François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, a présenté vendredi 14 janvier ses voeux à la presse. Un discours porteur d'avenir et d'optimisme, dans lequel il a rappelé sa volonté d'inscrire "une obligation constitutionnelle de protection des générations à venir" et considéré que "l'Éducation et la Production" devaient être les "labourage et pâturage" du XXIe siècle.
Découvrez dès maintenant le texte de son allocution et, en début d'après-midi, la vidéo.
Mesdames, Messieurs,
Ce sont des vœux pour vous, d’abord personnellement, dans votre vie personnelle,
familiale, professionnelle. Je souhaite que vous y trouviez l’épanouissement, la réalisation,
l’équilibre, l’apaisement, et si possible le bonheur.
Ce sont des vœux pour votre profession. Les journaux écrits, les organes de presse
traditionnels, l’audiovisuel, les nouveaux medias, traversent presque tous une période très
difficile qui rend leur équilibre économique précaire. Vous en souffrez tous. Et tous vous en
inquiétez. Une des réponses, c’est bien entendu le renouvellement des formules, de la manière
d’informer. Tous, vous y travaillez. Je souhaite que l’écrit, l’image et le son
retrouvent la force de conviction, la crédibilité qui au bout du compte fait l’audience.
Ces vœux sont aussi, bien entendu, à l’intention des Français.
Il y a quelques jours, en ce début de mois de janvier, a été rendue publique une enquête
d’opinion portant sur 53 pays du monde : le résultat est terrible pour nous. Les Français
sont le peuple le plus pessimiste de la planète. 61 pour cent des Français pensent que 2011 sera
pire que 2010, notamment en économie, contre… 3 pour cent qui pensent qu’elle sera
meilleure, et c’est peut être le chiffre le plus inquiétant. Ce pessimisme a augmenté de dix
points en une année. Les Français sont aujourd’hui plus pessimistes que les Irakiens, les
Afghans et les Pakistanais. Trois fois plus pessimistes en Europe que les Allemands.
Ce pessimisme, ce jugement et cette inquiétude, seront, au moment des grands choix,
l’élément le plus lourd du bilan du pouvoir aujourd’hui en place. C’est le signe
le plus éloquent du jugement de notre peuple sur la manière dont il est conduit. Les questions qui
se posaient en 2007 n’ont pas été résolues. Aucune d’entre elles. Ni l’emploi, ni
les finances publiques, ni l’éducation, ni la sécurité, ni la justice, ni
l’intégration, ni même la régulation de l’immigration, ni l’agriculture ne sont
aujourd’hui assainis, rénovés, transformés de l’intérieur ou confortés. Dans la plupart
de ces domaines que je viens de citer, la situation s’est aggravée.
Les mois qui viennent, jusqu’à l’élection présidentielle, poseront donc une
question simple aux Français : faut-il continuer dans le même sens. Certains ont d’ores et
déjà choisi de soutenir ce choix. Notre réponse au contraire est celle-ci : il faut un autre
projet, une autre direction pour la France.
Et vous le voyez bien, cela fait une grande différence avec tous ceux qui sont d’ores
et déjà résolus ou résignés à soutenir la reconduction du pouvoir en place.
C’est la grande ligne de clivage.
Deuxième question : si l’on cherche un autre projet pour la France, ce projet sera-t-il
nécessairement au bout du compte celui du parti dominant de l’opposition officielle, celui du
Parti socialiste ?
Beaucoup parmi les opposants sont rangés à cette nécessité. Nous pas. Il faut un autre projet
pour la France, et il faut que les Français aient un autre choix que le Parti socialiste.
Et cela fait une grande différence. Les uns et les autres sont résignés à la suprématie de
l’UMP ou du Parti socialiste, nous au contraire nous ne sommes résignés à aucune suprématie.
Non pas par antipathie personnelle. Je veux vous le dire, vous le répéter, pour que ce soit clair.
Je sais que Nicolas Sarkozy n’a pas que des défauts, il a, entre autres, une grande énergie.
Et il y a des femmes et des hommes qui méritent l’estime, y compris à l’UMP et chez ses
alliés. Et il y a des femmes et des hommes qui méritent l’estime au Parti socialiste. Bien
sûr. Et je ne mets pas tout le monde dans le même sac. Mais ce qui est en cause, ce ne sont pas
seulement des questions de personnes. Ce sont des questions politiques.
Car le projet du pouvoir actuel, son idée de l’orientation du pays, et l’exercice
même du pouvoir par le Président de la République ne pouvaient que conduire au fond de
l’impasse où nous sommes aujourd’hui. Et symétriquement la lecture, pour moi infiniment
éclairante, du plus récent document adopté par le Parti socialiste, foison de promesses intenables,
menace d’entraîner notre pays, en peu de mois, dans la voie de l’isolement, puis de la
déconsidération au terme duquel nous risquons d’avoir l’échec et la démoralisation.
Ce que nous devons aux Français et à la France, et j’emploie le terme devoir,
c’est de proposer un choix politique qui permette une alternance raisonnable et positive, et
pas une alternance vouée à l’échec, à une désillusion supplémentaire, et livrant le pays un
jour à l’un de ces accidents qui guettent les démocraties affaiblies.
Et d’abord cette alternance, exige un idéal.
En défendant la place d’un certain idéal dans la politique, j’ai conscience
d’être différent. Mais je veux le faire devant vous. L’action humaine sans idéal,
c’est une navigation sans carte et sans boussole. Quel chemin choisir quand on ne sait pas où
l’on va ?
La France, particulièrement la France, avec son héritage historique et sa nature de peuple
épris de valeurs, exige qu’on lui propose un idéal. On parle mal à la France si on ne lui
parle pas d’universel. Faut-il rappeler que nous sommes le seul peuple du monde qui a choisi
une devise : liberté, égalité, fraternité qui est l’énoncé de trois valeurs, d’un idéal
?
Nous avons toujours su qu’un pays comme le nôtre, une nation et une République comme
les nôtres, ne se construisaient pas pour les Français seulement : la France se construit pour
elle, bien sûr, pour les siens, et en même temps, elle parle au monde de ce qu’il pourrait
être.
L énoncé de cet idéal est simple.
Nous voulons une société faite pour l’homme, pour la personne humaine, la femme,
l’homme, l’enfant. Une société pour l’homme, c’est aussi une société par
l’homme, sa liberté, sa créativité, sa responsabilité. Là sont nos valeurs.
Cela tranche beaucoup avec d’autres projets.
Ce ne sont pas les valeurs matérialistes et « court-termistes » du marché, la marchandisation
de tous les domaines de l’activité humaine et de la concurrence à tout prix entre les êtres
humains. Et ce ne sont pas les valeurs étatistes de l’assistance, et de la prise en charge
par la collectivité.
C’est un peuple solidaire, une société créative, l’épanouissement personnel du
plus grand nombre, une démocratie impartiale et fondée sur la vérité.
Si ces valeurs avaient été défendues, l’extrémisme ne progresserait pas dans notre
pays.
L’extrémisme, c’est le symptôme des sociétés malades. Mais jamais
l’extrémisme ne soigne la maladie. Il l’aggrave.
Je voudrais vous dire frontalement ceci : personne n’aime la France plus que nous, son
histoire, son présent et son avenir comme nation. Nous aimons, parce que nous la connaissons, sa
réalité, son peuple, ses aspirations, son histoire, autant et parfois mieux que quiconque. Nous
n’avons jamais participé - en tout cas je n’ai jamais participé - au mythe d’une
France qui s’effacerait progressivement au profit d’une Europe lointaine, ou
d’une autorité mondiale « éclairée ». Mais la France, ce n’est pas une fermeture.
C’est une ouverture, un élan, un dialogue avec le monde. Et pas depuis maintenant, depuis
plusieurs siècles, y compris depuis l’ancien régime.
L’Islam est la religion de millions de Français. En tant que religion, en tant que foi,
en tant que prière, elle a sa place. Il y a des millions de musulmans convaincus, ou moins
convaincus, qui ne demandent qu’à pratiquer paisiblement leur religion. Et la République,
notamment depuis la loi de 1905, notamment pour ce qui concerne les manifestations extérieures,
dispose de tous les moyens légaux pour éviter que l’exercice de la religion des uns, vienne
troubler la vie des autres. Il y a des millions de jeunes, notamment de jeunes - et je trouve que
c’est une grande injustice qui leur est faite - qui se sentent ciblés par les propos
offensants, volontairement offensants, qui les ciblent comme si musulman et Français, c’était
incompatible.
Et moi qui ai passé une partie de ma vie à réfléchir à l’œuvre d’Henri IV,
je ne laisserai pas, sous aucun prétexte, se rallumer les guerres de religion.
Et ces propos qui visent à exciter les uns contre les autres sont un mensonge. Parce que je
dis ceci : nous vivons ensemble ! Nous allons devoir vivre ensemble ! Et nos enfants vivront
ensemble ! C’est comme cela, c’est notre pays, c’est la France
d’aujourd’hui ! Et s’il se déchire, faute des uns ou faute des autres,
c’est tout le pays qui en souffrira.
Et on comprendra ainsi pourquoi j’ai mené d’aussi intransigeants combats en
faveur de la laïcité, intransigeants d’abord, pour montrer l’exemple, à l’égard
de ceux qui partagent la même foi et la même Église que moi, et qui ont donc la légitimité
d’être intransigeants quand il s’agit d’autres religions, d’autres fois
religieuses, d’autres pratiques.
Quand un jour, dans le grand livre de l’histoire des sociétés, on fera le bilan de ce
que la France a apporté au monde, au prix de bien des tensions et parfois de risques et de
souffrances, on verra que la laïcité est une grande nouvelle, un grand apport au monde, pas
seulement pour nous, mais pour les autres pays, les autres civilisations. Et on verra que des
continents entiers n’auront un jour le choix qu’entre ce choix de compréhension
réciproque et la guerre à mort des religions ou des confessions entre elles.
Et il y a un autre mensonge non seulement dangereux mais mortel s’il était par hasard
pris au sérieux.
Tous ceux qui nous disent : il faut sortir de l’euro, ils nous conduisent à la misère.
Payer une dette libellée en monnaie forte, alors qu’on aurait une monnaie faible, c’est
l’inflation, et c’est la misère assurée. Et dans cette misère là, ce sont les plus
faibles qui seront atteints. Et tous les fondamentaux nécessaires seraient atteints, carburants,
matières premières.
L’euro, il faut reconnaître que son établissement a contribué à l’inflation des
prix de la vie de tous les jours. Mais l’euro, il nous a protégés contre de grands désordres,
contre des concurrences entre voisins. Qui se souvient aujourd’hui, dans les régions
frontalières, comme on nous arrachait les marchés en se servant de la dévaluation périodique de la
lire italienne ou de la peseta espagnole !
Bien entendu, dire que l’euro est protection et soutien, c’est dire aussi
qu’il faut que l’Europe existe ! Qu’elle soit présente dans la réflexion commune
des opinions publiques nationales, et non lointaine, sans vraie consistance, réservée aux seuls
initiés, à inventer des bêtises ou des âneries comme un calendrier où figurent toutes les fêtes
religieuses de toutes les religions d’Europe, sauf les fêtes chrétiennes ! L’Europe, il
faut qu’elle devienne une dimension de la vie de notre nation, un univers accessible aux
citoyens, aux citoyens de toutes les nations européennes.
Mais je veux vous dire ceci.
Toutes les ressources pour sortir de notre difficulté, toutes ces ressources, elles sont en
nous et elles ne peuvent être qu’en nous ! Lorsque de Gaulle revint au pouvoir en 1958,
c’était au lendemain du combat homérique qui vit la France politique se couper en deux sur
l’idée européenne autour de la Communauté Européenne de Défense, puis du traité de Rome qui
organisait la Communauté Économique et le marché commun.
Les Gaullistes étaient majoritairement opposés à ce projet européen. Et donc lorsque de
Gaulle revint au pouvoir, ses conseillers lui proposèrent en une note de dénoncer ce projet de
marché commun, qui avait été, je le rappelle combattu y compris par Pierre Mendès-France lui-même,
au motif que les Français n’étaient pas assez armés, trop faibles face à la concurrence de
nos voisins européens. De Gaulle lut la note et sa réponse fut lapidaire : il renvoya la note avec
cette remarque en marge : « non ! Les Français sont forts, mais ils ne le savent pas ! ».
C’est ce message : « toutes les ressources sont en nous ! Les Français sont forts mais
ils ne le savent pas », qui est le message de tous les redressements. Il est vain d’imaginer
que des formules magiques puissent résoudre les problèmes à notre place. C’est nous qui les
résoudrons et nous avons les forces pour le faire.
Ce n’est notamment pas l’État qui résoudra les problèmes à la place des Français.
Ce ne sont pas multiplication de services publics nouveaux, payés par des crédits que nous devons
emprunter et que nous n’avons pas les moyens de rembourser. Services publics : faisons déjà
marcher ceux qui existent et qui sont en si grave crise de confiance.
Et voilà notre ligne. L’avenir, c’est la confiance rendue.
Première étape : confiance rendue à l’État. La France a besoin d’avoir confiance
en son État. Parmi les fautes impardonnables du régime en place, il y a l’utilisation de
l’État à titre partisan ! Il suffit de regarder les nominations aux fonctions qui incarnent
l’État : préfets, ambassadeurs, inspections générales, fonctions d’arbitrage et de
contrôle, partout règne l’arbitraire, et l’arbitraire partisan ; il s’agit
toujours de récompenser la soumission ou de compenser la disgrâce ! Il se murmure, on tient pour
acquis, que ce qui devrait être l’une des plus importantes fonctions de la République, celle
de Défenseur des droits va être attribuée non pas en considération du mérite, de
l’expérience, de l’influence face aux administrations et aux pouvoirs, mais pour
compenser la suppression d’une circonscription dans les quartiers privilégiés et libérer
ainsi la place…
Nous sommes et nous serons les défenseurs de l’impartialité de l’État, du respect
et de la confiance rendues à ceux qui le servent, et servent ainsi leur pays. Et à ce titre
permettez-moi de saluer la décision rendue avant-hier par le Conseil d’État, enjoignant de
réintégrer dans ses fonctions le chef d’escadron Jean-Hugues Matelly, officier qui avait été
purement et simplement radié des cadres de la gendarmerie pour avoir osé donner son avis en termes
mesurés sur le rapprochement police/gendarmerie.
Faire reculer et bannir l’arbitraire et l’esprit partisan au sein de l’État
: voilà notre volonté. Et le fait de n’être dépendant, en aucune façon, d’aucun des
deux principaux partis qui se sont livrés, à un moment ou à un autre, et chacun à leur tour, à
cette dérive est une garantie.
Au début, cela paraît une difficulté, et dans la vie de tous les jours, sans doute c’en
est une, mais à l’heure des grands choix, en fait ce sera une force.
Par exemple pour parler de manière crédible au monde de la justice en général et de la
magistrature en particulier.
Nous venons de vivre, les élus, chacun dans nos ressorts, les rentrées solennelles des
tribunaux et des cours.
Chacun aura pu mesurer quelle est l’ambiance au sein du monde de la justice, et donc,
je le dis au passage, la charge qui pèse sur le nouveau garde des Sceaux. Je partage le jugement de
Robert Badinter, exactement au mot près : « Jamais il n’y a eu au sein du monde judiciaire,
chez les magistrats, une pareille dose d’amertume, un malaise aussi profond ».
Il faut des gestes indiscutables de reconnaissance, des décisions qui renforcent
l’indépendance de la magistrature, qui permettent d’alléger les interrogations en
particulier sur le Parquet.
Il est une décision, pas difficile à prendre, qui serait de nature à changer le climat et à
lever ces interrogations.
Chacun sait que la justice européenne vient de rappeler sa défiance à l’égard de la
France sur le sujet de l’indépendance du parquet. D’où viennent ces doutes ? Pas
seulement du rapport hiérarchique, pas seulement des instructions qui sont réputées devoir être
écrites, donc transparentes, en matière de politique pénale. Mais du fait que la carrière des
magistrats du parquet dépend directement de l’exécutif, ce qui les rend naturellement pus
sensibles pour certains d’entre eux face aux injonctions. Comme Jean-Louis Nadal l’a
rappelé, il suffit donc pour lever un certain nombre de ces doutes de décider qu’il n’y
aura plus de nominations au Parquet sans avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature. Ce
serait un pas, assurément interprété comme un progrès en indépendance.
En matière d’impartialité de l’État, d’équilibre des pouvoirs,
d’indépendance des médias, notamment de l’audiovisuel public, de juste représentation
des citoyens dans la République, aucune décision n’est coûteuse. Pas un euro d’argent
public n’est en jeu. Au contraire, un pays qui a confiance, cela rapporte. Ce n’est pas
un pays qui coûte, c’est un pays qui contribue. En tout cas, ces décisions créent à
l’instant un climat de confiance dans le pays !
Confiance à rétablir : le monde de l’éducation est profondément atteint. Il suffit de
rappeler ceci : le nombre des candidats aux concours de recrutement de l’Éducation nationale
s’est effondré ces dernières années. Il a chuté de plus de 50 pour cent, sur les cinq
dernières années, et le phénomène s’accélère, 35 pour cent de candidats en moins entre 2005
et 2009 ! Et en une seule année entre 2009 et 2010, la chute est de 27 pour cent supplémentaires
(35000 passés à 25000) ! Et cela est d’autant plus grave que cela se passe dans un contexte
de chômage des jeunes aggravé !
Ce sont là des faits, dans leur objectivité et leur brutalité. Si l’on ajoute que dans
le même temps, la place de la France dans les classements de connaissance des jeunes adolescents a
chuté, que les études donnent des chiffres inacceptables pour la maîtrise des fondamentaux au
sortir de l’école primaire, et qu’on a supprimé la formation des jeunes enseignants
avant l’exercice professionnel, on mesure la pente dévalée, et la pente à remonter.
Or il faut mesurer ceci : il n’y a pas le choix ! Sera capable de redresser le pays qui
sera capable de parler de manière crédible et ambitieuse de l’école, et à l’école, à
ses maîtres, à ses cadres, aux parents et aux élèves et étudiants. En temps de guerre, ce qui
compte c’est la guerre. Et c’était le programme de Clemenceau « politique intérieure,
je fais la guerre ! Politique étrangère, je fais la guerre ! » En temps de paix, en temps de
globalisation, en temps de concurrence internationale, il faut dire : « je reconstruis
l’école, je reconstruis l’école ! » Il y faudra beaucoup de volonté, beaucoup de
compréhension, il faudra une loi-cadre qui fixera les objectifs de la nation, et pour moi ces
objectifs seront et doivent être ambitieux. Je les reprends devant vous : « donner, ou rendre à la
France la meilleure école du monde ! ».
La nation, c’est dans l’enfance qu’elle se forme. Voilà pourquoi j’ai
défendu, sans parvenir tout à fait à faire changer d’avis le gouvernement, le Défenseur des
enfants. Et j’espère bien que le Sénat, nos sénateurs reprendront la question. Pour certains,
c’est une question d’opportunité, d’organisation, de regroupement. Pour moi,
c’est au contraire regarder l’essentiel au fond des yeux, parce que les enfants
d’une nation qui traverser des incertitudes matérielles et bien plus encore morales, ce sont
les premiers à subir, les premiers à trinquer.
Défendre les générations à venir : vous vous souviendrez que j’ai défendu
l’inscription dans notre programme de mouvement politique, le « projet humaniste »,
d’une obligation constitutionnelle de protection des générations à venir :
l’environnement, sa préservation, sa restauration, la terre, l’air, la santé qui en
dépendent, d’un côté ; et de l’autre les dangers de la dette qui va plomber leur vie de
travail, tout cela devrait être pris en compte dans chacune des décisions préparées et à prendre.
En faisant de la dette et du déficit, un thème central de la campagne de 2007, nous avons
contribué à l’avance, hélas - je dis hélas car la situation depuis s’est beaucoup
aggravée - à ouvrir les yeux de beaucoup. Aujourd’hui, c’est à voix basse, en vérifiant
bien que l’on n’est pas écouté, qu’échangent les déclarations d’inquiétude
ceux qui connaissent la réalité de la situation. Jamais depuis vingt ans, n’avait été
constaté de décrochage grave entre la France et l’Allemagne. Ce décrochage est en train de se
produire et des chiffres vont sortir dans quelques jours sur ce sujet. Je le dis comme une alarme.
Je vous donne seulement ces chiffres extraits de l’excellent rapport de Gilles Carrez à
l’Assemblée nationale : l’année dernière la charge de la dette, c’était pour la
France, un peu plus de 40 milliards, l’équivalent du budget de l’éducation nationale.
Cette année 2011, ce sera 46 milliards, l’année prochaine, mécaniquement, ce sera 51
milliards. Le budget de l’éducation nationale sera dépassé de 20 pour cent ! Et la totalité
de l’impôt sur le revenu n’y suffira plus !
C’est un sujet d’importance nationale qui demande la mobilisation de tous, qui
exigera une réforme fiscale pour que l’effort à demander soit juste ; qui exigera un accord
de modération État/collectivités locales ; qui exigera, je le dis, un accord national, un
changement général des mentalités pour que l’attitude de sobriété raisonnable qui est celle
de toutes les familles devienne aussi celle des administrations publiques et sociales, et qui ne
sera possible que si nous savons retrouver la croissance sans laquelle on s’asphyxie.
La gravité de la situation financière du pays, on a l’impression qu’elle
n’est pas mesurée. Je voudrais reprendre Pierre Joxe au mot près là aussi : « la France
n’est ni la Grèce ni l’Espagne, mais financièrement, contrairement à ce que l’on
croit, elle est plus proche de la Grèce et de l’Espagne que de l’Allemagne. » Je suis
de cet avis ! Beaucoup de gens sont de cet avis. Et l’énoncé de ce jugement prouve
qu’il y a dans les grands courants de pensée du pays un jugement partagé sur la situation et
sur le devoir qu’elle nous impose.
Ce qui me conduit à parler des 35 heures, récemment remises sur le métier. Je me suis
toujours opposé à la démarche politique qui a conduit à la décision des 35 heures. J’ai
toujours trouvé cette décision issue d’une pensée fausse. Elle a coûté très cher pour les
finances publiques, très cher en pouvoir d’achat et en stress au travail supplémentaire pour
les salariés, très cher en terme de désorganisation d’un certain nombre d’institutions
et des services publics. Les entreprises ont mis plus de dix ans à trouver des modes
d’organisation pour faire face à cette contrainte nouvelle dont elles n’avaient,
vraiment, vraiment, pas besoin. Mais alors qu’il a fallu plus de dix ans pour sortir de ce
désordre, - et encore à l’hôpital, par exemple, n’y est-on pas encore parvenu - créer
un nouveau désordre en chamboulant à nouveau le droit du travail, à mon sens, c’est
méconnaître cette loi, cette certitude : les entreprises, les créateurs d’emploi, les
salariés eux-mêmes, un pays tout entier a besoin de stabilité.
S’il faut reprendre la question du droit du travail, du marché du travail, alors il
faut le faire dans un plan d’ensemble et pas par des foucades, dans un sens puis dans un
autre, alors même qu’il a été prétendu que la loi sur les heures supplémentaires réglait
toute la question.
Oui, on a besoin de simplifications, de souplesse, non on n’a pas besoin d’une
guerre idéologique supplémentaire.
C’est une des conditions pour que nous commencions la bataille décisive du grand combat
économique auquel j’appellerai les Français. Il faut livrer et gagner la bataille du «
produire en France ». Je parle exprès de production plutôt que d’emploi, donc
d’industrie, d’agriculture, mais aussi de services, mais aussi de culture, et même
d’art. La production ne se divise pas : la recherche y a sa part, l’esprit de risque et
d’aventure de l’entrepreneur aussi. Il nous faut soutenir et conforter les secteurs où
nous sommes forts, et reconquérir des secteurs entiers de la production qui ont disparu de notre
pays. S’il n’y a pas de production, il n’y a pas d’emploi, et il n’y
a pas de richesses nouvelles à investir dans les services publics, dans le social,
l’éducation ou la santé.
Ce n’est pas là un vœu que j’énonce, c’est pour moi une certitude :
éducation et production ce sont les « labourage et pâturage » du XXI° siècle, un mot d’ordre
pour la nation, et le seul chemin, le seul, pour que la France redevienne un signal d’espoir
pour les femmes, les hommes et les enfants qui la forment, pour l’Europe et pour le monde.
Je voudrais conclure, vous le comprendrez, avec gravité, en évoquant deux drames, le drame
tunisien et le drame nigérien.
Ce qui se passe au Maghreb, Tunisie, Algérie, c’est le résultat croisé de la misère, du
chômage endémique qui frappe d’abord les jeunes, et de l’absence de démocratie. Bien
sûr, nous n’avons pas à donner de leçons. Notamment parce que nous avons avec ces pays une
histoire profonde, lourde, faite d’incroyables blessures. Les peuples ont leur histoire, ils
sont souverains, et s’autodéterminent. Mais la démocratie, ce n’est pas seulement pour
cette rive de la Méditerranée. La démocratie, ce n’est pas seulement un ornement pour
privilégiés. La démocratie, c’est un droit pour tous, ça ne vient pas après le développement,
c’est la condition du développement !
Les démocrates doivent soutenir les démocrates, faire des signes, dire ce que nous croyons en
commun, ne pas multiplier les complaisances comme on en a donné l’impression ces derniers
jours. Nous disons que le combat des démocrates en Tunisie, ce n’est pas pour nous un combat
indifférent, ni étranger.
Enfin le Niger. Tous, nous avons eu à honneur, presque tous les responsables politiques, de
faire preuve d’esprit responsabilité après le drame qui s’est déroulé à la frontière du
Niger et du Mali, et où deux jeunes Français ont laissé la vie. Les grands courants démocratiques
du pays n’ont pas ouvert de polémique et ils ont bien fait.
Mais je voudrais dire ceci aux dirigeants français pour l’avenir : la priorité dans
toutes les décisions d’action, c’est la préservation de la vie des otages. Vous ne
voulez pas que se perpétue ce marché de la honte, c’est légitime ! Vous refusez de vivre sous
la terreur, vous avez raison. Vous refusez d’être mis en demeure de continuer à payer, soit !
Tout cela est légitime. Mais la préservation de la vie des otages doit être mise en priorité. Cela
a toujours été la doctrine, non seulement française, mais de tous les gouvernements des
démocraties. Et cela doit rester pour nous la priorité et la ligne de conduite des autorités de la
République.
Voilà, au commencement d’une année décisive, des vœux pour notre pays, et pour
chacun de ceux qui le font vivre, lui donnent force et vitalité, des vœux pour que les
Français retrouvent le goût de l’avenir.
F Bayrou a de bonnes idées. Il l'a déjà prouvé en 2007. De plus, il est ouvert au débat en ouvrant
le mouvement aux démocrates.
Seulement, il faut commencer à construire le mouvement qui serait susceptible de redonner
confiance aux Français en 2012. L'UMP de Sarkozy, parti que l'on peut considérer des grands nantis
et le PS(sauf DSK)...toujours coincés dans son idéologie du rêve de l'égalité ...seront OUT en
2012.Ce sont les extrêmes qui vont émerger car les francais moyens et moins riches ne font plus
confiance à ces 2 partis. Les médias condamnent, pratiquement toutes, la 3ème force comme en 2007
car ils ne voient pas un parti en capacité de gouverner. Mais la montée des extrêmes peut peut être
aider cette 3ème voix, la seule pertinente pour construire des réformes améliorant la situation
générale et rétablissant une plus grande justice sociale...mais ne faut-il pas dès maintenant aller
chercher les démocrates d'Europe écologie- de tous les centres (qui devraient enfin comprendre
qu'ils n'ont rien à faire avec Sarko, c'est à nous de les convaincre) et surtout tous les
démocrates qui se proposent de voter les extrêmes par désespoir. IL faut avancer pour donner cette
chance à la France sinon je crains le pire pour 2012...
De plus, le salut économique de la France passe par une gouvernance économique européenne
qu'il faut absolument et rapidement mettre en place pour utiliser tous nos atouts, chacun dans
notre pays (au lieu de nous concurrencer) pour réussir face aux nouveaux monstres
asiatiques....attention c'est là qu'est la menace pour nos jeunes....si nous ne régissons pas....
Bien cordialement et continuons à avancer.
35 heures et optimisme
Posté par : coolfifi | 18 janvier 2011 16:29
Je crois que l'un de nos problèmes et sans doute l'un des problèmes de F. Bayrou est que nous ne
sommes pas tous d'accord au fond, sur les solutions.
Parmi les commentateurs, l'un d'entre vous, (soustons ?) préconise les sempiternelles
solutions ultralibérales: réduire les charges des entreprises, faire travailler plus longtemps des
salariés en les payant moins, (supprimer les 35heures revient à payer les heures supplémentaires au
taux des heures normales). Solutions que soutiennent aussi bien l'UMP que le PS, plus ou moins
officiellement. C'est l'orthodoxie économique du moment. Dans le même temps personne ne trouve de
solution viable pour que les taxes s'abattent moins sur le travail et la production que sur la
rente et le capital.
Personnellement je crois de moins à moins à ces solutions que tous les gens les plus sérieux
préconisent et appliquent depuis 30ans. Les grosses entreprises bénéficient d'une avalanche de
déductions de charges et d'impôts en tout genre, sans compter les subventions, que l'Etat donc le
contribuable compense en creusant sa dette. Personne n'est plus capable d'en faire le bilan. ça me
paraît pourtant l'urgence. Certaines études partielles suggèrent que les grandes entreprises
françaises en ressortiraient moins taxées que les entreprises allemandes. Mais bien sûr personne
n'ose vraiment y mettre le nez: il serait si difficile de faire face à l'hostilité et au lobbying
du Medef.
Dans le même temps ces mêmes entreprises vont reverser des primes record à leurs actionnaires
mais bien entendu, il n'y aurait plus d'argent pour l'investissement, la recherche et l'innovation,
ce qui expliquerait le recul de nos ventes à l'export. Ces mêmes entreprises, pressurent les
petites et moyennes entreprises qui sont leurs sous-traitants en ne leur laissant aucune marge et
bien entendu aucune possibilité d'accéder à d'autres marchés en particulier internationaux.
Selon moi c'est sur ces entreprises là qu'il faut se pencher, c'est elles qu'il faut aider,
soulager, mettre à l'abri des actionnaires des multinationales et des pressions du Medef. C'est à
elles qu'il faut ouvrir des marchés nationaux et qu'il faut aider à l'international. C'est elles
qui doivent bénéficier en priorité d'outils fiscaux et de règlementations adaptées pour pouvoir
augmenter leur personnel en période de croissance, l'adapter dans les périodes plus difficiles sans
se mettre en péril.
Renoncer aux 35 heures dans une période où nous manquons de travail, c'est tout simplement
prendre le risque d'augmenter encore le chômage, de réduire le pouvoir d'achat donc la consommation
dans une période qui frise déjà la déflation.
Il y a eu des réorganisations du travail qui ont accompagné la mise en place des 35 heures et
je n'ai pas entendu dire que la France avait perdu en productivité. La productivité française n'a
jamais été un problème. Par contre, la France a reculé en qualité, en image, en innovation, en
qualité de ses services publics ou non et ce n'est pas à cause de ses salariés mais bien à cause de
méthodes manageriales qui ont redirigé la production française vers le moyen, voire le bas de
gammes où effectivement, les pays émergeants seront toujours bien plus compétitifs que nous, que
l'on travaille 35 ou 48 heures par semaine. Les errements (manque de vision, incompétence) de nos
politiques n'ont rien arrangé, en particulier pour la qualité des services publics. Mais ce sont
aussi les choix industriels qui sont en cause et les choix managériaux de ces personnes (dont le
statut oscillant entre haut-fonctionnariat et privé n'a rien de précaire) qui ont fait exploser le
plafond de leurs rémunérations au prétexte que le monde entier nous les enviait.
Les 35 heures ont bon dos mais je crois moi aussi que ce serait le pire moment pour les
remettre en cause. Qu'il faille chercher à rendre plus flexible certaines choses, c'est fort
possible. Je suis par exemple sidérée, que le pays de la gastronomie ait une offre d'horaires de
restauration extrêmement réduits, voire parmi les plus réduits d'Europe. Quelles seraient les
décisions à prendre pour qu'il puisse y avoir 2 voire 3 équipes qui se relaient pour assurer un
service continu, sans que le gérant et ses employés en soient réduits à l'esclavage et aux arrêts
maladie?
Je crois aussi que nous ne sommes pas au clair vis à vis du protectionnisme et là nous avons
un problème avec l'Europe. L'idée que l'Europe nous oblige à un libre échange total, (par exemple
qu'on nous oblige à accepter les poulets chlorés qui entrent en concurrence avec nos poulets élevés
dans des normes d'hygiène contraignantes et donc coûteuses pour nos éleveurs) alors que le marché
américain, comme le marché chinois eux pratiquent un protectionnisme de fait est de plus en plus
répandue. J'ignore jusqu'à quel point c'est vrai mais cela fait partie des raisons qui rendent les
français méfiants, voire hostiles à l'Europe. Bien sûr nous avons intérêt à ce que d'autres pays
émergent pour élargir nos marchés, mais à condition que ces pays se mettent eux aussi à consommer
et acheter nos produits sans que l'on soit systématiquement rançonnés pour livrer nos technologies
en échange d'une ouverture de marchés qui ne dureront qu'une dizaine d'années. On voit désormais
tout l'investissement en recherche et innovation d'Alstom qui se trouve capté et rentabilisé par
des pays qui ont copié cette technologie sans les années de recherche pour la mettre au point et la
propose à des pays tiers à des prix impossibles à concurrencer. Comment peut-on sérieusement
imaginer que ces pays vont se contenter de produire des produits grand public bas de gamme et nous
laisser produire les produits technologiques à grande valeur ajoutée jusqu'à la fin des temps?
C'est irréaliste. Alors bien entendu, les actionnaires dont les investissements n'ont pas de
frontières, l'économie virtuelle s'en moquent, mais les pays dits aujourd'hui développés, leurs
sociétés et leurs salariés vont en périr à trés moyen terme. Ce système n'a aucune chance d'être
pérenne.
Il me semble que si les français sont si pessimistes, c'est peut-être tout simplement parce
que nous ne sommes plus convaincus par les modèles que l'on nous vante depuis 30 ans. Nous avons le
sentiment que nos politiques sont comme des volailles sans tête, qui prennent des décisions
totalement incohérentes sans mesurer leurs conséquences. Pour exemple l'absurdité de la taxation de
la plus value sur le logement principal, au moment où l'on prétend faire une France de
propriétaires, où on veut des travailleurs plus mobiles. On décide donc de taxer l'ensemble les
petits propriétaires pour éviter aux ultra-riches de payer l'impôt sur la fortune. Comment
voulez-vous que nous soyons optimistes quand nous subissons chaque jour ou presque, des projets ou
pires des décisions totalement aberrantes, de cet accabit?
Pour être optimiste il faut croire que demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Ce n'est guère
difficile pour un afgan ou un irakien de penser que demain pourrait être meilleur mais en ce qui
nous concerne, avec des économistes qui s'enferrent dans des modèles économiques qui explosent, des
politiques qui ont l'air de ne plus être en connexion avec le réel, perdent la main et le pouvoir
dans presque tous les domaines et utilisent ce qui leur reste de pouvoir pour aider les plus riches
au lieu de se soucier de l'intérêt général, et mettent tout en oeuvre pour confisquer la démocratie
au profit d'un système binaire inopérant, nous avons de sacrées bonnes raisons de n'être pas trés
optimistes.
VOEUX 2011
Posté par : ANNLEB | 18 janvier 2011 13:30
A Mr Bayrou et tous les responsables à tous les niveaux du Modem. Les voeux et propositions du
Président Bayrou sont censés,mais par quels moyens cela peut-il se concrétiser sur le terrain.Il
faut des propositions OK, mais les citoyens veulent savoir et comprendre COMMENT elles vont se
réaliser. Comment faites vous pour appliquer ce que vous voulez faire ! Dire c'est fantastique,
mais FAIRE, c'est tellement mieux. Par ailleurs que comptez vous faire pour conduire vers les urnes
ces millions d'abstentionnistes et ces autres personnes qui bossent ou ont bossées et qui vivent
avec moins de 1500 uros par mois, etc... Tous ces écoeurés qui voient ce qui se passe au
travers des puissants du fric et du pouvoir, gauche comme droite et autres d'ailleurs.Il y a
urgence, Mr Bayrou, sinon toutes vos bonnes intentions vont exploser au fil des semaines, et ça en
tant qu'adhérent du Modem, je ne le veux pas. Du concret Mr le Président, vite, très vite.
Respectueusement vôtre.
Ni résignation, ni protestatarisme : un cap !
Posté par : persever | 18 janvier 2011 11:34
Ce que je trouve bien, c'est que François Bayrou tient les deux bouts de la chaîne : la critique
d'un côté, la construction de l'autre. Les sondages sur le pessimisme des Français sont en partie
aberrants : comment comparer "notre" pessimisme à celui des Afghans, des Irakiens, des Pakistanais
? En revanche, la comparaison avec les Espagnols et les Britanniques, en bien plus mauvaise
posture, est édifiante. Nous traversons en France une période de déprime compréhensible, mais
"objectivement" excessive !Face à cette situation et à cette attitude, trois possibilités nous sont
offertes. - La résignation à la sauce UMP, avec l'idée que "ça finira bien par passer". - Le
recours au "tout Etat" cher au PS, l'oeil tourné vers les clientèles. - La protestation tous
azimuts, façon populiste, version Mélenchon (à gauche) ou Le Pen (à droite).Mais il existe une
quatrième voie, et c'est la nôtre. Dénoncer ce qui doit l'être, proposer ce qui est possible et
souhaitable, préparer l'avenir sans sacrifier le présent. Voie étroite et difficile, mais c'est la
seule possible. A nous d'en convaincre les Français. Il y a du pain sur la planche. Au travail,
chacun dans son domaine ! .
Étonnement
Posté par : cefrandpt77 | 17 janvier 2011 22:33
Étonné de si peu de réactions publiées pour ces voeux (édités sur le site le 14 01), fixant les
lignes de 2011 du MoDem ? ( dont la mienne)
[RDM] : Désolé nous avons pris un peu de retard du coté de la modération, c'est désormais
corrigé
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Voeux 14.01.11
Posté par : jpgstbrev | 20 janvier 2011 11:51F Bayrou a de bonnes idées. Il l'a déjà prouvé en 2007. De plus, il est ouvert au débat en ouvrant le mouvement aux démocrates.
Seulement, il faut commencer à construire le mouvement qui serait susceptible de redonner confiance aux Français en 2012. L'UMP de Sarkozy, parti que l'on peut considérer des grands nantis et le PS(sauf DSK)...toujours coincés dans son idéologie du rêve de l'égalité ...seront OUT en 2012.Ce sont les extrêmes qui vont émerger car les francais moyens et moins riches ne font plus confiance à ces 2 partis. Les médias condamnent, pratiquement toutes, la 3ème force comme en 2007 car ils ne voient pas un parti en capacité de gouverner. Mais la montée des extrêmes peut peut être aider cette 3ème voix, la seule pertinente pour construire des réformes améliorant la situation générale et rétablissant une plus grande justice sociale...mais ne faut-il pas dès maintenant aller chercher les démocrates d'Europe écologie- de tous les centres (qui devraient enfin comprendre qu'ils n'ont rien à faire avec Sarko, c'est à nous de les convaincre) et surtout tous les démocrates qui se proposent de voter les extrêmes par désespoir. IL faut avancer pour donner cette chance à la France sinon je crains le pire pour 2012...
De plus, le salut économique de la France passe par une gouvernance économique européenne qu'il faut absolument et rapidement mettre en place pour utiliser tous nos atouts, chacun dans notre pays (au lieu de nous concurrencer) pour réussir face aux nouveaux monstres asiatiques....attention c'est là qu'est la menace pour nos jeunes....si nous ne régissons pas....
Bien cordialement et continuons à avancer.
35 heures et optimisme
Posté par : coolfifi | 18 janvier 2011 16:29Je crois que l'un de nos problèmes et sans doute l'un des problèmes de F. Bayrou est que nous ne sommes pas tous d'accord au fond, sur les solutions.
Parmi les commentateurs, l'un d'entre vous, (soustons ?) préconise les sempiternelles solutions ultralibérales: réduire les charges des entreprises, faire travailler plus longtemps des salariés en les payant moins, (supprimer les 35heures revient à payer les heures supplémentaires au taux des heures normales). Solutions que soutiennent aussi bien l'UMP que le PS, plus ou moins officiellement. C'est l'orthodoxie économique du moment. Dans le même temps personne ne trouve de solution viable pour que les taxes s'abattent moins sur le travail et la production que sur la rente et le capital.
Personnellement je crois de moins à moins à ces solutions que tous les gens les plus sérieux préconisent et appliquent depuis 30ans. Les grosses entreprises bénéficient d'une avalanche de déductions de charges et d'impôts en tout genre, sans compter les subventions, que l'Etat donc le contribuable compense en creusant sa dette. Personne n'est plus capable d'en faire le bilan. ça me paraît pourtant l'urgence. Certaines études partielles suggèrent que les grandes entreprises françaises en ressortiraient moins taxées que les entreprises allemandes. Mais bien sûr personne n'ose vraiment y mettre le nez: il serait si difficile de faire face à l'hostilité et au lobbying du Medef.
Dans le même temps ces mêmes entreprises vont reverser des primes record à leurs actionnaires mais bien entendu, il n'y aurait plus d'argent pour l'investissement, la recherche et l'innovation, ce qui expliquerait le recul de nos ventes à l'export. Ces mêmes entreprises, pressurent les petites et moyennes entreprises qui sont leurs sous-traitants en ne leur laissant aucune marge et bien entendu aucune possibilité d'accéder à d'autres marchés en particulier internationaux.
Selon moi c'est sur ces entreprises là qu'il faut se pencher, c'est elles qu'il faut aider, soulager, mettre à l'abri des actionnaires des multinationales et des pressions du Medef. C'est à elles qu'il faut ouvrir des marchés nationaux et qu'il faut aider à l'international. C'est elles qui doivent bénéficier en priorité d'outils fiscaux et de règlementations adaptées pour pouvoir augmenter leur personnel en période de croissance, l'adapter dans les périodes plus difficiles sans se mettre en péril.
Renoncer aux 35 heures dans une période où nous manquons de travail, c'est tout simplement prendre le risque d'augmenter encore le chômage, de réduire le pouvoir d'achat donc la consommation dans une période qui frise déjà la déflation.
Il y a eu des réorganisations du travail qui ont accompagné la mise en place des 35 heures et je n'ai pas entendu dire que la France avait perdu en productivité. La productivité française n'a jamais été un problème. Par contre, la France a reculé en qualité, en image, en innovation, en qualité de ses services publics ou non et ce n'est pas à cause de ses salariés mais bien à cause de méthodes manageriales qui ont redirigé la production française vers le moyen, voire le bas de gammes où effectivement, les pays émergeants seront toujours bien plus compétitifs que nous, que l'on travaille 35 ou 48 heures par semaine. Les errements (manque de vision, incompétence) de nos politiques n'ont rien arrangé, en particulier pour la qualité des services publics. Mais ce sont aussi les choix industriels qui sont en cause et les choix managériaux de ces personnes (dont le statut oscillant entre haut-fonctionnariat et privé n'a rien de précaire) qui ont fait exploser le plafond de leurs rémunérations au prétexte que le monde entier nous les enviait.
Les 35 heures ont bon dos mais je crois moi aussi que ce serait le pire moment pour les remettre en cause. Qu'il faille chercher à rendre plus flexible certaines choses, c'est fort possible. Je suis par exemple sidérée, que le pays de la gastronomie ait une offre d'horaires de restauration extrêmement réduits, voire parmi les plus réduits d'Europe. Quelles seraient les décisions à prendre pour qu'il puisse y avoir 2 voire 3 équipes qui se relaient pour assurer un service continu, sans que le gérant et ses employés en soient réduits à l'esclavage et aux arrêts maladie?
Je crois aussi que nous ne sommes pas au clair vis à vis du protectionnisme et là nous avons un problème avec l'Europe. L'idée que l'Europe nous oblige à un libre échange total, (par exemple qu'on nous oblige à accepter les poulets chlorés qui entrent en concurrence avec nos poulets élevés dans des normes d'hygiène contraignantes et donc coûteuses pour nos éleveurs) alors que le marché américain, comme le marché chinois eux pratiquent un protectionnisme de fait est de plus en plus répandue. J'ignore jusqu'à quel point c'est vrai mais cela fait partie des raisons qui rendent les français méfiants, voire hostiles à l'Europe. Bien sûr nous avons intérêt à ce que d'autres pays émergent pour élargir nos marchés, mais à condition que ces pays se mettent eux aussi à consommer et acheter nos produits sans que l'on soit systématiquement rançonnés pour livrer nos technologies en échange d'une ouverture de marchés qui ne dureront qu'une dizaine d'années. On voit désormais tout l'investissement en recherche et innovation d'Alstom qui se trouve capté et rentabilisé par des pays qui ont copié cette technologie sans les années de recherche pour la mettre au point et la propose à des pays tiers à des prix impossibles à concurrencer. Comment peut-on sérieusement imaginer que ces pays vont se contenter de produire des produits grand public bas de gamme et nous laisser produire les produits technologiques à grande valeur ajoutée jusqu'à la fin des temps? C'est irréaliste. Alors bien entendu, les actionnaires dont les investissements n'ont pas de frontières, l'économie virtuelle s'en moquent, mais les pays dits aujourd'hui développés, leurs sociétés et leurs salariés vont en périr à trés moyen terme. Ce système n'a aucune chance d'être pérenne.
Il me semble que si les français sont si pessimistes, c'est peut-être tout simplement parce que nous ne sommes plus convaincus par les modèles que l'on nous vante depuis 30 ans. Nous avons le sentiment que nos politiques sont comme des volailles sans tête, qui prennent des décisions totalement incohérentes sans mesurer leurs conséquences. Pour exemple l'absurdité de la taxation de la plus value sur le logement principal, au moment où l'on prétend faire une France de propriétaires, où on veut des travailleurs plus mobiles. On décide donc de taxer l'ensemble les petits propriétaires pour éviter aux ultra-riches de payer l'impôt sur la fortune. Comment voulez-vous que nous soyons optimistes quand nous subissons chaque jour ou presque, des projets ou pires des décisions totalement aberrantes, de cet accabit?
Pour être optimiste il faut croire que demain sera meilleur qu'aujourd'hui. Ce n'est guère difficile pour un afgan ou un irakien de penser que demain pourrait être meilleur mais en ce qui nous concerne, avec des économistes qui s'enferrent dans des modèles économiques qui explosent, des politiques qui ont l'air de ne plus être en connexion avec le réel, perdent la main et le pouvoir dans presque tous les domaines et utilisent ce qui leur reste de pouvoir pour aider les plus riches au lieu de se soucier de l'intérêt général, et mettent tout en oeuvre pour confisquer la démocratie au profit d'un système binaire inopérant, nous avons de sacrées bonnes raisons de n'être pas trés optimistes.
VOEUX 2011
Posté par : ANNLEB | 18 janvier 2011 13:30A Mr Bayrou et tous les responsables à tous les niveaux du Modem. Les voeux et propositions du Président Bayrou sont censés,mais par quels moyens cela peut-il se concrétiser sur le terrain.Il faut des propositions OK, mais les citoyens veulent savoir et comprendre COMMENT elles vont se réaliser. Comment faites vous pour appliquer ce que vous voulez faire ! Dire c'est fantastique, mais FAIRE, c'est tellement mieux. Par ailleurs que comptez vous faire pour conduire vers les urnes ces millions d'abstentionnistes et ces autres personnes qui bossent ou ont bossées et qui vivent avec moins de 1500 uros par mois, etc... Tous ces écoeurés qui voient ce qui se passe au travers des puissants du fric et du pouvoir, gauche comme droite et autres d'ailleurs.Il y a urgence, Mr Bayrou, sinon toutes vos bonnes intentions vont exploser au fil des semaines, et ça en tant qu'adhérent du Modem, je ne le veux pas. Du concret Mr le Président, vite, très vite. Respectueusement vôtre.
Ni résignation, ni protestatarisme : un cap !
Posté par : persever | 18 janvier 2011 11:34Ce que je trouve bien, c'est que François Bayrou tient les deux bouts de la chaîne : la critique d'un côté, la construction de l'autre. Les sondages sur le pessimisme des Français sont en partie aberrants : comment comparer "notre" pessimisme à celui des Afghans, des Irakiens, des Pakistanais ? En revanche, la comparaison avec les Espagnols et les Britanniques, en bien plus mauvaise posture, est édifiante. Nous traversons en France une période de déprime compréhensible, mais "objectivement" excessive !Face à cette situation et à cette attitude, trois possibilités nous sont offertes. - La résignation à la sauce UMP, avec l'idée que "ça finira bien par passer". - Le recours au "tout Etat" cher au PS, l'oeil tourné vers les clientèles. - La protestation tous azimuts, façon populiste, version Mélenchon (à gauche) ou Le Pen (à droite).Mais il existe une quatrième voie, et c'est la nôtre. Dénoncer ce qui doit l'être, proposer ce qui est possible et souhaitable, préparer l'avenir sans sacrifier le présent. Voie étroite et difficile, mais c'est la seule possible. A nous d'en convaincre les Français. Il y a du pain sur la planche. Au travail, chacun dans son domaine ! .
Étonnement
Posté par : cefrandpt77 | 17 janvier 2011 22:33Étonné de si peu de réactions publiées pour ces voeux (édités sur le site le 14 01), fixant les lignes de 2011 du MoDem ? ( dont la mienne) [RDM] : Désolé nous avons pris un peu de retard du coté de la modération, c'est désormais corrigé