Adhérez!
Pour adhérer au Mouvement Démocrate !
Se connecter
Google+ François Bayrou RSS Facebook Twitter FlickR Dailymotion
26 novembre 2010

"Climat: l'Europe doit s'engager", par Jean-Luc Bennahmias

Jean-Luc Bennahmias

Suspendue à la négociation qui s'ouvre lundi 29 décembre à Cancun, l'UE ne doit pas attendre un accord global pour s'engager à «aller vers une réduction de 30% des gaz à effet de serre à l'horizon 2020», estime Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du MoDem.

Il est nécessaire d'aborder le prochain sommet consacré à la lutte contre le changement climatique avec quelques données en tête: selon une récente étude du Global Carbone Project (organisme international de recherche sur la lutte contre le réchauffement climatique), la quantité des émissions de gaz à effet de serre a encore augmenté de 3% en 2010 après une légère baisse constatée lors de l'année 2009, principalement due aux délocalisations de notre industrie sur d'autres continents et à la crise économique et financière. Il est maintenant acquis qu'une hausse de 2 degrés des températures mondiales se profile. Notre environnement ne résisterait pas à une hausse encore plus rapide car elle engendrerait d'innombrables conséquences. L'Agence internationale de l'énergie prévoit de son côté une hausse de 3,5 degrés à moyen terme si les gouvernements n'agissent pas davantage qu'ils ne le font aujourd'hui.


À ne rien faire, le réchauffement climatique pourrait même atteindre sept degrés d'ici 2100, selon l'Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam.

Le constat est implacable : en l'état actuel, nos engagements ne sont pas susceptibles de minimiser les dégâts du changement climatique.

Bref, nos gouvernements doivent faire plus, et plus vite.

L'Europe le sait mais elle suspend à la signature d'un accord global son ambition de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 pour cent d'ici 2020... On connaît les réticences. On sait qu'une poignée d'industriels européens, guidée par des intérêts de très court terme et aveuglée par le cynisme, a financé des sénateurs climato-sceptiques aux Etats-Unis. Que le jeu de billard à deux bandes consistait à bloquer le Sénat américain pour venir mielleusement demander ensuite aux politiques européens de ne pas aller de l'avant, évoquant leur isolement supposé!

Devant l'évidence des faits, peut-on encore douter de l'urgence de la situation? Comment ne pas croire que l'effort à fournir s'impose à tous, à l'échelle mondiale?

S'il est vrai que la lutte contre le changement climatique s'est imposée depuis quelques années comme l'un des enjeux majeurs de l'agenda politique, toutes les tentatives de conciliations internationales censées enfin agir pour que nous ayons à l'échelle mondiale un mode de vie plus respectueux de notre environnement ont été des pétards mouillés! Une fatigue perceptible et compréhensible sur des déclarations aussi éloquentes que creuses s'installe désormais. Concentrons notre attention sur l'évaluation des résultats. Nous n'avons pour l'instant que de bien faibles seuils plancher concernant nos émissions de gaz à effet de serre. Qui plus est, concernant l'efficacité énergétique et le taux de 20 pour cent d'énergies renouvelables à atteindre en 2020, le compte n'y est absolument pas! Il en est d'ailleurs de même à propos des investissements dans le domaine de la recherche, pourtant si vitaux.

La conférence de Copenhague, montée en épingle, a montré tout le ridicule des rivalités entre Etats membres au sein de l'Union européenne. Le pire serait que Cancun se résume à un Copenhague bis: «paroles et paroles» surmédiatisées dont on nous promet des avancées divines, et qui finalement n'accouchent que d'une souris, conséquence d'une discorde généralisée et de la confrontation entre intérêts privés et nationaux. Triste spectacle.

Après la déception du sommet de Copenhague, une autre conférence s'est tenue à Nagoya au Japon sur un autre sujet: la biodiversité. Moins médiatique, peu suivie, sans grand show politique. Pour quel résultat? Et bien oui, des avancées «globalement positives»! L'inverse de Copenhague en somme. Tout n'est pas réglé bien évidemment mais plusieurs avancées en faveur de la biodiversité et des écosystèmes sont actées. Une petite respiration pour toutes les espèces vivantes qui nous entourent, une leçon de méthode bienvenue pour les prochaines étapes, à commencer par Cancun.

L'enjeu de cette échéance est simple: les Etats qui ont jusqu'ici rechigné à prendre activement part à la lutte contre le réchauffement climatique (Chine et Etats-Unis en tête) doivent désormais prendre leurs responsabilités. Cela passe par l'adoption d'engagements ambitieux mais surtout juridiquement contraignants pour chaque Etat, en adéquation avec les possibilités de chacun.

Si d'aventure Cancun se révélait être un échec de plus, alors l'Europe doit, sans plus attendre, mettre en œuvre de son côté des mesures ambitieuses, réalistes, efficaces et créatrices d'emplois non-délocalisables: aller vers une réduction de 30 pour cent des gaz à effet de serre à l'horizon 2020.

Tel est le prochain défi européen en matière de lutte contre le changement climatique.


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

à Canard Orange

Posté par : Andalousie | 2 décembre 2010 16:52

Qu'importe. Voici un site de référence qui vous permettra de mieux comprendre les cycles de formation et d'absorption du CO². www.manicore.com Peut-être vous ai-je heurté par mes explications; je suis en effet depuis longtemps les problèmes écologiques Ils ne sont pas simples , c'est pourquoi ils sont souvent mal interprétés voir compris. L'une des plaies pour la démocratie est à mon sens sans doute cette méconnaissance entretenue par des personnes malhonnêtes qui retarde les mesures à prendre, véhicule des idées fausses pour servir les intérêts d'une minorité au détriment de l'intérêt général.


CO 2 produit par l'homme

Posté par : Canard_Orange | 2 décembre 2010 11:24

Merci pour la leçon Andalousie: en votre qualité d'expert, pourriez-vous m'indiquer si je peux encore respirer au même rythme, sachant que je rejette aussi du CO 2 ? Non, je ne tourne pas à la dérision ce que vous essayez de démontrer, mais expliquez-nous pourquoi tous les scientifiques éludent la pollution des avions, non pas seulement par les 3 pour cent du carburant qu'ils consomment, mais surtout par la vapeur d'eau que vous voyez souvent bouchez 100 pour cent de nos ciels d'azur. Pourtant la vapeur d'eau représente 90 pour cent des gaz a effet de serre. Je regrette d'employer votre langage technique, qui n'apportera pas plus à la compréhension du grand public, sans prendre pour autant les électeurs pour des demeurés. C'est pourquoi je propose de commencer avec des choses simples, et immédiatement accessibles comme recycler plus efficacement ces bouteilles fabriquées à partir du pétrole. Et là, le public électeur sera ravi de constater une amélioration.


à Canard Orange (2)

Posté par : Andalousie | 1 décembre 2010 15:26

Oui, nous avons besoin de faire beaucoup de travail chez nous. A commencer par de la formation-éducation pour tordre le cou aux idées reçues :

1/ Croire que puisque les prévisions de température ( 2 à 5°) sont pour 2100, donc on peut attendre. Au contraire plus on attend, plus la fourchette haute (4à5°) est risquée et les conséquences désastreuses (famines, sécheresses, risques de conflits guerriers...) 2100, c'est demain à l'échelle d'un génération celle de nos enfants (voir également le rapport Stern sur les conséquences du report à plus tard).

2/ Croire que le recyclage des déchets est une solution écologique satisfaisante. La consigne de bouteilles plastiques est en réalité une perversion d'un système prétendument écologique. Ce qui compte en effet, c'est la quantité d'énergie fossile consommée qui induit des Ges et non la valeur marchande. Certes il vaut mieux voir les bouteilles plastiques réutilisées que jetées dans l'eau ou dans la nature. Mais le recyclage des bouteilles est une dépense énergétique sans commune mesure avec le service rendu. Un litre d'eau du robinet consomme une quantité négligeable de g.eq.CO²/l. Ce n'est pas le cas de l'eau en bouteille ; si vous examinez la chaine complète depuis sa mise en bouteille, son acheminement au magasin puis du magasin au domicile du consommateur, puis retour à la consigne, puis au centre de nettoyage etc, etc..

Malheureusement comme beaucoup ( et j'en ai fait partie..) vous utilisez comme unité pour votre raisonnement écologique, la monnaie, or ce n'est pas adapté au raisonnement économique-écologique qui exige une unité physique de consommation (puisque vous ne comptez pas la valeur de la dégradation du capital naturel). Pour les GES, l'on peut afin d'évaluer la dégradation du capital naturel et son impact sur le réchauffement climatique, prendre comme unité physique en g d'eq.CO² émis dans l'atmosphère par les différents processus de production-transformation-commercialisation des matières utilisées.

3/Les climato-sceptiques il y en a de deux sortes: ceux qui ne connaissent pas bien le problème et dont on peut présumer malgré tout de leur bonne foi et les imposteurs comme Cl.Allègre qui finissent un jour ou l'autre par être désavoués par leurs propres collègues. ( cf rapport de l'Académie des sciences)


Calmer le jeu

Posté par : Gosset | 30 novembre 2010 19:40

Il faut de toute urgence à l'échelle de l'UE mettre de l'ordre dans les grand équilibres. L'heure n'est plus à "on veut donc on peut". De plus, cela laissera du temps pour apprécier le rôle de l'activité humaine dans l'évolution du climat : c'est aussi une lecture des rapports de notre académie et des scientifiques internationaux sur le fonctionnement du GIEC.


Proposition concrète

Posté par : Canard_Orange | 30 novembre 2010 11:01

Pour rassurer Andalousie, et pour aider nos dirigeants du MoDem, je développe l'idée de mon billet précédent. En Suède, les consommateurs font la queue devant des machines installées dans l'entrée des supermarchés afin d'y faire avaler leurs bouteilles en plastique pour recyclage. Cela fonctionne comme une consigne; le consommateur recoit des pièces de monnaie en retour. Les bouteilles doivent être vides et en bon état, ce qui conditionne leur acceptation, sinon elles sont rejetées sans paiement. Je considère donc que nous avons déjà beaucoup à faire près de chez nous avant d'essayer d'étrangler les pays en développement sur un changement climatique estimé se produire d'ici à 100 ans. Le rapport de l'académie des sciences n'a pas fait beaucoup varier l'ordre des priorités des climatosceptiques. Ceci dit, je suis d'accord avec Jean-Luc qu'il faut que l'Europe montre l'exemple. Mais L'Europe risque de s'isoler dans le commerce internationnal par l'augmentation de ses prix, si les autres continents n'ont pas fait le même effort. Et nous revenons à la case départ à Cancun. Seul un accord mondial contraignant sera applicable et ce n'est pas pour demain. C'est pourquoi je propose la méthode graduelle réalisable de suite, méthode qui sera soutenue beaucoup plus par l'opinion publique. Yann est aussi dans cette ligne. Tant que la peur excessive sera entretenue par une polémique sur le climat, les électeurs se méfieront.



2012, état d'urgence

Sur Facebook

Le projet humaniste
contacts locaux
contacts locaux

Les sites récents

lesdemocrates.fr
e-Boutique du Mouvement Démocrate
Jeunes Démocrates