20 juin 2010
François Bayrou a accordé un entretien au quotidien "Le Parisien", dimanche 20 juin.
Le Parisien : Que vous inspirent les inondations dans le Var ? La France n'a-t-elle pas les moyens de mieux prévenir les catastrophes ?
François Bayrou : On est stupéfait devant la faiblesse de nos sociétés qui paraissent ultra-technologiques et qui sont en réalité si fragiles. Pourtant le principe de précaution est partout. Mais à chaque drame, il y a beaucoup d'émotion sur l'instant, puis plus rien après. Il faudrait une institution garantissant qu'après toute catastrophe, les leçons pour le long terme soient vraiment retenues. (Lire la suite)
Le Parisien : Allez-vous voter la réforme des retraites ?
François Bayrou : La réforme est indispensable. Ceux qui disent le contraire ne sont pas
responsables. Porter l'âge légal de la retraite à 62 ans, c'est raisonnable. En revanche, il y a
des injustices inacceptables. Sur la pénibilité, on ne peut qu'exiger après une vie de travail
pénible, il faille pour partir à la retraite une invalidité constatée de 20pour cent ! Mais ce qui
me paraît le plus inacceptable, c'est le report de 65 ans à 67 ans pour partir sans pénalisation.
Car passer de 60 ans à 62 ans, ce n'est pas la même chose que de passer de 65 à 67 ans. Ce sont des
années où l'on a avancé en âge, où l'on est plus fragile.
Le financement de cette réforme vous paraît-il juste ?
Il n'est pas équitable. Je déplore le déséquilibre entre l'effort demandé aux salariés et
celui demandé aux plus favorisés. La taxation des hauts revenus est cosmétique.
Pourtant, il y a le passage de 40 pour cent à 41 pour cent pour la tranche supérieure de
l'impôt sur le revenu ?
Dans la plupart des pays européens, la tranche la plus élevée se situe à 45 pour cent. Le 1
pour cent supplémentaire, ce n'est pas un effort, c'est faire semblant ! Un saut de 5 pour cent me
semblerait bien.
Martine Aubry dit que si la gauche accède au pouvoir en 2012, elle reviendra sur la
réforme. Vous y croyez ?
C'est une affirmation qui n'est pas responsable. Et d'ailleurs, elle ne le fera pas. Le PS
devrait ouvrir les yeux. Les trois plans les plus durs imposés en Europe l'ont été dans des pays
dirigés par des socialistes : Grèce, Espagne et Portugal. L'idée de revenir sur une réforme somme
toute raisonnable revient à négliger la menace d'explosion des déficits. Je me refuse à mentir aux
Français, même si ce n'est pas populaire.
Vos relations avec Nicolas Sarkozy sont-elles apaisées ?
Je suis en opposition à Nicolas Sarkozy, mais cela n'empêche pas de lui parler,
particulièrement pour le mettre en garde. Le dialogue entre responsables, ce devrait être un
devoir. Tous les décideurs devraient échanger leurs idées et leurs solutions, même et surtout
lorsqu'ils ne sont pas d'accord entre eux, surtout en temps de crise.
Mais Nicolas Sarkozy vient mardi dans votre circonscription...
Il vient visiter la plus grande usine de moteurs d'hélicoptères du monde, qui fait la fierté
de ceux qui y travaillent et de toute une région. Cette usine est pour ainsi dire dans mon village
et je n'irai pas ? Je m'oppose, durement s'il le faut, mais ce n'est pas la guerre civile.
Dans un livre vous dénonciez ses "abus de pouvoir"...
Je ne changerais à ce livre ni un mot ni une virgule. Je maintiens que les orientations
prises depuis trois ans vont à l'encontre des intérêts du pays. Je trouve anormal qu'on mélange
intérêts politiques et intérêts privés. Exemple, l'opération sur le journal "Le Monde". La
manoeuvre vise à ce que certains intérêts, affichés ou dissimulés, prennent le contrôle de ce grand
journal.
La démocratie française se porte-t-elle mal ?
Ce qui est accepté chez nous ne le serait dans aucun autre pays. On a accepté que le
président de la République nomme directement le patron de la télévision publique. Quelle régression
! Rien n'est plus abusif que d'utiliser le mot "actionnaire" pour parler de l'Etat à propos de
l'audiovisuel public. La télévision ou la radio publiques n'appartiennent pas à l'Etat, encore
moins au pouvoir, mais au peuple français qui paie la redevance. On rougit d'avoir à rappeler des
principes républicains aussi élémentaires, dont plus personne ne semble se soucier.
Est-ce un abus de pouvoir ?
Oui. Nicolas Sarkozy et ceux qui l'influencent systématisent la prise du pouvoir dans les
médias.
Vous reviendriez sur ce système si vous étiez élu à l'Elysée ?
Sans aucun doute. Je mettrais en place une haute autorité indépendante chargée de défendre le
pluralisme. Et j'inscrirais dans la Constitution l'interdiction de certaines complaisance.
Êtes-vous surpris par les polémiques sur les revenus des ministres ?
Tout pouvoir absolu abuse du pouvoir. Le pouvoir rend stupide. Les cigares des uns, les
avantages des autres... Ils ne voient plus de limites. On ne se rend pas compte à quel point les
gens sont blessés par ces affaires. Il faut en finir avec ces privilèges, deux cent vingt et un ans
après la Révolution, la France a besoin d'une nuit du 4 août.
Il y a un an, Dominique de Villepin voyait un climat prérévolutionnaire...
Les choses ne se reproduisent jamais à l'identique. Mais quelque chose bout dans la société
française. Une rage contre tous ces abus.
Avec son nouveau parti, Villepin peut-il capter cette rage ?
Pour lutter contre ces abus, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Mais comment
peut-on rester adhérent de l'UMP (NDLR : comme Villepin) et prétendre créer un mouvement
d'alternative ?
Serez-vous candidat en 2012 ?
C'est la logique, mais on est très loin de 2012. L'orage que nous allons traverser est tel
qu'on ferait mieux de se concentrer sur la conduite du bateau. Et pas sur ce qu'on fera lors de la
prochaine étape.
Le centre a-t-il un avenir ?
C'est une grande famille politique, selon moi majoritaire dans le pays. Mais elle est
minoritaire aujourd'hui parce que certains de ses membres ont accepté d'entrer en soumission d'un
côté ou de l'autre. Pour moi, le centre ne peut être qu'indépendant.
Que vous inspire l'équipe de France de football ?
Le match, les insultes d'Anelka, cette ambiance de décomposition, tout cela est révoltant. Ce
qui m'a frappé, c'est le nombre de gens qui m'ont dit : "Ce match est à l'image de la France
d'aujourd'hui." Trop de communication, trop d'argent et, sur le terrain, comme une résignation.
J'aime le foot, mais je trouve qu'on en fait trop à son propos. Cela rappelles les Romains, "panem
et circenses", du pain et des jeux du cirque. Il y a des forces qui s'accommodent très bien de ce
que les peuples soient détournés des vraies questions.
Propos recueillis par Martine Chevalet et Henri Vernet.
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des précisions utiles aux adhérents
Posté par : gilco | 21 juin 2010 13:54MERCI pour les précisions apportées dans cet interview. Il fallait le dire, les gens qui ont mouillé (pour un strapotin) avec SAOKO n'ont pas à être les porteurs d'un vrai centre car : ils ne sont PAS INDEPENDANTS et, c'est la réelle raison du centre.
Quant à sa présence au coté du président de la république, j'approuve sa décision de ne PAS PARTICIPER après l'attitude de SARKOSY lors des municipales mais, une question : l'implantation de cette usine est elle antérieure à la nouvelle municipalité ? et les pourparlers ?, je pense qu'il faut le dire ! car, en l'occurence SARKOSY ne doit par être "UN COUCOU"
J'aimerais que, sur les retraites, en tenant compte des participations des ADHERENTS, le positionnement du MODEM nous soit précisé.
Quant à l'initiative de DE VILLEPIN, je me réjouis. plus il y en aura, mieux çà vaudra, dès lors que nous essayons suffisamment tot d'accorder nos programmes pour un éventuel 2è tour....c'est possible.....
IL FAUT en finir! comme en Afrique du Sud..
Posté par : regisr | 21 juin 2010 08:09Enfin une première réponse à la question: Serez-vous candidat en 2012 ? ..C'est la logique.........L'orage que nous allons traverser est tel qu'on ferait mieux de se concentrer sur la conduite du bateau..." on parle beaucoup de gaullisme après ce 18 juin de gaulle cest aussi quelquun qui a dit NON! à ceux qui gouvernaient et entrainaient la France vers la HONTE contre qui personne navait le droit de sopposer malgré lévidence dune décadence et de la perte de son pays.. en salliénant à linalliénable. Hier , entre autre, ce qui sest passé en Afrique du Sud dépasse limaginable ..; François dit "Ce match est à l'image de la France d'aujourd'hui." .. OUI ALORS il faut se poser la question: POURQUOI CECI? NON! ce nest pas toute la faute de 23 joueurs qui ont perdu pied et ne sont pas à leur place . cest la faute à ceux qui les entrainés ici et la rebellion est à limage de ceux qui disent non au commandement , comme le cuirassé Potenkine, comme ceux qui à Verdun ont refusé de continuer la boucherie au prix de se faire fusiller.. et joserai la comparaison au Général qui aurait été fusillé si on lavait attrapé en 40! il y allait de sa vie!.. ce quon a vu hier ce sont des joueurs perdus qui navaient plus rien à perdre disaient-ils car ce dernier match est un enfer .. a moins QUE? on peut rêver ..pourquoi pas il ny en a plus que pour 24h.. cest le système de Fédé qui a reconduit Raymond à qui on aurait rendu service de le remplacer il y a 2 ans et SURTOUT pas un MOIS avant de partir en Afrique du sud! Il était cassé avant de commencer! et SURTOUT cest la faillite du système EDUCATIF on est comme dans un collège ou ce sont les elèves qui font la loi, a qui la faute? aux élèves? NON au système qui les a éduqué ces élèves qui ont perdu toute valeur et efforts mais qui a qui TOUT LEUR EST DU.. cest grave et ça dépasse largement le Foot! cest un révélateur comme vient de le dire françois sur RTL, de la panne de la SOCIETE encore! du système éducatif, républicain actuel pour qui le désir attisé pour lARGENT CASSE TOUT !.. les footeux pro, ce sont des traders en quelque sorte qui ont perdu toute conscience du systeme dans lequel ils sont entrainés et entraine la faillite de toute une économie.. dun pays! NOUS AVONS un énorme Challenge devant nous et ça DEPASSE LARGEMENT LE CLIVAGE GAUCHE/DROITE! cest toute une société DEBOUSSOLEE à reprendre à GUIDER vers le BON CAP et ce nest pas les blablablas de ta patronne R Bachelot qui avait lair aussi ridicule que ses joueurs , sous son casque hier soir à Johannesburg sur TF1avant le match Bresil/cote divoire un BRESIL ROYAL !le Brésil de Lulla.. un pays avec un volonté de sen sortir à toute épreuve! et le résultat sera encore là ! régis 78
foot et politique de haut niveau, les mêmes travers
Posté par : yvesduloiret | 20 juin 2010 21:07Finalement, le sport spectacle de haut niveau et la politique spectacle de haut niveau montrent bien les mêmes dérives : l'argent en trop grande profusion, les lois du marché qui effacent l'éthique, les systèmes de décision opaques ...Dans le sport pro et surtout dans le foot, il y a besoin d'inventer un nouveau mode de gouvernance.
karachi - bettencourt
Posté par : CITOYENNE | 20 juin 2010 20:02Je viens de lire un article de JF Kahn et au autre d'Eva Joly : je persiste à dire que le mot "démocratie", dans mon pays, est une coquille vide.Au niveau où notre société arrive, la démission de ces messieurs et dames, sera la seule solution acceptable.Et je redis encore pour vous-même comme pour les leaders syndicaux : on ne s'assoie pas autour d'une table avec ce Président et ses Ministres, les dés sont pipés dès le départ, c'est même totalement irresponsables d'accepter quelque "dialogue" que ce soit, car NS et ce Gouvernement sont en permanence dans le mensonge et la manipulation. Et je ne reparlerai pas de leur incompétence!Ce que je dis là, je le dis à tous ceux qui sont dans l'opposition. L'intérêt supérieur du pays est en jeu.
Refuser de mentir aux Français, même si ce n'est pas populaire !
Posté par : citizenet | 20 juin 2010 15:00Tout à fait daccord, à deux remarques près : dire la vérité, même si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, est toujours plus populaire que dessayer constamment de rouler une majorité de français dans la farine, car les françaises et les français ont souvent plus de jugeote que ceux qui les gouvernent, cest ce quon appelle le bon sens populaire, sans faire de populisme.
Et surtout deuxième observation, qui explique pourquoi une majorité de français nont pas bien compris comme laffirme François Bayrou, que « le dialogue entre responsables, ce devrait être un devoir », car jajoute pour peu que vous puissiez dialoguer avec des personnes responsables !
En fait, si vous regardez en détail le bilan et le comportement de cet arriviste et ce faire-valoir des nantis quest Sarkozy, depuis bien avant son élection de 2007, vous admettrez que ce triste caméléon de la politique sest plus souvent comporté comme un irresponsable avec qui on ne peut vraiment dialoguer au risque de « rabaisser » sa propre crédibilité, et ce nest pas parce notre leader a du caractère quil doit forcément se compromettre avec un caractériel