François Bayrou était l'invité de Michel Grossiord sur Europe 1, ce vendredi 5 mars.
Pour les élections régionales, il a rappelé que "les électeurs sont là pour remettre les sondages à leur place" et se multiplient les gestes de soutien : "depuis quelques jours, c'est très étrange, le contrôleur du train, la jeune femme qui pousse un bébé dans une poussette dans la rue, des gens qui sont au travail, ils me disent tous la même chose, c'est en trois mots : ne lâchez rien". (lire la suite)
Michel Grossiord : Le MoDem évitera-t-il la catastrophe aux élections régionales ?
François Bayrou : Pour tout vous dire, je ne sais pas de quoi vous parlez exactement.
J’imagine que vous parlez des sondages.
Et de votre campagne, vous êtes très présent sur le terrain.
Je vais vous dire, c’est très étrange. Depuis quelques jours – je vous racontais
ça tout à l’heure avant qu’on entre – dans la rue, le contrôleur du train, la
jeune femme qui pousse un bébé dans une poussette, des gens qui sont au travail me disent tous la
même chose et c’est en trois mots : « ne lâchez rien ».
C’est très étrange, parce que c’est un mot d’ordre que personne n’a
lancé, qui vient comme ça, qui se récupère, les mêmes trois petits mots : « ne lâchez rien ». Ce
qu’ils veulent dire, c’est que dans notre volonté d’indépendance, qui n’est
pas souvent comprise par le monde politique qui voudrait qu’on soit affilié à l’un des
deux blocs, ou à l’un des deux camps, et puis qu’on n’en bouge plus comme ça le
monde est facile à lire. Dans cette volonté d’indépendance et de liberté, dans cette modeste
résistance, il y a une petite partie de leur volonté d’indépendance et de leur volonté de
résistance à eux.
Pourquoi cela ne se traduit pas dans les sondages ?
Parce que les électeurs sont là pour remettre les sondages à leur place. Ce que les sondages
mesurent – il y a très longtemps que le dis ça et même que le vis cela – et
régulièrement il arrive que les résultats, dans un sens ou dans l’autre, ne soient pas ce que
les sondages annonçaient. Dans les sondages on pose des questions qui ne ressemblent peut-être pas
à celles que les électeurs se posent.
Vous dites que les électeurs soutiennent votre démarche, mais on vous accuse d’être
trop individualiste et vos prétendus amis en interne n’attendent plus pour aiguiser leurs
arguments. Votre vice-présidente Corinne Lepage va participer lundi à Strasbourg à un meeting avec
Daniel Cohn-Bendit pour soutenir le candidat des Verts, alors que vous avez votre candidat Modem
dans la région.
Et il s’appelle Yann Wehrling, c’est quelqu’un de très bien, c’est
l’ancien jeune premier responsable des mouvements écologistes en France. C’est dire
qu’il y a des gestes qui ne sont pas loyaux. Mais je ne commenterai pas davantage ce point.
Vous allez peut-être inciter Corinne Lepage dans les heures qui viennent à faire le bon
choix ?
Je ne dirai pas un mot de plus.
Si votre mauvais score se confirme, est-ce que vous pensez garder une chance pour 2012
?
Monsieur Grossiord, excusez-moi, mais je ne sais pas de quel mauvais score vous parlez. De
quel score parlez-vous ?
De celui que les sondages annoncent. Les sondages annoncent 5 pour cent, tous les
instituts.
Je ne crois pas aux sondages. Je pense au contraire que beaucoup de Français ont envie de
manifester autre chose que ce qu’on leur indique.
Je lis dans Paris Match que Franck Louvrier, le conseiller en communication de Nicolas
Sarkozy, dit à votre sujet : « on n’a pas besoin de s’occuper de lui pour qu’il
disparaisse de l’échiquier politique, il le fait très bien tout seul. »
C’est en effet ce que l’UMP souhaite, c’est tout à fait clair et normal, et
honnêtement à leur place je souhaiterais la même chose.
Une atmosphère de défaite plane aussi sur l’UMP. Du coup Nicolas Sarkozy devrait
s’impliquer davantage dans la campagne. On l’annonce en Franche-Comté dans quelques
jours pour parler emploi, le Figaro Magazine devrait publier son interview la veille du premier
tour. Est-ce que vous le croyez capable de mobiliser l’électorat de droite ?
Je ne répondrai pas à cette question mais je répondrai à une autre, qui est plus importante,
si vous le voulez bien. J’ai une différence fondamentale sur ce point avec Nicolas Sarkozy et
depuis longtemps. Je ne crois pas que le président de la République en France devrait être un chef
de parti. Je pense exactement le contraire. Le président de la République en France devrait être au
dessus des partis. Il ne devrait pas être l’interprète de son camp, de son mouvement
politique ; il devrait être l’interprète de toutes les sensibilités démocratiques du pays.
Vous lui demandez de ne plus sortir de l’Elysée jusqu’au premier tour et de ne
pas donner d’interview ?
Je ne demande rien. Je vous dis que la conception qui est la mienne, et celle de beaucoup de
Français, de la fonction présidentielle, c’est que le président soit une voix pour toutes les
sensibilités, qu’il essaie de comprendre, d’entendre, la diversité des sensibilités
françaises, ceux qui sont ses inconditionnels et les autres. Si le président n’est pas un
rassembleur, c’est la fonction présidentielle qui souffre.
Vous avez affirmé récemment que ce qui se passe en Grèce sur le plan financier pourrait
arriver très rapidement en France. Est-ce que c’est responsable de dire cela ?
C’est même la seule responsabilité que de dire à l’avance : soyons plus prudents
que nous ne le sommes, car il peut nous arriver des choses graves. Vous avez vu le plan qui est mis
en place en Grèce ?
Vous appelez à un plan similaire en France ?
Je vais vous dire les chiffres pour que vous compreniez bien. On parle de ça à la légère,
naturellement. Lorsque j’ai fait une grande partie de ma campagne présidentielle en 2007 sur
le déficit et sur la dette, le déficit était déjà astronomique : 38 milliards d’euros par an.
Cette année, il sera de 150 milliards. On a multiplié en 3 ans le déficit par 350 pour cent. Est-ce
que c’est responsable ? Je vous retourne la question que vous me posez.
François Fillon, qui fait des meetings tous les soirs, parle des déficits et de la réforme
de l’Etat. Est-ce que vous voulez qu’il aille plus loin ?
Ce n’est pas aller plus loin. Si nous continuons à déséquilibrer la France, nous sommes
en train de plonger dans le désespoir et la précarité des millions de jeunes qui ne savent même pas
qu’on prend ces décisions en leur nom. Votre boulot, Michel Grossiord, pardon de vous le
dire, devrait être de le dire autant que moi.
D’accord, on le dit, on le dit.
Non, ce n’est pas cela. C’est chose grave pour l’avenir du pays, et ces
choses graves là ne peuvent être entendues des Français que si vous les attestez.
Est-ce que vous voyez vous aussi François Fillon entrer dans le club des présidentiables,
voir en meilleur candidat pour la droite ?
D’abord c’est quelqu’un qui n’est pas antipathique, disons-le.
Ajoutons une chose : ce n’est plus de la politique, c’est « tournez manèges » ! Cette
semaine c’est Fillon, la semaine dernière c’était Villepin, la semaine d’avant
c’était Jean-François Copé… Disons que ces manèges là continueront à tourner, et que ce
n’est pas très grave. Si Nicolas Sarkozy assume sa fonction, dans le camp du président il
n’y a pas de place pour quelqu’un d’autre que le président. Si l’on veut se
présenter contre le président, alors il faut avoir le courage de poser des actes de rupture.
Daniel Cohn-Bendit est d’accord pour que les Verts participent à des primaires
ouvertes à gauche, est-ce que vous pourriez y venir ?
Et bien non, parce que je n’appartiens pas à la gauche, je suis un homme du centre. Je
pense qu’on a besoin en France d’une droite républicaine, d’une gauche
responsable et d’un centre qui fasse son travail.
L'image et l'élocution d'un orateur ne se décide pas par la seule volonté. Il faut faire la
différence entre la pensée que l'on veut exprimer, et ce que les autres ont compris.
Essayez de vous adresser pour la première fois à un auditoire important, et demandez le
résultat de vos propos à des auditeurs impartials. Vous serez surpris des remarques inattendues qui
vous démontreront que n'avez pas été complètement compris comme vous le souhaitiez.
C'est dans ce sens que je voudrais équiper nos jeunes, d'outils de communication, de telle
sorte qu'ils puissent exprimer leurs propres sentiments, sans influences extérieures.
J'en serais rassuré.
Christian
effectivement
Posté par : tomuss50 | 8 mars 2010 12:53
en effet les jeunes democrates doivent avoir plus de presence. mais ils n'ont pas à etre formé, uls
doivent s'imposer d'eux meme, defendre cet ideal democrate qui nous uni. pourquoi un jeune
democrate vaudrait il moins qu'un jeune ump ou un js? il fait eviçter de se faire marcher dessus et
pour cela, pas 36000 solutions, il faut se defendre ardemment contre les attaques, montrer que l'on
est pas mou, que l'on a des idées et qu'on est en accord avec ça. defendre cet ideal de societé. il
faut s'imposer quitte à elever la voix. un modemiste n'a pas à rester dans son coin à regarder les
autres debattre
Belle analyse Coolfifi
Posté par : Canard_Orange | 8 mars 2010 09:47
Je retiens surtout que nous devons former nos jeunes, et surtout en attirer le maximum. Ce sont eux
qui réussiront ce que nous commençons. Je pense effectivement que nos jeunes démocrates n'ont pas
la considération qu'il sont en droit d'attendre, sans pour autant tomber dans la concession.
Christian
+1 bravo
Posté par : tomuss50 | 8 mars 2010 00:16
1 coolfifi, quel débit. C'est un peu long à lire mais quand on prend le temps, quel delice. je
partage à 100 pour cent votre analyse. tout est resumé ici
Ne lâchons rien oui, mais travaillons notre image.
Posté par : coolfifi | 7 mars 2010 17:57
Oui, il ne faut rien lâcher et c'est vrai que je me moque totalement des nouveaux lâchages de
circonstances qui ne sont pas moins pitoyables que les premiers, n'en déplaise aux intéressés
qu'ils se drapent dans la défense pure de l'écologie ou dans la critique ad nominem d'un leader,
François, qui leur ferait trop d'ombre ou serait trop influent dans les décisions du parti (comme
si nous avions adhéré au MoDem pour remettre en cause les raisons pour lesquelles nous avons voté
pour F.Bayrou, son indépendance). Nous sommes en train de créer un nouveau parti, que nous rêvons
différent des vieilles visions proposées par UMP et PS, un parti dégagé de la sempiternelle césure
droite/gauche, héritée d'une histoire, certes structurante, mais dépassée par les bouleversements
récents, politiques comme économiques. Oui, il faut proposer une nouvelle offre politique, "au
centre" si l'on veut, dans le sens où cette offre n'est ni radicale, ni totalitaire, ni
révolutionnaire mais qui doit être innovante (dans le sens où elle n'est pas idéologique mais
s'appuie sur les réalités contemporaines) dans toutes les analyses et les solutions qu'elle propose
et innovante dans sa manière de "faire de la politique". Or force est de constater que notre
manière de faire de la politique relève de l'artisanat à l'ancienne avec tous les handicaps que
cela implique, malgré son charme. Force est de constater que notre programme trés sage, trés
pragmatique, trés consensuel, n'a rien de sexy médiatiquement, de trés branché jeunes, de trés
ébouriffant etc... Rien qui accroche le zappeur et moins encore qui retienne les antennes si
émoussées des médias. Il n'est pas trés moderne de se dire MoDem alors qu'il est si branché d'être
écolo. Bref nous avons un problème d'IMAGE, car ni les plus anciens ou les plus science po.
compatibles, n'y retrouvent leurs si rassurant UDF, ni les plus jeunes n'y voient un parti jeune,
innovant, tourné vers demain voire après-demain. Tout ceci est sans doute trés injuste mais de nos
jours, l'image est primordiale et doit faire parti de la stratégie politique. L'idée de choisir
Alain Dholium pour représenter l'énergie créatrice des quartiers n'est pas mauvaise sauf qu'il
pâtit d'un déficit de notoriété et d'image. Bien que doué, il est trop beau, trop lisse, trop poli
pour percer en 2 mois, dans le barnum médiatique tel qu'il est organisé aujourd'hui. Le monde rural
si méfiant, est trés difficile à faire basculer vers un parti nouveau qui n'a pas fait ses preuves
et qu'on ne peut pas clairement identifier faute de l'avoir vu à l'oeuvre. Dans tout ce paysage,
seuls François Bayrou et Jean Lassalle sont identifiables car on sait ce qu'ils ont fait
concrètement. Pour un parti, cela fait peu de références. Il y avait C.Lepage, mais le moins qu'on
puisse dire c'est qu'avec elle, on s'y perd. De déloyautés en déloyauté, comment lui faire
confiance quand on la sent dériver vers un écologisme de plus en plus totalitaire et politicien où
elle oublie l'humain à commencer par ces militants qui lui ont offert son mandat? Notre image en
pâtit forcément, quand si peu nombreux, déjà, nos représentants ne se respectent pas, se
trahissent, et humilient leurs militants. Il ne sert à rien de nier ces difficultés, il faut au
contraire, les regarder en face. Nous avons enfin un programme, certes parfois dilué dans une
succession de consensus, certes encore trés indigent dans certains domaines (innovation, science,
technologies) mais nous avons une base de réflexion, qu'il faut encore approfondir pour apporter
des solutions à la fois concrètes et innovantes aux problèmes du pays. Mais pour un jour, avoir
accès aux responsabilités il va aussi falloir travailler l'image du MoDem, la tactique et pas
seulement la stratégie et les valeurs. CohnBenD est trés fort dans la forme, l'évènement festif et
médiatique, sur un fond assez flou donc consensuel (ou trompeur selon) qu'il ne faut pas interroger
de trop près. En revanche François Bayrou et son équipe, n'ont guère brillé jusqu'à présent sur ce
plan-là, c'est indubitable et les troupes se resserrant d'élection en élection, ça devient de plus
en plus compliqué et difficile à corriger. De nos jours, c'est trés pénalisant pour un parti
politique, surtout quand il est nouveau. Il va donc falloir aussi réfléchir outre au fond, à la
manière que nous avons de communiquer. Il est évident qu'il faut plus que la seule figure de
François Bayrou (ou de Marielle de Sarnez) pour séduire et convaincre à la fois les ruraux et les
urbains, les jeunes et les anciens, les plus éduqués et les moins, les petits entrepreneurs et les
gros, les salariés, les artisans et les petits commerçants. La facilité de communication de Sylvie
Goulard n'aurait pas été inutile dans cette campagne pour un certain électorat même si je suis
certaine qu'elle fait un gros travail pour le parlement européen. Il m'arrive de suivre les jeunes
démocrates dans des débats télévisés, sur LCI, et force est de constater qu'ils se défendent assez
mal. Les dossiers ne sont pas préparés avec précision, ils se font acculer, prendre la parole par
les jeunes militants plus aggressifs et mieux rôdés (formés?) de l'UMP, du PS, Ecolo ou du parti
communiste. C'est ennuyeux, car ce n'est pas rassurant pour l'électeur potentiel qui sait que tout
leader a besoin d'une équipe solide et compétente pour assurer le travail concret, une fois
l'élection passée.
Nier une millième fois les sondages, ne sert à rien. Sans doute n'aurons-nous pas un trés bon
score, vu l'absence totale du MoDem des médias les plus populaires sauf à apparaître de manière
bouffone (Azouz se déclarant villepiniste, "le cocu fait-il un bon amant"). Il ne suffira pas de
blâmer les sondages pré électoraux et la vision biaisée et partiales des médias. Il faudra aussi
s'interroger sur la façon de renverser l'attitude des médias pour qu'ils nous servent enfin au lieu
de nous abattre systématiquement à chaque élection. François Bayrou est trés bon pour les longues
interwiews, beaucoup moins dans les formats courts. Passer la moitié des interwiews à nier les
sondages est contreproductif, il faut apprendre à balayer, sinon retourner ces questions pour faire
passer nos messages au lieu de laisser les médias imposer le leur que je pourrais résumer ainsi: le
MoDem n'existe pas, ses idées sont celles de François Bayrou tout seul qui lui-même n'en a guère
mis à part celle de devenir président et a organisé une secte à son service et fait fuir tous les
politiques qui partagent ses idées. Même moins nombreux qu'au moment de la présidentielle, nous
devrions parvenir à résoudre ce problème récurrent depuis 2 campagnes. J'espère que les plateaux
post premiers tours sont prêts, que JL Benhamias y sera comme Rochefort et même Sylvie Goulard au
plan national.
Ils sont médiatiquement doués et c'est le moment de se faire connaître et reconnaître du
grand public.
Pour le reste, merci à tous nos candidats sur le terrain. Quel que soient les résultats, je
vous remercie pour votre loyayté et votre engagement. J'espère que vous serez plus récompensés pour
vos sacrifices et votre courage que les médias ne le prédisent. Rome ne s'est pas fait en un jour,
alors il faudra peut-être du temps pour que le MoDem s'impose mais pierre à pierre, vous participez
aux fondations indispensables.
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@ tomuss50, formation
Posté par : Canard_Orange | 8 mars 2010 23:56L'image et l'élocution d'un orateur ne se décide pas par la seule volonté. Il faut faire la différence entre la pensée que l'on veut exprimer, et ce que les autres ont compris.
Essayez de vous adresser pour la première fois à un auditoire important, et demandez le résultat de vos propos à des auditeurs impartials. Vous serez surpris des remarques inattendues qui vous démontreront que n'avez pas été complètement compris comme vous le souhaitiez.
C'est dans ce sens que je voudrais équiper nos jeunes, d'outils de communication, de telle sorte qu'ils puissent exprimer leurs propres sentiments, sans influences extérieures.
J'en serais rassuré.
Christian
effectivement
Posté par : tomuss50 | 8 mars 2010 12:53en effet les jeunes democrates doivent avoir plus de presence. mais ils n'ont pas à etre formé, uls doivent s'imposer d'eux meme, defendre cet ideal democrate qui nous uni. pourquoi un jeune democrate vaudrait il moins qu'un jeune ump ou un js? il fait eviçter de se faire marcher dessus et pour cela, pas 36000 solutions, il faut se defendre ardemment contre les attaques, montrer que l'on est pas mou, que l'on a des idées et qu'on est en accord avec ça. defendre cet ideal de societé. il faut s'imposer quitte à elever la voix. un modemiste n'a pas à rester dans son coin à regarder les autres debattre
Belle analyse Coolfifi
Posté par : Canard_Orange | 8 mars 2010 09:47Je retiens surtout que nous devons former nos jeunes, et surtout en attirer le maximum. Ce sont eux qui réussiront ce que nous commençons. Je pense effectivement que nos jeunes démocrates n'ont pas la considération qu'il sont en droit d'attendre, sans pour autant tomber dans la concession. Christian
+1 bravo
Posté par : tomuss50 | 8 mars 2010 00:161 coolfifi, quel débit. C'est un peu long à lire mais quand on prend le temps, quel delice. je partage à 100 pour cent votre analyse. tout est resumé ici
Ne lâchons rien oui, mais travaillons notre image.
Posté par : coolfifi | 7 mars 2010 17:57Oui, il ne faut rien lâcher et c'est vrai que je me moque totalement des nouveaux lâchages de circonstances qui ne sont pas moins pitoyables que les premiers, n'en déplaise aux intéressés qu'ils se drapent dans la défense pure de l'écologie ou dans la critique ad nominem d'un leader, François, qui leur ferait trop d'ombre ou serait trop influent dans les décisions du parti (comme si nous avions adhéré au MoDem pour remettre en cause les raisons pour lesquelles nous avons voté pour F.Bayrou, son indépendance). Nous sommes en train de créer un nouveau parti, que nous rêvons différent des vieilles visions proposées par UMP et PS, un parti dégagé de la sempiternelle césure droite/gauche, héritée d'une histoire, certes structurante, mais dépassée par les bouleversements récents, politiques comme économiques. Oui, il faut proposer une nouvelle offre politique, "au centre" si l'on veut, dans le sens où cette offre n'est ni radicale, ni totalitaire, ni révolutionnaire mais qui doit être innovante (dans le sens où elle n'est pas idéologique mais s'appuie sur les réalités contemporaines) dans toutes les analyses et les solutions qu'elle propose et innovante dans sa manière de "faire de la politique". Or force est de constater que notre manière de faire de la politique relève de l'artisanat à l'ancienne avec tous les handicaps que cela implique, malgré son charme. Force est de constater que notre programme trés sage, trés pragmatique, trés consensuel, n'a rien de sexy médiatiquement, de trés branché jeunes, de trés ébouriffant etc... Rien qui accroche le zappeur et moins encore qui retienne les antennes si émoussées des médias. Il n'est pas trés moderne de se dire MoDem alors qu'il est si branché d'être écolo. Bref nous avons un problème d'IMAGE, car ni les plus anciens ou les plus science po. compatibles, n'y retrouvent leurs si rassurant UDF, ni les plus jeunes n'y voient un parti jeune, innovant, tourné vers demain voire après-demain. Tout ceci est sans doute trés injuste mais de nos jours, l'image est primordiale et doit faire parti de la stratégie politique. L'idée de choisir Alain Dholium pour représenter l'énergie créatrice des quartiers n'est pas mauvaise sauf qu'il pâtit d'un déficit de notoriété et d'image. Bien que doué, il est trop beau, trop lisse, trop poli pour percer en 2 mois, dans le barnum médiatique tel qu'il est organisé aujourd'hui. Le monde rural si méfiant, est trés difficile à faire basculer vers un parti nouveau qui n'a pas fait ses preuves et qu'on ne peut pas clairement identifier faute de l'avoir vu à l'oeuvre. Dans tout ce paysage, seuls François Bayrou et Jean Lassalle sont identifiables car on sait ce qu'ils ont fait concrètement. Pour un parti, cela fait peu de références. Il y avait C.Lepage, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'avec elle, on s'y perd. De déloyautés en déloyauté, comment lui faire confiance quand on la sent dériver vers un écologisme de plus en plus totalitaire et politicien où elle oublie l'humain à commencer par ces militants qui lui ont offert son mandat? Notre image en pâtit forcément, quand si peu nombreux, déjà, nos représentants ne se respectent pas, se trahissent, et humilient leurs militants. Il ne sert à rien de nier ces difficultés, il faut au contraire, les regarder en face. Nous avons enfin un programme, certes parfois dilué dans une succession de consensus, certes encore trés indigent dans certains domaines (innovation, science, technologies) mais nous avons une base de réflexion, qu'il faut encore approfondir pour apporter des solutions à la fois concrètes et innovantes aux problèmes du pays. Mais pour un jour, avoir accès aux responsabilités il va aussi falloir travailler l'image du MoDem, la tactique et pas seulement la stratégie et les valeurs. CohnBenD est trés fort dans la forme, l'évènement festif et médiatique, sur un fond assez flou donc consensuel (ou trompeur selon) qu'il ne faut pas interroger de trop près. En revanche François Bayrou et son équipe, n'ont guère brillé jusqu'à présent sur ce plan-là, c'est indubitable et les troupes se resserrant d'élection en élection, ça devient de plus en plus compliqué et difficile à corriger. De nos jours, c'est trés pénalisant pour un parti politique, surtout quand il est nouveau. Il va donc falloir aussi réfléchir outre au fond, à la manière que nous avons de communiquer. Il est évident qu'il faut plus que la seule figure de François Bayrou (ou de Marielle de Sarnez) pour séduire et convaincre à la fois les ruraux et les urbains, les jeunes et les anciens, les plus éduqués et les moins, les petits entrepreneurs et les gros, les salariés, les artisans et les petits commerçants. La facilité de communication de Sylvie Goulard n'aurait pas été inutile dans cette campagne pour un certain électorat même si je suis certaine qu'elle fait un gros travail pour le parlement européen. Il m'arrive de suivre les jeunes démocrates dans des débats télévisés, sur LCI, et force est de constater qu'ils se défendent assez mal. Les dossiers ne sont pas préparés avec précision, ils se font acculer, prendre la parole par les jeunes militants plus aggressifs et mieux rôdés (formés?) de l'UMP, du PS, Ecolo ou du parti communiste. C'est ennuyeux, car ce n'est pas rassurant pour l'électeur potentiel qui sait que tout leader a besoin d'une équipe solide et compétente pour assurer le travail concret, une fois l'élection passée.
Nier une millième fois les sondages, ne sert à rien. Sans doute n'aurons-nous pas un trés bon score, vu l'absence totale du MoDem des médias les plus populaires sauf à apparaître de manière bouffone (Azouz se déclarant villepiniste, "le cocu fait-il un bon amant"). Il ne suffira pas de blâmer les sondages pré électoraux et la vision biaisée et partiales des médias. Il faudra aussi s'interroger sur la façon de renverser l'attitude des médias pour qu'ils nous servent enfin au lieu de nous abattre systématiquement à chaque élection. François Bayrou est trés bon pour les longues interwiews, beaucoup moins dans les formats courts. Passer la moitié des interwiews à nier les sondages est contreproductif, il faut apprendre à balayer, sinon retourner ces questions pour faire passer nos messages au lieu de laisser les médias imposer le leur que je pourrais résumer ainsi: le MoDem n'existe pas, ses idées sont celles de François Bayrou tout seul qui lui-même n'en a guère mis à part celle de devenir président et a organisé une secte à son service et fait fuir tous les politiques qui partagent ses idées. Même moins nombreux qu'au moment de la présidentielle, nous devrions parvenir à résoudre ce problème récurrent depuis 2 campagnes. J'espère que les plateaux post premiers tours sont prêts, que JL Benhamias y sera comme Rochefort et même Sylvie Goulard au plan national.
Ils sont médiatiquement doués et c'est le moment de se faire connaître et reconnaître du grand public.
Pour le reste, merci à tous nos candidats sur le terrain. Quel que soient les résultats, je vous remercie pour votre loyayté et votre engagement. J'espère que vous serez plus récompensés pour vos sacrifices et votre courage que les médias ne le prédisent. Rome ne s'est pas fait en un jour, alors il faudra peut-être du temps pour que le MoDem s'impose mais pierre à pierre, vous participez aux fondations indispensables.