6 septembre 2008
Compte-rendu de l'atelier "Energie" animé par Anne Laperrouze
Le marché de l'énergie doit être analysé sous trois axes majeurs qui sont le
prix de l'énergie, ses disponibilités, et ses émissions.
Même si ce secteur a été à la base du processus d’intégration, lorsqu'on
parle d'énergie au plan européen, on doit s’arrêter face à l’évidence d’un marché
en émergence. Les États membres restent les seuls maîtres de leurs choix énergétiques.
Ces choix sont dictés par les caractéristiques propres à chaque État (ressources naturelles,
histoires énergétiques et leur localisation géographique).
La dépendance de l'Union européenne en termes d'énergie fossile est grande et sera
naturellement amenée à l'être plus encore (diminution de la production domestique d'énergie
fossile).
Même si les énergies renouvelables offrent des réelles alternatives aux énergies fossiles, il
faut garder à l'esprit que les énergies fossiles constituent et constitueront la partie dominante
de notre mix énergétique pour plusieurs décennies encore.
Le rôle de l'Union dans le domaine énergétique se limite donc à l'élaboration d'objectifs
communs (énergies durables, accessibles et abordables), mais les politiques à mettre en œuvre
restent pour l'instant du ressort des États membres.
Ces objectifs communs sont notamment repris dans le cadre du "plan énergie climat" de la
Commission européenne, plan dont la France ambitionne l'adoption avant la fin de l'année et qui
comprend entres autres :
L'Union est également active dans le secteur des réseaux transeuropéens de
l'énergie. Il est intéressant de noter, à cet égard, l'effet paradoxalement positif de la crise
ukrainienne de mars 2007 (gel des approvisionnements gaziers) qui a permis de lever la réticence
des États membres à la création des postes de coordinateurs.
Aujourd'hui les enjeux du climat sont incontestés et l'Europe se dirige vers une politique
commune de l'énergie qui prend en compte ces impératifs climatiques. Et c'est d'ailleurs par un
engagement commun fort que l'Europe pourra se placer en bonne position pour négocier un accord
global de réduction des émissions en 2009.
Dans le domaine de l'énergie et du changement climatique, l'Europe doit s'engager en même
temps sur tous les fronts. La limitation de notre consommation (efficacité énergétique) est le
moyen le plus performant de réduire notre dépendance et nos émissions en même temps. Cependant, ces
efforts doivent être accompagnés en parallèle par une facilitation de l'essor des énergies
renouvelables et par une recherche intense afin de découvrir et de rendre applicables et rentables
les énergies propres du futur. L'Union européenne s'atèle d'ailleurs à ces deux tâches par des
initiatives dans le domaine de l'efficacité énergétique et par le plan stratégique technologique
pour l'énergie (SET-plan).
En matière d’énergies, les évolutions sont très rapides et les découvertes aussi :
trop cadrer, uniformiser, peut appauvrir le panel des solutions envisageables, nous pousser à
l’erreur, complexifier l’exécution des mesures mises en place. De plus, il faut
toujours prendre en compte les différences entre les pays et bien comprendre qu’une solution
peut être bonne quelque part, détestable ailleurs.
Compte tenu de ces constats, on peut toujours agir sur les invariantes. Il est tout à fait
évident que consommer moins d’énergie reste le moyen le plus efficace de réduire les
émissions de gaz à effet de serre. Il est donc nécessaire de façon invariante de mieux isoler nos
bâtiments, en conduisant à la sobriété énergétique, et de moins consommer pour mieux produire ce
que correspond à notre besoin. Si la démographie augmente et les ressources diminuent, il est
nécessaire de relever les défis énergétiques de la consommation et de la production
ensembles : le risque ultime pourrait être une vraie guerre pour l’énergie, bien plus
explicite que les tensions actuelles.
En revanche, il faut prendre en compte que les sources d’énergies ne sont d’un
usage équivalent pour toutes les dépenses : l’éolienne pourrait-t-elle faire voler des
avions aussi bien que le pétrole le fait ? On peut en douter. Il y a bien évidemment des
besoins énergétiques différents, et la différence entre les dépenses énergétiques en matière
immobilière et de transports le démontre.
Quelques considérations :
-
Un point plusieurs fois souligné : en matière d’énergie, il n’y
a pas de solution miraculeuse, pas de source d’énergie miraculeuse, pas de solution de
transport d’énergie miraculeuse. Chaque solution porte des avantages et des inconvénients. Il
convient donc de considérer avec largesse l’ensemble des possibilités, et en évaluer
l’utilisabilité et la rentabilité en fonction de la problématique énergétique
considérée : où ? quand ? comment ? pourquoi ?