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4 avril 2009

Deuxième session le samedi 4 avril : "Panne de transmission, panne d'éducation"

Université populaire du Mouvement Démocrate

La deuxième session a lieu le samedi 4 avril de 10h à 17h30
au siège du Mouvement Démocrate, 133 bis rue de l'Université Paris 7ème.

Les inscriptions pour la session étant complètes, sachez que vous pourrez suivre en direct les échanges en vidéo (par streaming) sur le site du Mouvement Démocrate.

Thème de la deuxième session : 

Panne de transmission, panne d’éducation

L’avenir appartient aux sociétés du savoir accru et partagé : toute fracture cognitive peut donc être fatale. Le présentisme et l’instantanéité ambiants signalent une rupture dans la temporalité et dans la transmission : nous voici orphelins du passé comme de l’avenir. Comment mesurer cette double latence ? Comment renouer ce qui s’est dénoué ? Comment tricoter de nouveau la transmission et l’éducation pour leur redonner du sens ? Pour lancer l’examen de questions aussi vitales, l’Université populaire propose ce jour-là une première série d’interventions, sur l’individu, la génération, la famille et l’enfant.


Au programme :

  10h                 Présentation par Jean-Pierre Rioux

  10h15             Le goût de transmettre

Nathalie Sarthou-Lajus (revue Études), co-auteur de La défaite de la volonté. Les formes contemporaines du destin (Le Cerf)

  10h50             Premier échange

  11h30             Générations, classes moyennes : la panne                 

Louis Chauvel (Observatoire sociologique du    changement, Fondation Nationale des Sciences Politiques), auteur de Les classes moyennes à la dérive (Le Seuil) et Le Destin des générations (PUF)

  12h15             Deuxième échange

  13h-14h30     Pause

  14h30             Redonner du sens aux savoirs

Marcel Gauchet (École des Hautes Études en Sciences Sociales, revue Le Débat), co-auteur de Conditions de l’éducation (Stock) et auteur, notamment, de La démocratie d’une crise à l’autre (Éditions Cécile Defaut), La condition politique (Gallimard) et La démocratie contre elle-même (Gallimard)

  15h10             Troisième échange

  16h                  Le rôle et la place de la famille dans la transmission et l’éducation

Marie-Claude Blais (Université de Rouen), auteur de La solidarité. Histoire d’une idée (Gallimard) et co-auteur de Conditions de l’éducation (Stock)

  16h40             Dernier échange

  17h30             Fin de la session

 

A lire :

  • « Le goût de transmettre », par Nathalie Sarthou-Lajus (Études. Revue de culture contemporaine), co-auteur de La défaite de la volonté. Les formes contemporaines du destin (Le Cerf) ;
  • « Génération, classes moyennes : la panne », par Louis Chauvel (Observatoire sociologique du changement, Fondation Nationale des Sciences Politiques), auteur de Les classes moyennes à la dérive (Le Seuil) et Le Destin des générations (PUF) ;
  • « Le rôle et la place de la famille dans la transmission et l’éducation », par Marie-Claude Blais (Université de Rouen), auteure de La solidarité. Histoire d’une idée (Gallimard) et co-auteur de Conditions de l’éducation (Stock) ;
  • « Redonner du sens aux savoirs », par Marcel Gauchet (École des Hautes Études en Sciences Sociales, Le Débat), co-auteur de Conditions de l’éducation (Stock) et auteur, notamment, de La démocratie d’une crise à l’autre (Éditions Cécile Defaut), La condition politique (Gallimard) et La démocratie contre elle-même (Gallimard).  
 

Les inscriptions pour la session étant complètes, sachez que vous pourrez suivre en direct les échanges en vidéo sur cette page en streaming.


Les derniers commentaires ... Tous les commentaires

Retransmission / téléchargement

Posté par : mushotoku | 4 avril 2009 17:55


Je trouve ces conférences très instructives et comme citizenet, je pense que leur mise à disposition est une excellente idée, soit en visualisation soit en téléchargement.
D'autant que pour avoir l'information de leur existence il faut soit être très attentif aux mails envoyés par le mouvement, soit venir s'informer régulièrement ici, et il ne me semble pas que cela soit dans les us de la majorité des adhérents.
J'aurais quelques personnes auxquelles faire découvrir cela et pourrais même organiser une visualisation "collective" de sympathisants intéressés.
J'ai vu qu'il restait des places dans la salle, je regrette de ne pas m'être déplacée car la retransmission a un peu cafouillé.
Cependant, merci de permettre ces retransmissions et également merci pour la qualité et l'intelligibilité des interventions.


éducation esthétique et populaire

Posté par : philalethe | 1 avril 2009 14:27


Je m’aperçois que ma réaction à l’annonce de cette journée du 4 avril, qui est curieusement la seule réaction, est bien négative, même si je persiste à regretter le jargon dans lequel elle est annoncée. Je ne pourrai m’y rendre. Pour donner une autre réaction, plus constructive, j’ai traduit ci-dessous une page du dernier grand philosophe anglais A.N. Whitehead (1861-1947) sur le sujet, sur quelque chose à ce sujet qui pourra paraître marginal – l’éducation esthétique des masses – et qui est au contraire central, qui touche aussi au rapport de l’école avec la culture d’ensemble de la société, donc aujourd’hui avec la sphère médiatique. D’excellentes propositions ont été faites récemment sur ce point par nos commissions chargées de la culture et de l’éducation ; on peut regretter qu’elles laissent entière la question de l’état, plus que critique, de notre système scolaire et universitaire, mais inversement la reconstruction de ce système qui omettrait comme secondaire cette question serait compromise.

C’est tout le sens du texte qui suit, qui est tiré d’un livre, Les buts de l’éducation, écrit en 1929 (une allusion à la situation d’alors y figure) à Harvard où A.N. Whitehead, après avoir enseigné jusqu’à sa retraite les mathématiques à Cambridge et à l’université de Londres, fut invité en 1924 à enseigner et où il écrivit ses grands livres et paracheva sa philosophie. Le texte fait évidemment référence à la situation scolaire anglaise de l’entre-deux guerres. Il peut paraître très général, mais dit des choses de grande portée.


« Le sens des valeurs impose à la vie d’incroyables travaux, et en dehors de lui la vie s’affaisse dans la passivité de ses formes inférieures. La démonstration la plus pénétrante de cette force est le sens de la beauté, le sens esthétique de la perfection réalisée. Cette réflexion me conduit à demander si dans notre éducation moderne nous insistons suffisamment sur les fonctions de l’art.
« L’éducation typique de nos lycées était conçue pour des garçons appartenant à des foyers aisés et cultivés ; ils voyageaient en Italie, en Grèce, et en France, et souvent leurs propres foyers étaient situés au milieu de la beauté. Aucune de ces circonstances ne vaut pour l’éducation nationale moderne dans les écoles primaires et secondaires, ou même pour la majorité des garçons et filles dans le système élargi de nos lycées. On ne peut, sans perte, ignorer dans la vie de l’esprit un facteur aussi grand que l’art. Nos émotions esthétiques nous pourvoient en appréhensions vivaces de la valeur. Si vous les mutilez, vous affaiblissez la force du système entier des appréhensions spirituelles. La revendication de liberté dans l’éducation s’accompagne du corollaire selon lequel le développement de la personnalité entière doit être considéré. N'opposer aucun refus arbitraire à ces exigences est un devoir. Dans ces jours d’économie, nous entendons dire beaucoup de choses au sujet de la futilité de nos efforts d’éducation et sur la possibilité de les réduire. L’effort pour développer simplement l’intellectualité est voué à n'avoir pour récolte finale qu'une faillite de grande ampleur. C’est précisément ce que nous avons fait dans nos écoles nationales. Nous avons fait juste assez pour exciter et pas assez pour satisfaire. L’Histoire nous montre que la floraison de l’art est la première activité des nations sur le chemin de la civilisation. Pourtant, face à ce fait clair, en pratique nous excluons de l’art les masses de la population. Pouvons-nous nous étonner que pareille éducation suscitant puis écrasant des besoins, conduise à l’échec et à la frustration ? La stupidité de l’ensemble de la démarche réside en ceci que l’art dans ses simples formes populaires est justement ce que nous pouvons donner à la nation sans tension excessive sur nos ressources. Vous pouvez peut-être par quelques grandes réformes faire barrage aux pires formes de travail pénible et à l’insécurité du chômage. Mais vous ne pouvez jamais augmenter grandement le revenu moyen. De ce côté tout espoir utopique vous est fermé. Il ne faudrait cependant pas un très grand effort pour utiliser nos écoles pour produire une population ayant l’amour de la musique, le goût pour le théâtre, et capable de joie face à la beauté des formes et des couleurs. Nous pourrions aussi donner les moyens de la satisfaction de ces émotions dans la vie générale de la population. Si vous pensez aux voies les plus simples, vous verrez que la pression sur les ressources matérielles sera négligeable ; et ayant fait cela, et quand votre population apprécie largement ce que l’art peut donner – ses joies et ses terreurs – ne pensez-vous pas que vos prophètes et vôtre clergé et vos hommes d’état seront dans une position plus forte en parlant à la population de l’amour de Dieu, de l’inexorabilité du devoir, et de l’appel du patriotisme ?
« Shakespeare écrivit ses pièces pour des anglais élevés dans la beauté du pays, au milieu du grand spectacle de la vie lorsque le Moyen Age rejoignait la Renaissance, et avec un nouveau monde au-delà de océan pour rendre vivace l’appel de l’aventure. Aujourd’hui nous avons affaire à des troupeaux de populations urbaines, élevé dans l’âge scientifique. Il ne fait aucun doute pour moi que, à moins que nous ne puissions aborder l’âge nouveau avec des méthodes nouvelles, pour soutenir la vie de l’esprit dans nos populations, tôt ou tard, au milieu d’une éruption sauvage d’envies frustrées, le destin de la Russie ne soit le destin de l’Angleterre. Les historiens écriront sur son épitaphe que sa chute résulta de l’aveuglement spirituel de ses classes gouvernantes, de leur matérialisme borné, et de leur attachement pharisien à des formules mesquines de gouvernement. »


vous avez dit populaire?

Posté par : philalethe | 20 février 2009 12:14

Je suis un peu sceptique sur la capacité d'attraction d'une part, de formation ensuite, d'une offre proposée dans un jargon si peu "populaire". D'autre part, sous la forme sous laquelle les choses se présentent, il me semble reconnaître ce type de communication culturel à usage interne (à la caste intellectuelle) décrite et critiquée par E. Todd dans son dernier ouvrage (Après la démocratie). Démocrates, encore un effort pour être populaires...



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