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18 février 2008

Intervention de Jean-Luc Bennahmias

Intervention de Jean-Luc Bennahmias, tête de liste à Marseille, lors de la Convention Municipale du Mouvement Démocrate le 10 février 2008.

"Nous y voilà ! Faire tout ce que l'on est en train de faire en créant en même temps un mouvement politique, ce n'est pas rien. Réussir à présenter plus de 400 listes autonomes et indépendantes sur l'ensemble de la France, ce n'est pas rien. En mettant en même temps en place le mouvement politique du XXIème siècle, ce n'est pas rien.
J'aurais aimé que l'on puisse faire une campagne avec plus de recul, plus de préparation et François vient de le dire, je n'anime pas sur une ville comme Marseille la situation la plus facile. François a fait un très beau score sur Marseille, mais ce n'est pas au-dessus des 20 %, c'était 15 %. C'est une ville difficile.
Je m'affronte avec d'autres têtes de liste, parce que, Marseille, c'est 8 secteurs, 300 candidats et candidates, nous présentons 14 candidats aux cantonales sur 14 cantons, je m'affronte au maire sortant Jean-Claude Gaudin, président de l'intercommunalité et aussi haut président du Conseil général, ce n'est pas rien et tout cela se fait sur une vision à l'ancienne encore une fois du bloc contre bloc.
Or, si l'on regarde bien les 2 programmes de mes 2 principaux adversaires, c'est vraiment blanc bonnet et bonnet blanc. Clairement, ce sont des projets pharaoniques qui oublient que cette ville est sérieusement endettée. Marseille est une ville pauvre. La communauté urbaine est pauvre, très endettée. 
A ce niveau-là, je reprends à mon compte et nous reprenons à notre compte, l'ensemble des têtes de liste de Marseille, tous les sujets sur : si l'on dépense, il faut qu'à côté les finances publiques soient à égalité et que l'on atteigne le seuil de rentabilité.
Comment fait-on pour faire vivre mieux les Marseillais et les Marseillaises, nos concitoyens alors que l'argent manque et que c'est la ville où nos concitoyens payent le moins d'impôt sur le revenu, moins de 50 % le paient.
Nous faisons une campagne de proximité. Je crois que, dans l'ensemble des campagnes que j'ai vu, le Mouvement Démocrate, nous sommes bien dans la proximité, l'amélioration de la vie quotidienne de nos concitoyens.
Comment une municipalité peut-elle jouer son rôle dans l'amélioration de la vie quotidienne de nos concitoyens ? Comment une municipalité, et c'est plus simple que pour un État, peut-elle augmenter, ou maintenir le pouvoir d'achat de ses concitoyens ?
Dans ce cadre, c'est au niveau local qu'on peut le faire. Si l'on pense au logement, au transport, à la santé, si l'on pense à la petite enfance, à l'éducation et à la formation, c'est bien au niveau local que nous pouvons agir.
Alors, c'est difficile et je dois le dire, hier, François m'appelait pour me demander comment cela allait. J'étais dans une phase de petite dépression. Cela va mieux aujourd'hui, ne vous en faites pas, notamment en vous écoutant et vous regardant.
Parce que, clairement, le bloc contre bloc, le gauche contre droite que l'on nous remet à chaque fois, alors que nous savons pertinemment que, quand nous sommes sur les marchés, sur le terrain, que nous rencontrons nos concitoyens, les gens, les vrais gens, nous sommes écoutés et attendus. Nos propositions sont écoutées et attendues et il y a inadéquation, me semble-t-il, aujourd'hui, avec ce que je vois sur Marseille, mais ce n'est pas la seule ville, je pense aussi à Jean-Luc Forget à Toulouse, à Chantal Cutajar à Strasbourg et bien d'autres où, dans les sondages, c'est comme si rien ne s'était passé, strictement rien.
Il y a cette distorsion extrêmement importante entre ce que nous vivons ici, ce que j'entends avec vous tous et vous toutes et ce que je regarde dans le grand show médiatico-politique, politico-médiatique où il y a une distorsion claire.
Il nous reste 4 semaines. Ces 4 semaines sont absolument essentielles parce que l'on voit bien que nos concitoyens, et c'est valable à Marseille comme ailleurs, commencent à rentrer dans la campagne municipale, moins dans la campagne cantonale. Ils commencent à se poser des questions.
Nous avons, avec les réseaux militants -parce qu'à ce niveau, à Marseille comme ailleurs, les réseaux militants sont extrêmement importants-, des gens ayant des origines totalement diversifiées. Je me félicite sur une ville comme Marseille d'avoir, sur les 8 têtes de liste que nous sommes, des cultures, des cultes diversifiés, des âges totalement diversifiés et des origines politiques, quand les gens en avaient, là aussi extrêmement diversifiées. On est donc bien dans une campagne, sur les trois à quatre semaines qui restent, où nous avons de quoi convaincre.
Je suis persuadé que l'attitude, la compréhension que nos concitoyens ont eu pendant la campagne présidentielle est totalement encore restée dans leur tête.
Il faut que nous arrivions nous à dépasser cette maladie franco-française qu'on ne rencontre nulle part ailleurs en Europe qui est : Il existe encore le bloc contre bloc, droite contre gauche. Tout ce que l'on a entendu aujourd'hui et le maire d'Arras nous l'a encore dit : Avoir sur sa liste le leader communiste, avoir sur sa liste des gens du MRC, c'est cela l'avenir, pas avoir forcément des communistes et du MRC ; l'avenir, c'est de faire des listes diversifiées avec des gens compétents.
J'ai également entendu Éric Lafont qui est enfin candidat ! Avec une liste sur Lyon, ce n'est pas donner à l'opposition juste un rôle de contrôle, c'est donner à l'opposition dans nos différentes municipalités un vrai rôle aussi de gestion. Il n'y a aucune raison que, dans nos communes, les gens compétents n'aient pas le pouvoir de gérer eux aussi, strictement aucune raison.
Il faut, mais on va y arriver, que, dans ce pays, enfin, on comprenne que l'on a besoin de toutes les compétences de l'ensemble des démocrates, quel que soit leur formation politique. C'est indispensable.
La France est un pays riche qui est en train de se perdre parce qu'on est toujours franchouillard franco-français. Cela se voit au niveau de l'Union européenne. Avec mes amis députés européens, chaque fois quand nous discutons de cela, nos amis des autres pays sont sidérés par la façon dont la France est toujours dans une rigidité, une frilosité extrêmement importante par rapport à toutes les thématiques internationales dont nous voyons bien qu'il y a de quoi être inquiet au niveau international.
La situation financière, on n'en a pas encore parlé, mais qui maîtrise les comptes mondiaux aujourd'hui ? Qui sont les maîtres du monde ? Est-ce que ce sont les États nations ? Sûrement pas. Qui maîtrise tout cela ? L'ensemble des banques ?... Il semblerait bien que non... Il semblerait bien que les banques elles-mêmes ne maîtrisent plus leur propre processus. Il semblerait bien que le processus boursier lui-même ne maîtrise plus l'ensemble de tout cela.
Alors, si nous ne pouvons pas nous, Mouvement Démocrate, ici, en France, comme ailleurs, dans le milieu européen, redonner du sens à la politique, dire que la politique peut donner des garanties, peut être la vigilance nécessaire par rapport aux grands choix mondiaux. Je pense aussi bien évidemment à cela en dehors de la crise financière, mais regardez aujourd'hui l'écart, le gouffre absolument incroyable qu'il y a entre les gens riches et les gens pauvres. Comment peut-on accepter que, dans notre pays, il y ait, après la création des Restos du cœur, de plus en plus de millions de repas mis en place chaque année ?
Tout cela, je sais moi que, dans ce que nous représentons, Mouvement Démocrate, nous avons des réponses, pas toutes les réponses. Nous ne sommes pas hégémoniques. Nous avons des réponses avec notre Mouvement, mais nous avons des réponses dans la diversité et surtout dans un cadre apaisé.
Je reprends ce que disait Corine Lepage auparavant. Je ne vous parlerai pas des OGM, mais de la façon dont le gouvernement aujourd'hui met en place ou essaie de mettre en place un certain nombre de réformes et, parfois, régressives, mais regardez, comment a-t-on pu mettre en place une telle proposition par rapport aux chauffeurs de taxi ? Bien sûr qu'il faut réformer, mais comment peut-on faire quand on dit aux chauffeurs de taxi : Votre licence que vous avez payée 150 000 / 200 000 € vaut 0 centimes ? Comment peut-on croire, dans un gouvernement, qu'il n'y aurait pas immédiatement révolte et, donc, embouteillages, etc., faits par les taxis ?  Tout cela est absolument incroyable.
Nous avons besoin de réformes dans ce pays, de réformes françaises, dans le cadre de la proximité de l'Union européenne. Elles doivent se faire dans un cadre apaisé, dans un cadre de négociation globale et, à ce niveau, je le redis, la façon dont le gouvernement s'y est pris pour mettre en place le Grenelle de l'environnement est la bonne méthode. Malheureusement, les suites aujourd'hui que l'on voit mises en place par l'État, c'est la mauvaise méthode, mais je crois que l'on va y arriver.
On voit clairement, dans nos différentes listes, qu'au-delà de ce que l'on a aujourd'hui dans les sondages, nous allons exister et, pour vaincre, il faut toujours avoir un peu de sang vif, de sang neuf. Je crois que nous le représentons fortement ici et toutes nos équipes qui sont sur le terrain puisque nous sommes dimanche matin et qu'il y a un certain nombre de marchés à faire.
Je vous remercie."



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