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6 septembre 2009 Université de rentrée 2009 : discours de clôture de Marielle de SarnezRetrouvez l'intégralité du discours de clôture de Marielle de Sarnez à l'issue de l'Université de rentrée du Mouvement Démocrate à La Grande-Motte...
Cela va être le sujet de mon propos de ce matin. C'est pourquoi je suis très heureuse que nous ayons pris aujourd'hui la décision d'organiser ce congrès que nous souhaitions les 4, 5 et 6 décembre à Arras. Je pense que ce sera, pour le Mouvement Démocrate mais aussi pour les Français, un moment extrêmement important. Je voudrais aujourd'hui vous dire, en quelques minutes et m'inspirant des actualités récentes, ce qui fonde notre identité, ce qui fait notre différence, ce qui fait notre originalité, nous Démocrates, réunis ici, ce matin. Au moment où très nombreux sont ceux qui veulent donner des leçons de centre, je trouve qu’il est utile de faire cet exercice. Je veux d'abord revenir sur nos inquiétudes. Pour nous, la crise économique n'est pas derrière nous, elle est au contraire devant. On nous annonce d'ailleurs un taux de chômage de l'ordre 10 à 12 % de la population active. C'est un chômage qui va toucher toutes les catégories sociales, mais plus spécialement encore les jeunes, qu’ils soient diplômés ou non. J'ai la crainte, comme Robert Rochefort le disait, que nous nous installions dans une période de chômage de longue durée. C'est pourquoi nous devons et nous devrons réfléchir à apporter une réponse sociale à la désespérance qui est celle de tous les Français privés d'emploi. Donc, je proposerai que nous réfléchissions à faire du temps de chômage un temps d'acquisition de compétences, en donnant à tous des revenus, y compris aux jeunes, avec une obligation de formation et une obligation de qualification. Evidemment, on va nous dire que cela coûtera cher. Mais cela coûtera toujours moins cher que le coût et le prix humain de la désespérance sociale. Toujours en matière sociale, nous manquons cruellement, en France, de dialogue social. Et ce n'est sans doute pas un hasard que ce soit dans les petites entreprises, souvent sous-traitantes des grands groupes, où la représentation syndicale est faible, que l'on assiste aux pires accès de désespoirs et aux plus gros débordements. Je propose que nous fassions entrer le dialogue social dans les petites et moyennes entreprises, et je mets sur la table l'idée d'étendre le bénéfice des comités d'entreprise des grands groupes à l'ensemble de leurs sous-traitants. Je propose que nous y réfléchissions. Cela permettrait aux syndicats de renouveler leur rôle d'acteur social dans l'ensemble des petites et moyennes entreprises françaises et aux salariés des petites entreprises de bénéficier des intérêts auxquels aujourd'hui seuls les salariés des grandes entreprises ont droit. Nous sommes en période de crise. Les Français sont en période de crise. Corinne a abordé ce sujet. Je veux dire mon désaccord absolument profond avec le projet du Gouvernement de réduction de ce que l'on appelle les avantages familiaux pour les retraites des mères de famille, tout cela au nom de l'égalité. La première des choses, si l'on veut parler d'égalité, c'est de faire respecter l'égalité des salaires entre les femmes et les hommes dans ce pays. N'avoir comme idée que celle de réduire le montant des retraites des femmes, qui sont déjà largement en dessous des retraites des hommes, est absolument injuste. Nous, Démocrates, disons non à cette injustice. Dois-je ajouter que ce sont principalement les femmes qui font un certain nombre de choses à la maison et surtout que tout ce qui est temps partiel, que tout ce qui est précarité, tout ce qui est difficulté et pénibilité de l'emploi, ce sont d'abord les femmes qui le subissent, malheureusement, avant les hommes. Nous, Démocrates, disons non à cette injustice. Toujours sur la question de la crise qui nous frappe, je veux vous dire que je regrette profondément l'idée du Président de la République d'un emprunt franco-français pour régler la crise et ce pour 3 raisons. La première de ces raisons, c'est une raison de bon sens : on va rajouter de la dette à la dette. On emprunte aujourd'hui 1 Md€ par jour. Vous savez que la dette va atteindre dans quelques années 100 % de notre PIB. Rajouter de la dette à la dette, ce n'est pas de la solidarité vis-à-vis des générations à venir. La deuxième raison, je crois que c'est Jean-François Kahn qui l'a dit, mais c'est quand même étonnant : on va d’abord prendre l'argent des Français - enfin peut-être, on ne sait pas si cela va marcher - et, ensuite seulement, on va réunir une commission pour savoir ce que l'on va faire de cet argent ! Il y a quand même quelque chose d'absolument absurde dans cette manière de faire et de penser. Puis, je suis convaincue - nous l'avons dit, François a été un des premiers à le dire - que, s'il y avait grand emprunt, alors, il fallait le faire au plan européen, évidemment pour aider solidairement l'ensemble des petites et moyennes entreprises en Europe, pour préparer les investissements du futur durable notamment en matière de transports propres. Et c'était cela la bonne piste et c'était cela, pour nous Démocrates, la bonne solution. J'ajoute, comme le disait hier Guy Verhofstadt, qu’on a le sentiment que les gouvernements pensent qu'ils ont réglé tout seuls les problèmes de la crise et qu’il n'y a plus besoin de plus d'intégration européenne. Je veux vous dire, mes chers amis, que je trouve que c'est évidemment faux. Je trouve même que c'est extrêmement dangereux de penser que l’on pourra recréer seuls de la croissance, chez nous, sans coordonner nos efforts avec l'ensemble de nos voisins européen. Croire cela, c’est évidemment se raconter des histoires. On a besoin d'une politique économique et sociale européenne intégrée et c’est le message que nous portons ici, nous les Démocrates. Ce qui veut dire que nous allons continuer de porter au Parlement européen la question des harmonisations sociale et fiscale dont nous avons besoin et que nos concitoyens attendent. Ce qui veut dire aussi que nous allons continuer de porter, nous, Démocrates, l'idée d'une régulation européenne. Je peux vous dire que décider, simplement, de nommer demain un seul régulateur européen au lieu des 27 coordonnateurs actuels, cela vaudrait mieux que tous les grands discours, toutes les paroles verbales que nous entendons, notamment du président de la République, sur la régulation ! Voilà quelque chose de concret : nous demandons la création d’un régulateur européen unique. Jean Peyrelevade l'avait demandé depuis longtemps. Je vous propose que nous continuions nous aussi de mener ce combat-là pour une régulation plus efficace. J'en profite, c'est une différence, pour vous dire que j'ai été extrêmement choquée par des propos récents de François Fillon qui sont passés un peu à la trappe, je ne sais pas pourquoi. Il a dit il y a quelques jours que la France était « contributeur net » de l'Europe. Cela veut dire, vous le savez tous, que nous donnons quelque 19 Mds€ au budget européen et que nous n'en recevons que 14 milliards. François Fillon dit : Écoutez, cela ne peut pas durer, on donne plus que ce que l'on reçoit. Dire cela est une honte, parce qu'on a fait l'Europe pour créer une solidarité entre les peuples les plus aisés et les peuples les plus pauvres. Au fond, en disant cela, c'est tout l'esprit même de la construction européenne que le Premier Ministre remet en cause et cela, c'est une sacrée différence entre les Démocrates que nous sommes et eux. Nous avons une autre différence avec les gouvernants, qui touche aux questions de société. Je crois depuis longtemps que, sur toutes les questions de société, nos concitoyens sont toujours beaucoup plus en avance que les partis politiques. Et je veux répondre, là aussi, au secrétaire général de l'UMP qui a dit il y a quelques jours que, non, jamais, les immigrés ne pourraient avoir le droit de vote aux élections locales, fermant ainsi la porte à tous ceux qui vivent ici en France, travaillent ici en France, depuis plusieurs dizaines d'années, qui sont dans nos communes et ont des enfants qui sont Français parce que nés en France. La seule façon de réussir l'intégration en France, c'est de leur donner le droit de vote aux élections locales, comme nous l'avons fait pour les citoyens européens. Voilà encore une différence avec le pouvoir en place et avec l'UMP. Un mot sur la fiscalité écologique. Nous Démocrates, Corinne l'a rappelé, nous sommes pour une profonde réforme fiscale qui doit, à mon sens, poursuivre deux objectifs. Le premier, c'est évidemment que la fiscalité soit au service de la lutte contre les inégalités, et non pas l'inverse avec ce qui se passe aujourd'hui par exemple avec le bouclier fiscal où toutes les charges se concentrent sur les seules classes moyennes. Cela est, pour nous, Démocrates, inacceptable. Nous voulons, dans cette profonde réforme fiscale sur laquelle nous allons travailler, favoriser par la fiscalité le durable, le long terme sur le court terme et, ce, dans tous les domaines. Je veux vous dire combien je regrette l'immense gâchis gouvernemental sur cette idée juste et nécessaire d'une fiscalité écologique. Il y avait besoin d'explication de la part du gouvernement, de pédagogie, d'accompagnement de nos concitoyens et ils ont fait l'inverse. Ils ont pataugé, patouillé. Nous sommes dans un immense gâchis et peut-être que cela fera reculer cette idée que je trouve absolument nécessaire, mais à quelques conditions que je veux vous dire rapidement. La première, c'est la pédagogie : que l'on explique à nos concitoyens ce que l'on veut faire. Si on expliquait combien il est juste -là aussi c'est toujours la question de la solidarité- et légitime de penser à la solidarité et aux générations qui viennent, les sondages ne donneraient pas autant d'hostilité sur cette idée de fiscalité écologique. Deuxième condition : je ne suis pas comme ceux qui disent qu'il faut que cette taxe soit douloureuse pour avoir un effet. Je pense qu'au contraire elle doit être progressive, lissée dans le temps et que l'on doit laisser le temps aux ménages, aux familles, aux foyers, de se faire une opinion et de se construire une stratégie qui soit propre à chacun d'entre eux pour, ensuite, économiser réellement sur l'énergie. Le faire brutalement, ce n'est pas responsable et ce n'est pas prendre nos concitoyens pour des gens responsables. Le troisième point, c'est qu'il ne faut, en aucun cas, que cet argent serve simplement à boucher le trou budgétaire né de la suppression de la taxe professionnelle. Si c'est tout ça pour ça, et bien cela ne sert à rien du tout. Il faut que cet argent accompagne les familles, les foyers les plus modestes en les aidant à mettre en place des stratégies alternatives en matière d'économie d'énergie. Et pour le reste il faut évidemment investir dans l'économie verte. Nous aussi, Démocrates, nous voulons préparer l'avenir. C'est cela que je vous propose ce matin. J'ajoute ceci : Il ne peut pas y avoir une taxe telle que la taxe « Carbone » - on a plusieurs pays européens qui l'ont, mais évidemment je suis pour que la France montre l'exemple et que cela puisse se faire assez vite aux conditions que je viens de dire- sans que cela se fasse évidemment au plan européen. En même temps, il faudra que, dans une réforme que nous estimons nécessaire de l'Organisation mondiale du commerce, on prenne définitivement en compte la question du dumping environnemental pour que les entreprises européennes ne soient pas défavorisées par rapport à d'autres entreprises, par exemple les entreprises chinoises. Puis je veux rajouter autre chose. Dans le cadre plus élargi de la préparation du sommet de Copenhague, je veux rappeler que nous, Européens, nous avons une obligation morale vis-à-vis des pays en voie de développement en matière d'écologie. Nous avons été de grands pollueurs, nous sommes de grands pollueurs, nous continuons et je pense notamment à ce qu’Issouf Ag Maha nous disait hier, de polluer ces pays-là. Il parlait d'Areva et de l'uranium au Niger. Oui, nous avons une responsabilité. On ne peut pas imaginer d'aller à Copenhague sans que les pays développés s'engagent fermement à aider les pays en voie de développement par des moyens financiers et des transferts de technologies conséquents, afinqu’ils puissent se préparer eux aussi à cette nouvelle économie durable. Enfin, je veux rappeler un dernier point dans cette intervention, c'est un point de différence très important que nous avons avec le pouvoir en place et avec l'UMP. Ici, chez les Démocrates, nous voulons un État impartial. Un Etat impartial, cela veut dire au seul service de l'intérêt général et non au service des intérêts partisans, économiques ou financiers. Nous sommes résolument opposés à l'exercice du pouvoir personnel, à l'ultra personnalisation du pouvoir et nous voulons résolument de nouvelles institutions. Nous voulons un Parlement enfin représentatif de la diversité française, ce qu'il n'est absolument pas aujourd'hui, et cela veut dire un changement du mode de scrutin. Nous voulons un Parlement qui pèse vraiment, qui ressemble à la France. Je pense notamment à la place des femmes, qui représentent à peine 20 % des députés à l’Assemblée nationale. Nous sommes au 50 ème rang des parlements du monde pour le nombre de femmes au Parlement. C'est une honte française absolue. Nous avons besoin d'un Parlement qui fasse son travail, qui pèse, qui légifère et qui contrôle vraiment. Moi, je vais même ajouter une proposition personnelle, si nous avons un jour ce nouveau mode de scrutin, si ce Parlement ressemble enfin à la France, s'il a davantage de pouvoir qu'aujourd'hui : alors il faudra diminuer le nombre de députés, car nous n'aurons pas besoin d'autant de parlementaires. Comme nous voulons un État impartial, nous voulons une justice indépendante. C'est pourquoi nous, Démocrates, nous refusons l'idée de la suppression du juge d'instruction. Nous refusons l'idée de cette réforme qui, au fond, vise simplement à protéger certains de tout futur contrôle judiciaire. Ce n'est pas acceptable. D'ailleurs, je vous invite à lire, dans les quelques jours qui viennent, le rapport du conseil de l'Europe sur ce point, et qui va demander à la France de revenir sur cette réforme. Enfin, nous sommes pour un État impartial et pour une démocratie pluraliste et c'est la raison pour laquelle nous voulons travailler avec d'autres, dialoguer, échanger, confronter et faire bouger les lignes. Voilà ce que je voulais vous dire. Le projet sur lequel nous allons travailler maintenant, nous, Démocrates, ne doit pas être un énième programme. Il ne doit pas viser simplement à améliorer l'état présent des politiques publiques. Il doit penser un monde nouveau, plus juste, plus solidaire, plus durable et je forme le vœu que vous, Démocrates, soyez les pionniers de ce monde nouveau. Je vous remercie."
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rôle d'une député européenne.
Posté par : modempourtous | 8 septembre 2009 11:13J'ai beaucoup apprécié le discours de Marielle de Sarnez. Blanc seing démocratique !
Pierre Jourdan
Bravo Marielle !
Posté par : regisr | 8 septembre 2009 08:20Bravo Marielle pour ce discous qui nous donne le frisson avec celui de François.. Nous avons franchi une grande étape: c'est avec grand plaisir que nous entendons ces discours Vraiment, un nouveau paysage politique se dessine, ce rassemblement "progressiste" démocratique entre les "socialistes(une partie du moins)" les verts et le MoDem il faudra sans doute que le PS abandonne son nom qui fait ringard... mais on en est pas là! François Bayrou a fait un grand pas aussi pour être clair Dit-il Il faut être clair ! "..Mes chers amis, dans les premières heures de notre université de rentrée, les journalistes m'interrogeaient en me demandant : "Mais quel est pour vous le but de votre université de rentrée ?" Je leur ai répondu ce que je croyais profondément : Le but de cette université, ce sont des idées claires, des idées claires pour notre Mouvement, mais beaucoup plus largement, au-delà de toutes celles et tous ceux qui le forment, des idées claires pour les Français parce que c'est peu de dire que notre vie politique apparaît souvent, tous les jours, bourbeuse et brouillardeuse. Plus personne n'y retrouve ses rebelles. Je vais essayer de décrire en peu de mots......";.. "..Je fais, en votre nom, une offre publique de dialogue entre tous ceux qui ont la volonté d'alternance en commun. Le temps du dialogue est venu. Dialoguer, ce n'est pas forcément être d'accord. C'est accepter l'idée que même les désaccords peuvent être constructifs pourvu que l'on ne perde pas de vue le but à atteindre..." Qu'en est-il du paysage politique aujourd'hui comparé à il y a 35ans, en 1974 , Comme tu le disais marielle sur une radio, une majorité de français penchait pour une politique "progressiste" conduite par Giscard, qui s'opposait à droite à une politique "droitiste" défendu par les vieux gaullistes, et à gauche à un Marchais entaché de ses séjours sur la volga ! face à lui un Miterrand qui pour gagner voulait faire ce grand rassemblement de gauche.. un échec en 74 amis face à Giscard !. Comme tu le dis Marielle De Sarnez, il ne faut pas se tromper Gisard était au centre ce que Chirac a toujours combattu et a conduit à mettre un terme à cette politique progressiste dont ne voulait pas la droite aujourd"hui ce sont le mêmes électeurs (votre serviteur en l'occurence) qui se sont levés lorsque F Bayrou a dit non à l'UMP en 2002, non à Chirac, non, mille fois non à Sarkozy qui "redroitise" encore plus la politique française" et encore une fois c'est au centre qu' on veut ramener le débat avec tous ceux ou presque qui épaulaient Giscard en 74.. et à gauche, le mur de Berlin est bien tombé, la gauche s'est fait progresssite et moins idéologique, elle s'est centrée ! même "libéralisée" dirait certains ce qui fait monter au créneau le NPA et le discours "has been" de Emmanuelli et trop repris par Martine.. NON un grand rassemblement de toute la gauche n'est pas possible ni souhaitable, il faut être réaliste, car c'est celui là qui a fait échoué le programme commun qui n'avait rien de commun .. c'est bien pour çelà que le rassemblement du MoDem avec la gauche "progressiste" et est maintenant possible et est la seule solution viable d'avenir OUI les mains sont tendues à gauche et à droite(au centre droit) avec leur différence et ce pluralisme sera ce qui donnera toute la force à ce rassemblement car il se veut réaliste et humaniste OUI je le répète c'est le chemin plein d'espoir conduit par Barack Obama qui conduit la "gauche américaine" et qui n'est pas pour celà Socialiste comme l'a dit François, il est tout simplement social ! régis 78 (discours semblable déposé aussi sur le blog de Manuel /Valls suite à sa bonne inetrvention sur RMC hier 7/9 à 8h30 )