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20 janvier 2010
Nomination et rémunération d'Henri Proglio : "une offense faite aux principes élémentaires de la démocratie", pour François BayrouFrançois Bayrou était l'invité, mercredi 20 janvier, de l'émission "Les questions du mercredi" sur France Inter, en partenariat avec Dailymotion et Le Monde :
François Bayrou : - Je dis une chose, c’est une interrogation. Quand cette folie va-t-elle s’arrêter ? Imaginez que nous écoutent en ce moment des millions de personnes pour qui les difficultés de la vie sont réelles, les salaires bas, les difficultés en fin de mois importantes. S’ils suivent un peu l’actualité ils ont entendu M. le ministre de l’économie dire au Sénat quelque chose de simple : il y a un certain nombre de gens qui s’étonnent de ce que M. Proglio puisse avoir une double dépendance, une double fidélité, l’une à des intérêts publics, l’autre à des intérêts privés, mais en tous cas je vous assure qu’il n’aura qu’un seul salaire. On apprend aujourd’hui qu’il a un salaire très important, 50% de plus que son prédécesseur à la tête d’EDF, et qu’en plus il aura salaire et avantages à la tête du conseil administratif d’une entreprise privée, ceci est une atteinte à la décence et aux principes qui font qu’en France on a une idée très importante du service public et de l’entreprise publique. Nous pensons qu’elles doivent défendre l’intérêt général et non pas des intérêts particuliers. Or, si vous êtes salarié d’une entreprise privée, naturellement vous êtes en charge d’en défendre les intérêts. En plus il se trouve qu’entre EDF et Véolia il y a des liens… Françoise Fressoz : - En fait, c’est moins le montant du salaire que le mélange des genres qui vous dérange. N’est-ce pas le prix à payer pour avoir de bons chefs d’entreprises ? F.B. – C’est un montant excessif. Je ne crois pas du tout à cette fable. Est-ce que vous connaissez des chefs d’entreprise qui s’en vont ? En tous cas, le monde du privé fait ce qu’il veut. On peut porter un jugement d’équilibre, on a le droit de juger les déséquilibres de ce monde. Mais en tout état de cause, le monde du public ne peut pas l’accepter. Or, cette décision de faire contre tous les engagements du gouvernement de faire double salaire et donc double dépendance pour le président d’EDF n’a pas pu être prise sans l’aval du président de la République. J-F.A. - Christine Lagarde parle de double rémunération… F.B. - Oui ce n’est tout de même pas rien de cumuler deux rémunérations, l’une de 1,6 millions d’euros, l’autre de 450 mille euros. C’est un cumul que je trouve insensé. Je pense qu’ils sont au point de ne plus se rendre compte. Beaucoup de mes amis qui m’avaient soutenu m’ont dit que j’étais excessif. Et bien aujourd’hui on voit jour après jour jusqu’où conduisent les choix de valeurs qui sont ceux du pouvoir aujourd’hui. Ce choix de valeurs doit amener à se demander quand les républicains vont-ils se réveiller ? Je parle de ceux qui pensaient que la France était un pays où il y avait de la décence et un certain nombre de principe, dont le principe qu’en France on considérait que l’intérêt général dans la sphère publique devait être le premier servi. J-F.A. - Pour le salaire de M. Proglio vous mettez directement en cause le président de la République ? F.B. - C’est le choix direct et personnel du président de la République. Même Mme Lagarde n’était pas au courant. Dans tous les postes de responsabilité de la République française, il y a l’installation d’hommes liés entre eux par des réseaux d’intérêts. Il faudra bien qu’on dise un jour que ça ne peut pas durer. Il faudra que les républicains de quelque rive que ce soit disent qu’on nous entraine dans des dérives que les Français ne peuvent pas accepter. Je n’aurais jamais cru qu’on pouvait en arriver là. F.F. – Mais bien gagner sa vie, est-ce une dérive ? F.B. – 2,1 millions d’euros plus les avantages, ce n’est pas bien gagner sa vie. Tout ceci est gifle pour tout le monde. Il y a une valeur d’éducation civique lorsqu’on est à la tête d’une grande entreprise comme EDF. Et en plus on assiste aux conflits entre EDF et Areva, l’un voulant prendre le contrôle de l’autre. Vous rendez-vous compte du poids et de l’influence qu’une entreprise publique comme EDF associé à Véolia peut avoir sur la société comme dans l’univers de la presse ? Tous les journaux sont au bord de la chute. Combien ces entreprises donnent-elles de publicité ? Des centaines de millions. Ce qui veut dire que lorsque les moments sensibles viendront, et ils viendront, l’installation de tous ces hommes de responsabilité n’est pas anodine. Les principes qui régissent les démocraties partout dans le monde, qui sont les principes de séparation des pouvoirs, non seulement au sein du pouvoir politique, exécutif, législatif, judiciaire, mais aussi les principes qui devraient édifier un mur de verre entre intérêts publics et intérêts privés, entre le pouvoir, l’économie et les médias. F.F. - Vous voyez un grand complot entre les amis du président ? F.B. - Je ne parle pas de complot, je parle d’une entreprise délibérée. F.F. - Mais ça n’empêche pas la presse de pointer ce qui pourrait être assimilé à une dérive. F.B. - Qu’on considère comme notable que des remarques puissent être faites sur ce sujet. Encore une fois je ne crois pas que ce soit par hasard que ce réseau d’influence est en train de s’installer à tous les carrefours de pouvoir de la société française. F.F. – Vous demandez la démission de M. Proglio ? Qu’il rende l’argent ? F.B. – Je demande que les républicains fassent leur travail en disant : « ceci est inacceptable, ceci et bien d’autres choses. » Lorsque je me suis exprimé pour la première fois sur la nomination de M. Proglio, on a été peu nombreux à le faire. La question, ce n’est pas de savoir s’il est un bon chef d’entreprise, mais l’offense faite aux principes élémentaires qui doivent régir l’organisation d’une république était là depuis la première minute, et ce que nous avons sous les yeux en est la confirmation. J-F.A. - La crise n’a-t-elle rien changé aux mentalités et comportements ? F.B. – La crise a révélé les dérives et leurs conséquences. Mais celles-ci existent depuis le début des temps. L’esprit d’âpreté au gain, d’avidité existe depuis que les hommes sont hommes, mais il devrait exister des institutions pour cadrer, spécialement en France, car nous ne sommes pas un pays comme les autres. Nous sommes un pays qui s’était fixé depuis le début comme principe que l’argent ne règlerait pas tout. Lorsque le Général de Gaulle disait que la politique de la France ne se fait pas à la corbeille de la Bourse, c’est à dire sur les marchés, il ne disait pas autre chose que cela. Le contrat fondateur au bas duquel Nicolas Sarkozy a apposé son nom, notamment le soir du Fouquet’s, ce contrat fondateur là disait que désormais, entre intérêts publics et intérêts privés, il n’y aurait plus ce mur de verre qu’on avait respecté jusque là et qu’on allait s’arranger entre amis. Prenez la liste de ceux qui étaient là au Fouquet’s, et vous allez voir ce qu’on a fait pour eux depuis cette élection. Par exemple le mois dernier, on était peu nombreux à monter à la tribune de l’Assemblée pour dire que c’était inacceptable en France. On a donné les jeux sur Internet à une série d’intérêts privés qui étaient naturellement assis sur les banquettes ce soir-là. Les jeux en ligne, c’est à dire le risque de voir l’addiction des jeunes par des centaines de millions de publicités annoncées, et puis ensuite le risque de se retrouver avec de l’argent gris ou noir, ce que la France a interdit depuis 150 ans. F.F. – Mais ne peut-on pas aussi se dire que Henry Proglio n’est pas capable de sauver la filière nucléaire et que ça vaut le coup ? F.B. – Je ne crois pas qu’il n’y ait eu en France qu’un homme pour assurer cette responsabilité. Henry Proglio n’était pas dans le nucléaire, il était dans l’eau et les déchets. C’est quelqu’un qui a sûrement de la surface, mais je suis certain qu’il y a des gens plus jeunes qui avaient expérience et capacité dans ce domaine. En tous cas si on voulait Henry Proglio il fallait lui imposer des règles qui pour l’instant sont foulées au pied tous les jours. J-F.A. - Marc Lambron, vous avez écrit sur Nicolas Sarkozy, partagez-vous l’avis de François Bayrou sur le pouvoir du chef de l’Etat et sur la relation entre le pouvoir et l’argent ? M.L. – J’aurais plutôt envie de poser une autre question à François Bayrou et de le faire parler de lui. Il y a deux types d’hommes politiques en France, il y a ceux qui suivent une carrière et ceux qui se sentent appelés par une destinée. J’ai l’impression que vous êtes plutôt de la deuxième catégorie. Qu’est-ce qui vous donne ce sentiment d’une élection, dans tous les sens du terme ? F.B. – La réponse va probablement vous surprendre. Je suis persuadé que tout le monde a un destin. J’ai connu de très près des femmes humbles pauvres, qui avaient un destin. J’ai connu des hommes sans fortune, sans privilèges qui avaient un destin. Pour moi, élever ses enfants pour une mère de famille, c’est un destin. Vous vous souvenez, parce que vous êtes un des hommes les plus cultivés de France, de Péguy qui disait du père de famille : « le dernier aventurier des temps modernes ». C’est un destin. Parmi ces destins, il y en a un certain nombre qui voit la vie en se disant qu’ils en sont responsables, d’une certaine manière. Je porte une part de responsabilité, et peut être que si je me tais, personne ne parlera. Parce qu’il y a des réseaux d’intérêts et d’obligations qui sont tellement puissants, et qu’il faut prendre tellement de risques pour se dresser contre eux, que je comprends qu’on soit impressionné. Je comprends les gens qui disent que le destin qu’on leur propose est héroïque, et qu’ils ne puissent pas. Si vous saviez combien de gens m’ont dit ça depuis plusieurs années : « Je comprends ce que tu fais, mais c’est trop dur pour moi ». Mais je n’ai aucune solitude. Je veux dire, dans le monde des élus, des notables, oui. Ils sont tous là, contrairement à ce qu’on dit. Quelques fois, ils viennent me voir pour me dire qu’au fond, j’avais raison. Tout le monde a un destin, mais il faut avoir traversé du temps pour accepter de prendre les risques les plus importants. M.L. -Vous parliez à l’instant des réseaux d’intérêts. Ces réseaux se structurent d’une manière droite/gauche, et vous jouez souvent le rôle du "troisième homme". Est-que le troisième homme n’est pas celui qui spécule sur la déception, les déçus de gauche, les déçus de droite, et est-ce que l’addition des déçus compose une majorité ? F.B. - Les réseaux d’intérêt, aujourd’hui, ils ne s’organisent plus en droite contre gauche. Ils tiennent très souvent une influence dominante sur droite et sur gauche. Ils ont des billes et des amis dans tous les camps. Ils cultivent soigneusement ces amitiés parce que comme cela ça fait une assurance tout risque. Si jamais l’un rate, alors ils ont une assurance au niveau de l’autre. Ce sont les amis de tout le monde. Kipling parle de Kim comme du « petit ami de tout au monde ». Ils sont les amis de tous ceux qui sont sur d’avoir un jour le pouvoir, et ennemis de tous ceux qui résistent à ces influences. M.L. – Et vous seriez le vertueux qui n’est l’ami d’aucun de ceux-là ? F.B. – Dans le privé il y en a beaucoup qui me paraissent sympathiques. Mais je suis je vous le jure à l’abri de toute influence de cet ordre, et d’ailleurs ils le savent tellement qu’ils n’essaient même plus et qu’au contraire un certain nombre me ciblent avec une régularité digne d’éloges, et vous savez lesquelles. Cela est révélateur de la nécessité qu’une voix libre du Centre dise qu’on va mener le combat avec nos forces comme elles sont, même si elles sont faibles. Il faut qu’on rétablisse les principes d’une république élémentaire. Je ne demande rien d’élaboré, mais qu’on respecte les principes qu’on a donnés au monde. J-F.A. - De nombreux internautes déçus -dont une adhérente prête à démissionner alors qu’elle est militante de la première heure- nous écrivent et vous reprochent d’être autoritaire dans les alliances au niveau local. Vous êtes un peu à la peine dans le démarrage de ces élections régionales, n’est-ce pas un peu votre « élection oribilis » ? F.B. -Je ne crois pas. La question qui se pose est celle-ci. Dans un mouvement comme le nôtre, il y a une immense majorité d’adhérents et de sympathisants qui ont compris ce que l’ont voulait : créer une proposition politique libre et autonome, qui refuse d’être sous la tutelle de l’un ou de l’autre des deux camps, au Centre, démocrate, autonome, libre. Il y a des gens qui disent : « mais on serait beaucoup mieux avec le PS » ou « mais on serait beaucoup mieux avec l’UMP ». Et bien, notre choix, notre ligne que je suis chargée de faire respecter, c’est que nous n’acceptions la tutelle d’aucun des deux camps. F.F. – Pourtant, il y a un problème parce que c’est ce qui s’est passé en Poitou-Charentes... F.B. – Il faut faire les enquêtes. Non. Vous ne les avez pas faites. En Poitou-Charentes comme ailleurs, parce que nous avions pris une décision nationalement unanime, j’ai entendu des bruits, donc je suis allé sur place pour organiser une assemblée générale dans laquelle plus de 200 représentants ont voté. Il y avait l’unanimité moins une abstention. Donc quelqu’un qui avait été déçu de ne pas être choisi pour être tête de liste et je m’en réjouis, car j’avais entendu des informations concernant la manœuvre qui se préparait qui a fait cette annonce d’aller sur la liste de Ségolène Royal. Et bien je dis que ceci n’est pas le choix dont nous avons pris la responsabilité devant les Français parce que si on se range derrière elle dans cette région, alors nous manquons à l’engagement que nous avons pris qui est de dire « nous allons proposer quelque chose de nouveau ». Le parti socialiste n’est pas une représentation de ce que nous sommes. Ségolène Royal ne l’est pas non plus. J-F.A. - Ségolène Royal n’est plus votre alliée providentielle, votre partenaire ? F.B. – Je n’ai jamais employé des expressions de cet ordre. Je considère qu’abandonner la vie politique française au face-à-face entre PS et UMP est un cauchemar. Quand vous êtes un homme ou une femme du Centre, c’est bien pour refuser que la bipolarisation ne s’impose dans la vie politique. Il y a un projet, des valeurs, quelque chose qui ne ressemble pas à ce que le PS a fait depuis des années. C’est parce que vous avez l’impression que c’est là qu’il peut y avoir la voix la plus libre et la plus rassembleuse. On a failli y arriver à l’élection présidentielle. J-F.A. - Marc Lambron, en quoi François Bayrou et Ségolène Royal sont-ils si différents à votre avis ? M.L. – Ils sont très différents. Mais je souhaiterais demander à François Bayrou, puisqu’il évoquait l’élection présidentielle de 2007, s’il la voyait comme une occasion manquée ou comme un marche-pied vers l’avenir. Pourriez-vous concevoir d’être président de la République avec un Premier ministre de gauche ou le Premier ministre d’un président de gauche ? F.B. – Rétrospectivement, je vois dans l’élection de 2007 la preuve qui n’avait jamais été apportée, que cette voix centrale peut gagner une élection présidentielle. Cela n’a pas été complètement achevé mais on était arrivé si près que cette proposition politique peut arriver un jour en tête. Jusqu’alors les gens disaient « mais c’est pas possible, on est limité à 6 ou 7 ». Tout d’un coup on a vu que la barre des 20 (qui est la barre de qualification au 2 ème tour) était atteignable. Comment l’avenir peut il se construire et s’articuler ? Il faudra en France une majorité alternative, une majorité d’alternance. Si comme moi on croit qu’on ne peut pas accepter que durent ces mœurs et ces pratiques que le pouvoir actuel a installées en France, qu’il y a atteinte à quelque chose de précieux qu’on doit transmettre à nos enfants, alors il faut une majorité d’alternance. Cette majorité en effet, ce n’est pas la domination d’un parti sur les autres, c’est forcément une entente qui se fait au deuxième tour des élections présidentielles. Elle rassemblera des sensibilités différentes et singulièrement cette sensibilité que pour l’instant j’incarne. F.F. – Au lendemain des régionales cela veut dire que vous n’êtes dans aucune discussion, vous attendez les présidentielles. F.B. – Non, pas du tout. Nous sommes autonomes et libres au premier tour. Au deuxième tour nous avons le choix entre deux attitudes. J-F.A. - Vous avez une idée du score ? F.B. – On verra, c’est plus facile pour les partis établis, nous le savons très bien, mais ça n’empêche pas le combat et la volonté de s’adresser aux français et je suis sûr qu’ils nous écouteront. On aura le choix entre deux attitudes : ou bien rechercher des majorités nouvelles, des coalitions, et c’est possible avec des gens qui nous respecteront, que nous soyons premiers ou seconds. Ou bien on reste autonome comme on l’était au premier tour. Je ne préempte aucune de ces deux possibilités. F.F. – Et si le MoDem ne réalise pas le score qu’il avait fait aux dernières régionales ? F.B. – Ce sera écrit en long en large et en travers. Aux européennes, on a fait 9%, c’est moins que ce qu’on attendait, mais j’ai connu d’autres fois où on avait fait 9% et ma foi cela fait un socle. Je dis souvent : « je vous donne qu’une instruction : ne prenez pas des taupinières pour des Himalaya », c’est à dire qu’on a les régionales devant nous, ce n’est pas l’élection la plus facile, mais nous la franchirons comme nous en avons franchi d’autres, et en tous cas nous serons engagés en étant intègre. MoDem = Intègre. On n’est pas dans des manœuvres, des ruses, des discussions sous la table. Nous sommes une proposition politique originale, équilibrée, je l’espère, forte, régionaliste, et cette proposition se présentera au premier tour des régionales. J-F.A. - François Bayrou, parlons rapidement de la catastrophe en Haïti. Comme d’autres, la toute puissance américaine vous choque-t-elle ? F.B. – J’ai deux choses à dire : non l’implication des USA ne me choque pas et ce propos presque diffamatoire sur un pays qui apporte tout ce qu’il a de savoir-faire, parfois un peu massif, tant mieux qu’il y en ait d’autres ! Et deuxièmement il y en a un qui manque, et c’est l’Europe. Tous les pays européens, chacun dans son coin pour être un peu plus chef que les autres, c’est nul. F.F. – C’est dû au fait que nouvelles puissances n’ont pas joué leur rôle ? F.B. – C’est dû au fait qu’il n’y a pas d’Europe, qu’ils n’y croient pas, qu’ils multiplient les responsables. Il y a je ne sais combien de présidents en Europe, ça ne fait pas une présidence. C’est dû à l’absence de foi comme toujours. Vous vous rendez compte ce que pourraient faire les pays européens s’ils se mettaient ensemble ? Nous sommes complètement absents. Deux observations : la première, c’est qu’il faut que l’on bâtisse un commandement international pour les interventions de sécurité dans les drames comme celui qu’on est en train de vivre. On tâtonne, on refuse les avions des uns, ce n’est pas coordonné… Il faut une coordination internationale. Deuxièmement, on va devoir reconstruire Haïti, par pitié, qu’on le fasse faire par les Haïtiens. Qu’on se considère comme étant en charge de leur apporter l’aide, et on va leur donner du travail en même temps. N’imaginons pas qu’on va pouvoir trouver des avantages pour des sociétés de chez nous en allant faire faire chez eux. Il faut que ce soit ce peuple abandonné qui se voit confier la responsabilité de reconstruire son pays, et d’abord pour des raisons de niveau de vie élémentaire, il faut qu’ils puissent manger. Il faut qu’ils aient la fierté d’avoir reconstruit quelque chose d’autre sur ces ruines. J-F.A. - Les journalistes de France 3 détenus par des rebelles en Afghanistan, fallait-il les blâmer ? F.B. – J’ai trouvé épouvantable de maladresse et d’indécence les propos qui ont été ceux du pouvoir actuel. Qu’est-ce qui reste si les journalistes n’osent plus aller sur le terrain ? Qu’est ce qui reste pour découvrir les horreurs de ce qui se passe ? Ils sont la première ligne, la pointe avancée de ce que nous, démocraties, espérons et attendons, et passer son temps à les stigmatiser sous prétexte qu’il va falloir des efforts pour les libérer et bien alors ça veut dire que les peuples libres n’auraient plus aucune information pour savoir ce qui se passe dans les régions de servitude. Et bien moi je suis de ceux qui soutiennent le vieil idéal d’Albert Londres, qu’il faut des journalistes pour que les citoyens sachent, connaissent les raisons de leurs choix profonds y compris en histoire. J-F.A. - François Bayrou merci d’avoir été notre invité.
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L'Europe nous ruine
Posté par : Bonbon | 23 janvier 2010 20:11Du très grand François et, vous avez raison, pour une fois des journalistes un peu plus dignes de ce nom. Je ne sais pas si Henri Proglio a des châteaux à entretenir qu'on doit payer via l'augmentation de nos factures d'EDF (sic) mais je préfèrerais payer un impôt spécial châteaux que de subir des scandales pareils. François a bien insisté pour dire que, outre l'indécence des 2,5 millions etc, le plus grave, c'est la toile d'araignée des liens public/privé tissée soigneusement pour maintenir le pouvoir en place. On ne pourra bientôt plus parler de démocratie pour la France. Quoique on ose bien appeler un pays dictatorial "république démocratique du Congo"... Je voudrais entendre plus souvent les autres hommes politiques dire que l'Europe n'existe pas. L'exemple d'Haiti est hyper choquant mais il y en a d'autres tous les mois. L'Europe politique n'existe pas autrement que pour nous ruiner littéralement avec tous ces commissaires de ceci ou cela de plus en plus nombreux qu'il faut grassement payer. Comme dirait de Gaulle s'il ressuscitait : l'Europe ce machin mou qui ne sert quasiment à rien.
@Posté par : regisr le 23 janvier 2010 09:57
Posté par : kriptonite | 23 janvier 2010 16:59C'est ce que je me tue a dire depuis quelques mois.Il faut maintenant leurs rentrer dans le "Lard" et parler "Haut et fort",c'est le seul moyen de se faire entendre et de passer notre message.Nous sommes en "Guerre" et nous devons nous battre pour gagner la BATAILLE!
il faut hausser la voix ! 2012 est en ligne de mire
Posté par : regisr | 23 janvier 2010 09:57oui nous approchons de 2012.. Sarkozy a ruiné la France, a détruit ce qui marchait "clopin clopant" en gros a foutu un gros bor..l a big mess! dirait barack Obama, "I am not going to walk away just because its hard." .."If these folks want a fight, it's a fight I'm ready to have." --the party is over ! - dit entre autre le President Obama Voilà, il va falloir donner de la voix - Antisarkozisme ? OUI! on assume 100% ! pas contre l'homme, contre son action bien sûr je dirais tout simplement que Sarkozy est tout simplement INCOMPETENT pour gouverner la France.. c'est le plus piètre chef d'état qu'on est eu depuis que je puisse me rappeler j'ai 58 ans! OUI François BAYROU sera Le candidat du MoDem si les grâces du ciel le veuille bien et je n'en doute pas une seconde, on a pris l'engagement tous au Zenith le 24 mai 2007 et 5 ans c'est le temps pour faire notre chemin ! François Bayrou ne veut qu'une chose être Président ? OUI ! et heureusement c'est son engagement depuis le début d'apporter cette troisième voie qui est le projet de savie..qui a vaincu aux Etats Unis et au Japon ! pas pour empocher les gratifications (quoique satkozy se les ait bien améliorées lui seul) et c'est pour ça que nous sommes là ! pour nos enafnts et nos petits enfants Il est le seul candidat "déclaré" aujourd'hui et c'est ça notre force ! qui dérange bien sûr.. le PROJET existe déjà avec 130 propositions! pas une programme ! " "il y a une garnde différence entre "projet" et "programme" écrit-il en première page de "Projet d'Espoir". Un programme est d'une manière ou d'une autre un catalogu, composé de chapitres sans lien, qui sont autant de dossiers, autant de promesses sur les différents sujets de la vie quotidienne des familles, des entreprises ou des individus. Si on parlait en termes de marine, on dirait que celà concerne la vie à bord. Le PROJET concerne le bateau, le cap, la carte de la grande traversée, le point de la côte que l'on veut atteindre..." Sarkozy avec son programme "liste de courses" navigue à vue comme un pirate qui cherche de l'or partout ou il y en a... un explorateur ! qui laisse derrière lui des terres de désolation ..un napoléon tout petit en fait un colonial.. NE MACHONS PAS LES MOTS SORTONS LES GRIFFES! François Bayrou comme tous les grands démocrates a cette humaniité en lui, ce sens de l'engagement pour son prochain avec un réalisme porté par un idéal loin de toute idéologie qui réunit par les valeurs républicaine et sociale des droits de l'homme, la fraternité de l'intérêt commun en rapprochant égalité non égalitarisme et liberté non libéralisme du chacun pour soit ! La France a une opportunité de changer les choses en 2012 nous nous devons d'y réussir.. avec les dizaines de milliers d'adhérents qui doivent se multiplier et tous les "chefs de file" comme Alain Dolium que nous avons placé en ile de France et tous les autres dans les autres régions... et les milliers d'internautes.. un très grand travail va être réalisé pour ce projet qui ne demande qu'à réussir.. IL FAUT commencer à CHANGER DE BRAQUET et de TON dans cette campagne présente ! "I am not going to walk away just because its hard." Régis78
vous avez dit destin, pourquoi pas
Posté par : liberal1 | 23 janvier 2010 00:32Que François BAYROU ai ou nai pas un destin présidentiel, limportant est quil gagne les présidentielles de 2012 avec le MoDem et dautres, Europe Ecologie, les verts, avec des Femmes et Hommes plus à gauche, et plus à droite que nous, mais modérés et conscients que si à la prochaine Présidentielle nous ne reprenons pas la barre, la démocratie aura perdue plus que de raison et que nous serons embarqués sur une pente vertigineuse, qui déjà, nous mène vers un désastre, économique, inégalitaire, sectaire, humain, intellectuel, et accélère la prise en main de nos destins par le capitalisme financier sauvage, duquel déjà nous ne pouvons plus nous débarrasser. Obama pourtant président de la plus grande Nation capitaliste, aujourdhui se rend compte que les banques dAffaires sont la principale cause de nos problèmes en raison de la déshumanisation de leur fonctionnement. Quant elles gagnent elles conservent largent, quand elles perdent cest létat, donc nous le peuple qui devons payer. Lexemple de la débâcle économique que nous venons de subir le prouve bien. Ceci est la première grande cause de nos problèmes. Le deuxième problème que nous avons en France, cest la bipolarisation de la chambre et de nos différents groupes représentatifs. En effet sil ny a que deux groupes idéologiques à lassemblée, automatiquement soit lun, soit lautre, est majoritaire, chacun a son tour en fonction de la lassitude des électeurs de la politique soit de lun, soit de lautre. Le problème étant que, ni labstention, ni le vote blanc nétant comptabilisés, le pays est gouverné par deux minorités qui se partage la gouvernance avec laide du Capital qui arrose les deux, qui quand ils sont a la barre leurs sont redevable. Autrement dit tous le monde est contant, les politiques ont leur petit boulot assuré, les capitalistes sont assurés davoir les marchés au détriment des petites Entreprises, et le Peuple (NOUS) a le droit de donner son avis tous les cinq ans avec son bulletin de vote qui de toutes façons ne peut avec ce système que choisir la Gauche ou la Droite, et na pas dautres choix, les autres choix ( vote blanc, abstention ) nétant pas comptabilisés dans les résultats. VOILA POURQUOI IL FAUT UNE TROISIEME PROPOSITION POLITIQUE, qui seule peut modifier le système législatif, inégale et dangereux pour la vie des Hommes qui peuplent cette terre et qui de fait nont pas voie au chapitre malgré leur droit de vote. !!!! Si le système permet une troisième force politique au centre, alors chacun des groupes sera minoritaire et devra composer avec lun ou lautre ou les deux, et un bien plus grand nombre de projets pourront être résolus, alors que actuellement, à chaque changement de majorité chacun détruit les avancées de lautre, et ne pense qua empêcher la réalisation des souhaits du groupe minoritaire. La politique ce nest pas cela, sest servir lensemble de la population, pour le bien de tous, dans la mesure où les choix sont réalisables, et ne seront pas effectués au détriment des autres. Je pense, et même je suis persuadé que François Bayrou a les épaules, et le mental pour réaliser ce projet auquel nous aspirons. Même sil doit encore pendant quelques trimestres achever sa traversée du désert. Noublions pas quen 2007 nous avons eu 19 % délecteurs avec une situation politique et économique bien meilleur que celle que monsieur Sarkozy va nous laisser. Parlons en autour de nous avec calme et conviction et en 2012 nos espoirs seront réalisés. Signé un MoDem qui vraiment vous et nous veut du bien.
LA TRISTE ECUME DES CHOSES...
Posté par : MANDRIN | 22 janvier 2010 18:00Dans le circuit de cavalerie des abus de pouvoir que nous vivons tout particulièrement depuis le célèbre "pique nique" du Fouquets, la liste devient considérablement longue et cet épisode s'ajoute aux autres . il faudra bien que cela cesse un jour.!! Cet entretien sur France Inter avec des journalistes et un écrivain invité, tous attentifs , non véhéments , était une bouffée d'oxygène pour l'auditeur car, dans cette France peureuse et poreuse "d''autocensure" pour ne pas déplaire, préserver l'économie de son pré-carré (peurs sur laquelle certains jouent...) Il est concevable que la parole libre de Francois BAYROU au nom de notre mouvement , indispose, gène, et en même temps soit souvent enviée. Ce que j'ai retenu, c'est le rappel du fait avèré que le monde politique , quelle que soit sa "tendance" , est d'abord l'outil, la variable d'ajustement régalienne de forces gigantesques ( et pas seulement chez nous) ceci pour modifier, agir sur les rêgles communes , conséquence de cette dépendance avèrée d'un personnel politique, souvent (hélas pour certains) porte parole dans la salle des pas perdus de l'Assemblée Nationale, de décisions prisent dans bien d'autres sénacles.... Nous le voyons actuellement ailleurs dans le monde, avec le bras de fer d'OBAMA d'un côté et la BANQUE ASSURANCE de l'autre ,sur le système de Santé aux Etat Unis ... personne n'est dupe et le rêglement de compte passe par des relais puissants qui ont fait échouer en sous main les démocrates au Sénat , Conséquences : quelle que soit la suite et la volonté sincère de l'actuel président, ce sera un projet taillé à la hache qu'il faudra bien tenter de valider , loin des espérances d'origine des plus démunis ( plus de cinquante millions de citoyens) . Je ne vous fais pas de dessin sur la suite du mandat et les raisons démonstratives que certains ont dans leurs tiroirs pour provoquer, justifier ou accompagner un retournement de l'opinion Finalement dans tout cela, la globalisation que l'on nous présentait comme la panacée de la liberté est elle compatible avec la démocratie ? surtout lorsqu'on voit le désastre de COPENHAGE ou les pays producteurs de pétrole ont menée la "bronca" avec d'autres , et obtenu un grand succès contre un projet sur lequel d'une manière ou d'une autre, il faudra bien revenir un jour prochain Chaque fois que les "décideurs" en France et au dela, dans leur cosanguinité dévastatrice perdent de vue la réalité des gens, acteurs d'une société humaine et responsable , ils déclenchent quelque part l'irreversibilité de leur futurs échecs C'est certainement cela qu'il faut dire inlassablement et agir en conséquence . !!