Invité de l'émission "Le Grand Jury sur RTL/LCI/Le Figaro, dimanche 21 février, François Bayrou a répondu aux questions relatives aux délocalisations et à la relocalisation des industries en France, de la réforme des retraites, de la dette nationale, des élections régionales, et de l'Afghanistan.
François Bayrou a réaffirmé, dans le cadre des élections régionales de mars prochain, la primauté d'un Centre indépendant : "Quand on dit Démocrate et Centre, on dit pluralisme et indépendance".
Sur les retraites, François Bayrou s'est déclaré pour un système «à la carte», par «points», qui «permettrait à chacun une visibilité sur ses droits et permettrait de choisir la date de son départ». (lire la suite)
RTL/LCI/Le Figaro : Bonsoir, nous sommes heureux de vous accueillir ce soir dans le grand
studio de RTL pour cette nouvelle édition du Grand Jury, vous en êtes l’invité François
Bayrou, bonsoir.
François Bayrou : Bonsoir.
Vous répondrez aux questions d’Etienne Mougeotte du Figaro et d’Eric Revel de
LCI. Il y a beaucoup d’actualité : Total, les retraites, et puis également la perspectives
des régionales et de ce qui va suivre. On a l’impression que ça ne va pas très bien pour vous
François Bayrou, on se trompe ?
C’est une période qui n’est pas la plus facile, mais quand un homme politique
qui est en pleine possession de sa responsabilité se plaint des difficultés, il n’est pas à
sa place parce qu’il y a tellement de gens qui ont de vrais difficultés de travail, chômage,
maladie d’un proche ou d’un enfant. Évidemment c’est déplacé quand on a choisi un
chemin – ce qui est mon cas – que ce chemin vous met dans une position qui fait que
vous n’êtes soumis ni à un bloc ni à l’autre. Le seul mouvement politique en situation
d’indépendance dans le paysage politique français, et non pas parce qu’il a la lubie ne
pas être avec d’autres, mais parce qu’il considère que ce dont la France a besoin
aujourd’hui c’est d’un projet différent du projet porté par le gouvernement et
celui d’une gauche plurielle dont on ne voit pas vraiment les directions. Quand on a choisi
cette voix là, on savait dès le départ que ce n’était pas la plus facile. Surtout, on
n’a pas le droit de se plaindre. On dit « tu assumes le chemin que tu as choisi, c’est
très bien, c’est ce qu’il fallait faire ».
Comment arrivez-vous à expliquer que les sondages sur vous sont bons, un Français sur deux
fait confiance à François Bayrou, et en même temps le MoDem est très bas, aux alentours de 5 pour
cent. Comment expliquez vous ce décalage ? L’homme Bayrou on l’approuve, le MoDem est
apparemment en difficultés.
Parce que ce n’est pas encore une formation politique très identifiée. C’est un
mot ou c’est un nom qui est un peu abstrait et c’est là l’explication. Quand on
identifie mieux, à ce moment là, les adhésions se multiplient. C’est un défi.
Pour en finir avec cette petite entrée en matière, je voudrais vous citer Daniel
Cohn-Bendit : « Le grand problème avec le MoDem, c’est de comprendre comment cette force
politique s’est dégonflée après les résultats de la présidentielle, c’est fascinant
».
Oui, Daniel Cohn-Bendit multiplie les déclarations...
...Un peu hostiles contre vous. Il vous fait payer d’autres choses ?
Oui. On peut avoir des débats vifs parce que je suis en désaccord avec la perspective qui
est la sienne. Il l’étale dans tous les journaux et dans le Figaro en particulier, elle est
très claire, c’est la réélection de Nicolas Sarkozy et un marché avec le PS : on est absent
contre 50 circonscriptions. Je suis en désaccord avec cette approche parce que pour moi je ne crois
pas une seconde que si Nicolas Sarkozy était réélu, il pourrait y avoir une majorité contraire.
C’est ce qu’on dit toujours à l’avance et puis finalement la dynamique de
l’élection est telle que ça n’existe pas. Cette complaisance-là n’est pas la
mienne, donc nous avons des débats avec Cohn-Bendit en effet.
On va peut-être parler de Total. Les discussions avec les présidents de Total sont
visiblement terminées, le président de Total a expliqué qu’il n’y aurait pas de
licenciements secs, ni du côté des salariés ni du côté des sous traitants de la raffinerie de
Dunkerque. Est ce que vous comprenez cette position, est-ce que vous pensez que le président de
Total dit vrai ?
Ce n’est pas une affaire de licenciement, c’est une affaire d’effacement
d’un outil industriel qui est de très bonne qualité et dans un site, Dunkerque, qui vit entre
20 et 30 pour cent de cette raffinerie. Donc c’est un enjeu économique. Je considère
qu’une entreprise comme celle là, Total, a une responsabilité pas seulement à l’égard
de ses actionnaires, mais que cette entreprise à une responsabilité sociale et nationale. Je
considère que Total n’est pas n’importe quelle entreprise en France, j’en parle
comme député de Pau, c’est à dire du Béarn et du Bassin de Lacq, ou Total a trouvé
l’essentiel des ressources en gaz qui lui ont permis de devenir ce qu’ensuite elle est
devenue, donc responsabilité sociale et responsabilité nationale. On est en train de voir peu à peu
l’outil industriel du pays se défaire. Je vais élargir ce que je pense. On est en train de
voir peu à peu l’outil de production du pays se défaire.
Vous allez au-delà de Total…
Oui, mais là on en a un exemple. Pour moi, ce qui est frappant, c’est que les hommes
politiques habituellement, parlent d’emploi, mais emploi, c’est insuffisant.
L’emploi n’est qu’une résultante d’une activité économique. Si celle-ci est
bonne, vivante, créative, on a de l’emploi. Si on voit peu à peu le déménagement de
l’outil industriel Français… Toujours à Lacq, il y avait une usine qui s’appelait
Sélanaise, c’était le seul producteur d’acide acétique, composant très important pour
la chimie, en Europe. Cela a été racheté par un fond de pension américain, la communauté européenne
a demandé 4 ans de maintien du site engagé par écrit, ils ont acheté l’entreprise, donc les
clients, et au bout de 4 ans, ils ont fermé l’entreprise. Donc il n’y a plus de
producteur d’acide acétique en Europe. Je considère que d’accepter perpétuellement ces
déménagements, c’est irresponsable. Définir une politique nouvelle, ce qui est mon but dans
toute cette période et dans votre émission, si on veut définir une politique nouvelle, il faut
qu’elle se fixe comme objectif premier un objectif national de relocalisation. On a vécu et
on vit tous les jour le temps des délocalisations, je suis pour qu’on pense de manière
exactement inverse. Comment un grand pays comme notre peut reconquérir et récupérer son outil
industriel.
Ce n’est pas le sujet. Il y a des surcapacités de raffinage qu’il faut donc
faire évoluer. Le patron de Total dit « nous maintiendrons l’emploi et nous maintiendrons
ceux qui travaillent sur place ». Vous ne pouvez pas maintenir des raffineries, il faut
adapter.
Pas du tout. Ce n’est pas une question d’emploi.
Pour ceux qui travaillent là-bas, si.
Je pense que ceux qui y travaillent, et les syndicats le montrent tous les jours,
n’ont pas seulement à l’esprit leurs intérêts professionnels, ils ont aussi à
l’esprit une certaine idée de ce que la France devrait être. On a l’impression que tous
les jours on se bat en défensive, jamais en attaque. Je suis persuadé que cela nous conduit à une
catastrophe nationale. Je suis persuadé que quand on regarde l’Allemagne, c’est un pays
qui maintient ses capacités de production, ses entreprises…
Cela ne les empêche pas de s’adapter...
Je n’ai pas dit qu’il ne fallait pas s’adapter. Au contraire, toute
entreprise le doit. Mais l’adaptation, en l’occurrence, doit se faire, du moins comme
je le ressens, en maintenant un outil industriel en France qui soit performant.
Toujours sur Total François Bayrou, des responsables du MoDem dans le Nord-Pas-De-Calais
ont appelé au boycott de Total. Est-ce un mot d’ordre que vous reprenez à votre compte ce
soir ?
Je reprends à mon compte leur émotion et leur solidarité avec tous ceux qui vont avoir
directement ou indirectement à souffrir de cette affaire. Pour le reste, les mouvements
d’opinion, on verra bien ce que seront les réunions aujourd’hui. Je fais attention à
choisir les mots qui soient le plus juste. En tous cas ils ont raison, et je leur donne raison
d’être dans cette émotion et dans cette solidarité là parce que lorsqu’on est
l’entreprise en France qui fait le plus de bénéfices par presque dizaines de milliards
d’euros, on a des devoirs particuliers de reconversion, de maintien d’une activité de
pointe, et pas seulement d’indemnisation et de maintien de quelques dizaines, centaines
d’emplois.
Pour en finir avec Total, Total considère que sous l’effet de la crise, de
l’écologie, des différentes mesures, il y a des surcapacités de raffinage en France. Ce
n’est d’ailleurs pas qu’en France visiblement, en Europe, aux Etats Unis aussi,
le problème est posé. Et si le problème de la fermeture de la raffinerie de Dunkerque est posé à
Total, c’est pour s’adapter à une demande qui est moindre. En général, on pouvait
considérer qu’une entreprise privée pouvait décider de ce type de choses. Le président de
Total disant « nous réindustrialiserons le site ». Vous avez l’air de dire que l’action
du pouvoir politique, donc celle du gouvernement, est légitime dans cette histoire.
Oui. Je considère que le pouvoir politique a une mission d’impulsion, de stratégie
pour son pays et que tout n’est pas privé, y compris dans une affaire privée. Je pense que le
pouvoir à la responsabilité de penser ce que doit être l’avenir de l’agriculture en
France, même si les entreprises agricoles sont privées. Je considère que le pouvoir a la
responsabilité de penser l’avenir d’un certain nombre d’industries dont nous
sommes complètement absents. Des plus quotidiennes de notre vie. Vous vous rendez compte, on
fabrique des moteurs d’hélicoptères dans ma circonscription, plus d’un sur deux de ceux
qui volent dans le monde. On fabrique des airbus, des satellites, mais on ne sait plus fabriquer de
machine à laver. On me dira, mais c’est d’un autre temps. Non, c’est pour moi de
l’avenir que de reconquérir des secteurs dont nous nous sommes laissés décrocher.
C’est un discours intéressant, et c’est intéressant que ce soit vous qui vous
le teniez parce que ce type de raisonnement, ne peut-il pas nous mettre en contradiction avec les
engagements que nous avons pris avec les autres pays européens, le marché unique tel qu’il
est constitué, l’euro tel qu’il fonctionne, la concurrence européenne telle
qu’elle est organisée ?
À mon sens, ça ne nous met pas en contradiction. Je ne suis pas en train de défendre
qu’il faut qu’il y ait une entreprise soutenue par l’Etat puisqu’en
l’occurrence l’Etat est impécunieux, pour ne pas dire en faillite comme le disait
Fillon. Imaginez qu’un Etat favorise la reconquête dans des secteurs dont nous sommes
totalement absents, je suis sûr que c’est possible car je l’ai vu se faire sous mes
yeux. Je ne crois pas que cela nous mette en contradiction, et quand bien même je serais pour
assumer ces contradictions.
Peut-être vous dites-vous que l’Europe a pris un mauvais chemin ?
Non. Je n’ai pas dit cela. Je dis qu’en tous cas nous avons le devoir de
défendre le tissu de ceux qui en France…
Christian Estrosi dit que les voitures qui sont vendues en France doivent être fabriquées
en France. La commissaire européenne dit que ces propos sont inacceptables. Vous donnez raison à
qui ?
Je donne raison au ministre du gouvernement. Je ne crois pas que ces propos vaillent acte,
mais je trouve tout à fait normal que quand on a des entreprises automobiles pour lesquelles on
vient de débourser 10 milliards, on soit comme représentant du peuple et du gouvernement, fondé à
dire « excusez nous, on vient de sortir 10 milliards du contribuable, on vous demande avec
insistance que ces 10 milliards fassent de l’activité en France ».
François Bayrou, pour reprendre votre exemple, je préfère qu’on fabrique des
satellites que des machines à laver.
Sur ce point, c’est rare, je suis en désaccord avec vous, Etienne Mougeotte. Dans mon
département, il y avait une entreprise qui fabriquait le produit le plus obsolète pour vous,
qu’on puisse imaginer, des panneaux indicateurs routiers. C’est à dire le produit le
plus basique composé de tôle repoussée et de peinture dessus. Certains diraient « cela fait bien
longtemps que ça ne devrait plus être fabriqué ici ». Je veux que l’on fabrique des
satellites, des avions, et des machines à laver. Cette entreprise de signalisation routière est
devenue la première entreprise dans son secteur. Ce ne sont pas la Roumanie et la Chine qui lui ont
pris des parts de marché, c’est elle qui a pris des parts de marché à la Roumanie et à la
Chine. Il y a le même nombre d’emploi que lorsqu’elle était en crise, simplement ce ne
sont pas les mêmes emplois, il y a des emplois de designers, de commerciaux, je dis que M. Burel a
fait œuvre que je considère comme nationalement nécessaire. Je trouve qu’un grand pays
comme le notre doit être présent sur tous les grands secteurs.
Je trouve que vous avez développé un point original et très intéressant par rapport à Total
mais j’aimerais que vous précisiez votre raisonnement. C’est une entreprise privée,
mais elle a un certain nombre de missions de service public. Est-ce que ce dont on ne manque pas en
France, c’est d’un politique industrielle qui nous permettrait de tracer des cas très
précis pour éviter ce dont on est en train de parler, c’est à dire des délocalisations ou
autre.
Exactement, nous manquons de politique industrielle. Alors je ne suis pas de ceux qui disent
qu’il faut que l’Etat s’occupe de tout à l’intérieur des entreprises. Je
pense même (vous savez que j’ai souvent développé ce point de vue) qu’il y a trop de
mélanges entre intérêts privés et intérêts publics. Je pense qu’il faudrait une frontière
plus étanche entre intérêts. Mais il est de l’intérêt national de développer un tissu de
production industrielle et agricole qui nous permette d’avoir une gamme complète et une
capacité à faire. C’est possible.
Vous parlez comme Jean-Pierre Chevènement avant...
Et bien c’est très bien.
Vous avez changé ? Vous pensez que l’Europe a laquelle vous avez beaucoup cru,
c’est une déception ?
J’ai sûrement changé. Non. Un homme qui ne change pas n’est pas vraiment digne
d’exercer des responsabilités. Je vois notre pays se défère dans des secteurs entiers. Peu à
peu, on a l’impression que pan par pan, la France, pas les autres pays européens, abandonne
ce qui fait notre capacité. On dit qu’on a des heures de travail trop chères. Je ne crois
plus à rien de tout cela. En cela j’ai changé. Non pas que je pense que les 35h soient une
bonne idée, je n’ai pas changé sur le plan là. Sur le fond, j’ai observé ce qui
s’est passé récemment. Nous étions sur un très grand contrat de centrales nucléaires à Abou
Dabi, ce contrat nous a été pris par la Corée du Sud. Je regarde les automobiles, battu par la
Corée. J’ai fait ce que ceux qui ne savent pas font, je suis allé me renseigner. J’ai
regardé les chiffres. La Corée a 50 millions d’habitants alors que nous en avons 63, Le coût
du travail en Corée est supérieur au coût du travail en France, mais ils ont développé un modèle
qui a deux originalités : la Corée, performance enseignement primaire : première du monde. La Corée
: scolarisation des étudiants : premier du monde. La Corée : un modèle d’industrialisation
intégré qui fait que leurs producteurs d’automobiles ont intégré l’ensemble de la
chaine et qu’il produisent eux même leur acier. Je considère qu’un pays qui est plus
petit que la France et qui a développé des solutions de cet ordre mérite d’être regardé. Je
vous donne les résultats pour que ce soit clair : 1990 : la France dépose 8 fois plus brevets que
la Corée. 2000 : Le même nombre de brevets que la Corée. 2010 : ils déposent 4 fois plus de brevets
que nous. Une politique de reconquête fondé sur un modèle industriel original et sur une éducation
de première qualité mondiale, voilà ce que la France peut à son tour espérer. A condition
qu’on change la politique qu’on a sous les yeux et qu’on renonce au renoncement.
Retraites. La réforme est lancée, et en gros il y a 3 leviers : on baisse les cotisations,
on augmente les prélèvements, ou on augmente le temps de cotisations. Comment est ce qu’on
joue sur les 3 ? Y a t-il d’autres solutions ?
En essayant de décrire ce qu’une autre politique serait, on a traité de ce grand
problème de relocaliser la production en France, on a abordé l’éducation parce que sans
éducation il n’y a rien, et enfin on aborde le troisième grand pilier qui est de retrouver
nos équilibres aujourd’hui complètement massacrés parce qu’il n’y a pas
d’autre mot. Notamment équilibre budgétaire, finances publiques, budget sociaux, donc
retraites. D'abord, il y a une différence fondamentale entre ceux qui pensent qu’il faut agir
et faire des réformes et ceux qui pensent qu’il ne faut pas et qu’il faut plutôt se
battre autour des acquis. J’appartiens à ceux qui pensent qu’il faut agir, et que ce
n’est pas possible de continuer comme ça pour une raison que tout le monde voit bien, qui est
le déséquilibre croissant entre ceux qui touchent des pensions et ceux qui cotisent pour payer ces
pensions. Il faut agir. Vous dites qu’il y a 3 leviers. Je pense qu’on n’a pas
évoqué le levier principal, le seul, il faut qu’il y ait plus de gens qui travaillent que de
gens à la retraite. Parler de l’âge de la retraite alors que les deux tiers de ceux qui
partent à la retraite sont au chômage, alors qu’après 55 ans si vous n’êtes pas dans la
fonction publique vous ne trouvez rien. De quoi parle-t-on ? Le préalable à tout cela, c’est
la reconquête de l’emploi. Si vous n’avez pas davantage d’emplois sérieux et
productifs à fournir ou à offrir, alors vous n’avez aucune chance. Il faut qu’il y ait
plus de personnes pour assumer les pensions qu’il y en a aujourd’hui. Je pense que la
France ne peut pas continuer avec les dizaines de systèmes de retraite différenciés dans lesquels
elle se trouve. Je pense qu’il n’y a qu’une réforme sérieuse à mener, c’est
la création de la retraite par points c’est à dire une retraite qui donnera à chacun une
claire visibilité de ses droits. De ce point de vue, je pense que ce qui est nécessaire,
c’est de faire un pas dans notre système de retraite. Je vous donne un chiffre : les pays qui
ont choisi un système unique de retraite par points dépensent pour leur retraite 0,5 pour cent des
sommes traitées. À cause de la multiplicité des régimes, nous dépensons 2 pour cent des sommes
traitées. La différence, c’est 3 milliards. C’est déjà pas mal parce que c’est 10
pour cent de déficit des régimes de retraite de cette année. Donc vous voyez qu’il y a à
faire. Je suis pour la retraite à la carte. Je suis pour qu’on favorise la possibilité pour
quelqu’un qui en a envie, de travailler pendant qu’il commence à toucher sa retraite,
je suis pour qu’il y ait des systèmes souples qui permettent d’aménager l’entrée
dans la retraite et la durée dans le travail. Pour cela, il faut qu’il y ait des emplois à
créer. Si vous ne commencez pas par la reconquête difficile mais décisive de la production, vous
n’y arrivez pas.
Est-ce que l’âge légal de départ à la retraite, aujourd’hui fixé à 60 ans, est
un acquis qu’il faut défendre ou pas ?
L’âge légal de départ à la retraite, il y en a 3. Il y a l’âge légal à 60 ans
qui est la possibilité de partir à la retraite, il y a l’âge légal à 65 ans qui est la
possibilité de partir à la retraite à taux plein, telle qu’a été la durée de cotisation, et
il y a l’âge légal à 70 ans qui est l’obligation de partir à la retraite si votre
employeur vous le demande. Comme je l’ai défendu devant vous, si c’est le système de
retraite à la carte, l’âge de la retraite n’a plus aucune importance. Vous choisissez
de partir lorsque vous avez cotisé suffisamment. Si vous avez travaillé comme un forcené mais
n’avez cotisé que 30 ans, si vous considérez que les droits acquis sont suffisants, vous avez
le droit de partir. Je pense que c’était bien quand Martine Aubry avait osé dire qu’on
peut bouger 61 ou 62 ans parce qu’elle touchait à un tabou qui signifiait qu’on peut
envisager de grands changements de réformes. Son mouvement l’a obligé à faire marche arrière,
je n’ai pas trouvé que ce soit bon signe, mais je vous dis que l’essentiel est
qu’on mette à la disposition des français un système fiable, à partir duquel ils pourront
avoir des droits réels impossible à remettre en question. Ce que nous faisons en proposant cette
idée de retraite par points, c’est que nous sauvons le système des retraites par répartition.
C’est à dire cette idée française juste qui est que les pensions sont assumées par ceux qui
sont au travail en temps réel en même temps que les pensionnés. Ce n’est pas des retraites
par capitalisation, c’est notre système par répartition remis à l’équilibre
définitivement.
De fait on augmenterait la durée de cotisation ?
À condition qu’il y ait des emplois.
Sur la question de la méthode, car une réforme aussi importante que celle là nécessite une
méthode. On avait entendu Xavier Darcos dire qu’il fallait aller vite. Finalement un
arbitrage a été rendu, il n’y aura pas de réforme avant les vacances. Marielle de Sarnez
disait le 21 janvier dernier que sur cette réforme des retraites, elle était d’accord au nom
du MoDem pour travailler en commun le sujet avec le PS. Est-ce quelque chose qui vous va sur ce
dossier ?
Heureusement qu’on n’est pas passé en force. Heureusement que les partisans
d’une loi à l’arrachée ont été désavoués par un réseau de sagesse. Heureusement
qu’on va lier toutes les forces politiques à cette affaire parce que le « big-bang » que
j’évoque nécessitera plusieurs années de travail, de réflexion. Les suédois ont mis 7 ans.
Les italiens ont pensé un système sur 40 ans. Cela demande un énorme effort qui est le seul qui
nous donnera un horizon crédible pour que nos enfants et nous même soyons assurés d’avoir une
société paisible.
Les Espagnols sont prêts en 2013 à faire partir leurs salariés en retraite à 66, 67
ans.
On entend des choses comme cela dans beaucoup de pays. Dans le cas où nous adopterions un
système dans lequel chaque salarié déciderait au moment où il le souhaiterait de son départ à la
retraite, on a quelque chose de beaucoup plus souple et beaucoup plus juste parce
qu’évidemment c’est pas du tout la même chose que de faire partir à 67 ans
quelqu’un qui a eu une vie professionnelle préservée et épanouissante. On peut même souhaiter
rester assez longtemps dans le travail. Et puis quelqu’un qui a eu une vie professionnelle
épuisante physiquement ou psychiquement. D’ailleurs, le système auquel je songe est un
système dans lequel on devrait en cours de carrière favoriser les évolutions. Parce que quand vous
êtes institutrice d’école maternelle, quand vous arrivez à 54 ou 55 ans, vous feriez bien
quelque chose d’autre dans l’éducation nationale, pour continuer votre carrière,
acquérir suffisamment de droits. Cela impose une philosophie du travail.
La France, comme tous les pays industriels, assume un énorme déficit budgétaire et une
dette qui s’accroît de manière exponentielle. Pour résorber ses déficits et cette dette, est
ce qu’il faut baisser les dépenses et augmenter les impôts ? L’un ou l’autre ? Ou
l’un et l’autre ?
D’abord, toutes les questions que nous avons évoquées jusqu’ici, par rapport à
la question des dépenses publiques, sont des questions « faciles ». La dépense publique est une
énorme chose. Quand, lors de la campagne présidentielle de 2007, j’avais décidé que
j’interviendrai à chacune de mes interventions sur le problème du déficit, à cette époque, le
déficit était de 38 milliards par ans. Cette année, si les prévisions sont respectées, nous serons
à 150 milliards. On va atteindre les niveaux de dettes du même ordre que ceux de la Grèce, 20
points supérieurs à ceux de l’Espagne, autour de 100 pour cent du PIB en dette dans 2 ans ou
deux ans et demi. Pour tout euro dépensé par l’Etat, on empreinte 50 centimes. 50 pour cent
des dépenses de l’Etat sont aujourd’hui assurées par de l’empreint et du déficit.
Nous n’échapperons donc pas à la rigueur...
C’est pire que cela. Nous allons être obligé, dans un accord national sans précédent,
voilà pourquoi c’est important de n’être prisonnier d’aucun des deux blocs, de
décider ensemble, quelques soient les majorités, de faire un effort continu dont nous pouvons avoir
un début d’idée. Il doit commencer par précaution par l’inscription dans la
constitution de l’interdiction de tout déficit de fonctionnement. Au moins, on donnera les
détails de tout les déficits sociaux, et une maitrise compète de ce que seront dans l’avenir
les perspectives de déficit et de dettes. Comme je le proposais en 2007 et depuis 2002. Beaucoup à
l’époque disait que c’était inaccessible. C’est nécessaire. Il y a sur les entre
60 et 80 milliards d’avantages fiscaux qui ont été attribué au cours du temps, il y a selon
nous 30 milliards de niches qui doivent être supprimées pour obtenir la justice fiscale. Cela veut
dire qu’il faut une réforme fiscale simple qui donne à tous la garantie élémentaire qui est
celle ci : ceux qui peuvent le plus paient le plus, ceux qui paient le moins paient le moins. De ce
point de vue, il y a un très gros effort à faire. Voilà les objectifs. On peut espérer qu’un
retour à une activité économique meilleure nous apporte 20 ou 30 milliards. On a un chemin
carrossable pour en sortir.
Quand vous dites réforme fiscale, vous dites augmentation de la pression fiscale ou
pression fiscale comme elle est aujourd’hui ?
En tous cas, suppression des avantages qui font que ceux qui peuvent le plus paient le
moins.
Peut-on utiliser le levier de la pression fiscale ?
C’est très difficile… On est le pays qui fait le plus de prélèvement fiscaux et
sociaux. Il faut qu’ils soient justes. En reprendre 30, c’est quelque chose qui est
acceptable sur 2 ou 3 ans. Cela veut dire qu’on met un terme au bouclier fiscal, ça veut dire
que l’ISF doit devenir compréhensible et juste. Cela veut dire, en changer profondément la
philosophie fiscale, en tous cas les règles et qu’on réintègre tout cela dans une fiscalité
normale qui demande des efforts à ceux qui peuvent.
Vous n’avez pas vraiment la tête aux élections régionales ?
Vous avez le droit de tout dire, sauf ça. Je regrette, vous avez voulu commencer par ces
sujets. Je refuse cette accusation. S’il y a un responsable, c’est vous. La situation
d’un pays ne se divise pas. Je l’ai dit au moment des européennes. Cela a été plus ou
moins bien compris, plutôt moins que mieux. On disait : « ne parlez que d’Europe, ne parlez
pas de la France ». La situation des familles, des entreprises, des travailleurs, celle des
retraités, il est évident que ça ne peut pas uniquement dépendre de l’aspect régional des
choses. Le chômage ne dépend pas uniquement pas de l’aspect régional des choses. Cela dépend
d’un ensemble dans lequel les choix nationaux européens, un peu régionaux, ont leur
importance. Oui je pense que les régions peuvent améliorer les choses pour les citoyens, pour les
jeunes, pour les familles.
Les difficultés que rencontre le MoDem. Une des explications, ne serait-ce pas que vous
n’êtes plus complètement au centre, que vous vous êtes déporté sur la gauche. Or, quand on
voit le report de vos électeurs, un sur deux vers l’UMP.
Un sur trois ayant une inclination vers la droite, une sur trois vers la gauche et un sur
trois étant vraiment au centre, ceci s’appelle le centre. Nous ne nous sommes pas décentrés.
Sinon nous serions sur les listes avec le PS pour ces élections. Ca a été une offre multipliée.
En Poitou-Charentes, il y a des MoDem qui…
Non ! À l’instant où ils ont choisi d’être contre leur formation politique, ils
ont cessé d’être adhérents de cette famille. Je reviens à la question. Nous avons fait une
chose de manière déterminée : nous avons montré que nous pouvions parler avec la gauche aussi.
À un moment vous ne parliez plus qu’avec la gauche.
On a passé 50 ans contre mon gré à être soumis uniquement au puissant partenaire de droite.
Je me réjouis de voir qu’il y a même dans la majorité actuelle des gens pour dire que ça ne
va pas. Cela veut dire qu’on peut dépasser les frontières sur un certain nombre de sujet.
Nous ne voyons pas les gens qui composent ce bloc de gauche comme des ennemis, et nous envisageons
de pouvoir parler aussi de l’avenir du pays avec eux. Je suis content que ça ait été fait.
Tout ceux qui craignaient que ça n’entraine de notre part un choix de soumission à la gauche
après avoir cessé d’être soumis à la droite ont aujourd’hui la réponse. C’est le
seul mouvement politique qui récuse la logique des blocs et ne se laisse pas enfermer dans la
soumission du bloc de droite ou dans celle du bloc de gauche.
Est-ce que la lisibilité du MoDem est suffisante ? Dans l’hypothèse où le MoDem ne se
maintiendrait pas au second tour, on prend par exemple l’Aquitaine où Jean Lassalle, selon
ses dernières déclarations dit qu’il est hors de question de s’allier avec le parti
socialiste, et vous, ailleurs, vous dites qu’il faudra sans doute se lister en faveur du
parti socialiste. Est-ce que cette confusion n’est-elle pas un point marquant du MoDem
?
Je vais vous confier un regret : je sais bien que je ne suis pas parvenu à faire progresser
cette idée. Je vais la défendre quand même par attachement. Pour moi, comme je l’ai dit aux
municipales, ça n’a pas été compris, on devrait pouvoir faire des majorités locales pour les
élections locales. En Allemagne, vous avez des régions dirigées par les verts et la droite,
d’autres dirigées par les libéraux (très à droite en Allemagne) et le SPD. On n’en fait
pas un drame. J’ai sauvé une partie de cette nostalgie en disant qu’on regardera au cas
par cas. On ne fera pas d’accords avec l’UMP pour une raison précise : l’UMP a
nationalisé cette élection et en fait un test. C’est aussi inadapté que la déclaration de M.
Aubry qui dit qu’elle veut une France toute rose. Tous les pouvoirs à Paris à l’UMP,
tous les pouvoirs en régions au PS. C’est un cauchemar pour moi. Dans beaucoup de régions,
nos candidats préfèreraient demeurer indépendants. C’est leur choix profond, leur manière
d’être. Cependant, il peut se faire que nous ayons dans certaines régions des majorités
nouvelles. Ce ne sont pas des ralliements.
Beaucoup se sont indignés des petites phrases nauséabondes qui ont été dites durant la
campagne. Comment expliquez vous que lorsque Daniel Cohn-Bendit compare George Frêche à Mussolini,
personne ne s’indigne plus que ça ?
Je comprends ce que les amis de M. Frêche ont dit. Cohn-Bendit a eu cette formule, elle
n’est pas adaptée. Franchement, dire Mussolini pour Frêche… Moi j’ai des
reproches à faire à M. Frêche. Il a fait une grande déclaration, un grand discours pour expliquer
ce qu’était sa conception de la démocratie et cette conception c’était que les
électeurs étaient « des cons » et qu’il fallait « donner aux cons ce qu’il fallait pour
qu’ils votent pour vous ». En démocratie, cette phrase m’est apparue plus grave que
celle qu’il a prononcé y compris sur les Harkis, sur l’équipe de France etc.
C’est sur ce point et sur le caractère opaque de la vie politique dans le Languedoc
Roussillon que se situe mon désaccord profond qui fait que j’ai désavoué la manœuvre qui
a été conduite pour retirer notre liste à la dernière minute et appeler à voter Frêche par ceux qui
étaient décidés depuis longtemps à le faire.
Le chef d’Etat major de l’armée française a déclaré qu’il avait déjà été
engagé 10 millions d’euros pour retrouver les 2 journalistes retenus en Afghanistan.
Avec tout le respect que je dois à ses fonctions, c’est une déclaration déplacée parce
que vos confrères qui vont chercher de l’information là où personne ne va, et qui prennent en
effet des risques qu’un gestionnaire doit considérer comme excessif, pour moi ils sont
précieux parce que sans eux il y aurait des endroits du monde ou personne n’irait plus.
J’ai donc trouvé cette comptabilité choquante et déplacée.
Est-il possible que le MoDem soutienne un autre candidat au premier tour des élections
présidentielles ?
Il en décidera. Je n’ai pas l’obsession de l’élection présidentielle.
C’est le mouvement qui décidera mais je mettrais tout mon poids et toute mon influence pour
que le choix qui sera fait soit un candidat du centre indépendant en France. C’est à dire que
je ne participerais pas à une manœuvre quelle qu’elle soit qui ressemble à une
soumission aux uns ou aux autres. Quand on dit démocrate et centre, on dit pluralisme et
indépendance.
Cette réflexion de François Bayrou me fait penser à un chiffre que nous devrions éviter d'oublier :
60% des Français ne font confiance ni à la droite, ni à la gauche, ce qui explique la progression
de l'abstention à chaque nouvelle élection. Nous devons leur montrer que ce que nous leur proposons
est une autre voie, avec une autre façon de faire de la politique, au service des citoyens, comme
le démontre Jean Lassalle, un homme qui s'est mis, en choisissant la politique, au service des
gens. Les sondages qui le créditent de 12% d'intentions de vote (pour l'instant) sont éloquents...
Il peut créer la surprise, comme il l'a fait aux législatives. Si le Mouvement Démocrate est celui
qui retrouve le contact avec les citoyens, en particulier en proposant de maintenir et de
développer les compétences des régions, mais également de poursuivre la construction politique de
l'Europe afin que s'impose un modèle social, économique, financier européen face au modèle
américain... alors les Français comprendront que la seule façon de sortir de l'alternance
gauche-droite dont ils ne veulent plus est de soutenir une autre voie.
intervention LCI
Posté par : laine | 24 février 2010 19:21
Evidemment toujours une juste vision de la situation socio-économique de la France. Monsieur
François Bayrou, j'ai confiance en vous et je ne me laisse pas décourager. Je me suis vite rendue
compte qu'il n'y avait pas beaucoup de points communs entre Daniel Cohn-Bendit et vous, ne
serait-ce que par la manière de s'exprimer et bien sûr par l'attitude générale.I l interpelle par
l'esbrouffe et la provocation, vous par le sérieux. Ce qui fait toute la différence. Le Modem
positive la politique et lui donne beaucoup de dignité. Laine.
ça nous change
Posté par : hantayo | 24 février 2010 18:13
du cirque médiatique habituel. Oui, on peut être conforté dans notre choix d'adhérer. Si seulement
les résultats électoraux étaient à la mesure des idées... Je persiste cependant.
Respect
Posté par : annerennes | 23 février 2010 14:03
Du grand Bayrou. Cela me rappelle pourquoi j'ai adhéré.
"coucou bonbon"
Posté par : gmbfr | 23 février 2010 11:59
sympa le "nivellement par le bas".... et merci pour les téléspectateurs de Canal
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Un espace pour les Démocrates
Posté par : Marie53 | 26 février 2010 10:18Cette réflexion de François Bayrou me fait penser à un chiffre que nous devrions éviter d'oublier : 60% des Français ne font confiance ni à la droite, ni à la gauche, ce qui explique la progression de l'abstention à chaque nouvelle élection. Nous devons leur montrer que ce que nous leur proposons est une autre voie, avec une autre façon de faire de la politique, au service des citoyens, comme le démontre Jean Lassalle, un homme qui s'est mis, en choisissant la politique, au service des gens. Les sondages qui le créditent de 12% d'intentions de vote (pour l'instant) sont éloquents... Il peut créer la surprise, comme il l'a fait aux législatives. Si le Mouvement Démocrate est celui qui retrouve le contact avec les citoyens, en particulier en proposant de maintenir et de développer les compétences des régions, mais également de poursuivre la construction politique de l'Europe afin que s'impose un modèle social, économique, financier européen face au modèle américain... alors les Français comprendront que la seule façon de sortir de l'alternance gauche-droite dont ils ne veulent plus est de soutenir une autre voie.
intervention LCI
Posté par : laine | 24 février 2010 19:21Evidemment toujours une juste vision de la situation socio-économique de la France. Monsieur François Bayrou, j'ai confiance en vous et je ne me laisse pas décourager. Je me suis vite rendue compte qu'il n'y avait pas beaucoup de points communs entre Daniel Cohn-Bendit et vous, ne serait-ce que par la manière de s'exprimer et bien sûr par l'attitude générale.I l interpelle par l'esbrouffe et la provocation, vous par le sérieux. Ce qui fait toute la différence. Le Modem positive la politique et lui donne beaucoup de dignité. Laine.
ça nous change
Posté par : hantayo | 24 février 2010 18:13du cirque médiatique habituel. Oui, on peut être conforté dans notre choix d'adhérer. Si seulement les résultats électoraux étaient à la mesure des idées... Je persiste cependant.
Respect
Posté par : annerennes | 23 février 2010 14:03Du grand Bayrou. Cela me rappelle pourquoi j'ai adhéré.
"coucou bonbon"
Posté par : gmbfr | 23 février 2010 11:59sympa le "nivellement par le bas".... et merci pour les téléspectateurs de Canal