6 septembre 2008
Compte-rendu de l'atelier "Justice et libertés publiques" animé par Corinne Lepage
L’Europe représente une voie de progrès pour l’unité des droits et la lutte contre
la criminalité. Elle a un rôle majeur à jouer notamment dans la lutte contre la corruption à grande
échelle, l’économie grise : au niveau communautaire, les estimations chiffrent en fait à
15% du montant total des subventions européennes la perte en ligne due au blanchiment
d’argent.
Concernant les droits de citoyenneté et les libertés publiques, l’échange de bonnes
pratiques au niveau européen permet de confronter les différents systèmes nationaux et de suivre
les exemples vertueux (qui viennent surtout de l’Europe du Nord), en ce qui concerne
notamment le droit à l’information, la connaissance des dépenses publiques, la transparence
du processus décisionnel.
Aujourd’hui, on le voit très bien, démocratie et économie de marché ne riment plus.
Dans ce contexte, l’Europe est indispensable : une Europe capable de dépasser les
positions concurrentes des États membres et de parler d’une voix commune. Pour cela, il est
toutefois nécessaire de croire en ce que l’on défend. Nous sommes décrédibilisés, parce
qu’on a trop de fois mis de coté nos principes fondamentaux et on a trop de fois renoncé à
mener des batailles, même au-delà du résultat, ne serait-ce que pour la simple défense de nos
valeurs.
La véritable question à se poser aujourd’hui est donc de savoir ce que nous voulons
faire pour donner un avenir meilleur à nos enfants. Concrètement, qu’est ce qu’il
signifiera être européen au XXIème siècle ?
L’économie de marché n’est certes pas en discussion, mais il faut protéger les
citoyens des excès de l’hyper capitalisme financier, système qui accroît les différences de
façon exponentielle. Aux États-Unis, on le voit très bien aujourd’hui, l’échelle de
différences est revenue à celle des années 1920. Ce modèle n’est pas acceptable : nous
devons nous battre pour la réduction des inégalités ! Nous devons nous battre pour que
l’organisation économique revienne à un niveau équitable ! Mais seuls, on ne pourra
jamais résoudre le problème. Le problème des inégalités produites par l’hyper capitalisme
financier est désormais un problème qui dépasse la France et qui ne peut être abordé qu’au
niveau européen et résolu au niveau mondial.
La situation de l’Afrique est, à cet égard, emblématique : elle est due à
l’organisation des échanges économiques dans le monde, car les grandes organisations
internationales (Fonds Monétaire Internationale, FAO…) ont poussé pendant des années pour la
transformation des cultures vivrières en monoculture. Et s’il est aujourd’hui
impensable que ces organismes assument les responsabilités des énormes dégâts créés, il est au
moins souhaitable qu’ils essaient de redresser la situation, qu’ils reviennent sur
leurs positions, qu’ils mettent tout en œuvre pour développer des cultures différentes
pour nourrir les populations sur place. Pour arrêter de faire mourir les sols en Afrique et
reprendre les cultures vivrières, on pourrait bien évidemment miser sur l’énergie solaire. Et
surtout on devrait nous assumer, en tant qu’Europe, nos responsabilités, en évitant par
exemple d’investir en Afrique sur des cultures hors-saison qui nécessitent trop d’eau
et dont le transport provoque une émission excessive de CO².
Libertés publiques : le fichier Edvige.
En France, le listing Edvige pose un grand problème de libertés publiques et représente un
enjeu fondamental pour l’avenir démocrate : Edvige est une présomption de culpabilité
permanente une inversion de la logique qui sous-tend les droits de l’Homme. François Bayrou,
Marielle de Sarnez, Nathalie Griesbeck et Corinne Lepage ont déposé, tout comme de nombreuses
associations, un recours devant le Conseil d’Etat français. Ces recours, associés à une
pétition de 100 000 citoyens, ont fait en sorte que la presse commence à s’intéresser à
l’affaire. La décision du Conseil d’Etat devrait être connue avant Noël ; et si le
Conseil d’Etat n’annule pas cette décision, Corinne Lepage se dit prête à faire un
recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme.