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30 décembre 2010

"Je crois profondément que l'idée que je porte, après d'autres - les Barre, les Delors -, est utile pour la France", déclare François Bayrou

François Bayrou

François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, a ouvert les portes de son domicile familial à Bordères au journal Sud Ouest, jeudi 30 décembre. Il revient sur son coup de fatigue des dernières semaines, trace le bilan de l'année écoulée et décline plusieurs résolutions pour 2011.

François Bayrou va "très bien", merci. Il n'empêche : "Avoir un accident de santé quand on a toujours été en pleine forme, c'est un petit choc… J'ai toujours pensé que j'avais une santé de fer." Depuis le 13 décembre dernier et l'ictus (malaise amnésique) qui l'a saisi en direct sur le plateau de Canal , François Bayrou s'est abondamment documenté sur le sujet : "Cette espèce de chute de la tension et de la mémoire, 50 000 personnes en sont victimes en France chaque année."

Le député des Pyrénées-Atlantiques spécifie : "Moi, c'était partiel, je savais où j'étais et ce que je faisais." Mais, dédouanant au passage l'amuseur du "Grand Journal" Yann Barthès, puisque c'est face à celui-ci que s'est manifestée l'incroyable absence de Bayrou, il admet : "Je ne comprenais plus ce que les gens me disaient et j'essayais de m'accrocher…"

En famille

Bref, après quatre jours d'examens au Val-de-Grâce, François Bayrou a fait route vers son Béarn natal. Depuis, il n'a quitté sa maison de Bordères que pour des balades à pied, avec tout ou partie de la "marmaille": ses petits-enfants, à propos desquels il garde le secret jusqu'au nombre qu'ils sont ! Prouesse réputée improbable dans tant de familles nombreuses, ils sont tous là, ces jours-ci. Tous ! Et l'élu béarnais, sans cesse, décèle du bout de l'oreille les mouvements de sa lignée, à ses silences (devant un DVD manifestement captivant), ses rires clairs, ses piaillements de préau d'école…

Avec son ictus, terme qu'à ses dépens il aura fait passer instantanément dans le vocabulaire courant, François Bayrou dit en somme avoir expérimenté quelque chose d'assez banal: "Quand le corps dit j'en ai marre'; tu m'em…, tu me fais travailler trop." Sur le plan physique, c'est promis: davantage de repos et plus de sport.

Mais les "bonnes résolutions" de François Bayrou se déclinent aussi en manière d'être : "Plus d'équilibre, être un peu plus cool… Ce sera aussi manifester un peu moins d'exaspération, de colère, garder un peu plus de distance."

La fin des illusions

Mais pas un instant, assure-t-il, dans l'épreuve qu'il vient de traverser, ne lui est venue la tentation de renoncer à la cause publique. "La politique est un monde difficile, sauvage dans les grandes élections nationales. Quand en plus vous êtes obligé de tailler votre chemin à la machette…" Pour autant : "Je crois profondément que l'idée que je porte, après d'autres - les Barre, les Delors -, que cette idée, donc, est utile pour la France et qu'il serait désespérant qu'on y renonce."

Ce qui aura marqué François Bayrou en 2010 n'est pas un événement mais, davantage, un constat: "le pessimisme du pays". « L'élection de 2007, dit-il, a été une illusion. Trois ans et demi après, vous découvrez que toutes les promesses de Nicolas Sarkozy, explicites ou implicites, sont aujourd'hui désavouées par la réalité."

Quant aux propositions de l'opposition de gauche, le président du Modem les juge, à l'instar, ironise-t-il, de François Hollande et de DSK eux-mêmes, "proprement irréalisables". Partant, François Bayrou renvoie à son "espoir crédible", que sous-tend l'impératif absolu de la maîtrise des finances publiques (dette). Encore faut-il qu'elle s'arc-boute sur les quatre piliers bayroutiens de la "sagesse politique": la vérité, l'optimisme, les choix expliqués aussi clairement que possible et la tolérance.

Des racines et de l'avenir

Contraste avec la sinistrose hexagonale: l'élu béarnais met deux inaugurations au rang des principaux événements régionaux de l'année qui s'achève. Celle de la nouvelle usine de Turbomeca à Bordes-Assat, et celle de l'autoroute A 65 Pau-Langon.

Entre le motoriste de la plaine de Nay et le groupe Total (à Lacq et Pau) prospèrent au pied des Pyrénées, se réjouit-il, "deux fleurons de l'industrie mondiale dont la pointe de diamant est installée chez nous. J'aime cette idée que nous avons des racines et la facilité de nous projeter dans l'avenir".

Quant à la ligne à grande vitesse (LGV), François Bayrou se déclare « réservé » du fait de non-dits et d'éléments manquants au dossier: "On ne peut pas faire la bretelle de Mont-de-Marsan en laissant la gare de Pau comme elle est, cela mérite au moins qu'on le dise aux gens."

Source : TL/SudOuest


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Absence médiatique

Posté par : cefrandpt77 | 11 janvier 2011 09:21

Actuellement les réactions médiatiques du MoDem semblent absentes... les débats politiques ne le mentionnent que rarement si ce n'est à l'occasion de sa place au centre, comme marginale ! Son avis semble ignoré dans l'actualité notamment des otages... comme ceux des partis en périphérie E E V notamment... Seuls ceux du bipartisme sont affichés ! Comment pouvons-nous espérer un jour être reconnu comme parti viable pour 2012 en étant absent aux yeux des français ? Est-ce une stratégie ?


a Rainbow after Shadow: mes voeux pour 2011

Posté par : cocobeloeil | 4 janvier 2011 16:17

Cher François,

Je souhaite de tout coeur que cette période de repos vous aura permis de faire le plein d'énergie pour les 18 mois à venir et de prendre le recul nécessaire à l'élaboration (en commun avec les responsables de confiance de notre mouvement) d'une stratégie politique de visibilité et de pénétration de l'électorat français, en particulier, celui qui, a priori, ne se sent pas concerné.

Nous devons nous adresser aux jeunes qui sont l'électorat nouveau et durable et donc, les intéresser en premier lieu, leur faire des propositions pour la vie qu'ils ont à construire et aussi, nous gagner la confiance d'un électorat plus populaire, celui qui s'abstient depuis trop longtemps, ou qui se prononce pour les choix extrêmes (ext-droite surtout et ext-gauche aussi).

Pour ma part, j'analyse le pessimisme français actuel comme une prise de conscience tardive, d'un grand nombre d'entre nous, des effets de la mondialisation de l'économie nationale et de ses conséquences sur les acquis sociaux qui ne pourront plus que se réduire inéluctablement. Il me semble que sommes au conflit de cette prise de conscience et d'un refus simultané de s'y résoudre déjà. C'est douloureux. Cette douleur s'exprime par ce pessimisme, expression du regret d'un monde qui n'est plus: c'est en tout cas, ce que je perçois des pessimistes. Car, bien que personnellement victime de la crise économique en 2008, 2009 et 2010, je suis une optimiste qui crois en mes aptitudes à réagir et rebondir.

J'en suis sûre, 2011 sera un grand cru, non seulement pour moi, mais pour nous tous, membres du Mouvement Démocrate.

2011: a rainbow after the shadow.


Ill faut croire, oser, agir en disant des vérités

Posté par : gilco | 4 janvier 2011 15:50

Il ne faut prétendre à d'autres chemins que de suivre le notre. Ne pas parler aujourd'hui d'alliances est une nécessité. Ceux qui ont pactisé avec l'UMP ressemblent aux précédents félons !

Le ciel s'éclaircit, demain nous aurons des ouvertures, des contacts, pour sur notre programme, notre humanisme, notre justice sociale, nos idées de développement, nous aurons l'occasion d'échanger de rapprocher ces idées avec les leurs ? et de créer un pôle démocrate. Aujourd'hui, c'est prématuré.

Sur l'annonce de Manuel VALLS concernant la réforme des 35 heures et la suppression des heures supplémentaires exonérées.

Nous devons nous prononcer : ne pas laisser à l'UMP et ses alliés pour des raisons électoralistes occuper la place ? Une chose certaine, ne pas avoir peur de la répéter nous sommes porteurs de la sagesse des Raymond BARRE, Jacques DELORS que j'ai suivis à l'époque. Qui mieux que nous peut le DIRE ????


yes we must

Posté par : basquette | 3 janvier 2011 18:03

en écho aux deux derniers commentaires-je pense qu'il faut responsabiliser au maximum les gens qui tiennent ces propos en leur disant, en gros: si vous n'osez pas y aller, si vous n'osez pas l'option Bayrou, vous n'aurez plus le droit de vous dire déçu par la politique qui nous attend. Qu'est-ce qu'on a à perdre????? Il faut oser, bon sang!


oui, comment convaincre ?

Posté par : rmt13 | 3 janvier 2011 15:20

Je partage tout à fait le point de vue de Regis, moi non plus je n'arrive pas à convaincre autour de moi que FB serait la meilleure solution en 2012. Il va falloir nous aider!



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