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30 octobre 2011

"Nous avons une guerre à mener ensemble : la reconquête de notre production"

François Bayrou

François Bayrou était l'invité d'Olivier Mazerolle, sur BFM TV et RMC, en partenariat avec Le Point, dimanche 30 octobre.

"Ce qui a changé depuis 2007, c'est que la montagne est en train de s'écrouler. Le seul choix pour l'avenir, c'est de surmonter les divisions", a-t-il prôné avec conviction.

"Tout le monde savait depuis des mois que les prévisions de croissance ne seraient pas respectées. Je suis frappé et inquiet de voir que les réponses que le Gouvernement apporte sont au coup par coup. La crise que nous rencontrons n'est pas une crise comme les autres. Elle exige des réponses nouvelles. Arrêtons de faire de la politique avec pour seul objectif de boucher des trous et travaillons à un plan d'ensemble", a d'abord défendu François Bayrou.

Pour le leader centriste, "ce qui a changé depuis 2007, c'est que la montagne est en train de s'écrouler". "Il y a eu tout un temps où on pouvait jouer aux divisions perpétuelles, le combat politique était présenté comme celui d'un camp contre l'autre. Cette bipolarisation, au profit de l'UMP et du PS, est détestable et désormais rendue impossible. Il n'y a plus le choix : ceux qui sont persuadés que la situation politique est grave et qu'il faut un changement profond doivent se mettre ensemble ! La situation du pays exige que les forces réformatrices surmontent leurs divisions Je défends devant le pays cette thèse différente, qui est la seule possible pour l'avenir. On a vu, plusieurs fois ces dernières semaines, des responsables politiques qui autrefois avaient fait d'autres choix, me rejoindre", a-t-il rappelé.

"Nous avons une guerre à mener : la reconquête de notre production"

"La première phrase de mon livre est : 'les mauvais jours finiront'. Je sais avec certitude que la France va s'en sortir, mais pas à travers les mêmes chemins usés", a poursuivi le président du Mouvement Démocrate. "Le déficit, la dette, les autres difficultés, tout cela vient d'une cause principale : on ne produit plus en France et on est obligé de donner toutes nos ressources à l'étranger pour consommer en France. C'est pourquoi je propose qu'on fasse de la production en France une obsession nationale. Si nous sommes incapables de récupérer la production, nous ne pourrons pas redresser la France", a-t-il prévenu avec force.

"Nos télévisions sont fabriquées en Corée, au Japon. Vous croyez que les salaires sont de bas niveau dans ces pays ? Nos voisins allemands, avec la même monnaie, les mêmes salaires, récupèrent des secteurs perdus. Pour garder les produits, quand on est à un haut niveau de vie, il faut garder les produits haut de gamme, de qualité. Cette question de la production est une guerre à mener", a insisté François Bayrou.

"Je ne dis pas qu'il faut faire exactement comme l'Allemagne, car chaque pays a son propre modèle. Mimer l'Allemagne serait un échec. Il faut en revanche s'inspirer de la volonté allemande, pour l'adapter au modèle français", a-t-il souligné. "Nous devons d'abord rééquilibrer nos dépenses publiques. Pour cela, il faut trouver 100 milliards, soit en économies soit en recette. Je propose donc 50 milliards d´augmentation d´impôts et autant en réduction des dépenses. Des impôts qui seraient aux profits de celles et ceux qui sont le plus en difficulté", a précisé le député des Pyrénées-Atlantiques.

"Le dialogue social doit retrouver sa place"

François Bayrou a prôné "une stratégie pour maintenir nos industries et empêcher les délocalisations", sans pour autant accroître exagérément l'action de l'Etat. "Vous ne pouvez pas avoir une économie, comme en URSS, où l’État décide de tout. Il faut plutôt redonner toute sa place au dialogue social, pour que les partenaires puissent convenir d'accord par branche. Si on a pas de souplesse sur le plan de travail, on affaiblit l'outil de production du pays", a-t-il analysé.

Interrogé sur la possible responsabilité des 35h dans la baisse de la production en France, le leader centriste a rappelé qu'il avait "depuis le début, soutenu qu'elles étaient une erreur". "Cette décision a été prise alors que personne ne la demandait, sur un coin de table par Dominique Strauss-Kahn, dont l'unique but était de trouver une mesure emblématique à la veille d'élections difficiles pour la Gauche. Martine Aubry a fait appliquer cette réforme par idéologie. Si je suis prêt à toutes les souplesses et à tous les aménagements, je ne tolérerai pas en revanche une baisse des salaires, car les gens n'y arrivent déjà plus", a-t-il déploré..

"Une coordination économique sérieuse et efficace à l'échelle européenne"

"Ni l'euro ni l'Europe ne sont au bord de l'implosion. Mais les pays concernés sont menacés d'une vague de défiance et de doute. Or, c'est ce doute qui peut faire grimper les taux d'intérêt et un pays hyper-endetté comme le nôtre en serait ruiné. Nous aurions du faire deux choses à la fois : garantir les dettes des états, mais leur exiger la vérité et un plan de redressement de long terme. Il faut davantage de fédéralisme, mais pas tel que beaucoup croient le comprendre en France. Le fédéralisme, ça veut dire 'je respecte les différences' tout en organisant une coordination sérieuse et efficace, qui évite que chaque pays ne fasse n'importe quoi", a-t-il précisé. "Les pays les plus forts doivent consentir à aider ceux qui le sont moins. Un jour, peut-être en aurons-nous besoin nous aussi. Enfin, nous devons penser l'Europe de manière collective. Je sais que l'idée qu'elle se résume à la France et à l'Allemagne est à la mode. Mais c'est une idée de fausse. Chaque pays doit être traité sur un pied d'égalité", a défendu François Bayrou.

"Je garantirai poste pour poste dans l´Education nationale"

"Quand j'étais ministre, j'avais sanctuarisé l’Éducation nationale, maintenant les postes, les moyens et notamment les classes dans les écoles de village", a rappelé le président du Mouvement Démocrate. "Mais la situation de l'école ne dépend pas d'une vague de recrutement, elle dépend du soutien à un système éducatif mis à mal. Les enseignants pensaient que le savoir garantissait le respect. C'est terminé parce que nous l'avons laissé finir et, cela, je ne m'en satisfais pas", a-t-il expliqué.

"La morale à l'école ne se transmet pas en l'écrivant sur le tableau, mais pas l'exemple, car le maître respecte et est respecté. On doit aussi être capables de proposer une scolarité adaptée aux élèves déstabilisés et qui déstabilisent leur classe. Par ailleurs, si l'école est là pour transmettre des connaissances, des attitudes en matière de vivre ensemble, jamais elle ne transmettra tout. Je défends que dans un certain nombre de situation, ce qu'il faudrait c'est une école des parents", a soutenu François Bayrou.


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Il nous faut un candidat courageux ?

Posté par : gilco2 | 3 novembre 2011 10:49

Bonjour Phiphilac ! C'est bien ce "candidat" qu'on attend, celui qui luttera contre le corporatisme et ses privilèges ! Je l'ai tellement souvent dit, écrit, répété, que je n'insiste plus ! Avez vous lu le livre "orange" ? Je l'ai, éventuellement vous donnerez le site pour le télécharger : Il faut faire vite car nous devons pour le 9 Novembre faire part de nos remarques ? Je ne l'ai pas encore lu, mais, à priori, je doute fort d'y trouver mon "programme !" à bientôt


@ audomarois

Posté par : gilco2 | 3 novembre 2011 08:42

Bravo à vous de défendre votre économie locale ! Si tous les français en faisaient de même et défendaient leurs productions ? On aurait assisté à une levée de bouclier contre les délocalisations depuis bien longtemps. Ils auraient boudé les productions de ces entreprises délocalisées ? Ils auraient accepté un contrôle aux frontières européennes de la qualité, mais aussi des prix, notamment de ces entreprises délocalisées qui ont, n'omettons pas de le répéter créé le chômage, chômage que les français et les européens paient ! Pourquoi en les taxant ne leur demande t-on pas de payer le chômage qu'ils ont créé ? Logique non ! Par ailleurs en refusant la non-qualité et, parallèlement en contrôlant plus efficacement nos productions internes, ne favorisons-nous pas la production interne ? Pour développer le pouvoir d'achat, il est essentiel de créer l'égalité des travailleurs devant l'emploi : classification unique (fonctions publique et privé) en fonction de la technicité, de la pénibilité, de la conscience professionnelle déployée et création d'une grille unique de rémunération ? En rabotant ainsi ceux qui reçoivent des rémunérations au dessus des besoins et en donnant plus à ceux qui sont en dessous des besoins vitaux : on augmentera globalement du pouvoir d'achat !!! On favorisera la consommation interne de produits répondant à nos normes et on créera des emplois... Logique non ! Développant la fabrication, développant la consommation interne nous développerons la croissance.... Les retraites calculées pour tous de la même manière, ce qui signifie la suppression de toutes les retraites spéciales ? Après avoir aboli les privilèges, supprime toutes les niches fiscales (à l'exclusion de celles qui créent des emplois, aide à la personne par exemple ) et rétablit une justice fiscale imposant tous les revenus, salaires, retraites, revenus du patrimoines, primes de toute sorte etc....prestations sociales (oui) avec pression dissuasive sur les hauts revenus. N'aurons nous pas rétablit la justice sociale ? logique non ! Il ne restera plus qu'à supprimer les caporalismes, rétablir l'unité citoyenne et REFORMER l'état, les institutions et l'administration avec, création d' un comité de controle CITOYEN avec des non élus politiques ni syndicaux chassant les doublons et les redondances ... Logique non ? Restera à réclamer à l'Europe un coup de balai identique ? J'aimerais ne pas être le seul à le dire ? Car, je ne suis pas utopique, mais, je suis contre le corporatisme !


Comment?

Posté par : burgrave | 3 novembre 2011 07:42

Il serait intéressant d'avoir un exemple concret de réinsdustrialisation en France! Peut on dés maintenant dresser une liste de ce qu'il sera possible et plausible de réintroduire comme secteur de production en France à court et à moyen terme ? Il faut en effet que l'on ait des données concrètes dés maintenant garantissant la faisabilité d'une telle perspective politico-économique! Quand à l'augmentation de 50 milliards d'impôts! Être plus précis sur qui va payer! Est ce encore les classes moyennes? Quand aux réduction des dépenses de l'état! Quel secteur va être touché sur le plan emploi des fonctionnaires? Avec plus de précisions et de concret, le vote du suffrage universel exprimera mieux et de façon claire le consentement sur les mesures qui devront être prises!


À voir !

Posté par : phiphilac | 2 novembre 2011 22:19

Un homme courageux qui se lèverait contre les corporatismes, Français? Les corporatismes Français, le refus de l' évolution intelligente de la société. Si on avait le bonheur de le voir, ce brillant courageux, avant l' outre-tombe!


Paulo

Posté par : gilco2 | 2 novembre 2011 17:33

2 heures de bonheur peuvent elles remplacer tant d'heures de malheur ? Espérons !



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