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15 mars 2009

François Bayrou : Sarkozy « jette aux orties » l'héritage gaulliste

photographie de François Bayrou

François Bayrou était interviewé par par Rodolphe Geisler et Guillaume Tabard pour Le Figaro ce vendredi 13 mars. « Tout cela, Nicolas Sarkozy n'en a pas parlé pendant la campagne présidentielle. Il n'avait donc pas de mandat pour rayer d'un trait de plume ce patrimoine d'indépendance de la France. Et cela est d'autant plus grave, que c'est en réalité un aller sans retour ».

Le Figaro - La décision de réintégrer le commandement intégré de l'Otan n'est-il pas l'aboutissement d'un processus engagé bien avant Nicolas Sarkozy ?

François Bayrou - C'est ce que nous dit la propagande gouvernementale, pour faire passer une décision si lourde de conséquences ! En fait, nous renonçons à ce qui faisait notre singularité, à ce signe d'indépendance, qui donnait à la France une identité à part dans le concert des nations.

Nous sommes dans l'Alliance atlantique depuis le premier jour et nous n'avons jamais manqué à nos obligations. Mais rejoindre le commandement intégré, ça veut dire être définitivement alignés à l'intérieur d'un ensemble, sous commandement américain, et influence prépondérante des États-Unis. Voyez-vous ce que cela aurait signifié au moment de la guerre en Irak ?

Le Figaro - L'Allemagne qui, elle, était dans cette situation, n'a pourtant pas envoyé de soldats en Irak.

François Bayrou - C'est précisément le fait que la France pouvait dit «non» à cette guerre qui a offert une respiration à l'Allemagne. En acceptant l'intégration, la France s'ampute d'une part du crédit qui était le sien auprès du reste du monde, de l'Afrique, du Proche-et du Moyen-Orient.

L'autre conséquence est que nous renonçons à tout espoir de construire une Europe de la défense indépendante. Souvenez-vous : on nous avait annoncé, promis-juré, que la décision ne se prendrait que si l'Europe de la défense devenait réalité. Que reste-t-il de cette promesse, rien !

Tout cela, Nicolas Sarkozy n'en a pas parlé pendant la campagne présidentielle. Il n'avait donc pas de mandat pour rayer d'un trait de plume ce patrimoine d'indépendance de la France. Et cela est d'autant plus grave, que c'est en réalité un aller sans retour.

Le Figaro - Cela signifie-t-il que si vous étiez élu président de la République, vous ne reviendriez pas sur cette décision de Nicolas Sarkozy ?

François Bayrou - Rien n'est jamais irréversible. Mais un grand pays comme la France ne peut pas changer d'orientation, sur un tel sujet, à chaque alternance.

Le Figaro - Si cette décision est contraire à l'idée d'une Europe de la défense, comment expliquez-vous que les autres pays européens applaudissent à notre retour ?

François Bayrou - Tout cela est humain : ils sont contents que nous abandonnions notre originalité. Nous étions les seuls à rappeler à nos partenaires et alliés que la défense de l'Europe pouvait se construire dans l'alliance, mais dans l'indépendance. C'est à cela que l'on nous fait renoncer.

Le Figaro - N'est-il pas paradoxal de vous entendre invoquer le gaullisme alors que vous êtes issu de la tradition démocrate-chrétienne, historiquement plus atlantiste ?

François Bayrou - La France, c'était un message : la résistance aux Empires. Depuis des siècles, c'est notre histoire. France, c'était résistance. Alliance fiable et fidèle, mais résistance à toute domination. Oui, ce choix fondamental est le mien. Aujourd'hui, l'UMP et ses satellites ont jeté aux orties cet héritage en se ralliant sur tous sujets au modèle de société américain, en se faisant ouvertement défenseurs du capitalisme comme modèle de société, en nous racontant, contre toute raison, que le capitalisme n'est pas en cause dans la crise. Et c'est précisément parce que je suis européen que je m'attriste de voir oublier ce qui dans le modèle européen nous différenciait de la société américaine.

Et quelle misère de penser que tout cela est décidé avec l'accord, explicite ou tacite, de ceux qui se présentaient comme héritiers du gaullisme ! On annonce qu'au seul moment qui compte, celui du vote à l'Assemblée, ils ne seront pas là… S'ils se taisent sur cette décision, sur quoi parleront-ils ?

Le Figaro - Approuvez-vous les propositions de réforme des collectivités locales présentées par Édouard Balladur ?

François Bayrou - Je défends depuis longtemps l'idée d'un rassemblement des départements et des Régions, dans un même ensemble chargé de l'aménagement du territoire, administré par les mêmes élus avec une seule administration. En conseil régional, les élus délibéreraient de la stratégie, économique ou universitaire, par exemple. En conseil départemental, ils se prononceraient sur ce qui est local, par exemple le social ou les établissements scolaires, lycées et collèges. J'ai proposé que ces élus soient pour moitié représentants de territoires, au scrutin personnel, et pour moitié élus au scrutin de liste, représentant les opinions. Il me semble que le rapport Balladur n'est pas loin de cette vision. Pour le reste, la consécration de métropoles, Paris-Seine ou les dix métropoles régionales me laisse plus interrogatif.

Le Figaro - Que pensez-vous de la proposition de Jean-Pierre Raffarin de fusionner sa Région de Poitou-Charentes et votre Région Aquitaine ?

François Bayrou - Je n'y crois pas et je pense que cela, de toute façon, ne se fera pas. Songez qu'il faut déjà trois heures pour aller de Pau à Bordeaux. Imaginez jusqu'à Bressuire…

Le Figaro - Outre-mer, la création de collectivités uniques, auxquelles vous vous étiez opposée en 2004, est-elle aujourd'hui une solution à la crise ?

François Bayrou - J'ai fait campagne pour le «non» dans le référendum antillais de l'époque, parce qu'on supprimait le statut départemental, sans dire ce qu'on allait mettre à la place. Comme on dit en créole «Mwen ka pa ach'té chat en sac». On n'achète pas sans voir ce qu'on achète. On ne lâche pas la proie pour l'ombre. Aujourd'hui, l'idée de rapprochement département-Région règle la question pour tous les territoires de la République, outre-mer et métropole. Et je trouve une loi générale plus intéressante et moins discriminatoire qu'une multiplication des situations d'exception.


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Il faut sauver la France et l'UE !

Posté par : sebsebastien | 16 mars 2009 11:23


On peut le faire ! FAISONS UN REFERENDUM D'INITIATIVE PARLEMENTAIRE.

Comment :

1. Convaincre les socialistes. Il faut 184 parlementaires pour "initier" le référendum. Ils en ont 186 !!! (Non, ce n'est pas mission impossible !)

2. Convaincre les Français. Pourquoi ne pas mettre en place une pétition géante pour recueillir les 4 millions de Français nécessaire pour "soutenir" le référendum ?

3. Faire une proposition de loi dans ce sens

4. Rappeler aux "juristes" que la Constitution n'est pas une loi décrétée ! Ce qu'elle dit suffit pour être légale et légitimée ! La loi organique n'est là que pour apporter un supplément.

5. Si cette proposition de loi n'est pas examinée, dans un délai de 1 an : REFERENDUM !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Otan

Posté par : pastel | 16 mars 2009 09:04

Adepte sans faille de Bayrou depuis 2002, je suis en désaccord avec sa position concernant la réintégration de la France dans les structures militaires de l'OTAN. Cette dernière permet au contraire à la France de peser de tout son poinds dans l'OTAN et de renforce le pillier européen de notre défense. Je renvoie à l'excellent article de Jean Quatremer à ce propos, dont je partage à 100 pour cent l'analyse: http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2009/03/otan-un-débat-surréaliste.html


DE GAULLE

Posté par : mamiep | 14 mars 2009 20:07


Je suis "MoDem" à 200 pour cent ,mais de grâce cessons ces références à De Gaulle, Mitterrand, Mendès-France. Certes ils ont été grands à leur époque, mais ils ont aussi fait des erreurs .De plus avec le XXI ème, nous sommes entrés dans une nouvelle ère et ce qui était vrai hier ne l'est plus aujourd'hui .Pensons par nous même ,nous ne manquons pas d'arguments .Les "gaullistes" ,les "mendésistes",les "mitterrandistes ras le bol !Pour rassembler ,il faut être "Nous-Mêmes". Sinon nous risquons de plaire aux uns mais déplaire aux autres .Simple avis de militante ni gaulliste ,ni mitterrandiste ,ni mendésiste .Tout simplement Démocrate et Humaniste ,vaste programme !


Commentaires des lecteurs du Figaro

Posté par : VIEUXSACHEM | 14 mars 2009 10:47


Ceux qui disent que Bayrou est un homme de droite se gourrent ; il suffit de lire les commentaires des lecteurs du Figaro.fr pour s'en convaincre. Insultes, moqueries, calomnies, grivoiseries assimilations: ces lecteurs de droite n'y vont pas de main morte, si l'on peut dire, pour salir et démolir François Bayrou. Si vous répliquez sur le même ton-je sais, ce n'est pas charitable-, les modérateurs, Sarkozystes zélés vous censurent à tire-larigot. J'espère que ces injustices se retourneront contre les auteurs de ces incivilités et surtout leurs commanditaires le 7 Juin prochain.
Vive la démocratie et à bas le sectarisme et l'esprit partisan.


Sarkozy bafoue la DE MO CRA CY

Posté par : regisr | 13 mars 2009 18:45

Comme le dénonce François, Sarkozy n'a pa été élu avec ce mandat qui n'était pas dans son programme qu'il fasse un refrendum c'est le minimum ! L'Europe a tout à perdre car elle perdra le peu d'indépendance qui lui reste, Villepin n'aurait pas pu dire NON à la geurre en irak et ça a pesé... dans la suitye des débats. Obama suivait cette ligne rappelons le, et adherai à la position de la france qui exsitait car nous n'étions pas dans l'OTAN ! Obama ne peut qu'être content que sarkozy se range derrière lui mais la france perdra de sa considération personnelle et il ignorera encore plus sarkozy comme quand celui ci voulait a tout prix être le premier à le féliciter en voulant se rendre dès le premier jour de son election à Chicago mais obama lui a tourné les talons, sarkozy, un vrai pantin ! Le monde à venir a besoin de partenaires d"égal à égal et l'avenir qui était après "45" l'alliance atalantique pour se protéger de la guerre froide est /ouest a changer complètement de direction maintenant c'est ouest /est coté pacifique entre le continent américain et le continet Asiatique USA / CHINE c'est le nouveau "front" l'Europe doit être le troisième partenaire appelé à equilibrer la globalisation du monde..et à s'occuper des pas d'afrique et des pays arabes car l'amérqiue d'Obama a trop faire a son propre redressement et avc ela chine dont elle dépend aujourd"hui avce ses "fameux bons du trésor" dont dépend l'économie américaine l'OTAN n'a plus vraiment lieu d'être dans sa definition actuelle. ce qui nous avons besoin c'est de coalition Medvedev se "dresse" contre Poutine en se rapprochant de l'europe, Poutine se tourne vers la Chine qui se dresse contre l'amérique avec la Corée le nouveau Cuba.. la girouette geopolitique s'est trournée en amérique de l'atlantique vers le pacifique en faisant un 180° Alors que l'Europe doit se regrouper de ses 27 états, sarkozy a tout faux en voulant se rallier à l'alliance atlantique obsolète. Obama va s'attacher à une nouvelle alliance , l'alliance pacifique avec la corée du sud et le Japon et l'inde pour contrer la chine qui va denir la nation la plus influente et "dangereuse peut être ?SARKOZY est à contre courant de l'histoire.. OUI il faut agir avec tous ceux qui s'opposent: gaulliste, socialiste, radicaux , villepeniste, chiraquien... il faur arrêter Sarkozy qui encore une fois, désoriente la France.



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