il
n’y a que trois voies de redressement : la diminution de la dépense – mais le gisement
d’économies, là, est très faible –, la hausse des cotisations et la baisse des
prestations. Ce débat sera inéluctable en 2012-2013. Aujourd’hui, la signature publique peut
suffire à gérer la relance, mais qu’en sera-t-il en sortie de crise ?
Pour ce qui concerne la Commission européenne, elle va prendre acte du fait que l’on
est en régime d’exception pendant deux ans ; durant cette période, la contrainte bruxelloise
va disparaître. À la sortie, il y aura cependant sûrement une remise en question de la signature de
certains petits pays, peut-être même de pays appartenant à l’euro. Il y aura donc un retour
brutal de la discipline bruxelloise. Au nom de la solidarité entre les États, Bruxelles peut
devenir un FMI européen, consentant des efforts.
Les derniers commentaires ... Tous les commentaires
Changer nos comportements égoïstes et Matérialistes !
Posté par : bourbon | 30 décembre 2008 23:04L'argent n'est rien qu'un moyen d'échanges parmi d'autres pour nous permettre de vivre et nous devons le considérer comme tel, c'est à dire comme un accessoire indispensable, mais vulgaire et usuel des banques...Ces dernières rendues publiques ainsi que leurs serviteurs assermentés seraient garantes de la gestion et de la distribution des liquidités et prêts à 0 ou 0,5 pour cent d'intérét (pour couvrir les frais)....La Planche à billet serait bien entendu nationale ou européenne et soumise ainsi que les banques à des lois strictes et des contrôles drastiques. C'est ce que je pense le plus simplement du monde ! Amitié Orange !
Expliquer
Posté par : euro | 25 décembre 2008 22:29Expliquer, toujours expliquer. La lecture du livre de J. Peyrelevade sur l'erreur économique fondamentale de Sarkozy est passionnante, mais pas toujours facile. Pourtant, à le lire - et à lire son débat avec J. Marseille -, on a bien l'impression qu'il est dans le vrai. Et à peu près seul à rappeler des données fondamentales : la dette, le mauvais état financier de nos entreprises, la gaffe majeure que serait la relance "par la demande". Mais comment, en période de crise, de stagnation (si ce n'est pire) du pouvoir d'achat, de montée de la pauvreté et de sentiment de menace sur les classes moyennes, comment faire passer ce message ? Difficile, entre une droite au pouvoir qui bricole et plastronne (ou, avec J. Marseille, qui carrément provoque) et une gauche qui a oublié Mendès-France, Delors et Rocard pour donner dans la démagogie "distributive". En cette affaire, c'est comme pour l'Europe et le désamour où elle est plongée : il va falloir trouver les mot pour le dire et les pistes pour le faire. Mais Noel est une période d'espérance active.
suis-je immodéré?
Posté par : philalethe | 20 décembre 2008 11:11Sans jeu de mots: j'ai posté une réaction demandant à Jean Peyrelevade son sentiment sur une intervention de F. Lordon (chercheur au CNRS et journaliste au Monde Diplomlatique) sur le crise. Cette réaction n'est pas publiée. L'intervention de Lordon, que JP sûrement connaît, dit que la crise n'est pas accidentelle mais structurelle, ce qu'a expressément dit François Bayrou) et que le retour à une règlementation ne peut être simplement provisoire. Je me doute que JP n'est pas favorable à la "nationalisation" par principe (en 81 il la fit, dit-on à contre-coeur). Mais n'est-il pas à envisager au moins de poser des règles à la libre circulation des capitaux en Europe et entre l'Europe et le monde (et les paradis fiscaux!), liberté sans limitation inscrite dans les traités européens? N'est-il pas également nécessaire que la possibilité pour les revenus du capital (dont les taux à 2 chiffres sont effarants) soit rééquilibrée en faveur des revenus du travail, par exemple par une fiscalité capable de dissuader les décideurs des entreprises et de la finance de viser à court terme ces objectifs? Merci.
Qui aura le courage politique d'imposer la rigueur ?
Posté par : citizenet | 18 décembre 2008 10:26La rigueur, ce mot tabou de notre Président et de l'homme de paille qui lui sert de premier ministre, Fillon, que j'entendais encore ce matin sur Europe 1 se féliciter béatement que la France se sorte jusqu'à présent mieux que d'autres pays européens de la crise économique et financière avec depuis 18 mois ses 55 réformes fourre-tout, une "performance" juste digne du livre Guiness des records, à l'instar du plus gros mangeur de saucisses Plus dure sera la chute, et le handicap de la dette nationale ne va pas arranger les choses, alors que la caution de l'Etat, c'est-à-dire de nous, les contribuables, va garantir jusqu'à 320 milliards d'euros de crédits bancaires, dont le premier bénéficiaire sera dès 2009, non pas les entreprises ni les particuliers, mais ainsi que le précise Jacques Marseille : " lÉtat français va devoir emprunter 165 milliards deuros sur les marchés financiers pour financer les intérêts de la dette, le capital venant à échéance et le déficit budgétaire, qui dépassera les 50 milliards. " Bien sûr, Jean Peyrelevade et Jacques Marseille sont d'accord sur l'essentiel, une relance par l'investissement, mais dont le budget "insignifiant" de 4 milliards d'engagements vraiment nouveaux par rapport aux 26 milliards annoncés nécessitera une "rallonge" autrement importante avant longtemps. Une rigueur drastique s'imposera d'elle-même aux français, si possible en n'aggravant pas la situation des plus démunis, car ainsi que le déclare Jean Peyrelevade : " il ny a que trois voies de redressement : la diminution de la dépense mais le gisement déconomies, là, est très faible , la hausse des cotisations et la baisse des prestations. Ce débat sera inéluctable en 2012-2013. " Mais dans ces conditions, comment relancer la demande sans laxisme consumériste ni inflation suicidaire : en ne raisonnant plus franco-français car les véritables opportunités de développement sont à l'exportation, en réunissant la myriade d'entreprises performantes de notre pays au sein de Groupements d'Intérêt Economique afin de leur permettre d'atteindre enfin la taille nécessaire pour être représentatives à moindre coût, et donc plus compétitives sur le marché international. Ainsi que le déclare Jacques Marseille : " Le pouvoir dachat des Français a tout de même augmenté, ces vingt dernières années, même si ce nest pas dans des proportions importantes. Nous ne sommes pas, comme en 1929, dans une situation de chute du pouvoir dachat au sein dune société beaucoup plus pauvre. Le PIB par habitant était alors en France, en monnaie constante, de 4 500 dollars, il est de plus de 24 000 dollars en 2007. Aujourdhui, on peut se demander à quoi servirait la relance ? Que veut-on que les ménages consomment de plus et qui permettrait de sauver léconomie ? " Non, il faut arrêter de "surconsommer", de gaspiller, de travailler plus pour gagner plus, et de nous croire au centre du monde comme le "petit" Sarkozy, ce champion ringard du pouvoir d'achat des "gavés" de superflu, alors que nos futurs clients d'une économie de marché solidaire et notre seule chance de survie sont les autres citoyens du monde, dont la majorité ne dispose même pas de ressources suffisantes pour s'acheter le nécessaire !
Probléme de compréhension de ma part?
Posté par : Burgou | 16 décembre 2008 19:34La France d'aujourd'hui est une France de "services"; nous proposons nos conseils, analyses, audits, nous avons une bonne base touristique etc....il nous reste du commerce et de l'artisanat mais plus rien ou du moins plus grand chose en tant que production "industrielle". Nous avons laissé, sous couvert de concurrence étrangère à moindre cout, disparaitre notre tissu productif. Fermeture des mines de charbon, fermeture des acieries, fermeture des filatures, pour le Limousin disparition de la production en quantité de la chaussure, des ganteries, de la porcelaine, tout celà représentant de nombreux emplois, surtout que nous continuons à acheter ces produits, mais "ailleurs". Donc, encourager le redévéloppement d'entreprises est à mon avis indispensable. Par contre, relancer uniquement par l'investissement et pas par la consommation, semble-t-il, m'interpelle; car produire, c'est bien, mais il faut vendre. Il semble d'ailleurs qu'il y ait déjà eu une imcompréhension de précédentes communications de M. Peyrelevade (voir l'émission à vous de juger du 11 décembre). Par contre, insister sur les dépenses publiques, qui devraient être mieux maitrisées et gérées, je dis oui. Nous sommes d'accord que cela ne résoudra pas le probléme des déficits, mais soulagerait un peu. Le probléme, à mon avis, est que nous sommes déjà en banqueroute et que nous ne fonctionnons plus que sur les bases de l'argent virtuel et non réel.