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4 décembre 2011

"Acheter français, ce n'est pas un gros mot, c'est une démarche civique !"

François Bayrou

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François Bayrou était l'invité de l'émission Le Grand Jury, sur RTL et LCI en partenariat avec Le Figaro, dimanche 4 décembre. Il a défendu "la reconquête de la production française" et prôné "un label qui indique la part du produit provenant de notre sol".

"Il n'y a pas une crise, mais deux. On se trouve à leur épicentre. D'une part une crise française, car nous ne produisons plus suffisamment, d'autre part une crise de la zone euro. Cette dernière n'est pas celle de la monnaie, mais de la dette accumulée par les Etats. Le secteur privé n'est pas en cause, les responsables sont les gouvernants. Le monde s'est aperçu que les Etats européens ne pouvaient pas rembourser leur dette et qu'un pays en difficulté n'était pas protégé, alors le doute s'est installé", a d'abord analysé le député des Pyrénées-Atlantiques.

"Dans cette situation explosive, c'est une erreur de penser que l'Europe peut se conduire à deux. On ne peut pas avoir deux pays qui s'instituent en patrons, de manière condescendante. Nous avons tous vu les images de ces conférences de presse franco-allemandes qui n'aboutissent à rien. Le couple franco-allemand doit être un ferment, un entraineur, mais pas se placer en commandant. Dans les circonstances actuelles, il faut défendre le modèle communautaire. Ce modèle, c'est la méthode coopérative que nous connaissons bien dans le monde agricole. Elle permet de conserver la liberté de chacun tout en construisant un outil commun", a-t-il défendu.

"J'ai été humilié lorsque l'Europe a demandé l'aide de la Chine. On a besoin d'un sursaut de fierté et d'indépendance. C'est de nos seules forces qu'on s'en tirera. L'Europe est le premier marché et la première démocratie au monde", a poursuivi François Bayrou.

"Il faut des mesures européennes fortes. D'abord, sécuriser la dette des Etats de la zone euro, puis permettre aux Etats en difficulté de se refinancer à des taux acceptables, pour qu'ils puissent se reconstruire. Si les taux d'intérêts augmentent, nous ne pourrons plus en assumer la charge. En échange de ces taux abordables, il doit y avoir un dialogue exigeant entre les prêteurs et les Etats en difficulté. Je prône notamment une Cour des comptes européennes, qui vérifie la véracité des chiffres fournis par les États", a proposé le candidat centriste.

"La France est vis-à-vis de ses voisins dans une situation au bas du tableau, elle décroche, car elle ne produit plus suffisamment. Nous devons rééquilibrer nos comptes et retrouver l'élan de notre production. En ce sens, le programme de François Hollande est insoutenable, il ne sera pas appliqué car il n'est pas applicable, il sera ruiné par la réalité", a pointé le président du Mouvement Démocrate.

"Pour ma part, je ne propose pas du sang et des larmes, bien au contraire, je propose le seul chemin vers l'optimisme. Trois axes sont pour moi essentiels : baisser les dépenses publiques raisonnablement, augmenter les impôts raisonnablement, donner un élan fort à notre production. La France dépense 1050 milliards d'euros par an, elle doit économiser 50 milliards pour revenir à l'équilibre, c'est un but qu'il est possible d'atteindre. Je soutiens le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, mais pas de manière aveugle. La réforme de l'État ne peut pas se faire à périmètre constant, l'Éducation notamment doit être sanctuarisée. L'éducation est vitale pour le pays, je ne la mets pas au même rang que les autres administrations du pays", a-t-il insisté.

"Le gaspillage de l'argent public doit être combattu au niveau de l'État, des ministères, du Parlement, des collectivités. Les deux grands partis ont toutes les collectivités locales, presque tout le Parlement, ils se sentent intouchables dans leurs gaspillages. En matière de réforme des collectivités locales, j'ai été le premier à proposer une rencontre entre les départements et régions. Les régions doivent devenir des fédérations de départements, aujourd'hui la région est trop loin des citoyens", a soutenu François Bayrou.

"Nous devons également aller à la reconquête de notre production. Ce n'est pas normal que la France ait une image de marque inférieure à celle de l'Allemagne. Nous avons des atouts, notamment dans le secteur culturel. Les films d'animation, les jeux vidéos, les programmes numériques, c'est aussi ça la production française. Nous devons recréer de l'attractivité pour une production française positionnée sur le haut de gamme. Il n'est pas normal que les produits français aient une image de qualité inférieure à celle des produits allemands. Les citoyens doivent être acteurs de cette reconquête. Il faut comprendre que acheter Français, ce n'est pas un gros mot, c'est une démarche civique ! Je défends pour cela la transparence, au travers d'un label que je détaille dans mon livre 2012, état d'urgence. On a fait un label Bio, un label Commerce équitable. Je souhaite un label Produit en France qui indiquerait la part du produit provenant de notre sol", a-t-il conclu.


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Soyez le deuxième Homme

Posté par : ptana | 13 décembre 2011 10:41

Lors de votre dernière intervention dans l'émission "des paroles et des actes" vous m'avez convaincu et j'essaie de convaincre mon entourage. Mais voilà une remonter de terrain à prendre en compte; Soyez plus "punchy" il faut attaquer et changer de posture, soyez plus dynamique... Le slogan "achetez français" ne convainc pas (le pouvoirs d'achat n'est pas suffisant) Français c'est beaucoup plus cher, c'est un constat.Ensuite, j'ai une idée pour récupérer les prestations frauduleuses qui représentent quelques Millions d'euros à l'état. Pourquoi ne pas confier à une société tiers (privée) le contrôle de ces prestations pour vérifier les fraudeurs et qui seront rémunérés par dossier avéré de fraude ? (et en plus cela réduirait le nombre de fonctionnaire; assedic, sécu...)Merci, vous aurez ma voix


Acheter Français, c'est acheter près de chez soi !

Posté par : serge_Vuillod | 13 décembre 2011 06:57

La question n'est pas la France ou l'Europe ! Ce dont il s'agit, c'est d'acheter de préférence ce qui est produit près de soi : En Europe plutôt qu'en Asie si je suis Européen, en France plutôt qu'en Europe si je suis Français, et dans le Jura plutôt qu'à Paris si je suis jurassien ! Pourquoi ? Parce que c'est un principe écologique de base : Eviter les transports lorsqu'ils ne sont pas indispensables, éviter les concentrations de pouvoir lorsqu'elles ne sont pas utiles, éviter les déséquilibres sociaux (ne pas faire travailler les enfants Chinois pour pouvoir acheter des teeshirt à prix cassé tout en exposant l'équilibre de nos propres protections sociales), et bien sûr faire vivre sa communauté. Et c'est tout aussi vrai pour les Allemands, les Italiens, etc. La seuls "matière" qui mérite d'être largement et généreusement diffusée, c'est la connaissance ! Et cela ne doit bien sûr pas empêcher de déguster un excellent thé Chinois ou d'envoyer une bonne bouteille de Bordeaux à un ami américain ! Du coup, mettre une taxe carbone sur les transports serait une excellente seconde mesure pour compléter la TVA sociale et encourager une économie de proximité. Cela ne fera pas plaisir aux grands groupes du CAC 40 ! Tant pisSerge VUILLOD Fondateur du réseau GREENEO www.greeneo.eu


acheter francais

Posté par : alwaysinlive | 12 décembre 2011 20:20

Il est surprenant Monsieur Bayrou d'inciter les gens à acheter Français alors qu on vous voit repartir dans une audi a4 faudra m expliquer là je comprends pas.


Acheter Français

Posté par : blc0812 | 12 décembre 2011 08:17

Quand je lis tous ces commentaires ,le France est mal partie ! Que l'on dise "acheter européens," je comprendrais encore mais "acheter français " est une aberration de fonctionnaires qui n'ont jamais ms les pieds dans une entreprise privé.Ma société exporte 40 pour cent de son CA en Europe ! Si chaque Pays tient ce raisonnement stupide, toutes les sociétés qui exhortent déposeront le bilan, donc des chômeurs ! On voit que la France est en grande majorité fonctionnarisée , puisque le nombre de fonctionnaires, dépassent maintenant le nombre de travailleurs du privé.ces gens sont dans leur bulle sécuritaire et en dehors du monde avec leurs grandes théories idéologiques qui ne les remettent pas en question puisqu'ils ont la sacré sainte sécurité de l'emploi ! Et j'oubliais la retraite à 52 ans ! Au moins les cheminots,enseignants etc...


Un projet global

Posté par : serge_Vuillod | 12 décembre 2011 07:37

Les intentions de vote montent, mais sont encore loin de permettre d'envisager vraiment la mise en oeuvre de nos idées.Pour provoquer une adhésion massive, il faut aller plus loin que des incantations du genre "achetez français" ! Et la seule perspective d'une rigueur certes salutaire, mais bien peu enthousiasmante n'y suffira pas non plus.Il faut mettre sur pieds et annoncer un programme complet, systémique, cohérent, capable, sans démagogie, sans promesses intenables, de donner une vision enthousiasmante.Pour cela, il faut poser un certain nombre de principes de base capables de concilier tous nos défis. J'en ai identifié une dizaine. L'un d'entre eux, qui impacte directement le fameux "achetez français" consiste tout simplement à remplacer intégralement les charges sociales patronales par une TVA sociale. Attention, je n'ai pas dis "rajouter une couche de charges sociales sous forme de TVA", comme cela a été évoqué, mais bien remplacer, à l'euro près une assiette de charges (la masse salariale) par une autre (notre PIB).Ainsi, c'est le consommateur qui paierait les charges sociales et non le salarié.Les conséquences seraient considérables : - Tout produit vendu en France, qu'il soit produit ici ou à l'étranger participeraient à nos charges sociales - le coût relatif du travail en France baisserait - les entrepreneurs auraient moins de scrupules à embaucher - Nos régimes sociaux auraient moins à pâtir des éventuelles délocalisations.Serait-ce du dumping ? Non, puisque tout le monde s'accorde à reconnaitre que c'est notre protection sociale qui pénalise le coût du travail en France ! Nous aurions simplement décidé de financer autrement nos régimes sociaux.Bien sûr, un certain nombre de multinationales n'y trouveraient pas leur compte ! Tant pis ! Prise individuellement, cette action serait déjà efficace, mais si on la met dans un ensemble cohérent et pertinent de mesures, il est possible de changer la donne !Serge VUILLOD Fondateur du réseau GREENEO www.greeneo.eu