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10 mars 2011

"Dire qu'il faut remettre les immigrés dans les bateaux, c'est semer la haine", s'indigne François Bayrou

François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, a répondu aux questions de Public Sénat, jeudi 10 mars.

Il estime "qu'il y a un climat de décomposition" et que Nicolas Sarkozy commet "une grave erreur politique" en faisant la course avec le FN. Découvrez cet entretien.

Public Sénat François Bayrou est-ce que vous considérez que le climat politique est malsain ?

François Bayrou On est dans une décomposition générale de la vie politique que les gens rejettent avec des problèmes qui ne sont pas traités. Surtout ce qui est frappant, c’est le climat de décomposition, l’idée que beaucoup de Français ont cru à ce qu’il leur avait été dit pendant la campagne de 2007, s’aperçoivent que rien ne s’était réalisé. Alors de scandales en scandales, d’affaires en affaires, d’affrontement de personnes en affrontement de personnes, tous les jours c’est pire. Où cela va s’arrêter ? Et ce qui est terriblement frappant pour moi qui correspond à ce que j’avais analysé depuis le début, j’ai écrit un livre qui s’appelle « l’Abus de pouvoir », c’est l’effondrement des deux forces politiques qui ont fait la vie politique française depuis 25 ans. UMP et PS tombent en même temps. Je vais vous donner deux chiffres, les sondages un an avant la présidentielle de 2007, c’était Ségolène Royal 35, Nicolas Sarkozy 35. Actuellement c’est 20/20.

Public Sénat Ce qui veut dire ?

François Bayrou Ce qui veut dire qu’à l’époque il y avait deux français sur trois qui étaient pour les deux forces, ils sont maintenant un sur trois.

Public Sénat Et vers qui vont-ils aujourd’hui ?

François Bayrou Il y a l’épisode de la tentation de l’extrême droite mais il faut la regarder en face. Les deux thèmes choisis par l’extrême droite, ce sont deux thèmes mortels pour la France. Le 1er c’est dresser les gens les uns contre les autres, qui tu es, d’où tu viens, quelle est ta couleur de peau… et user de la laïcité, qui est un instrument de tolérance pour en faire un instrument anti-islamique. D’abord désigner les musulmans comme cible, ce que fait le gouvernement depuis un certain temps, l’extrême droite relaie avec plus de fruits. C’est un poison mortel pour le pays. Un pays comme le notre, sa seule chance c’est de se rassembler.

Et le 2ème thème, on va sortir de l’euro pour résoudre les problèmes de la France, c’est la misère pour tous le monde et particulièrement les pauvres. Pourquoi ? Parce que le pays se trouve devant un Himalaya de dette, libellée en monnaie forte, si vous devez le payer en monnaie française faible alors c’est un drame pour des générations. Donc il faut regarder ces deux thèmes et dire c’est mortel et être en situation de combattre et de proposer autre chose.

Public Sénat Tout à l’heure vous disiez, que la majorité faisait la course avec le FN…Face à la montée de l’extrême droite, est-ce que la majorité est en échec ? Est-ce que c’est de la faute de l’UMP ce que l’on voit dans les sondages ?

François Bayrou L’UMP et Nicolas Sarkozy, son entourage ont choisi ce qui est pour moi l’erreur politique par excellence, ils ont choisi de faire campagne sur les thèmes de leurs concurrents de l’extrême droite. Or, quand vous faites campagne sur les thèmes de vos concurrents, vous leur apportez des voix. Et comme les problèmes ne sont pas réglés évidemment ça flambe. Alors pourquoi, ils ont choisi de faire cela ? Ils ont fait cela car il voit une droitisation continuelle de la société française. Je ne dis qu’elle n’existe pas mais le rôle des responsables politiques, ce n’est pas de suivre les dérives, c’est si possible avoir assez d’élan pour corriger les dérives.

C’est une erreur grave au niveau du pays, c’est une faute du point de vue du politique. Si vous venez faire campagne sur mes thèmes, il faut changer la pratique du pouvoir, il faut mettre l’accent sur l’Education…dire la vérité aux gens, si vous faites campagne sur ces thèmes, évidemment ça m’aide et bien ce qui se passe pour l’extrême droite c’est la même chose. Ils ont choisi de faire campagne sur les thèmes directs de l’extrême droite. Evidemment, cela donne les fruits les plus pernicieux.

Public Sénat La gauche perd énormément de terrain, ça sert qui ?

François Bayrou Pour l’instant cela sert dans les sondages. Les mêmes qui ont fait ces sondages, la vieille de l’élection de 2007 mettaient Le Pen devant moi, et j’ai fait le double de Le Pen. Je dis vous voyez bien prudence dans cette affaire là. Moi je suis pour la transparence dans les sondages. Qui payent ? Comment les questions sont posées, j’ai appris, qu’ils payent les gens qui répondent ! Tout ça pour moi, c’et vraiment une déviation.

Il y a une énorme demande des Français, pour tourner la page sur les 20 ans qu’on vient de vivre, le temps de l’UMP au pouvoir, le temps du PS au pouvoir, deux partis se comportant comme des partis uniques. Il faut qu’il y ait un élan de gens qui soient des reconstructeurs mais au lieu que ce soit des extrémistes et qu’on aille dans le mur, il faut des républicains qui aient la force de changer les règles pour que la politique se comporte autrement, et qui s’occupent des deux sujets les plus importants, comment on produit en France, comment on éduque en France. Car si on ne produit pas, comment on intègre les gens qui ne trouvent pas d’emploi. Tous les maux de notre société se retrouvent dans notre incapacité à être des producteurs, des concepteurs, des imaginatifs parce que la théorie politique c’est bien mais la vie politique de tous les jours c’est mieux.

Quand même on vient d’augmenter le gaz de 21 pour cent en un an, les prix sur le marché mondial a été divisé par trois ! Et personne ne dit rien.

Public Sénat Personne ne dit rien. Vous appelez à une révolution des Français ?

François Bayrou Non, ce n’est pas des révolutions, on sait comment cela se termine en France, moi j’appelle simplement à rebâtir à partir des fondations. La France est un pays qui a vraiment des chances. La natalité, c’est une chance, on va être un des pays les plus jeunes. C’est un pays incroyablement équipé. C’est un pays fertile qui a une agriculture. Il y a partout des collèges, lycées, des universités. Pourquoi on ne peut pas jouer ces atouts ? Parce que la politique a deux échecs lourds, le 1er : la pratique du pouvoir qui fait que tout est entre les mains d’un clan, cette pratique du pouvoir les idées, d’être entendu et cela génère des injustices. Ce qui s’est passé avec le bouclier fiscal, qui va heureusement être supprimé, je vous rappelle que moi j’ai voté contre et en 2007 et en 2004 par le gouvernement Villepin parce que je croyais que c’était une incroyable erreur. Pourquoi ? Parce que c’est un seul camp sans avoir besoin d’échanger et de partager ses idées avec d’autres. Donc le pluralisme est une garantie que les bonnes idées triomphent. Et si on veut le pluralisme, il faut changer les institutions.

Deuxièmement, il faut qu’on sorte des promesses purement verbales et si possible dire aux gens humblement la vérité. Dites leurs les choses comme elles sont. Comme je l’ai fait en 2007 sur la dette, et qu’il faut dire aujourd’hui pour l’immigration. Ceux qui vous racontent qu’on peut remettre les immigrés dans les bateaux et les ramener chez eux, 1- ce sont des semeurs de haine et 2- ce sont des menteurs car personne ne le fera naturellement.

François Bayrou, vous dites la vérité, vous avez peur de ce que les gens appellent un 21 avril à l’envers ?

François Bayrou Je n’ai peur d’aucune circonstance, ou aucun évènement électoral.

Public Sénat Mais vous pensez que cela peut arriver ?

François Bayrou Non, dans la vie il faut se battre quand on pense que les choses essentielles sont en jeu. Il y a des moments où il y a des mouvements populistes folklo. Je refuse de considérer que notre pays est ce qu’il était dans les années 30. Je refuse de penser cela. C’est une idée que nous devons faire reculer, nous ne devons pas être rusés. Il faut le prendre comme des guerriers, droit devant.

Public Sénat Qu’est ce que cal veut dire ? Un front républicain par exemple ?

François Bayrou Non, le front républicain ce sont des manœuvres désespérées quand il n’y a plus que ça, on fait un front républicain. Je vous rappelle que Jacques Chirac aurait du en tenir compte en 2002, c’est par ça qu’il a été élu, il s’est assis dessus le lendemain. Il a négligé le lendemain, ce qui l’avait élire. Il avait un devoir qu’il n’a pas rempli. Et je me suis opposé à lui. Nous avons eu un accrochage assez vif sur ce sujet. Mais nous n’en sommes pas au Front Républicain. On en est à poser la grande question aux Français. Vous voulez tourner la page ? Vous avez raison de le faire, vous avez deux chemins pour le faire. Vous avez l’extrémisme, il vous conduira au drame. Vous vous rongerez les ongles jusqu’au sang, si vous donniez crédit à ces idées mortelles. Car ce n’est pas l’identité nationale, ce n’est plus ça.

Ou deuxièmement, la solution pour tourner la page, ce sont des démocrates, des républicains, des gens équilibrés, des gens qui ont analysé la situation depuis des années et qui ont résisté à toutes menaces, à toutes les sirènes.

Public Sénat C’est vous, François Bayrou l’alternance avec d’autres démocrates républicains?

François Bayrou En tous cas moi j’ai dit que je pensais ces rassemblements nécessaires. L’élection présidentielle, c’est une centrifugeuse, tout ce qui ne pèse pas un poids est éliminé, il faut que les gens se prononcent. Est-ce qu’ils veulent que cela change ou que cela reste comme cela? Et s’ils veulent que cela change, quelles sont les solutions à prendre ? Il me semble que ça c’est un raisonnement qui s’impose.

Public Sénat Depuis le début de cet entretien, vous n’avez pas employé le mot centre ? C’est stratégique ?

François Bayrou Non, d’abord le centre je l’ai incarné suffisamment dans la vie politique française, pour ne pas répéter son nom constamment. Il y a un problème de définition du centre, j’ai toujours refusé que le centre ce soit entre deux chaises, j’ai toujours plaidé pour que le centre il se regarde comme étant une alternative à la droite qui dérive et à la gauche qui se trompe. J’ai toujours plaidé pour ça. Et je me suis toujours opposé à des gens qui disent je suis au centre donc nous allons à droite, car le centre ne peut être qu’être qu’allié qu’avec l’UMP.

Ici dans cette maison, au Modem où nous avons construit les moyens de notre liberté. Les autres c’est l’UMP qui leur signe les chèques, alors c’est une liberté limitée quand vous devez aller à la fin du mois aller voir vos puissants, la puissante tutelle en disant s’il te plaît monsieur est-ce que tu peux me signer un chèque ? Bon ça amenuise beaucoup la liberté. Cette entreprise que nous allons conduire, moi je la conduis portes ouvertes. Tous ceux qui sont de bonne foi, auront leur place dans cette immense tâche de reconstruction. Je ne suis pas un sectaire. Oh j’ai des souvenirs, je n’efface pas tous les souvenirs…mais je pense que maintenant la preuve est faite que c’était dans ce courage là qui était la seule voie possible et que les autres menaient à la disparition. Je considère que l’on a droit de se tromper, donc la porte de cette maison est toujours ouverte à condition qu’il n’y ait aucune manœuvre, à condition qu’il n’y ait aucune tentative de dilapider le capital de liberté et de force de proposition, à condition que l’on veuille reconstruire la France et que l’on ne veuille pas s’arranger pour piquer des voix pour que cela dure comme maintenant.

Public Sénat Pas de 1er tour pour aller vers un 2ème tour, pour se vendre pour un plat de lentilles, c’est ça que vous voulez dire ?

François Bayrou Je vois toutes les manœuvres, je sais lire entre les lignes. Ici c’est une démarche fondamentalement de reconstruction. Ici nous avons fait la preuve que ce que nous voulons c’est changer les choses en profondeur. La plupart des problèmes du pays sont assez facilement solubles et de nature à donner de l’espoir, qu’ils puissent se regarder dans la rue sans maugréer, qu’ils puissent travailler ensemble, qu’ils puissent penser que l’avenir de leurs enfants soit positif et y croire être surs qu’ils vont recevoir la meilleure éducation du monde, y a du boulot. Pour moi c’est possible, ça me semble facile. Il n’y a qu’un problème ce sont les finances publiques, la dette, le déficit, ça c’est un problème qui n’est pas facile à régler.

Public Sénat Et vous êtes prêts à travailler avec tout le monde jusqu’à Jean-Louis Borloo, en passant par Dominique de Villepin par exemple ?

François Bayrou Il faut que chacun fasse ses choix, mais pour moi vous savez ce que j’ai de plus profondément au centre, moi qui porte les couleurs du centre, qui ai cette responsabilité en France depuis plus de 10 ans, qu’il les ait porté 2 fois à l’élection présidentielle, en 2002 comme candidat honorable et en 2007 comme candidat majeur. Ce que j’ai de centre, c’est que je ne me vois pas d’ennemis dans la vie politique chez les républicains, c'est-à-dire que oui il y a des femmes et des hommes au parti socialiste avec lesquels je n’aurai aucun problème de travailler, idem à l’UMP.

Je vais prendre un exemple très bête, Juppé et Rocard viennent de signer un ouvrage ensemble autour duquel ils multiplient les compliments l’un envers l’autre, quelle est la force politique en France qui leur dit, au lieu de signer des livres, un jour vous envisagez de travailler ensemble ? Il y en a qu’un qui le dit depuis des années pas pour faire du débauchage, je ne vis pas la vie politique dans les courants républicains, comme des ennemis. Je pense que ces sensibilités différentes sont utiles au pays. Je pense que nous avons chacun à l’intérieur de nous de ces 3 courants. Le courant qui cherche à conserver ce qui mérite de l’être, de l’ordre, le courant qui cherche à faire bouger les choses et le courant qui cherche l’équilibre et la justice. Tous les Français ont un peu des 3. Je pense que ces sensibilités sont utiles au pays. Entre Strauss Khan et Fillon par exemple, y a des nuances mais, et même Martine Aubry, moi je pense que l’essentiel est dans cette reconstruction que j’évoque devant vous. On a besoin de gens qui propose l’espoir et pas de la dinguerie. L’extrémisme c’est de la dinguerie et c’est mortel. Il faut que les républicains considèrent qu’il n’y a aucune fatalité dans cette affaire et qu’ils vont s’en occuper. Les démocrates, il faut qu’ils considèrent que le peuple a suffisamment de force pour combattre ce qui va le détruire.

Public Sénat Publicsenat.fr fête ses 1 an aujourd’hui… Est-ce que Internet ça vous fait peur ?

François Bayrou Non, depuis les années 2000 et depuis les années 90, je suis pratiquant d’informatique, je l’ai toujours été. Ca doit être mon vingtième ordinateur. Cela ne me fait pas peur. J’étais invité chez Drucker, j’ai invité les promoteurs de Wikipedia. Je considère que c’est une œuvre de civilisation incroyable. Vous mettez à disposition de tout le monde l’accumulation de toute la science gratuitement au lieu d’être vénal, c’est du don gratuit de science. C’est une révolution de civilisation, pour moi, c’est une étape de l’humanité. Ne vous méprenez pas dans internet, il y a le plus dégueulasse du monde : les délateurs, ceux qui autrefois envoyaient des lettres anonymes étaient envoyées à la Kommandantur, les organisations de pression d’opinion qui envoient des injures sur les sites ce n’est pas beau mais c’est comme l’âme humaine, vous vous souvenez d’Esope, montre moi ce qui la plus belle chose et il montre une langue de bœuf, montre-moi le pire, il montre une langue. L’humanité c’est cela il y a le plus généreux et le plus haut et le plus dégueulasse. La responsabilité du politique c’est de tirer vers le haut.

Public Sénat Et Twitter, Facebook, vous utilisez les réseaux sociaux ?

François Bayrou J’ai un compte Twitter mais je ne l’alimente pas. Ce qui me gêne c’est d’écrire en 140 signes. J’aime beaucoup les Haïkus (courts poèmes japonais Ndlr) quelque fois vous avez envie de mettre plus d’une phrase, j’ai beaucoup de followers, peut-être qu’il y a là quelque chose de bien. L’autre jour, j’étais invité d’une émission sur France 2, mon nom était le plus cité sur Twitter en France, j’ai trouvé que c’était intéressant. Pour l’instant faire soi même le compte-rendu, c’est un mode d’expression un peu court.


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

à cefradpt77 et François BAYROU

Posté par : gilco | 14 mars 2011 02:18

Vous mettez l'accent sur votre sentiment vis à vis des "issus de formation longue" d'une part et votre age. Je pense me trouver avec les mêmes sentiments que vous, peut être le même age. J'ai 72 ans et quitté l'école à 16 ans.

En tout cas, comme vous je défends les idées de François BAYROU et, souhaite que nos idées pragmatiques aient leur place dans le programme du MODEM. Certes, les experts "grands diplomés" ont aussi des idées mais, malheureusement pas toujours avec suffisamment de connaissances du terrain et du peuple "d'en bas" Pas suffisamment désintéressés tant je vois chez certains l'attente d'un strapontin. Ce n'est pas celà l'esprit militant. C'est pourquoi je réclame depuis longtemps le dialogue entre le cabinet SHADOW et les "conseillers" de base ce dont je me considère. Celui ci se fait attendre, je le regrette. Demain, en cas de victoire, ces gens-là auront aussi besoin de conseillers pragmatiques.... Mais, avant la victoire aussi, pour l'établissement du programme, François aura aussi besoin de nous ...... Merci de l'entendre : le parti à 2 catégories de militants : les bénévoles et les ambitieux. mais on peut aussi être les 2 et être ambitieux pour la France !


Bien sur !

Posté par : renard | 13 mars 2011 10:13

Monsieur Bayrou chaque jour qui passe apporte les preuves sur sa clairvoyance, son sens de l'Etat, de l'intérêt commun, sa capacité à pouvoir le temps venu rassembler tous ceux désireux de sortir notre Pays de ce cauchemar incarné par l'actuel président de la République, dont il faudra un jour se poser la question du pourquoi ? du comment ! le Pays des droits de l'Homme a pu un jour en arriver là ? ....

La dernière catastrophe naturelle nous montre notre petitesse devant les soubresauts, les conséquences de la colérique et imprévisible nature. Il nous faut réfléchir où va le monde, l'Humanité, notre inconscience à toujours aller plus loin dans l'irréparable, notre incapacité à proposer un projet humain aux générations futures.

Bien sur nos lointains semblables ne viendront pas chez nous, d' autres plus près de nous viendront, il est de notre devoir d'un temps les accueillir, leurs montrer avec beaucoup de suffisance mêlée de paternalisme comment ! dans notre Pays les lois de la République sont foulées aux pieds par notre état de ( droit ! )


Et si c'était la dette le plus simple...?

Posté par : coolfifi | 1 janvier 1970 01:00

C'est étrange parce que j'aurais pensé que de nos problèmes qui sont nombreux, précisément le plus simple à résoudre à moyen terme, serait précisément la dette parce que sa résolution est dans les mains de l'État et que les solutions économiques ne sont pas des inconnues totales sujettes aux lubies du moment.

Par contre résoudre la déliquescence de l'école pour offrir "la meilleure éducation du monde", mettre fin à la précarisation des classes moyennes, en particulier devant la santé, réintroduire le vivre ensemble quand les ghettos n'ont fait que prospérer depuis des années et que dans le réel, sinon dans le verbe, le multiculturalisme a bel et bien mis à mal notre universalisme républicain, réindustrialiser, relocaliser, tout ça, précisément parce que ça ne dépend pas uniquement et directement de l'État, me paraît infiniment plus complexe à réparer que notre dette.

J'avoue monsieur Bayrou que j'ai du mal à vous croire sur parole, car si tout cela est si facile pourquoi les gouvernements qui se succèdent et prétendre résoudre ces problèmes depuis 15 ans (la fracture sociale), n'ont fait que les aggraver? Si vous voulez être le représentant de la classe politique qui dit la vérité aux français, il va falloir éclairer avec des solutions qui sembleront pertinentes et réalistes.

Est-ce qu'instaurer l'imposition directe sur tous les fonctionnaires d'état et des collectivités locales, ne serait pas le début du commencement d'une action concrète pour réduire les frais de l'État. Faire faire un audit sur les dépenses et leurs efficacité par un cabinet indépendant....sud coréen ou norvégien pour être certain de leur indépendance lol... recenser les niches fiscales et les évaluer pour déterminer les plus efficaces pour l'emploi. Oui curieusement la dette ça me paraît moins complexe que le reste si on veut bien analyser les dépenses et les recettes, c'est à dire la fiscalité directe et indirecte et leurs effets sur la dynamique du pays.

Je crois sincèrement que devant les coups de boutoir des radicaux, dire que tout le reste à l'exception de la dette est un jeu d'enfant à résoudre alors que tous les gouvernements s'y cassent le nez depuis si longtemps, ça risque de vous être renvoyé comme un boomerang. Il va falloir en dire plus pour convaincre .

Réponse du modérateur: Merci pour votre commentaire. Obtenir des résultats dans ces domaines nécessite d'allier volonté politique, pragmatisme et indépendance. Ce qui n'est possible qu'au travers d'un large rassemblement, qui transcende le bipartisme tout en étant libéré des extrêmes. C'est la voie que nous traçons depuis 2007. Nous ne manquerons pas de développer ces axes au fil des prochains mois, afin de vous fournir des éléments supplémentaires de compréhension: chiffres détaillés, mesures précises, etc. Bien entendu, la réduction des déficits et la maîtrise de la dette restent aussi pour nous des priorités. Bien cordialement.


L’extrémisme mortel du FN

Posté par : citizenet | 11 mars 2011 13:15

Le front républicain de 2002 qui s’est traduit par l’élection de Chirac avec un score digne d’une république bananière, n’a été qu’une « réaction » épidermique liée à l’inquiétude profonde générée par l’accès du Front National au 2ème tour.

François Bayrou fait bien de préciser que ce ne doit surtout pas être l’objectif devant le fait accompli d’un sauve-qui-peut généralisé que vise Sarode et ses sbires en faisant la « promotion » des thèses de la famille Le Pen, pour l’emporter en 2012 !

C’est vrai que la « maison » du Mouvement Démocrate, ouverte à tous les progressistes, à l’exemple de Rocard et de Juppé, face au risque mortel du racisme intérieur et à l’extérieur de l’exclusion des français de l’Europe par le renoncement à l’Euro, est la seule initiative crédible pour rassembler une large majorité de citoyens autour d’un projet révolutionnaire visant non pas à « subir » les effets de la décomposition génénale de notre vie politique en nous refermant sur nous-mêmes, mais bien à « gérer » dans l’intérêt général des questions économiques et sociales qui se posent au niveau mondial, avec les compétences de toutes les bonnes volontés qui voudront se manifester.

A contrario, celles et ceux qui aujourd’hui sèment la haine en voulant remettre les immigrés dans des bateaux et attisent des divisions ethniques ou religieuses, ne sont en fait que des conservateurs qu’on trouve malheureusement dans toutes les strates de notre population, et donner libre cours à leur fascisme de droite voire à leur « national-socialisme » de gauche pourrait à terme devenir une autre porte ouverte mortelle, celle de la guerre civile…


Forece et courage !

Posté par : cefrandpt77 | 11 mars 2011 07:49

Je suis ignorant de toute culture dépassant celle de bac - 1 ! Je me souviens avoir été bon en primaire et aller en secondaire et connaitre mes limites ....mais sans m'en glorifier, j'ai suivi mon intuition et une ligne obligée celle du destin propre à chacun.

Ce destin que j'appelle "mon fil" m'amène vaille que vaille vers le crépuscule de ma vie pour enfin découvrir qu'en politique il faut sortir des sentiers battus. C'est ainsi que mon fil en marge certes mais en conscience veut suivre le chemin proposé inlassablement par F Bayrou. Lequel et surtout depuis 2007 est la voie salvatrice aux fins de nous extraire des ornières profondes où nous ont mené les droites et gauche traditionnelles. Celles ci continuent à creuser, pour nous enfoncer dans leurs idéologies partisanes aux seules raisons, de l'un contre l'autre !

F Bayrou nous propose de défricher, avant de labourer et de semer ensemble les grains non seulement ceux de plus de droiture mais aussi reprendre ceux égarés de ne plus pouvoir espérer. Sa tâche est immense s'il lui est fait confiance, mais pas seul comment le pourrait t il ?

du petit que je suis derrière mon écran et ailleurs , à ceux plus cultivés pour prendre les rênes de l'attelage France à son côté, à ceux qui veulent encore croire que notre pays ne peut s'isoler dans le nationaliste des extrêmes, le "pis aller " aux résultats déplorables des 2 clans ! Chez eux aussi des valeurs républicaines, à eux enfin de se déterminer en conscience et de rejoindre non comme vassaux mais acteurs/décideurs pour être aussi les maitres du destin d'une France qui mérite mieux que cette servilité aux idéologies quel qu'elles fussent !



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