François Bayrou était l'invité de l'émission "A vous de juger" sur France 2, le 14 février. Interrogé sur la crise de confiance que traverse le président de la République, le président du Mouvement démocrate a souligné : "C'est grave, parce que l'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy porte atteinte à des principes républicains fondamentaux dans lesquels notre pays se reconnaissait, tous présidents de la République confondus".
"Par ses choix personnels, il a transgressé et transgresse tous les jours tous ces principes", a-t-il estimé, précisant : "Il y en a un qui est pour moi frappant depuis le premier jour. Dans un pays où les Français ont tant de mal à boucler les fins de mois, l'exhibition du luxe d'un côté et de l'intimité avec le monde de l'argent de l'autre a porté atteinte à un principe fondamental"
Au cours de l'émission "A vous de juger" sur France 2 et au fil du débat réunissant des
personnalités du Parti socialiste et des membres du gouvernement, François Bayrou a défini les
grandes lignes d'un projet de société différent du modèle dominant, celui de l'inégalité
croissante. Analysant les grandes problématiques que rencontre le pouvoir en place, il a par
ailleurs précisé avec force les valeurs et les principes qui font le ciment du Mouvement Démocrate
et réitéré son appel à un rassemblement des reconstructeurs.
La laïcité
"Il y a des déclarations que le président ne doit pas faire. Je suis, chrétien, catholique,
pratiquant et je dis que ce n'est pas au président de la République, ni dans mon sens, ni contre ma
foi de venir faire des déclarations pour nous expliquer que le monde est mieux avec Dieu ou sans
Dieu. Quelle légitimité a-t-il pour le dire ?"
"Il y a là une attaque à quelque chose d'infiniment plus profond que des choix politiques. On
touche à l'un des piliers centraux de la maison. Et avec une obsession que je ne m'explique pas,
Nicolas Sarkozy a décidé, depuis un mois et demi, de remettre ce sujet dans un pays qui avait mis
cent ans pour apaiser les choses."
"Si j'acceptais qu'il le fasse, y compris dans le sens des croyants, ce que je récuse, c'est
aussi accepter qu'un successeur vienne et dise le contraire. Cela ne regarde pas le Président de la
République, il n'a pas à me dire comment je dois élever mes enfants. Ce n'est pas le rôle de
l'Etat, ce n'est pas le rôle de la présidence de la République. J'aurais envie de lui dire : "S'il
vous plait : "arrêtez". Il y a des sujets sur lesquels il est désormais temps de faire silence."
La mémoire de la Shoah
Concernant la demande du président de la République de confier à chaque enfant de CM2 la
mémoire d'une victime de la Shoah, François Bayrou a souligné les risques pour les enfants
engendrés par une décision"sans que personne y ait réfléchi". "C'est tous les jours une fusée
nouvelle dont le but est d'effacer le ratage de la fusée d'hier. Ca crée un trouble profond, ça ne
rassure pas, ça ne calme pas, ça ne stabilise pas et ça ne permet pas au pays de mettre devant lui
les priorités qui devraient être les siennes", a-t-il conclu.
La fonction présidentielle :
"Il y a un problème d'exercice du pouvoir. Nicolas Sarkozy avait fini par dire, pendant la
campagne : "Je voudrais une démocratie exemplaire". Franchement, est-ce une démocratie claire et
irréprochable que celle dans laquelle le pouvoir est entièrement concentré dans les mains d'un
petit groupe et dans laquelle ce sont des conseillers responsables devant absolument personne qui
viennent annoncer qu'il y allait avoir un remaniement ministériel, que ce remaniement comporterait
un petit nombre de ministres."
François Bayrou a souligné : "Ce qui est profondément choquant dans la situation actuelle, ce
sont les difficultés du pays auquel on s'est adressé pendant la campagne présidentielle en
expliquant que le sujet était la difficulté des gens qui gagne 900 ou 1000 euros avec 28 heures de
travail par semaine, qui ont des enfants et qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Et à
coté, l'étalage du luxe."
Pouvoir d'achat
"La première chose que j'aurai faite est de ne pas faire croire que la baguette magique du
président de la République allait apporter tout d'un coup ce dont les Français manquent. C'est donc
extrêmement choquant pour la grande majorité qui y a cru et qui aujourd'hui se réveille avec rien."
Le président du Modem a noté : "Il faut voir qui est particulièrement atteint : les retraités
et les petites retraites parce qu'ils n'y arrivent plus, avec 900 euros. Et donc, le peu de marge
de manœuvre, je l'aurai concentré sur les petites retraites."
"J'aurai fait deux emplois sans charges pour les entreprises de manière à favoriser la
création d'emplois dans les petites entreprises, les artisans ou chez les commerçants. Si on avait
créé de l'emploi dans ces conditions là, évidemment, vous auriez donnéun ballon d'oxygène à
beaucoup de jeunes qui n'ont pas d'emplois et qui en meurent, parce que l'on nous dit que le
chômage va beaucoup mieux mais la démographie et les départs à la retraite y sont pour beaucoup."
Réformes des régimes de retraites
"Je dis une chose, les yeux dans les yeux avec le gouvernement et avec celui qui en est
chargé. J'ai parlé toute la journée avec des experts du dossier, puisque c'est en négociation, et
ils disent ceci : "pour la génération qui vient, entre 15 et 20 ans, une fois la réforme adoptée,
elle coûtera plus chère que s'il n'y avait pas eu de réforme."
"Ce qui est nécessaire, c'est une réforme fondamentale des régimes de retraite par points,
que les gens puissent partir à la retraite en fonction de la pension qu'il pourront recevoir et des
droits acquis, à l'âge qu'ils veulent. Ce qui se profile aujourd'hui, c'est une réforme qui coûtera
plus chère que si elle n'avait pas eu lieu."
Une alliance des reconstructeurs
Analysant la distance entre les attentes des français et le pouvoir, mais aussi la distance
aussi entre les principes des français et ceux défendus par le pouvoir, le président du Modem a
noté : "Je crois que cela va créer un sentiment de désarroi et des crispations. Derrière cela, il
faudra reconstruire et en effet, je considère que l'on ne peut pas reconstruire sans le Parti
Socialiste qui va se rénover, les démocrates du centre et une partie de la droite républicaine. Je
pense que le jour viendra où il va falloir une alliance des reconstructeurs."
Un modèle de justice croissante
"On a un grand problème : est ce que la mondialisation nous impose un modèle unique, un
modèle américain qui a fasciné pendant longtemps et fascine encore le Président de la République ou
est ce que l'on peut promouvoir ou porter un autre modèle ?"
je tiens à féliciter M. Bayrou pour cette intervention sur le plateau d'Arlette Chabot. Je tiens
aussi à féliciter celui ou celle qui a monté ce film et qui prouve que Sarkozy a bel et bien dit ce
qu'aucun chef d'Etat laïc ne peut dire.
François Bayrou à Pau
Posté par : paysan | 18 février 2008 09:57
Bien que la crédibilité des sondages ait été maintes fois mise à mal, bien que cette pratique ne
soit pas très éloignée de l'anti-démocratie, on ne peut pas passer sous silence le sondage BVA pour
Sud-Ouest qui donne François Bayrou battu aux 2 tours par la socialiste Martine Lignières-Cassou,
aux municipales de Pau. De toutes façons, vaincu ou vainqueur (ce que je souhaite), cette
candidature de François Bayrou laissera des traces chez les adhérents Modem. Mon opinion, souvent
exprimée sur ces forums, n'a pas changé: Le destin national de notre leader ne souffrait pas de
"s'abaisser" à des luttes électorales locales. Nous verrons bien si j'avais raison
Principes
Posté par : malice | 17 février 2008 19:29
Bravo à François Bayrou d'avoir signé à Marianne. Le despotisme démocratique est la force du
sarkozysme. A trop vouloir s'imprégner d'une caricature américaine, il est tombé dans la dérive
tocquevillienne.
Propos de Xavier Bertrand sur France 2
Posté par : ericj | 16 février 2008 14:23
Je souhaite réagir contre les propos de Xavier BERTRAND sur France 2 qui caractérise
l'opposition MODEM , PS ainsi " un leader sans parti et un parti sans leader" . Tenir ces propos,
c'est mépriser les 60000 adhérents MODEM qui pour lui ne comptent pour rien . Propos
antidémocratiques et d'autant plus choquants que l'UMP refuse la proportionnelle aux élections
législatives.
Laicite
Posté par : ericj | 16 février 2008 12:50
La laicité est une valeur fondamentale de notre république. Par petites touches et de façon
insidieuse le Président va faire régresser notre société vers un régime politico-religieux qui vise
à influencer les consciences pour mieux régner. Il faudra probablement descendre dans la rue pour
lui faire comprendre qu'il y a des limites à ne pas dépasser.
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bravo
Posté par : malice | 21 février 2008 18:21je tiens à féliciter M. Bayrou pour cette intervention sur le plateau d'Arlette Chabot. Je tiens aussi à féliciter celui ou celle qui a monté ce film et qui prouve que Sarkozy a bel et bien dit ce qu'aucun chef d'Etat laïc ne peut dire.
François Bayrou à Pau
Posté par : paysan | 18 février 2008 09:57Bien que la crédibilité des sondages ait été maintes fois mise à mal, bien que cette pratique ne soit pas très éloignée de l'anti-démocratie, on ne peut pas passer sous silence le sondage BVA pour Sud-Ouest qui donne François Bayrou battu aux 2 tours par la socialiste Martine Lignières-Cassou, aux municipales de Pau. De toutes façons, vaincu ou vainqueur (ce que je souhaite), cette candidature de François Bayrou laissera des traces chez les adhérents Modem. Mon opinion, souvent exprimée sur ces forums, n'a pas changé: Le destin national de notre leader ne souffrait pas de "s'abaisser" à des luttes électorales locales. Nous verrons bien si j'avais raison
Principes
Posté par : malice | 17 février 2008 19:29Bravo à François Bayrou d'avoir signé à Marianne. Le despotisme démocratique est la force du sarkozysme. A trop vouloir s'imprégner d'une caricature américaine, il est tombé dans la dérive tocquevillienne.
Propos de Xavier Bertrand sur France 2
Posté par : ericj | 16 février 2008 14:23Je souhaite réagir contre les propos de Xavier BERTRAND sur France 2 qui caractérise l'opposition MODEM , PS ainsi " un leader sans parti et un parti sans leader" . Tenir ces propos, c'est mépriser les 60000 adhérents MODEM qui pour lui ne comptent pour rien . Propos antidémocratiques et d'autant plus choquants que l'UMP refuse la proportionnelle aux élections législatives.
Laicite
Posté par : ericj | 16 février 2008 12:50La laicité est une valeur fondamentale de notre république. Par petites touches et de façon insidieuse le Président va faire régresser notre société vers un régime politico-religieux qui vise à influencer les consciences pour mieux régner. Il faudra probablement descendre dans la rue pour lui faire comprendre qu'il y a des limites à ne pas dépasser.