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4 décembre 2009
François Bayrou : "Le premier secret pour l'égalité des chances, c'est l'école, de la maternelle à l'université"
Dans un entretien accordé au quotidien "Le Figaro", vendredi 4 décembre, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, revient sur l'actualité politique, ainsi que sur l'ouverture aujourd'hui du Congrès programmatique du Mouvement Démocrate à Arras (Pas-de-Calais).
Le Figaro : Même pour les églises ? François Bayrou : Aujourd'hui, quand on construit rarement des églises, elles sont sobres et non triomphalistes. Les cathédrales, c'était «Dieu triomphe». Les temps ont changé. Mais surtout, il y a une question à traiter : il faut une réciprocité dans la compréhension, pour ne pas employer le mot de tolérance que je n'aime pas. Aujourd'hui, dans bien des pays où l'islam est religion officielle, les églises, les lieux de culte chrétien n'ont pas leur place, certains sont persécutés. Nous devons dire que cette compréhension qui est notre loi, nous exigeons qu'elle ne s'arrête pas à nos frontières. Allez-vous prendre part au débat sur l'identité nationale ? Je défends une idée ouverte de la nation. Je le dirai. Mais je suis opposé à l'instrumentalisation électorale de ces sujets. La laïcité ne concerne pas seulement la religion, elle refuse à l'État de s'emparer des consciences ! Il n'y a rien de plus facile et de plus dangereux que de tirer un peuple vers le bas. Les questions d'identité, de religion, sont explosives. Entretenir la peur des uns contre les autres, c'est décomposer un peuple. Un dirigeant digne de ce nom tire le peuple qui l'a élu vers le haut, lui donne de grandes aspirations, le rassure et le rassemble. Où en est votre dialogue avec le PS ? Nous voulons une autre société que celle qu'on est en train d'imposer en France. Comment l'obtenir ? D'abord en fixant ses idées, ensuite en acceptant le dialogue avec les grands courants démocratiques du pays qui veulent l'alternance et, un jour, en travaillant avec eux. Et pour moi, des gaullistes aux socialistes ouverts, en passant par les écologistes, il n'y a aucune exclusive. Je ne vois pas dans ces courants des adversaires : j'y vois des concitoyens qui ont les mêmes inquiétudes que les nôtres, et je suis sûr qu'un jour ils peuvent devenir partenaires. Chaque fois que le général de Gaulle a assumé la charge de rebâtir le pays à partir des fondations, il a réuni les grands courants démocratiques du pays. Jusqu'où êtes-vous prêt à aller ? Pas de limite au dialogue. Quand j'écoute attentivement les responsables de ce grand «arc central» que j'appelle de mes vœux, je ne vois rien dans les valeurs fondamentales qui les séparent irrémédiablement. Socialistes ou Verts, écologistes, droite sociale, républicains, tous quand on parle avec eux sont préoccupés par l'endettement du pays, tous ont le souci de la question sociale et environnementale. Tous veulent une économie vivante, une démocratie restaurée. Il y a des nuances plus que des divergences et quand il y aura des divergences, c'est le pays qui les tranchera au premier tour des grandes élections. Vous imaginez des partenaires dans la «droite sociale», à qui pensez-vous ? Nicolas Sarkozy a fait dévier la droite française de ses valeurs. J'ai connu une droite républicaine, ouverte, sociale, avec le souci de la justice. On dirait qu'elle a disparu. Où sont les Chaban d'aujourd'hui ? J'entends bien les réticences exprimées par Alain Juppé par exemple. Mais pour l'instant, cela est dit à mi-voix. J'ai la certitude que cette sensibilité n'a pas disparu. Le jour viendra où elle se réveillera. Dominique de Villepin est-il un partenaire potentiel ou un adversaire électoral ? Je suis sûr qu'il partage la même analyse et j'espère qu'il le dira. Dire «jamais avec la gauche », ou «jamais avec des gens qui viennent de la droite», ou «jamais avec le centre», c'est dire « jamais d'alternance». Je sais bien qu'il est dérangeant de sortir des schémas qui ont un demi-siècle. Même pour moi, cela constitue un effort. Mais c'est la condition même du changement politique en France. Le MoDem réunit ce week-end un congrès à Arras. Quels en sont les enjeux ? Le premier enjeu, au-delà des régionales, c'est le projet, avec deux mots clés «humanisme » et «réformisme». Pourquoi parler de projet en ce moment ? Il n'y a pas d'élections nationales… Il y a un immense besoin d'espoir. Beaucoup de Français sont désabusés, certains indignés de la manière dont on les gouverne, mais ils ont besoin qu'on leur propose concrètement un autre chemin. Et quelles sont vos réponses ? Un projet juste et efficace soutenable au travers des générations. À l'intérieur de la même génération, c'est une question de justice : on demande plus à celui qui peut plus, et moins à celui qui peut moins. Et surtout entre générations, la solidarité, c'est protéger les générations à venir en leur offrant un environnement préservé ou restauré, et pas de dettes. D'où l'importance de finances publiques reconstruites. D'où l'importance d'une réforme juste pour les retraites. Nous proposons un régime par points. Du point de vue social, la question la plus urgente, c'est l'égalité des chances. Jamais l'échelle sociale n'a été si dure à gravir pour ceux qui viennent d'en bas. Le premier secret pour l'égalité des chances, c'est l'école, de la maternelle à l'université. Elle sera donc notre priorité, en termes d'efforts comme en termes d'exigence. Ensuite l'emploi. Et pour nous, l'emploi, c'est d'abord l'entreprise et particulièrement les PME et les très petites entreprises. L'aide dirigée vers les très grandes entreprises, cela ne marche pas. Pour nous, la reconquête passera d'abord par une aide à l'entreprise innovatrice de taille moyenne ou petite, plus souple. Et pour la création d'emplois, l'aide déterminante ce sont les deux emplois créés par entreprise sans charges autres que la retraite. Et pour les régionales ? Nous sommes antijacobins. Nous défendons la réalité régionale. Nous avons choisi une génération de «sabras», enracinés dans la vie de leur région et qui l'aiment. C'est une génération à grand potentiel. Nos candidats ont la dimension de la fonction à laquelle ils aspirent. Et les idées qui vont avec. Propos recueillis par Rodolphe Geisler et Philippe Gouillaud.
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Les derniers commentaires ... Tous les commentaires
@coolfifi il n'est pas question de vanter le communautarisme..
Posté par : regisr | 5 décembre 2009 09:43François Bayrou :..." Aujourd'hui, quand on construit rarement des églises, elles sont sobres et non triomphalistes. Les cathédrales, c'était «Dieu triomphe». Les temps ont changé. Mais surtout, il y a une question à traiter : il faut une réciprocité dans la compréhension, pour ne pas employer le mot de tolérance que je n'aime pas. Aujourd'hui, dans bien des pays où l'islam est religion officielle, les églises, les lieux de culte chrétien n'ont pas leur place, certains sont persécutés. Nous devons dire que cette compréhension qui est notre loi, nous exigeons qu'elle ne s'arrête pas à nos frontières....." je suis 100% d'accord avec cette précision apportée par François.. sans doute n'ai-je pas été assez clair.. mais j'insiste nos sociétés évoluent quoiqu'on le veullie ou non... ça me rappelle un chapitre de Barack Obama "les rêves de mon père" qui visitant la moitié "noir" de ses origines et ancêtres qu'il n'avait jamais connu , durant toute son enfance, né en Amérique. il était remonté le plus loin possible vers ses ancêtres pour essayer de comprendre: il disait en gros (on pourrait retrouver le chapitre en fin du livre chapitre "kenya"..) je pense qu'il est illusoire de vouloir revenir aux sources et redonner le vrai sens originel à ses sources car quel est-il ? de qui? de quoi? sommes nous des descendants et quelles sont nos véritables coutumes ancestrales.. quand on parle du kenya on vante les qualités du thé par exemple mais le thé n'est pas du tout ancestral mais a été une imporation des britanniques comme bon nombre de ce qui est devenu coutume au Kenya.et cci s'applique à la majorité des pays. il faut voir devant et tout faire pour qu'on puisse vivre au mieux entre citoyens quelques soient lses origines.. être français est-ce renoncé à nos coutumes provinciales le patois auvergnat ou poitevin, la langue bretonne, le corse etc..on voit bien que tout celà perdure.. malgré tout nos églises sont différentes du nord à la provence les églises ont romanes gothique ou barroques, l'influence bizanthine à Venise en a fait sa grandeur.. ce qu'il faut préserver ce sont les évolutions tout en douceur pas de cassure pas de révolution.. et j'insiste sur les bienfaits du métissage qui restera toujours limité mais qui devra être suffisamment important pour casser ce communautarisme qui fait mal effectivement s'il est getthotisé..comme dit Azouz Begag: "La première priorité doit être de mener une vraie politique volontariste de répartition du logement social. Nous disposons de certains outils, comme la loi SRU de 2000, mais il faudrait une implication totale de l'Etat pour la faire respecter. " répartition oui intégration oui éducation oui respect oui..et il ajoute " ...le président Sarkozy est arrivé au pouvoir en jouant sur la peur. Disons-le clairement, les Noirs et les Arabes des cités constituent la grande majorité des habitants des cités. Ils sont victimes d'un racisme diffus sur lequel n'hésitent pas à s'appuyer certains politiques. Il faut une parole forte qui redonne à ces populations les plus vulnérables leur légitimité de citoyens." .. d'accord! c'est pas aussi simple..mais encore faut-il vavoir cette volonté ! Régis78
réaction au communautarisme vanté par regisr
Posté par : coolfifi | 4 décembre 2009 17:38Oui dans les pays anglo-saxons, les différentes cutures vivent côte à côte dans leur getto ou leur bunker, évitent de se mélanger, évitent de se marier hors de la communauté, élisent des représentants politiques de leur communauté et c'est ce patchwork qui fait le visage des Etats-Unis. C'est ce regroupement entre soi qui fait qu'on ne devient jamais un anglais si nos ancêtres ne le sont pas, mais qu'on vit en Grande Bretagne dans le cocon de ceux qui nous ressemblent sans jamais se sentir intégré. La tradition universaliste française n'a rien à voir avec ce communautarisme ségrégationniste et personnellement, j'en suis fière même s'il est vrai que notre fascination pour la réussite matérielle des pays anglo-saxons les 20 dernières années, a fait des ravages dans notre propre modèle culturel, qui ne sait plus trés bien où il en est et malheureusement, on s'est mis à notre tour à tolérer puis à sécréter des gettos de toutes sortes. Que dans le cadre de la famille, à l'intérieur des lieux de culte, à l'intérieur des associations, chacun soit libre de perpétuer les traditions de la culture d'origine de ses ancêtres, cela fait partie de la liberté et de l'égalité qu'impose la République. Par contre, que les piscines soient louées pendant certaines heures pour n'être accessibles qu'aux femmes, parce que certaines de ces cultures qui se sont réfugiées en République, nient l'égalité homme/femme, ça me pose un problème. J'ignore si mes ancêtres sont réellement des gaulois, descendent de Diderot ou viennent en partie de contrées plus exotiques, mais qu'importe, la base historique commune que je veux partager avec mes concitoyens c'est celle de ce territoire e ces ancêtres qui ont créé ce pays, modelé ses paysages, ses villages comme ses valeurs. Si par ailleurs, chacun pouvait avoir une connaissance plus universelle, connaître l'histoire de ses ancêtres ou des ancêtres de ses voisins, ce serait formidable mais il faut d'abord commencer par ce que nous avons en commun et pour moi, c'est ce terriroire et cette langue, c'est ce qui a constitué la France. Il n'est pas pour moi, question de nier que la France a toujours été un pays d'immigration. Mais les gens qui y ont immigré, y sont venus pour partager le mode de vie et les règles communes aux français et même si personne ne quitte vraiment son pays natal, le coeur léger, ils avaient du respect pour la France, parfois même de l'admiration. Ceux qui y sont venus pour imposer leur mode de vie et leurs valeurs aux français ont toujours été traités d'envahisseurs et combattus comme tels. Donc oui au respect des cultures de chacun dans leur espace privé, et non au renoncement à nos valeurs républicaines pour se plier à la polygamie institutionnelle des uns, au port des armes des autres, à l'excision des petites filles, j'en passe et des meilleures. S'ils estiment que les règles et les valeurs de la France sont incompatibles avec les règles que leurs cultures d'origine leurs ont inculqué, alors ils refusent d'être français. Je ne considère pas qu'il revient à la France de changer dans ses règles et ses valeurs pour se conformer aux autres cultures (lesquelles? toutes?) même s'il va de soi, qu'une culture évolue lentement au cours du temps. Pourquoi renoncerions-nous à notre culture alors que ceux qui viennent se réfugier chez nous, eux refuseraient la moindre adaptation? C'est pourquoi j'apprécie la précision et prudence des termes utilisés par François Bayrou. Dans une tout autre époque que la nôtre, je trouverais imbécile que l'on s'inquiète d'un minaret. Il est juste et normal et sans doutre même trés sain, que les lieux de culte de chacun soient aussi fonctionnels, beaux et peut-être même visibles que possible. Mais dans une période de perte de repères de certaines populations issues de l'immigration qui non seulement refusent d'être français mais passent leur temps à dénigrer ce que la culture française représente et sont adeptes ou victimes d'un prosélytisme islamiste, sournois ou aggressif, je craindrais que les minarets ne soient ressentis par d'autres populations, chrétiennes ou juives comme un envahissement et une acculturation, une négation de notre spécificité historique. Il me semble que dans une période où comme le rappelle François Bayrou, les chrétiens sont persécutés, interdits dans les pays musulmans, il n'est pas inutile d'éviter de renforcer les antagonismes et les peurs des français juifs, chrétiens ou athées vis à vis des français musulmans dont certains semblent vivre davantage à travers leurs télévisions paraboliques qu'avec la France, ses fiertés, ses combats comme ses échecs. Il me semble que le lien de solidarité est déjà tellement fragiles entre les français des villes et des campagnes, de la capitale et de la province, du public et du privé, des classes populaires et des nantis, qu'il me semble vraiment inutile d'exacerber davantage les différences entre les communautés cultuelles. Dans cette période, on a plus besoin que jamais de retisser de la solidarité et ça ne se fera pas en braquant les uns contre les autres. Alors on peut peut-être attendre un peu de sérénité, pour faire de jolis phares à côté des cathédrales.
@ cefrandpt77
Posté par : regisr | 4 décembre 2009 12:15on lit sur Wikipedia: "La postmodernité est une ère ou une étape historique de la fin du XXe qui succède ou remplace la modernité et clôt les temps modernes. Elle émerge, après l'effondrement des idéologies de s'inscrire dans le prolongement du structuralisme et du déconstructivisme, tout en critiquant l'héritage du freudisme et du marxisme. Le mouvement artistique du postmodernisme se situent dans la perspective de surmonter le désenchantement du monde[réf. nécessaire], après la désagrégation des repères culturels ou religieux provoqués par le modernisme, et l'échec patent du mouvement moderne et des utopies révolutionnaires."... je pense que le mouvement démocrate s'insrit effectivement vers un idéal voire une utopie MAIS qui contre les mouvements idéologique ou utopiste révolutionnaire ET c'est là tout l'attrait de ce mouvement: un idéal place un obejctif qui ne fait que se diriger vers la démocratie: Le terme démocratie s'oppose historiquement aux systèmes monarchiques ou oligarchiques où le pouvoir est détenu et transmis au sein d'un petit groupe alors pourqoui pas cet idéal, le meilleur des guides ! Régis78
l'EDUCATION de la petite enfance à l'âge adulte...
Posté par : Etoile66 | 4 décembre 2009 10:44D'accord avec le sens du titre, je comprends fort bien ce que F. Bayrou demande et suis d'accord. Mais pas avec les mots choisis. Le mot "maternelle" est profondément à revoir en France, à plus forte raison lorsqu'il lui est adjoint le mot "école" pour des enfants de 3 à 6 ans... Et l'Université n'est pas le lieu de formation pour tous les jeunes d'une génération. "Maternelle" a été lancé par les "hommes" au pouvoir lors de cette désignation et induit que les personnes qui "gardent" les enfants - terrible mot - n'ont pas droit au même respect - et donc aux mêmes rémunérations ni aux mêmes études que ceux qui enseignent en Université... Alors que lorsqu'on construit une maison, ce sont les fondations les plus importantes, sinon la belle maison s'écroule. Envoyer des enfants dans une "école" ("maternelle") est en outre un mal français, car les enfants de cet âge, tous comme les petits des animaux, n'apprennent vraiment bien que par le JEU en toute liberté. A mon avis, il faut revoir absolument le concept et les mots qui l'accompagnent. En outre, F. Bayrou dit "de la maternelle à l'université". Ce serait bien si c'était un ensemble qui ait cette vision et cette conception de la petite enfance à l'âge adulte. Mais les corporatismes sont tels dans le pays que les profs de lycée se considèrent supérieurs à ceux de collèges qui eux, se sentent supérieurs à ceux du primaire et tous ceux-ci méprisent gentiment ceux qui ont la charge de la petite enfance, que l'on appelle "maternelle"... Le tout étant chapeauté par les profs d'université qui eux, se sentent supérieurs à tous les autres, le summum étant ce qui se déclare eux-mêmes "l'élite", les chercheurs du CNRS... Pourquoi la mission de former les citoyens de notre pays n'est-elle pas faite d'un bout à l'autre par des personnes ayant la même valeur, le même statut et la même rémunération ??? Ce qui existe actuellement est archaïque, cloisonné, corporatiste et n'a pas le développement du futur adulte comme principal objectif, mais la défense de sa propre corporation. Triste, il y a beaucoup de travail pour faire passer cette vision de l'ENFANT dans la SOCIETE, adulte de demain...
SOUTIEN
Posté par : cefrandpt77 | 4 décembre 2009 08:38Les propos de F B sont apaisants et parfaitement justes, mais ne sont ils pas idéalistes voire utopiques ? les français sont tellement ancrés dans leurs habitudes droite/gauche .... et entre politiques défendre sa chapelle n'importe t il pas plus que le bien être commun ? On peut rêver à une sorte de Bayroumania ! Fasse t-il qu'il soit entendu !