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4 avril 2009 Deuxième session le samedi 4 avril : "Panne de transmission, panne d'éducation"
La deuxième session a lieu le samedi 4 avril de 10h à 17h30
Thème de la deuxième session :
Panne de transmission, panne d’éducation
L’avenir appartient aux sociétés du savoir accru et partagé : toute fracture cognitive peut donc être fatale. Le présentisme et l’instantanéité ambiants signalent une rupture dans la temporalité et dans la transmission : nous voici orphelins du passé comme de l’avenir. Comment mesurer cette double latence ? Comment renouer ce qui s’est dénoué ? Comment tricoter de nouveau la transmission et l’éducation pour leur redonner du sens ? Pour lancer l’examen de questions aussi vitales, l’Université populaire propose ce jour-là une première série d’interventions, sur l’individu, la génération, la famille et l’enfant.
10h
Présentation par Jean-Pierre Rioux
A lire :
Les inscriptions pour la session étant complètes, sachez que vous pourrez suivre en direct les échanges en vidéo sur cette page en streaming.
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Les derniers commentaires ... Tous les commentaires
Retransmission / téléchargement
Posté par : mushotoku | 4 avril 2009 17:55Je trouve ces conférences très instructives et comme citizenet, je pense que leur mise à disposition est une excellente idée, soit en visualisation soit en téléchargement.
D'autant que pour avoir l'information de leur existence il faut soit être très attentif aux mails envoyés par le mouvement, soit venir s'informer régulièrement ici, et il ne me semble pas que cela soit dans les us de la majorité des adhérents.
J'aurais quelques personnes auxquelles faire découvrir cela et pourrais même organiser une visualisation "collective" de sympathisants intéressés.
J'ai vu qu'il restait des places dans la salle, je regrette de ne pas m'être déplacée car la retransmission a un peu cafouillé.
Cependant, merci de permettre ces retransmissions et également merci pour la qualité et l'intelligibilité des interventions.
éducation esthétique et populaire
Posté par : philalethe | 1 avril 2009 14:27Je maperçois que ma réaction à lannonce de cette journée du 4 avril, qui est curieusement la seule réaction, est bien négative, même si je persiste à regretter le jargon dans lequel elle est annoncée. Je ne pourrai my rendre. Pour donner une autre réaction, plus constructive, jai traduit ci-dessous une page du dernier grand philosophe anglais A.N. Whitehead (1861-1947) sur le sujet, sur quelque chose à ce sujet qui pourra paraître marginal léducation esthétique des masses et qui est au contraire central, qui touche aussi au rapport de lécole avec la culture densemble de la société, donc aujourdhui avec la sphère médiatique. Dexcellentes propositions ont été faites récemment sur ce point par nos commissions chargées de la culture et de léducation ; on peut regretter quelles laissent entière la question de létat, plus que critique, de notre système scolaire et universitaire, mais inversement la reconstruction de ce système qui omettrait comme secondaire cette question serait compromise.
Cest tout le sens du texte qui suit, qui est tiré dun livre, Les buts de léducation, écrit en 1929 (une allusion à la situation dalors y figure) à Harvard où A.N. Whitehead, après avoir enseigné jusquà sa retraite les mathématiques à Cambridge et à luniversité de Londres, fut invité en 1924 à enseigner et où il écrivit ses grands livres et paracheva sa philosophie. Le texte fait évidemment référence à la situation scolaire anglaise de lentre-deux guerres. Il peut paraître très général, mais dit des choses de grande portée.
« Le sens des valeurs impose à la vie dincroyables travaux, et en dehors de lui la vie saffaisse dans la passivité de ses formes inférieures. La démonstration la plus pénétrante de cette force est le sens de la beauté, le sens esthétique de la perfection réalisée. Cette réflexion me conduit à demander si dans notre éducation moderne nous insistons suffisamment sur les fonctions de lart.
« Léducation typique de nos lycées était conçue pour des garçons appartenant à des foyers aisés et cultivés ; ils voyageaient en Italie, en Grèce, et en France, et souvent leurs propres foyers étaient situés au milieu de la beauté. Aucune de ces circonstances ne vaut pour léducation nationale moderne dans les écoles primaires et secondaires, ou même pour la majorité des garçons et filles dans le système élargi de nos lycées. On ne peut, sans perte, ignorer dans la vie de lesprit un facteur aussi grand que lart. Nos émotions esthétiques nous pourvoient en appréhensions vivaces de la valeur. Si vous les mutilez, vous affaiblissez la force du système entier des appréhensions spirituelles. La revendication de liberté dans léducation saccompagne du corollaire selon lequel le développement de la personnalité entière doit être considéré. N'opposer aucun refus arbitraire à ces exigences est un devoir. Dans ces jours déconomie, nous entendons dire beaucoup de choses au sujet de la futilité de nos efforts déducation et sur la possibilité de les réduire. Leffort pour développer simplement lintellectualité est voué à n'avoir pour récolte finale qu'une faillite de grande ampleur. Cest précisément ce que nous avons fait dans nos écoles nationales. Nous avons fait juste assez pour exciter et pas assez pour satisfaire. LHistoire nous montre que la floraison de lart est la première activité des nations sur le chemin de la civilisation. Pourtant, face à ce fait clair, en pratique nous excluons de lart les masses de la population. Pouvons-nous nous étonner que pareille éducation suscitant puis écrasant des besoins, conduise à léchec et à la frustration ? La stupidité de lensemble de la démarche réside en ceci que lart dans ses simples formes populaires est justement ce que nous pouvons donner à la nation sans tension excessive sur nos ressources. Vous pouvez peut-être par quelques grandes réformes faire barrage aux pires formes de travail pénible et à linsécurité du chômage. Mais vous ne pouvez jamais augmenter grandement le revenu moyen. De ce côté tout espoir utopique vous est fermé. Il ne faudrait cependant pas un très grand effort pour utiliser nos écoles pour produire une population ayant lamour de la musique, le goût pour le théâtre, et capable de joie face à la beauté des formes et des couleurs. Nous pourrions aussi donner les moyens de la satisfaction de ces émotions dans la vie générale de la population. Si vous pensez aux voies les plus simples, vous verrez que la pression sur les ressources matérielles sera négligeable ; et ayant fait cela, et quand votre population apprécie largement ce que lart peut donner ses joies et ses terreurs ne pensez-vous pas que vos prophètes et vôtre clergé et vos hommes détat seront dans une position plus forte en parlant à la population de lamour de Dieu, de linexorabilité du devoir, et de lappel du patriotisme ?
« Shakespeare écrivit ses pièces pour des anglais élevés dans la beauté du pays, au milieu du grand spectacle de la vie lorsque le Moyen Age rejoignait la Renaissance, et avec un nouveau monde au-delà de océan pour rendre vivace lappel de laventure. Aujourdhui nous avons affaire à des troupeaux de populations urbaines, élevé dans lâge scientifique. Il ne fait aucun doute pour moi que, à moins que nous ne puissions aborder lâge nouveau avec des méthodes nouvelles, pour soutenir la vie de lesprit dans nos populations, tôt ou tard, au milieu dune éruption sauvage denvies frustrées, le destin de la Russie ne soit le destin de lAngleterre. Les historiens écriront sur son épitaphe que sa chute résulta de laveuglement spirituel de ses classes gouvernantes, de leur matérialisme borné, et de leur attachement pharisien à des formules mesquines de gouvernement. »
vous avez dit populaire?
Posté par : philalethe | 20 février 2009 12:14Je suis un peu sceptique sur la capacité d'attraction d'une part, de formation ensuite, d'une offre proposée dans un jargon si peu "populaire". D'autre part, sous la forme sous laquelle les choses se présentent, il me semble reconnaître ce type de communication culturel à usage interne (à la caste intellectuelle) décrite et critiquée par E. Todd dans son dernier ouvrage (Après la démocratie). Démocrates, encore un effort pour être populaires...